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Surcouf, Robert-Charles

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Surcouf, Robert-Charles
12 décembre 1773 (Saint-Malo) - 8 juillet 1827 (Saint-Servan)

Robert Surcouf (décembre 1773 à Saint-Malo - 8 juillet 1827) est un corsaire français. Marin intrépide, il harcela les marines marchandes et militaires anglaises, non seulement dans les mers de l’Europe, mais aussi dans celles de l’Inde. Il acquit de fait réputation et fortune en faisant la course.

Jeunesse

Né dans le petit village de Bénic, près de Saint-Malo. Il est le fils de Charles-Ange Surcouf, sieur de Boisgris et Rose-Julienne Truchot. Il est notamment le descendant de Duguay-Trouin par sa mère. Ses parents, commerçants, le destinaient à la prêtrise, mais il s’engage dès 15 ans comme volontaire sur l’Aurore en partance vers les Indes. À vingt ans, il est déjà capitaine de La Créole qui fait le trafic d’esclaves.

Pour certains, Surcouf est né à Saint-Malo, rue du Pélicot ou rue de la Bertaudière. Ce serait en 1787 qu’il embarque comme apprenti navigant (futur officier) sur le Héron qui part au cabotage.

Un corsaire au service de la France

Nommé capitaine à l’âge de vingt ans, il commanda successivement les corsaires la Clarisse, la Confiance et le Revenant.

Surcouf naviguait encore dans la marine marchande, lorsqu’il se fit aimer d’une jeune personne dont il voulut obtenir la main.

Surcouf alla tenter la fortune en Inde en 1796. Un mauvais petit bâtiment le porta jusqu’à l’Île de France. La course enrichissait dans ces parages ceux qui s’y livraient avec résolution. Surcouf le fit.

Quelques jeunes gens de l’île de France armèrent un petit corsaire pour Surcouf, qui fit voile pour les côtes de l’Inde, avec un équipage de Lascars (marins indiens). À l’embouchure du Bengale, où il se dirigea d’abord, il rencontra un petit convoi escorté par un bateau-pilote, armé en guerre ; il aborda le bateau-pilote et le prit ; il s’empara ensuite des bâtiments marchands anglais, se débarrassa de ses prises, de son propre navire, et passa sur le schooner avec dix-neuf hommes seulement.

Mais Robert Surcouf, le plus célèbre des armateurs malouins, entre dans la légende à vingt-trois ans, en 1796 quand, avec un équipage de 190 hommes, il prend à l’abordage un grand vaisseau britannique, trois fois plus important et plus armé que le sien.
La Confiance (18 canons et 190 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes). Par Ambroise-Louis Garneray, alors sous les ordres de Surcouf.
La Confiance (18 canons et 190 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes). Par Ambroise-Louis Garneray, alors sous les ordres de Surcouf.

Ce premier succès enhardit Surcouf, qui va tenir la mer, courant après tous les bâtiments qu’il apercevra, en corsaire non autorisé, car il est parti de l’île de France sans ces lettres-patentes, qu’on appelle lettres de marque, qui donnaient au vol sur mer une légalité officielle.

Peu après, avec son bateau, n’ayant que deux canons, Robert Surcouf met le cap sur un gros trois-mâts : c’était un vaisseau de la compagnie des Indes, monté par 150 Européens et armé de 26 canons de 12 ; il se nommait le Triton. Il dut son succès à ce stratagème. En effet, comment prêter le flanc à un si fort ennemi ? Car le bateau-pilote avait deux canons seulement. Surcouf fait cacher tout son équipage ; l’idée lui était venue de se faire passer un instant pour un des pilotes du Gange. « Je cours sur ce gros Anglais, dit-il à ses gens, je l’accoste : à un signal que je vous ferai, vous reparaîtrez sur le pont ; nous ferons une décharge de mousqueterie pour effrayer l’équipage, nous sauterons à bord et nous prendrons le bâtiment. » Les choses se passèrent comme il l’avait dit. Le combat qui s’engage sur le pont du Triton est terrible ; le capitaine anglais et dix de ses hommes sont tués, cinquante autres sont blessés, et Surcouf reste maître du vaisseau, n’ayant eu que deux blessés et un mort parmi les siens. Il fait signer un cartel d’échange à ses prisonniers, les envoie à Madras sur son petit schooner qu’il dépouille de toutes ses armes et mène son importante capture à l’île de France.

Il remet à la mer le plus tôt qu’il peut, pour profiter de la chance qui paraît lui sourire, et cette fois c’est avec un corsaire un peu plus grand.

Chassé par trois vaisseaux de la Compagnie , il parvient au moyen d’une manœuvre habile à les isoler ; puis, les attaquant séparément, il en enlève deux, et contraint le troisième à prendre la fuite.

En 1799 la frégate la Preneuse, commandée par l’intrépide Lhermite, venait de se perdre à l’île de France. L’équipage attendait une occasion de retour ou d’embarquement. Le bruit se répand que la Confiance va faire la course.

Deux mois s’étaient passés ; six bâtiments avaient été pris et dirigés sur la colonie

La fortune de Surcouf commençait à grandir. Après plusieurs courses aventureuses, Robert Surcouf fut sur le point d’être dépouillé du fruit de ses dangers parce qu’il avait écumé la mer sans lettres de marque. Il avait armé en course sans autorisation à sa première croisière ; aussi quand il avait attéri avec le Triton, on avait confisqué sa prise.

Cependant les autorités de l’ile de France consultèrent le Directoire qui, voulant récompenser la bravoure du jeune corsaire, proposa au Corps législatif de lui décerner, à titre de don national, la valeur de ses prises qu’on avait vendues au profit de la colonie ; il reçut 700.000 francs.

Ses dernières années

En 1801, il se retire à Saint-Malo, se marie et profite de sa fortune. Surcouf, riche et considéré, ne resta pas longtemps oisif.

Surcouf est considéré comme l’un des meilleurs marins que la France ait jamais eus. Redoutable, intenable sur tous les bords, c’est grâce à lui que de nombreux vaisseaux britanniques furent détournés en faveur de la Monarchie, de la République, du Directoire, du Consulat et de l’Empire. Il réussit en seulement cinq années à attaquer une cinquantaine de navires britanniques et portugais alors alliés.

Par la suite, d’autres corsaires prendront la mer sous son service. Robert Surcouf est célèbre pour ses activités de corsaire (dont le fait d’armes que constitua la prise du Kent, le 7 octobre 1800 dans le Golfe du Bengale) et pour sa conception de la guerre sur mer contre la Grande-Bretagne[11], plus orientée vers la guerre d’usure que l’affrontement d’escadres. Pour lui, il est plus efficace de saper l’économie de l’adversaire que de détruire ses navires armés. Il finança lui-même l’armement de nombreux navires de guerre légers : l’Auguste, la Dorade, la Biscayenne, l’Edouard, l’Espadon, le Ville-de-Caen, l’Adolphe et le Renard.

Le nom de l’intrépide corsaire était devenu la terreur du commerce anglais dans les parages de l’Inde, et le gouvernement anglais avait cru devoir renforcer de plusieurs frégates sa station dans ces mers ; mais, en 1813, Surcouf fut chargé de conduire en France le Charles, vieille frégate, qu’il avait achetée au gouvernement et armée en flûte. Elle portait un très-riche chargement. Il échappa par son sang-froid et l’habileté de ses manœuvres aux croisières anglaises et manqua de se perdre en entrant à Saint-Malo ; mais son frère, excellent marin et son second, sauva le navire.

Le frère du capitaine Surcouf, Nicolas Surcouf, intrépide marin comme lui, fut son second pendant près de 15 ans, et contribua à ses succès.

Sa flotte prit La Havane, seule fois où cette ville tomba.

Napoléon se déplacera en personne en 1803 pour le convaincre d’accepter une commission de capitaine (de vaisseau) et le commandement d’une escadre, que Surcouf refusera ; on doit reconnaître qu’il n’avait pas tellement le sens de la discipline. Plaidant pour l’attaque des lignes de communication, peut-être a-t-il a contrario su convaincre son interlocuteur, puisque deux ans plus tard Napoléon instaurera un blocus économique contre la Grande-Bretagne ; mais, après Trafalgar, il ne pouvait plus rien faire d’autre. Cependant, n’en déplaise à Surcouf, l’histoire de la guerre sur mer montre que la course et le blocus ne l’ont jamais emporté contre les escadres dominantes ; la guérilla, ça n’est bon que sur terre.

L’Empire abattu, Surcouf accomplit un dernier exploit. Saint-Malo étant occupé par les Prussiens, notre héros se prit de querelle avec eux et défia en duel tous les officiers du régiment concerné. Les Prussiens, se considérant comme experts au sabre, relevèrent l’offre très imprudemment : Surcouf étripa les 15 premiers à la suite mais laissa aller le dernier (qui était le plus jeune et devait probablement être quelque peu démoralisé par le spectacle auquel il avait assisté) pour qu’il puisse témoigner que tout s’était passé dans les règles. Après avoir disparu quelque temps, Surcouf revint tranquillement chez lui passer entre les siens le reste de son âge, aussi heureux qu’Ulysse.

Surcouf consacra la dernière partie de sa vie à des spéculations commerciales, qui furent pour lui une nouvelle source de richesses. On croit qu’il laissa en mourant plus de 3 millions de fortune.

Surcouf mourut d’un cancer le 8 juillet 1827 dans une maison de campagne qu’il possédait près de Saint-Servan, et fut inhumé à Saint-Malo.

Il est également considéré comme l’inventeur d’une ruse de nuit (que l’on peut retrouver dans les aventures de Barbe-Rouge en bande dessinée ou dans le film Master and Commander, où les Anglais racontent comment ils auraient bien voulu en finir avec Surcouf) qui consiste à faire un petit radeau où on accroche des lanternes de manière à faire croire à ses poursuivants que le navire se situe à un autre endroit.

Citation

Le dialogue suivant eut lieu lors de la prise du Kent :

Officier du Kent : « Nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent ! »

Surcouf : « Chacun se bat pour ce qui lui manque. »


wikipedia

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