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Fiches sur les mythes, personnages, les batailles, les équipements militaires. De l'antiquité à l'époque moderne, découvrez l'histoire, commentez et posez vos questions, participez à la vie du site !

Bernard Montgomery

, par

Le Field Marshal Bernard Law Montgomery, 1er vicomte Montgomery d’El Alamein (17 novembre 1887 à Londres - 24 mars 1976) était un officier militaire britannique durant la Seconde Guerre mondiale. Surnommé « Monty », la qualité de ses soldats lui permit quelques victoires, bien que certains officiers le considéraient incompétent.

Jeunesse

Montgomery est né à Kennington à Londres en 1887. Il était le 4e enfant d’une famille anglo-irlandaise de 9 enfants. Son père, le révérend Henry Montgomery était un prêtre anglican. Sa famille déménagea de Moville dans le comté de Donegal près de Derry en Irlande du nord pour s’installer à New Park. Montgomery se considérait lui-même comme un natif d’Irlande et du comté de Donegal [1]. En 1889, la famille Montgomery suivit le père à l’étranger lors de sa nomination comme évêque de Tasmanie. Son père était un homme doux mais peu présent à la maison à cause de ses obligations professionnelles. Mme Montgomery battait ses enfants et gérait les économies familiales d’une main de maître. Montgomery dit plus tard qu’il eut une enfance malheureuse avec des nombreux conflits avec sa mère. Il devint rapidement le « mouton noir » de la famille.

En 1901, l’évêque Montgomery devint secrétaire de la Society for the Propagation of the Gospel (société de propagation de l’évangile) et la famille retourna à Londres. Le jeune Bernard fut envoyé à l’école St Paul et à l’Académie royale militaire de Sandhurst. Il faillit être renvoyé suite à une altercation avec un élève durant laquelle les deux intervants se battirent avec des tisonniers incandescents. Il fut incorporé en 1908 dans le 1er bataillon du régiment royal de Warwickshire. Il effectua son premier service en Inde, alors sous domination britannique, en 1913.

Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale éclata en août 1914 et le même mois Montgomery fut envoyé en France avec son régiment. Il arriva au moment de la retraite de la bataille de Mons pendant laquelle la moitié des hommes de son bataillon furent tués, blessés ou faits prisonniers. À Méteren le 13 octobre 1914, non loin de la frontière belge, il fut touché par un tir de sniper lors de la contre-offensive alliée. Grièvement blessé au poumon droit, il était déjà considéré comme condamné et sa tombe avait été creusée. Il se remit progressivement de ses blessures et fut incorporé dans une brigade d’entraînement de la Kitchener’s New Army au début de l’année 1915. En 1916, on le renvoya sur le front ouest en tant qu’officier de l’état-major des opérations dans la Somme, à Arras et Passchendaele. Pendant cette période, il fut sous le commandement du général Herbert Plumer et s’occupa de l’instruction des hommes du 9e corps. Grâce à l’entraînement prodigué par Montgomery, aux répetitions et la combinaison de l’artillerie avec l’infanterie, les troupes de Plumer atteingnirent leurs objectifs avec un minimum de pertes.

Montgomery participa à la bataille de la Lys et à la troisième bataille de l’Aisne (bataille du Chemin Des Dames) avant de finir la guerre avec le rang d’officier de niveau 1 de l’état-major général et chef de l’état-major de la 47e division britannique (2e de Londres) avec le grade temporaire de lieutenant-colonel. Une photographie de 1918 montre le lieutenant-colonel Montgomery, alors peu connu, se tenant debout en face de Winston Churchill durant un défilé.

Montgomery reçut l’insigne de l’Ordre du service distingué pour son commandement efficace et courageux.

Entre-Deux-Guerres

Après la guerre, le lieutenant-colonel Montgomery commanda un bataillon de l’armée britannique du Rhin avant de retrouver son grade de capitaine. Il rédigea des brochures et des manuels d’entraînement où il faisait part de son expérience et des leçons apprises durant la guerre. Il s’inscrivit au Staff College de Camberley avant de devenir major de la 17e brigade d’infanterie vers la fin 1920. La brigade était basée dans le comté de Cork pendant la guerre civile irlandaise. Un cousin de Montgomery avait notamment été assassiné par l’IRA en 1920 (voir le gang du Caire). Montgomery prit part de manière significative au conflit. Efficace, il n’employait toutefois pas des méthodes aussi expéditives et brutales que celles d’Arthur Percival. À son arrivée, Montgomery exigea des unités de sa brigade que leur comportement soit « en-delà de toute reproche ». Il admit néanmoins plus tard que le fait de « connaître le nombre de maisons brûlées ne l’avait pas gêné » (faisant allusion à une directive gouvernementale spécifiant que les maisons des personnes suspectées d’appartenir à l’IRA ou d’être des sympathisants soient incendiées). L’officier de l’IRA Tom Barry dit de Montgomery qu’il s’était comporté d’une « manière très correcte ».

Montgomery se rendit progressivement compte que le conflit évoluait au détriment de la Grande-Bretagne et que le retrait des troupes paraissait être la seule issue. En 1923, après l’établissement de l’État libre d’Irlande et pendant la guerre civile irlandaise, Montgomery écrivit à Percival que « pour gagner une guerre de ce type, vous devez être impitoyable » et que la Grande-Bretagne démocratique du XXe siècle n’était pas prête de mettre en place ce genre de stratégie. Il ajouta que la « seule façon (de s’en sortir) était de leur (les Irlandais) donner une sorte de gouvernement et les laisser écraser la rébellion eux-mêmes ».

En 1923, Montgomery rejoignit l’armée territoriale au sein de la 49e division d’infanterie (West Riding). Il retourna au 1er régiment royal Warwickshire et commanda une compagnie en tant que capitaine avant de devenir un instructeur au Staff College de Camberley puis major. Il rencontra une veuve, Elizabeth Carver et se maria en 1927. En août 1928, un garçon naquit de leur union. Montgomery est devenu lieutenant-colonel du 1er bataillon royal du régiment de Warwickshire en 1931. Il effectua son service en Palestine, en Égypte et en Inde. Nommé colonel et instructeur au Staff College de l’armée indienne à Quetta en Inde.

Comme ce fut le cas pendant toute sa carrière, Montgomery s’attira les foudres de ses supérieurs en raison de son arrogance et ses manières dictatoriales, ainsi que pour son mépris des conventions lorsque celles-ci allaient à l’encontre de l’efficacité militaire. Il mit par exemple en place un bordel pour son bataillon, un établissement régulièrement inspecté par un médecin militaire, pour le « rafraîchissement horizontal » de ses soldats plutôt que de devoir les forcer à se rendre dans des lupanars irréguliers.

Son père décéda en 1932 à Molville. En 1937, Montgomery devint officier commandant de la 9e brigade d’infanterie. Mais cette année fut également dramatique pour lui. Sa femme fut piquée par un insecte alors qu’ils se trouvaient en vacances à Burnham-on-Sea. La blessure s’infecta, elle dut subir une amputation mais succomba des suites d’une septicémie. Dévasté par la mort de sa femme, le brigadier Montgomery insista envers et contre tous pour recommencer son travail immédiatement après les funérailles.

En 1938, il organisa une opération amphibie combinée avec des exercices de débarquement. Ces démonstrations impressionnèrent le nouveau commandant en chef du commandant du sud, le général Archibald Wavell. Montgomery fut gradé au rang de major-général et placé à la tête de la 8e division d’infanterie en Palestine. Il y réprima la révolte arabe avant de retourner, malade, en juillet 1939 en Grande-Bretagne, pour prendre le commandement de la 3e division d’infanterie (Iron).

Seconde Guerre mondiale

La Grande-Bretagne déclara la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. La 3e division fut déployée en Belgique au sein de la force expéditionnaire britannique (BEF). Montgomery prédit un désastre similaire à celui de 1914 et passa beaucoup de temps à entraîner ses troupes pendant la Drôle de guerre. Il privilégiait l’instruction tactique plutôt que les opérations offensives. Il fut à nouveau au cœur des critiques en raison de sa prise de position vis-à-vis de la sexualité des soldats. Sa rigueur dans les entraînements fut payante lors les Allemands débutèrent leur invasion aux Pays-Bas le 10 mai 1940. Sa 3e division avança jusqu’à la rivière Dyle et se retira jusqu’à Dunkerque avec un grand professionnalisme. Les pertes furent très limitées. Pendant l’opération Dynamo qui consistait à évacuer les 330 000 membres de la force expéditionnaire vers la Grande-Bretagne, Montgomery assuma le commandement du 2e corps britannique.

À son retour, Montgomery éveilla l’hostilité du War Office en raison de ses opinions franches au sujet de la gestion de la force expéditionnaire. Relégué au rang de commandant de division, avec une nomination à l’Ordre du Bain, il fut promu lieutenant-général en juillet 1940. Placé à la tête du 5e corps britannique, il débuta une longue querelle avec le commandant en chef du commandement du sud, Claude Auchinleck. En avril 1941, il commanda le 12e corps et en décembre 1941, il renomma le commandement du sud-est en armée du sud-est pour promouvoir l’esprit offensif. Durant cette période, il développa et appliqua ses idées sur ses soldats, avec à son apogée, l’exercice Tiger en mai 1942 qui impliqua 100 000 personnes.

Campagnes en Afrique du Nord et en Italie

En 1942, un nouveau commandant sur le terrain était nécessaire en Moyen-Orient, théâtre des opérations où Auchinleck était commandant en chef. Auchinleck avait stabilisé les positions alliées à El-Alamein mais Winston Churchill décida à la suite d’une visite en août 1942, de le remplacer par Harold Alexander. Alan Brooke persuada le premier ministre de nommer Montgomery au rang de commandant de la 8e armée britannique engagée dans la campagne en Afrique du Nord. Le candidat préféré de Churchill était William Gott mais le prétendant fut tué lors de son retour du Caire.

Auchinleck et son état-major n’appréciaient guère les méthodes de commandement de Montgomery mais celui-ci réussit à rénover le fonctionnement de la 8e armée. Il s’empara du commandement deux jours plus tôt que la date prévue (le 13 août 1942) et décida de renforcer immédiatement la position stratégique de Alam Halfa. Il regroupa le commandement de l’armée de l’air et de terre en une seule entité et ordonna la destruction de tous les documents et plans relatifs à une éventuelle retraite. Lorsque Brooke et Alexander visitèrent le quartier-général le 19 août, ils furent très surpris par la nouvelle ambiance instaurée par Montgomery.

Montgomery réussit à transformer le moral des troupes mais il dut en contrepartie dénigrer Auchinleck. Il veillait à apparaître le plus souvent possible au sein de la troupe, en rendant souvent visite à ses unités afin de se faire connaître. Avant l’arrivée de Montgomery, les unités de la 8e armée avaient tendance à travailler séparément et à mener leurs propres batailles. Montgomery décida de mettre un terme à cette désorganisation et fit en sorte que les unités tirent sur la même corde.

Le commandant allemand de l’Afrika Korps, Erwin Rommel, essaya d’encercler la 8e armée lors de la bataille d’Alam Halfa le 31 août 1942. Les travaux des cryptanalystes de Ultra avaient confirmés les intentions de Rommel, et Montgomery avait vu juste en ordonnant la défense des positions alliées. Rommel fut stoppé dans son offensive avec très peu de pertes mais Montgomery n’attaqua pas les Allemands qui reculaient en quittant l’Égypte. Il fut critiqué pour cette décision mais avança que la 8e armée n’était pas en mesure de lancer une offensive mobile sur des forces allemandes mécanisées, fluides et quand même redoutables malgré leurs pertes. Au cours des opérations en Afrique du Nord, l’une de ses unités s’était particulièrement distinguée, la 7e division blindée, surnommé « les rats du désert ».

La reconquête de l’Afrique du Nord était essentielle pour installer des aérodromes à partir desquels le support sur Malte et l’opération Torch pouvaient être lancés. Ignorant la demande de Churchill qui voulait une mise en place rapide, Montgomery déploya l’infrastructure consciencieusement afin de mener l’offensive dans les meilleures conditions. Il ne voulait pas se lancer hâtivement dans le combat et préférait être certain d’être en mesure de remporter la victoire. Il appliqua les méthodes qui avaient fait leurs preuves : accumulation de ressources, planification poussée, entraînement des unités pour le combat nocturne et les assauts avec les 300 tanks Sherman ainsi que l’aspect psychologique avec des rencontres fréquentes avec la troupe.

La seconde bataille d’El Alamein commença le 23 octobre 1942 et se termina 12 jours plus tard avec pour la première fois de la guerre, une victoire significative des Alliés contre les Allemands sur terre. Montgomery prédit correctement la durée de la bataille et le nombre de pertes (13 500). Montgomery fut anobli à l’Ordre du Bain et promu général. La 8e armée en profita pour avancer alors que les Allemands battaient en retraite sur des centaines de kilomètres en direction de la Tunisie. L’évènement marqua un tournant en Afrique du Nord et montrait que les Allemands n’étaient plus invincibles. Montgomery conserva l’initiative en utilisant la supériorité de son armée quand cela était nécessaire. Il délogea Rommel de chacune de ses positions successives. Le 6 mars 1943 dans le cadre de l’opération Capri, l’attaque massive de Rommel sur une 8e armée britannique très étendue à Medenine fut un échec. Du 20 au 27 mars, sur la ligne de Mareth, Montgomery rencontra une opposition plus soutenue que prévue. Il emprunta une autre stratégie en prenant à revers les Allemands avec un support des chasseurs-bombardiers de la RAF opérants à faible altitude. Cette campagne montra que la victoire se jouait à la fois sur le plan psychologique (la maladie et l’absentéisme furent éliminés de la 8e armée), sur le plan coopératif avec l’armée de l’air et l’armée de terre, sur le plan logistique avec des installations bien pensées et une planification précise avec des ordres clairs lors des opérations.

L’attaque alliée majeure qui suivit fut l’invasion de la Sicile (opération Husky). Les tensions notoires entre Montgomery et le haut-commandement américain débutèrent à ce moment. Montgomery mit en doute le plan de l’invasion alliée et par la force des choses, les généraux américains Patton et Bradley n’apprécièrent pas cette incursion du général britannique dans leur stratégie. Même s’ils reconnaissaient les qualités de Montgomery en tant que général, les Américains n’arrivèrent que difficilement à travailler avec sa personnalité très expansive.

Montgomery continua à commander la 8e armée lors du débarquement en Italie, mais il abhorra le manque de coordination, la dispersion des efforts et une tactique qu’il considérait comme inutilement compliquée. Le 23 décembre, il préféra se retirer de l’équipe décisionnelle pour la campagne italienne.

Normandie

Montgomery retourna en Grande-Bretagne pour reprendre le commandement du 21e groupe de l’armée qui regroupait toutes les forces terrestres alliées qui devaient prendre part à l’opération Overlord, l’invasion de la Normandie. Les plans pour cette opération majeure avaient été préparés durant deux années, notamment par l’état-major du commandant suprême allié (COSSAC). Montgomery arriva rapidement à la conclusion que le plan du COSSAC était trop limité, et il plaida avec vigueur pour l’adjonction de deux divisions aux trois initialement prévues. De la même manière qu’en Afrique du Nord, il rendit souvent visite à ses unités pour s’assurer du moral des troupes et de la qualité de l’instruction. Montgomery était le beau-frère de Percy Hobart, ingénieur militaire britannique et commandant de la 79e division blindée en charge du développement des Hobart’s Funnies, une série de chars destinés au génie militaire. Hobart fit une démonstration des tanks à Eisenhower et Montgomery au début de l’année 1944. Le 7 avril et le 15 mai 1944, Montgomery présenta à l’école St Paul sa stratégie pour l’invasion. En qualité de commandant des forces alliées d’invasion terrestre, il avait prévu une bataille de 90 jours, se terminant lorsque les troupes auraient atteints la Seine en pivotant autour de Caen prise par les Alliés, avec les armées britanniques et canadiennes assurant l’offensive et l’armée américaine progressant à l’est.

Au cours des combats intensifs de la bataille de Normandie qui s’étalèrent sur deux mois et demi, Montgomery n’arriva pas à suivre le plan original mais une série d’offensives improvisées et menées sous son commandement aboutit à l’une des plus grandes défaites allemandes sur le front ouest de l’Europe. La campagne lancée par Montgomery visait à harceler et user l’ennemi. Cette stratégie fut suivie jusqu’au milieu du mois de juillet. L’occupation de la péninsule du Cotentin et d’autres offensives à l’est permirent de sécuriser Caen et de concentrer les blindés allemands dans cette région. L’opération Cobra permit de percer les lignes allemandes et d’encercler la Wehrmacht.

Avancée sur le Rhin

La présence croissante des troupes américaines sur le théâtre européen (2 divisions sur 5 le jour du débarquement, 72 sur 85 en 1945) rendait politiquement impossible une gestion exclusivement britannique du commandement des forces terrestres. À la fin des opérations en Normandie, le général Eisenhower prit lui-même en charge le commandement des forces terrestres en même temps que le rôle de commandant suprême. Montgomery de son côté poursuivit le commandement du 21e groupe d’armée qui comprenait désormais principalement des Britanniques et des Canadiens. Le général n’accepta que difficilement ce changement de situation, même si cette décision était antérieure au débarquement. Churchill avait en quelque sorte dédommagé Montgomery en le nommant maréchal.

Montgomery réussit à persuader Eisenhower sur les opérations à mener en Allemagne : une stratégie basée sur une percée d’une traite en direction de la Ruhr en septembre 1944 (opération Market Garden). Si Eisenhower s’était rallié à la cause du maréchal, George Patton s’était montré beaucoup plus réservé. Cette bataille fut l’une des plus inhabituelles pour Montgomery : l’offensive était trop audacieuse et mal planifiée. Elle fut un échec avec la destruction de la 1re division aéroportée à Arnhem et la mort de plusieurs milliers de civils hollandais. Au total, 10 000 soldats alliés périrent durant l’opération, 8 000 furent capturés ou furent portés disparus. L’attention du maréchal s’étant fixée sur l’opération en Ruhr, il passa au second plan la tâche essentielle qui consistait à nettoyer les rives et la région de l’Escaut pendant la capture d’Anvers. Le groupe de Montgomery reçut l’ordre de se concentrer sur cet objectif afin que le port d’Anvers soit ouvert.

Après la destruction d’Arnhem et l’évacuation de la population, les civils hollandais durent subir le terrible hiver qui suivit. Bien que l’opération Market Garden fut un désastre et un effroyable gaspillage d’hommes, Montgomery refusera toujours de le reconnaître. Il dira même de cette opération qu’elle était à 90% une réussite.

Lorsque l’attaque surprise dans les Ardennes débuta le 16 décembre 1944 avec la bataille des Ardennes, le front du 12e groupe de l’armée américaine fut scindé. La première armée américaine fut repoussée au nord des troupes allemandes. Le commandant du groupe, le général Omar Bradley se trouvait au Luxembourg au sud de la percée et le commandement de la première armée devint problématique. Montgomery était le commandant le plus proche du feu de l’action et le 20 décembre, Eisenhower (alors à Versailles) transféra d’urgence le commandement de la 1re armée américaine (menée par Courtney Hodges) et la 9e armée américaine (commandée par William Hood Simpson) à Montgomery. Bradley s’indigna de cette décision pour des raisons nationalistes .

Montgomery profita de l’occasion et rendit visite aux commandants des différentes unités. Il mit en place un réseau de communication et attribua un rôle de réserve au 30e corps britannique. Les défenses américaines furent réorganisées au nord du front, et il ordonna l’évacuation de Saint-Vith. Le commandant allemand de la 5e armée de Panzers, Hasso von Manteuffel dit :

« Les opérations de la 1ère armée américaine s’étaient concrétisées par une série d’actions individuelles. La contribution de Montgomery pour corriger la situation fut de transformer ces séries d’actions isolées en une bataille cohérente suivant un plan clair et bien défini. C’est son refus de s’engager dans des contre-attaques prématurées et itératives qui a permis aux Américains de regrouper leurs réserves et frustrer les Allemands dans leurs tentatives d’extension de la percée »

Eisenhower avait demandé à Montgomery de lancer l’offensive le 1er janvier afin de rencontrer l’armée de Patton en provenance du sud et de piéger les Allemands. Mais Montgomery refusa de lancer l’infanterie, qu’il considérait comme insuffisamment entraînée, dans une tempête de neige et une zone qui lui paraissait peu intéressante du point de vue stratégique. Il ne lança pas l’attaque avant le 3 janvier, date à laquelle les troupes allemandes avaient déjà réussi à s’échapper. Une majeure partie des militaires américains pensaient qu’il aurait mieux fait d’envoyer les troupes mais tout le monde savait que le maréchal exécrait les offensives irréfléchies. Après la bataille, la 1re armée américaine retourna dans le 12e groupe de l’armée. Quant à 9e armée américaine, elle resta dans le 21e groupe de Montgomery jusqu’à ce qu’elle traverse le Rhin.

Son groupe avança jusqu’au Rhin avec les opérations Veritable et Grenade en février 1945. Après l’opération Plunder (la traversée du Rhin) soigneusement menée le 24 mars et l’encerclement du groupe B de l’armée allemande dans la Ruhr, le rôle de Montgomery consistait à assurer le flanc de l’avancée américaine. Cette vision fut retravaillée pour devancer les troupes soviétiques qui se dirigeaient vers le Danemark. Le 21e groupe reçut l’ordre d’occuper Hambourg et Rostock, empêchant ainsi l’Armée rouge de s’emparer de la péninsule danoise.

Le 4 mai 1945, à Lünenburg, Montgomery reçut la délégation allemande apportant la capitulation officielle des forces du 3e Reich en Allemagne du nord, au Danemark et en Hollande. L’évènement eut lieu dans une tente sans aucune cérémonie particulière.

Après-guerre

Après le conflit mondial en 1946, Montgomery reçut le titre de Vicomte Montgomery of Alamein. Il fut chef de l’état-major général impérial de 1946 à 1948 mais cette fonction ne lui convenait pas puisqu’elle était politisée. Montgomery continua à entretenir des liens avec le régiment royal, et fut élevé au rang honorifique de colonel du régiment en 1947. Sa mère mourut en 1949 mais Montgomery ne se rendit pas à son enterrement car il était « trop occupé » .

Nommé commandant suprême ou président du comité de l’union des commandants en chef occidentaux, il fut un inspecteur-général efficace et mit en place des exercices utiles mais fut dépassé par la dimension politique de ce mandat. Montgomery devint adjoint au commandant suprême des forces atlantiques en Europe de 1951 à 1958, une fonction qu’il assura aux côtés d’Eisenhower et qui permit de mettre en place l’OTAN. Il prit sa retraite en 1958.

Entre 1951 et 1966, Montgomery fut président du rectorat de l’école St John à Leatherhead, Surrey. En 1953, le Hamilton Board of Education à Hamilton au Canada écrivit au maréchal Montgomery pour lui demander la permission de nommer une nouvelle école à l’est de ville en son honneur. Le projet de la Viscount Montgomery Elementary se présentait comme l’école la plus moderne de l’Amérique du Nord lorsque la première pierre fut posée le 14 mars 1951. L’école fut inaugurée le 18 avril 1953, avec Montgomery dans le public de 10 000 personnes. Il déclara lors de son discours : « Gardez Bien », faisant référence au motto du blason de sa famille.

Montgomery disait de cet établissement qu’il était son « école bien-aimée » et lui rendit visite à 5 occasions, la dernière fois en 1960. Lors de sa dernière apparition, Montgomery dit aux étudiants :

« Faisons de la Viscount Montgomery School la meilleure d’Hamilton, la meilleure en Ontario, la meilleure du Canada. Je ne m’associe pas avec quelque chose qui n’est pas bon. Il ne tient qu’à vous de voir tout ce qui est bien dans cette école. Il ne tient qu’aux étudiants d’être non seulement les meilleurs à l’école mais également de par leur comportement en dehors de la Viscount. L’éducation n’est pas seulement une chose qui va vous permettre de passer vos examens et vous faire décrocher un travail, mais également de développer votre cerveau pour qu’il puisse vous apprendre à rassembler les faits et à réaliser des choses. »

Controverses

Avant sa retraite, les opinions franches de Montgomery sur certains sujets, comme les races, étaient souvent officiellement censurées. Après qu’il se soit retiré des affaires militaires, ces déclarations devinrent publiques, ce qui affecta sa réputation. Ses mémoires furent jugées arrogantes et ne servant qu’à assoir sa personnalité et ses actes. Il critiqua de nombreux compagnons qu’il avait côtoyé durant la guerre selon des termes très durs, y compris Eisenhower qu’il accusa entre autres d’avoir prolongé la guerre d’une année en raison de son incompétence. Ces accusations mirent un terme à leur amitié. Montgomery applaudit également l’apartheid et le régime de Mao Zedong. Il plaida contre la légalisation de l’homosexualité au Royaume-Uni, avançant que le Sexual Offences Act de 1967 était une « charte pour la bougrerie » et que « ce genre de chose était peut-être tolérée en France, mais nous sommes Britanniques, Dieu merci ! ».

Peut-être en partie à cause des scandales, Montgomery ne fut jamais anobli « earldom » (contrairement à ses contemporains comme Harold Alexander, Louis Mountbatten et Archibald Wavell). Une tâche officielle qu’il voulait absolument honorer durant ses dernières années fut celle du port du Sword of State (littéralement « l’épée de l’état ») pendant l’ouverture du parlement. Arrivant à un âge avancé, certains se demandaient s’il était réellement capable de rester debout durant de longues périodes avec une arme aussi lourde. Ces craintes furent confirmées lorsqu’il s’évanouit durant la cérémonie en 1968. Il cessa définitivement ses activités publiques à la suite de cet incident.

Fin de vie

La presse britannique avait trouvé en Montgomery un sujet idéal. Les journalistes photographiaient l’ancien maréchal en train de toucher sa pension au bureau local de la sécurité sociale. En raison de sa notoriété, beaucoup pensaient que Montgomery était à l’abri du besoin et qu’il dilapidait l’argent public. En fait, Montgomery avait toujours été un homme modeste et il fut blessé que l’opinion publique ne le juge pas comme tel.

Son domicile fut aussi cambriolé. Malgré son apparition à la télévision pour demander le retour de ses biens, essentiellement de valeur sentimentale, ces objets ne furent jamais retrouvés.

Il est mort en 1976 à son domicile d’Alton dans l’Hampshire et fut enterré au cimetière de Holy Cross à Binsted après des funérailles nationales à la chapelle Saint-George de Windsor.


sources wikipedia

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