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Joachim Murat

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Joachim Murat, né le 25 mars 1767 à Labastide-Fortunière, (de nos jours Labastide-Murat près de Cahors dans le département du Lot) et mort le 13 octobre 1815 à Pizzo est un maréchal d’Empire et le roi de Naples de 1808 à 1815.

Sous l’Ancien Régime

Joachim Murat naît le 25 mars 1767 à La Bastide-Fortunière, près de Cahors. Il est le dernier des onze enfants d’un aubergiste, Pierre Murat Jordy, et de sa femme Jeanne Loubière.

D’abord destiné à l’état ecclésiastique, on le retrouve ainsi parmi les séminaristes de Cahors puis chez les lazaristes de Toulouse. Il s’y préparait au noviciat sacerdotal et porta le petit collet. Ses camarades de la Bastide l’appellaient l’abbé Murat. Le jeune Joachim aimait les plaisirs, il fit des dettes et craignant le courroux paternel il s’enrôla le 23 février 1787 dans les chasseurs des Ardennes (futur Champagne, puis 12e), unité de cavalerie qui recrutait des hommes audacieux.

Instruit, il se distingue rapidement. Il est cependant renvoyé pour insubordination en 1789 et retourne dans sa région natale. Il retourna quelque temps chez son père.

Carrière sous la Révolution

Murat profite de son retour dans le Quercy pour assister et participer aux réunions des clubs locaux. Il est ainsi élu pour représenter le département du Lot à la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790 à Paris.

Il réintègre l’armée en janvier 1791 et est nommé dans la garde constitutionnelle du Roi un an plus tard, tout comme Bessières, mais, fervent partisan des idées nouvelles, et notamment de Marat (dont il prend quelque temps le nom), il démissionne au bout de quelques jours, estimant que la Garde n’est qu’un repaire de royalistes. Le rapport qu’il transmet à son département est utilisé comme preuve pour justifier le licenciement de la garde.

Il retourne donc dans son 12e régiment de chasseurs et, ambitieux et talentueux, il devient chef d’escadron du 21e chasseurs à l’été 1793. Comme Bonaparte, il est inquiété après la chute de Robespierre mais, comme Bonaparte, il se distingue lors de la répression de l’insurrection royaliste du 13-Vendémiaire. Le nouveau général de l’armée d’Italie en fait son aide de camp.

À la bataille de Roveredo ( 4 septembre 1796), il fut chargé par Bonaparte de poursuivre l’ennemi qui, en fuyant, cherchait à se rallier ; à la tête d’un escadron de chasseurs du 10e régiment dont chaque cavalier portait un fantassin en croupe, il passa l’Adige à gué, et cette attaque inattendue jeta la confusion dans les rangs de l’ennemi. Au combat de Bassano, livré le 22 du même mois, il commandait un corps de cavalerie dont les charges brillantes contre les carrés de l’infanterie austro-sarde contribuèrent puissamment au succès de la journée.

Il met en valeur ses talents de cavalier à Dego et Mondovi et est fait général. Il est blessé devant le siège de Mantoue.

Le 13 mars 1797 il exécuta avec sa cavalerie le passage du Tagliamento, fait d’armes qui déconcerta tous les plans de l’archiduc Charles et qui devait forcer l’Autriche à signer les préliminaires d’un traité de paix.

En Égypte, il déploya la plus grande valeur à la prise d’Alexandrie et à la bataille des Pyramides. Il est chargé de lutter contre les pillards dans la nouvelle organisation que donne Bonaparte à sa conquête.

Quand Bonaparte mit le siège devant Saint-Jean-d’Acre, l’infériorité de l’artillerie française décida le général en chef à tenter l’assaut de cette place. Murat se présenta pour monter le premier à l’assaut ; Bonaparte lui refusa d’abord ce périlleux honneur ; mais Murat fut si pressant qu’il fallut bien le lui accorder.

Il joue un rôle crucial à la seconde bataille d’Aboukir où il capture le chef d’armée adverse après avoir essuyé un coup de feu dans la gorge, qui aurait dû lui être fatal s’il n’avait pas crié en écartant suffisamment les mâchoires.

Il est fait général de division sur le champ de bataille. Cette bataille fut la dernière livrée par Bonaparte en Égypte ; rappelé en France par les évènements graves qui s’y passaient ; il ne ramena d’Égypte que sept personnes au nombre desquelles se trouvait Murat.

Le Consulat

Il participe activement au coup d’État du 18 Brumaire en ordonnant la dissolution du Conseil des Cinq-Cents. Ce fut lui qui entra à la tête de 60 grenadiers dans la salle des Cinq-Cents et prononça la dissolution de ce Conseil.

Commandant de la garde consulaire après cette journée, c’est alors qu’il épousa Caroline Bonaparte, sœur de Napoléon le 18 janvier 1800 dont il eut 4 enfants. Il déménage aux Tuileries et fait donc incontestablement partie du proche entourage du nouveau maître de la France.

Murat commande la cavalerie de l’armée de réserve que commande Napoléon Bonaparte et il a, selon Louis-Alexandre Berthier, « ses habits criblés de balles » à la Bataille de Marengo, le 14 juin 1800.

Après la campagne, il reçoit un sabre d’honneur et commande un camp stationné à Beauvais et destiné à défendre la Batavie et la Belgique en cas de débarquement anglais puis le corps d’observation du Midi. Il participe à ce titre à la poursuite des combats en Italie à l’hiver 1800-1801.

Murat signe ainsi l’armistice qui met un terme aux combats entre la France et le royaume de Naples et ordonne à ses troupes de ne pas violenter le peuple napolitain, ordre dont les Napolitains se souviendront. Le 27 juillet 1801, il est nommé général en chef des troupes stationnées en République cisalpine.

Il rentre en France en août 1803 et est nommé à la place de Junot, en disgrâce, commandant de la première division militaire de Paris, et gouverneur de Paris, il dirige 60 000 hommes. Responsable de la sécurité du gouvernement, il est en relation constante avec Bonaparte. Chargé, par sa fonction, de nommer la commission militaire qui doit juger le duc d’Enghien (condamné par avance), il s’y oppose courageusement.

L’Empire

La conspiration Cadoudal-Pichegru et l’exécution du duc d’Enghien précipitent la transformation du régime consulaire en un régime monarchique. Le 18 mai 1804, un sénatus-consulte confie le « gouvernement de la République à un Empereur » en la personne de Napoléon Ier. Murat est couvert d’honneurs : il est fait Maréchal d’Empire le lendemain. Le 1er février 1805, il devient Grand Amiral et grand aigle (grand croix) de la Légion d’honneur le 2 et s’installe au palais de l’Élysée en mars. Membre de la famille impériale, il porte le titre de Prince.

Murat commande une nouvelle fois la cavalerie et l’avant-garde de la Grande Armée à l’automne 1805.

Il avait porté les premiers coups à l’Autriche et obtenu les premiers succès ; après s’être emparé des débouchés de la forêt Noire, il avait enfoncé et dispersé une forte division autrichienne, lui avait pris son artillerie, ses drapeaux et 4,000 prisonniers. Peu de jours après, il avait forcé le général Werneck à capituler, rien ne résistait à cette redoutable cavalerie française
Un nouvel ennemi se présente ; les Russes entrent en ligne. Murat atteint une de ses divisions, lui enlève cinq pièces de canon et 500 hommes, la poursuit, l’attaque de nouveau sur les hauteurs d’Amstetten et lui fait éprouver une nouvelle perte de 1 800 hommes.

Murat entre à Vienne à la tête de sa cavalerie ; il avait failli surprendre l’empereur d’Autriche dans l’abbaye de Molk ; il sort de Vienne pour poursuivre l’ennemi, sabre l’arrière-garde à Hollabrünn, mais trop généreux, lui accorde un armistice que Napoléon blâme vivement.

La prise des ponts de Vienne est un chef-d’œuvre de ruse : indispensable à la progression des troupes française, les Autrichiens ont piégé les ponts sur le Danube. Murat, accompagné du maréchal Lannes, réussit à les persuader qu’un armistice a été signé. Les Autrichiens se retirent, laissant les Français maîtres des ponts.

Pour réparer sa faute, il prend aux Russes, à Guntersdorf, 1 800 hommes et 12 pièces de canon.

Il se couvre de gloire à la bataille d’Austerlitz où il commande l’aile gauche de l’armée française. La Paix de Presbourg signée le 27 décembre 1805 réorganise l’Allemagne et Joachim Murat devient grand-duc de Berg et de Clèves. Il part s’installer à Düsseldorf, capitale de son État.

Cependant la guerre entre la Prusse et la France éclate à l’automne 1806. La campagne de Prusse l’arracha aux soins de sa souveraineté. Murat retrouve son commandement à la tête de la cavalerie.

Murat, toujours à l’avant-garde traverse la Saale, détruit deux régiments qui lui disputent le passage, se bat comme un lion à bataille d’Iéna et parvient à capturer l’essentiel de l’armée ennemie, force l’importante place d’Erfurth à capituler, harcèle avec une ardeur infatigable les débris de l’armée prussienne, et fait toute une brigade prisonnière dans le faubourg de Prentzlaw.

Une capitulation lui livre 64 pièces d’artillerie, 45 drapeaux, six régiments de cavalerie, i,600 hommes d’infanterie et le prince de Hohenlohe qui commandait ces troupes. Attaqué dans Lubeck, Blücher se rend à Murat avec les troupes et le matériel qu’il avait cru sauver par un indigne subterfuge.

Pendant ce temps, une des divisions de Murat, commandée par le général Lasalle avait fait capituler une garnison nombreuse qui défendait Stettin, une des plus fortes places de la Prusse

Cette campagne s’achève sur ses mots : « Sire, le combat cesse faute de combattants ». La guerre se poursuit cependant contre les Russes qui accourent au secours des Prussiens aux abois.

Les Français marchent au-devant d’eux. Murat les attaque, les chasse de Varsovie où il entre le 28 novembre 1806. Son entrée à Varsovie est triomphale et Murat se voit déjà roi de Pologne.

A la bataille d’Eylau, en 1807, c’est encore Murat qui force l’ennemi a la retraite, après avoir enfoncé son infanterie : une grande partie de l’artillerie russe tombe au pouvoir du grand duc de Berg. Il lance la plus grande charge de cavalerie de l’histoire en menant de 10 à 12 000 cavaliers sur le centre russe pour empêcher celui-ci de couper l’armée française en deux.

Il ne séjourne que peu de temps à Düsseldorf après la Paix de Tilsit qui agrandit substantiellement son duché, laissant la gestion à son ministre des Finances Jean Agar, comte Mosbourg.

Au début de l’année 1808, il est nommé lieutenant-général de l’Empereur et reçoit le commandement des 50 000 hommes qui composent l’Armée d’Espagne. Murat doit occuper Madrid et attendre les ordres de Napoléon. Il se rend vite compte que la présence des Français en Espagne est mal vécue par la population.

Elle se révolte en mars et le roi Charles IV abdique en faveur de son fils Ferdinand. À Bayonne, Napoléon force le père à revenir sur son abdication. La population de Madrid indignée se soulève le 2 mai (Dos de mayo).

L’insurrection est violemment réprimée par Murat le lendemain. C’est le début de la guerre d’Espagne. Charles IV abdique en faveur de Napoléon qui confie le trône à son frère Joseph, déjà roi de Naples, au plus grand désespoir de Murat. Celui-ci se voit alors proposer la couronne du Portugal ou celle de Naples. Il choisit la ville italienne.

Joachim Ier, roi de Naples

L’arrivée à Naples

Le 1er août 1808, Joachim Murat devient roi de Naples. S’il n’accueille pas la nouvelle avec le plus grand enthousiasme (il doit abandonner le grand-duché de Berg, toutes ses propriétés françaises ainsi que leur luxueux mobilier et sa solde de maréchal, dont il conserve toutefois le bâton), il se ravise vite devant l’accueil chaleureux que lui réservent les Napolitains. Ils aiment ce cavalier déjà légendaire, son goût du panache et du flamboyant. Ils se souviennent aussi probablement avec reconnaissance de sa proclamation de 1801.

À son arrivée, Murat trouve un cadre institutionnel assez proche de ceux des royaumes d’Italie et d’Espagne. La constitution prévue par Joseph avait créé un Conseil d’État et un Parlement composé de cinq chambres (clergé, noblesse, propriétaires, savants, commerçants). Ni Joseph ni Murat ne convoqueront le Parlement. Au sein du gouvernement, Murat privilégie les Italiens aux Français, ce qui accroît sa popularité.

Les réformes [modifier]

Immédiatement, il s’attache à poursuivre les réformes entamées par son beau-frère Joseph, à commencer par l’achèvement de l’abolition de la féodalité. Le code Napoléon est très légèrement adapté mais les idées essentielles sont adoptées. La marine et l’armée sont réorganisées. Il règle également le problème du brigandage calabrais. Cependant, la plupart des réformes a eu des effets limités à cause du déficit budgétaire qui, malgré une amélioration, ne sera pas résorbé sous le règne de Murat.

La reconquête du royaume

Lorsque les troupes françaises envahissent le royaume de Naples pour chasser Ferdinand IV et sa femme Marie-Caroline, la sœur de Marie-Antoinette, ces derniers se sont réfugiés en Sicile, protégés par une flotte britannique, dont un détachement s’empara de l’île de Capri. L’île, ancien repaire de l’empereur Tibère, est une véritable forteresse défendue par le général britannique Hudson Lowe, le futur gouverneur de Sainte-Hélène et ses 2000 hommes. La prise de Capri a, pour Murat, deux objectifs. Tout d’abord, il s’agit de libérer une partie de son territoire et d’assurer ainsi la sécurité du commerce maritime entre le nord du royaume et le sud. L’autre objectif est symbolique : montrer à ses sujets qu’il est leur unique souverain et que les Bourbons de Naples ont véritablement « cessé de régner ».
Voir l’article Prise de Capri.

Dès le 4 octobre 1808, c’est-à-dire moins d’un mois après l’arrivée du nouveau roi, 2000 hommes commandés par le général Jean-Maximilien Lamarque débarquent sur l’île qui capitule le 17. Pour fêter cette victoire censée confirmer l’unité des Napolitains, Murat amnistie les exilés politiques.

Lorsque la guerre reprend avec l’Autriche en 1809, une escadre britannique croise devant Naples mais elle n’ose pas attaquer la ville dont les défenses ont été améliorées par le nouveau roi. Murat n’a pas participé à la campagne en Autriche et sort une nouvelle fois grandi de cette victoire et l’admiration du peuple napolitain est sincère.

La dernière étape est la prise de la Sicile. La partie insulaire du royaume des Deux-Siciles abrite la dynastie déchue des Bourbons de Naples. Ceux-ci ne reconnaissent pas Joachim Ier comme roi de Naples mais ils ont vite compris que le déloger ne serait pas une mince affaire. Le roi Murat sait également que reprendre la Sicile sera autrement plus difficile que reprendre Capri, d’autant que Napoléon soutient mollement son beau-frère dans son entreprise. Le 17 septembre 1810, Murat ordonne à ses troupes de traverser le détroit de Messine. Un premier corps de 2000 hommes y parvient sans difficulté. Mais le général Grenier refuse de faire continuer le transbordement au motif qu’il n’a pas reçu d’ordre de Napoléon. Les Britanniques se ressaisissent et chasse les premières troupes débarquées. L’expédition est un échec et Murat se plaint fortement de la conduite de Grenier.

Des relations difficiles avec Napoléon

S’ils sont beaux-frères, les deux hommes ne s’apprécient guère[7]. Napoléon méprise Murat : mépris de l’officier issu des plus prestigieuses écoles pour le soldat sorti du rang ? mépris du stratège pour le sabreur ? ou Napoléon envie-t-il la bravoure de son maréchal qui transcende les troupes ? Probablement un peu de tout ça. Il aurait préféré le général Moreau pour épouser Caroline mais voulant rendre sa sœur heureuse, il avait privilégié l’amour à la raison. Et depuis son accession au trône de Naples, les humiliations de la part de Napoléon se succèdent. Le décret qui lui donne la couronne de Naples précise bien que cela est fait en faveur de la reine Caroline. Le ton des dépêches de Napoléon est de plus en plus sec et vexant, la mauvaise foi y est de plus en plus fréquente. Tout ce que fait le roi est critiqué et rabaissé par l’empereur. Des menaces de destitutions apparaissent dans la correspondance. Napoléon lui rappelle sans cesse que s’il est roi, c’est parce qu’il l’a décidé. Napoléon a-t-il oublié que s’il est empereur, c’est en partie grâce à Murat, qui a été décisif au 13 vendémiaire, à Aboukir, au 18 brumaire ou à Eylau ? Napoléon sait que des intrigues de Talleyrand et Fouché ont prévu de le remplacer par Murat au cas où il lui arriverait malheur. Au même moment, le roi de Naples s’oppose au mariage de Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche, petite-nièce de Marie-Antoinette mais surtout petite-fille de Marie-Caroline. Murat désire de plus en plus agir comme un roi indépendant et non pas comme un préfet. De plus, Naples souffre énormément du Blocus continental. Il se rapproche alors des Carbonari qui le courtisent pour unifier l’Italie. Mais Caroline a toujours su tempérer les ardeurs de l’un comme de l’autre.

Les derniers combats pour Napoléon

Pour forcer la Russie à appliquer les dispositions du décret de Berlin, Napoléon prépare une nouvelle campagne. Toute l’Europe est en guerre, la France et ses alliés d’une part, le Royaume-Uni et la Russie d’autre part. Napoléon fait évidemment appel à Murat pour conduire la cavalerie et l’avant-garde de l’armée. Celui-ci se rend avec empressement auprès de l’empereur pour lui prouver son attachement : l’accueil de Napoléon est glacial. À la tête de la cavalerie, il tente de fixer les Russes pour la bataille mais le général russe Barclay de Tolly se dérobe continuellement, pratiquant la tactique de la terre brûlée. Une nouvelle fois, les charges de Murat sont décisives à la bataille de la Moskowa le 7 septembre 1812. Avec la retraite, harcelée par le froid et les cavaliers cosaques, la cavalerie fond. Le 5 décembre, Napoléon quitte l’armée et en confie le commandement à Murat. Il doit la conduire à Vilnius où elle pourra se reformer. À Vilnius, le lieutenant-général de l’empereur se rend compte qu’il ne peut tenir la position. Il fait évacuer l’armée vers la Pologne. Arrivé à Posen le 16 janvier 1813, il quitte à son tour l’armée et nomme Eugène de Beauharnais commandant en chef.

Il regagne en toute hâte Naples où il entre en relation avec les Autrichiens qui ont quitté l’alliance française. Ce rapprochement a sans doute été facilité par les liaisons de Caroline avec Metternich et l’ambassadeur autrichien à Naples. Un rapprochement est également effectué avec le Royaume-Uni. Une convention militaire est prête à être signée. Mais Murat tergiverse.

Dans le même temps, la situation internationale a évolué. Napoléon a remporté une victoire importante à Bautzen. Il est au courant des contacts du roi avec ses ennemis mais il a besoin de ses talents de cavalier, talents qui lui ont manqué pendant la première partie de la campagne. Murat arrive en août 1813 à Dresde et y écrase l’aile gauche autrichienne les 26 et 27 août. Il fait des prodiges avec sa cavalerie durant l’automne. Après la défaite de Leipzig, le 19 octobre 1813, Murat quitte une dernière fois l’armée sans qu’il soit possible de dire quel est véritablement son état d’esprit.

Lorsqu’il atteint Milan, le roi de Naples est assailli par les Carbonari. Il faut unifier l’Italie où elle se retrouvera sous le joug de l’Autriche. Le 8 novembre, il affirme à l’ambassadeur autrichien qu’il choisit le camp des Alliés. En échange, il demande son maintien à Naples. Parallèlement, il affirme son attachement à Napoléon. Pourtant, le 8 janvier 1814, un traité d’alliance entre l’Autriche et Naples est signé. C’est ce qu’on appelle la « trahison de Murat ».

Il entame une marche triomphale avec son armée à travers l’Italie. Partout, il est acclamé. Après une échauffourée avec les troupes du vice-roi d’Italie Eugène de Beauharnais, il semble pris de remords et pense à changer de camp. Napoléon se laisse convaincre et promet le partage de l’Italie avec le Pô comme frontière, Murat recevant le sud. Mais l’abdication de Napoléon à Fontainebleau change la donne et il est doublé par les Autrichiens et les Britanniques et doit finalement rentrer à Naples en mai 1814.

Murat est confirmé roi de Naples par le Congrès de Vienne. Des contacts se nouent cependant avec Napoléon exilé à l’île d’Elbe. Averti du prochain départ de Napoléon pour la France, Murat se revoit roi d’Italie. Lorsqu’il apprend le débarquement de l’empereur en France, il déclare la guerre à l’Autriche alors que Napoléon n’est pas encore arrivé aux Tuileries. De fait, il place Napoléon dans une situation délicate. Le 30 mars 1815, il lance une proclamation à Rimini appelant les Italiens à l’insurrection. Les mêmes scènes de joies de l’année précédente se répètent dans toute la péninsule. Il est sévèrement battu par les Autrichiens à Tolentino le 2 mai et voit son rêve s’envoler. Le 19, il fuit Naples et atteint Cannes le 25.

La fin

Le roi déchu erre en Provence, espérant que Napoléon l’appelle à l’armée. Napoléon refuse (il le regrettera à Sainte-Hélène). À l’annonce de la défaite de Waterloo, il s’enfuit en Corse. Vite entouré par près de 1000 partisans, Murat se prend à rêver d’une reconquête de Naples.

Une expédition est montée à la hâte. Parti d’Ajaccio, le 28 septembre 1815, elle arrive le 8 octobre devant le petit port calabrais du Pizzo. Croyant soulever l’enthousiasme de la population, Murat et ses partisans débarquent. La foule est hostile. La Calabre a durement été touchée par la répression du brigandage sous le règne de Joachim.

Il est capturé et enfermé dans le petit château du port. Il écrit plusieurs lettres, en particulier à sa famille. Le 13 octobre, le roi Ferdinand prend un décret par lequel « il ne sera accordé au condamné qu’une demi-heure pour recevoir les secours de la religion ».

Ainsi, le procès était joué d’avance.

Postérité

De son épouse Caroline Bonaparte, Murat eut 4 enfants :

* Achille (°1801 +1847 ) 2e prince Murat, épousa en 1826 Catherine Dudley (petite nièce de Washington) sans postérité
* Laetizia (°1802 +1859) épousa en 1823 le marquis Guido-Taddeo Pepoli
* Lucien (°1803 +1878) 3e prince Murat, épousa en 1831 Caroline Fraser (5 enfants naitront de cette union) De lui descend l’actuel Prince Joachim Murat 8e Prince Murat né en 1944.
* Louise (°1805 +1889), épousa Le comte Giulo Rasponi

Le cavalier

Comme la plupart des maréchaux de Napoléon, Joachim Murat n’a pas le génie militaire de l’empereur[11]. Mais, doté d’un puissant charisme, il est un excellent meneur d’hommes et un brillant cavalier. Ses hommes reconnaissent en lui le chef qui les guidera à la victoire. Les Cosaques, cavaliers de l’armée russe, lui vouaient une véritable admiration. Soldat d’avant-garde, il sait fixer l’ennemi et le poursuivre après sa défaite. Il fait ainsi 15 000 prisonniers en cinq jours après la prise d’Ulm en 1805 ou anéantir l’orgueilleuse armée prussienne après la double victoire d’Iéna et Auerstaedt. Sabreur, il mène ses escadrons à l’assaut des troupes ennemis aux cours des charges les plus folles, remportant des succès aussi incroyables que décisifs. Ainsi, il écrase l’armée turque à Aboukir, il évite la défaite à Eylau en prenant la tête de 80 escadrons qu’ils fond sur les troupes russes et ordonne la charge décisive à la bataille de la Moskowa.

Il est cependant souvent emporté par son enthousiasme, ce qui lui vaut une réputation de fonceur et d’étourdi. À la bataille d’Heilsberg, en 1807, où il se jette seul avec 9000 cavaliers et quelques fantassins contre 80 000 Russes bien retranchés. Cela en fait également un mauvais général en chef qui épuise sa cavalerie à la poursuite des Russes qui se dérobent, au début de la campagne de Russie.

Murat est également réputé pour ses tenues toutes plus extravagantes les unes que les autres qui lui valurent le surnom de « roi Franconi », du nom d’un écuyer cirque connu dans toute l’Europe du début du XIXe siècle. Cette manie traduit le côté vaniteux du personnage, sa volonté de se distinguer des autres généraux français. Il est de fait aisément reconnaissable sur les tableaux du Premier Empire.

Surnom : le roi Franconi

Naissance :25 mars 1767
Labastide-Fortunière, France

Décès : 13 octobre 1815 (à l’âge de 48 ans)
Pizzo, Italie
Nationalité : France
Arme : cavalerie

Grade militaire
 : Maréchal d’Empire

Service
 : 1787 - 1815

Conflits :
Guerres de la Révolution
Guerres napoléonniennes

Commandement :
Réserve de cavalerie de la Grande Armée
Grande Armée
Faits d’armes :1re campagne d’Italie
Campagne d’Égypte
1800 : Bataille de Marengo
1805 : Bataille d’Austerlitz
1806 : Bataille d’Iéna
1807 : Bataille d’Eylau
1812 : Bataille de la Moskowa
1813 : bataille de Leipzig
1815 : bataille de Tolentino

Distinctions
 :
Prince impérial
Grand Amiral de France
Grand Aigle de la Légion d’honneur
Autres fonctions :
grand-duc de Berg et de Clèves
roi de Naples


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