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Lefebvre, François-Joseph, duc de Dantzig

, par

25 Octobre 1755 (Rouffach) - 14 Septembre 1820 (Paris)
duc de Rivoli, prince d’Essling, maréchal d’Empire.

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Lefebvre, François-Joseph, duc de Dantzig

Vie d’un soldat

Origines et engagement dans les Gardes françaises

Son père était meunier et mourut laissant son fils âgé de huit ans, mais un ecclésiastique, son oncle, se fit son protecteur et dirigea son éducation en le destinant à l’Église ; mais un penchant irrésistible l’entraîna vers la carrière militaire. Originaire d’Alsace, il s’engage à 18 ans dans les Gardes françaises le 10 septembre 1773.

Mariage avec « Madame Sans-Gêne »

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Madame sans-gêne

En 1783, il se marie avec une blanchisseuse, Catherine Hubscher, passée à la postérité sous le nom de Madame Sans-Gêne, avec laquelle il aura quatorze enfants dont treize mourront en bas âge.

Le bataillon des filles Saint-Thomas

Il devint premier sergent des Gardes françaises le 9 avril 1788. Il se mêla aux premières émeutes, tout en protégeant ses officiers contre les violences du peuple le 21 juillet 1789, et en facilitant leur évasion. Après le licenciement des Gardes françaises, il entra dans le bataillon des filles Saint-Thomas et, à la tête d’un détachement de ce bataillon, fut blessé deux fois en défendant la famille royale et tentant de la protéger au retour aux Tuileries, après son départ pour Saint-Cloud, et en favorisant la fuite vers Rome des tantes du roi Louis XVI. En 1792, il sauva la caisse d’escompte du pillage.

L’officier des armées révolutionnaires

Capitaine au début de la guerre, en 1792, il est général de brigade à la fin de l’année 1793, général de division en janvier 1794. Entré le 3 septembre 1793 dans l’armée active, il devint général de brigade avant la fin de l’année. Général de division après les combats de Lambach et de Giesberg. Il se distingua partout et presque toujours à l’avant-garde.

On trouve Lefebvre dans toutes les batailles importantes dans le Nord et sur le Rhin de 1793 à 1799, notamment au Geisberg (26 décembre 1793), à la prise d’Arlon (18 avril 1794) et à celle de Dinant (29 mai 1794), à Fleurus (26 juin), à Altenkirchen (4 juin 1795) et Wetzlar (15 juin), à Friedberg (10 juillet), au passage du Rhin à Neuwied (18 avril 1797).

Le premier des généraux de la République, il effectua le passage du Rhin, à la tête de ses grenadiers, malgré un feu terrible, et s’établit sur la rive droite en avant d’Elelkamp. En 1797, il enleva Siegberg à la bataille d’Altenkirchen et cueillit de nouvelles palmes aux journées de Kaldeich, de Friedberg, de Bamberg et de Sulzbach. Lefebvre fut nommé gouverneur de la forteresse de Mayence à partir de 13 mars 1798 ; sa résidence était au Palais Bassenheim.

Après la mort de Hoche, il prend provisoirement le commandement en chef de l’Armée de Sambre-et-Meuse (septembre 1797). Il commande l’avant-garde de l’Armée du Danube sous les ordres de Jourdan en mars 1799. Avec 8 000 hommes, il soutint à Stockach les efforts de 36 000 Autrichiens. Mais à Pfullendorf (21 mars 1799), une blesssure grave le contraignit à quitter l’armée : il devient gouverneur militaire de Paris en 1799.

Le Directoire le nomma alors commandant de la 17e division militaire dont le chef-lieu était Paris. Il est désigné par le Conseil des Cinq-Cents comme candidat au Directoire mais n’est pas élu.

Le gouverneur militaire de Paris

Rallié à Bonaparte, son poste de gouverneur militaire de Paris lui permet de jouer un rôle important durant le Coup d’État du 18 brumaire. Le 18 brumaire, à la tête de 25 hommes, il pénétra dans la salle du conseil des Cinq-Cents, s’avança jusqu’à la tribune, et, malgré les cris , malgré les menaces , entraîna Lucien Bonaparte jusqu’à son frère qui l’attendait au dehors, au moment où tous les deux allaient être mis hors la loi.

Lefebvre pénètre dans la salle des Cinq-Cents l’épée à la main et lance ses grenadiers à la poursuite des députés. À la voix de leur général, les troupes n’hésitèrent plus, et la Révolution qui amena le gouvernement consulaire fut consommée. Lefebvre, soldat inflexible, seconda passivement l’exécution d’un complot, dont peut-être il ignorait les secrets. Bonaparte lui conserva le commandement de la 17e division. Il fut alors employé à la pacification des départements de l’Ouest.

Le sénateur et maréchal d’Empire

Napoléon ne l’oubliera pas : pour l’heure, Lefebvre est fait sénateur le 1er avril 1800 : il exerce au Sénat les fonctions de Préteur. Le 19 mai 1804 lors de la première promotion, il est élevé à la dignité de maréchal de l’Empire. Grand Aigle de la Légion d’honneur, il n’est cependant pas employé dans l’armée avant 1805. Son âge et sa parfaite connaissance des règlements d’infanterie en font pourtant un bon commandant d’arrière-garde, mais ses rudes manières et le comportement de sa femme ex-cantinière, la fameuse Madame Sans-Gêne de Sardou, irritent l’Empereur lorsque le couple paraît à la cour.

En 1805 il fut chargé du commandement en chef des gardes nationales de la Roer, de Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre. En 1806, il commanda la Garde impériale à pied. Pour la campagne d’Allemagne, Napoléon lui confie une division de la Grande Armée. A Iéna, le 14 octobre 1806, Lefebvre commande l’infanterie de la Garde impériale.

Le duc de Dantzig

En 1807, à la tête du 10e corps, il couvrit et protégea les opérations de la grande armée sur la gauche de la Vistule, et après la bataille d’Eylau, il alla gagner le titre de duc de Dantzig en s’emparant de cette ville. Il rassemble le Xe corps d’armée à Thorn et assiège Dantzig (27 mars au 19 mai 1807). Lefebvre répète aux artilleurs : « Je n’entends rien à votre affaire, mais fichez-moi un trou et j’y passerai. » Ce qu’il fait, en mai 1807. Ce siège difficile lui vaut le titre de duc de Dantzig.

Les « chocolats de Dantzig »
À l’issue de la capitulation de cette ville, Napoléon, recevant le Maréchal à l’abbaye d’Oliva (Pologne), lui demanda s’il aimait le chocolat. Répondant par l’affirmative, l’Empereur lui offrit une boîte, censée contenir du chocolat. En fait, le contenu consistait en une liasse de trois cents billets de mille francs, en récompense de sa bravoure.

En 1808, il commanda le 4e corps en Espagne. Lefebvre accompagne l’Empereur en Espagne où il remporte notamment les victoires sur les Espagnols à la bataille de Durango (31 octobre) et d’Espinosa (11 novembre) et bat les Britanniques à Guenes (7 novembre) et Valmaceda (8 novembre). Il prend Bilbao, Santander et Ségovie (3 décembre).

De retour en Allemagne en 1809, il est nommé commandant de l’armée bavaroise. Il est à Abensberg le 20 avril, Schierling le 21, Eckmühl le 22, commande l’armée du Tyrol de mai à octobre mais ne peut venir à bout de la révolte d’Andreas Hofer.

En 1812, il commande la Veille Garde à la Moskowa et durant la retraite de Russie. Au cours de la campagne de France en 1814, il se bat à Montmirail, à Arcis-sur-Aube et à Champaubert où il eut un cheval tué sous lui.

Le 4 avril, Lefebvre est l’un des maréchaux qui assistent à l’entrevue de Napoléon avec Macdonald, venu lui demander son abdication. Il ne quitta l’Empereur qu’après son abdication.

Le pair de France

Il vote la déchéance de l’Empereur au Sénat, est fait pair de France par Louis XVIII (4 juin 1814), mais se rallie à Napoléon durant les Cent-Jours.

Au 20 mars 1815, son âge et ses infirmités l’éloignant des champs de bataille, il resta à la Chambre haute.

Le Maréchal Lefebvre fut maire de Pontault-Combault de 1813 à 1820.

Il est exclu de la chambre des Pairs lors de la Seconde Restauration. Il est néanmoins maintenu à son rang de maréchal. Louis XVIII lui rend sa pairie le 5 mars 1819. Il y rentra en 1819 pour voter avec les membres constitutionnels.

Il mourut à Paris le 14 septembre 1820 d’une hydropisie de poitrine. De quatorze enfants dont il fut père, dont douze fils, il n’en laissa aucun pour hériter de son nom et de ses titres. Quelques jours avant de mourir, il avait lui-même marqué sa place au Père-Lachaise à Paris, à côté de Masséna, non loin de Pérignon et de Sérurier.

Son nom est inscrit au côté Nord de l’Arc de triomphe de l’Étoile.

Regards des contemporains

L’avis de Napoléon à Sainte-Hélène :

« Lefebvre, au siège de Dantzig, ne m’écrivait d’abord que des sottises, mais lorsque les Russes débarquèrent, il se retrouva dans son élément, et ses rapports devinrent ceux d’un homme qui voit bien. »

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Lefebvre, François-Joseph, duc de Dantzig

sources wikipedia

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