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Les raisons de la défaite française

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En dépit d’une idée courante, l’armée française était loin d’être inférieure à l’armée allemande en qualité et en quantité, exception faite des domaines de l’aviation et de la défense antiaérienne. Le ciel n’est cependant pas vide, comme il a souvent été dit, même si les chasseurs français vraiment capables de rivaliser avec leurs homologues allemands sont encore trop peu nombreux au sein des unités, comme le Dewoitine D520, avec seulement trente-six exemplaires. L’artillerie française, contrairement au premier conflit mondial et à la guerre de 1870-1871, n’a rien à envier à son homologue allemande.

Malgré un mythe répandu, les panzers de la Wehrmacht n’ont rien d’invincibles en eux-mêmes, bien au contraire. La France dispose des SOMUA S35 et les B1/B1 bis qui sont parmi les plus puissants chars d’Europe. Leur blindage résiste à tous les canons antichars allemands de l’époque, ainsi qu’aux canons des Panzer II,III etPanzers IV et leur armement surpasse celui de la majorité des panzers. S’il est vrai que la majorité des chars en service sont des blindés légers, c’est également le cas dans les divisions blindées allemandes, où le char le plus puissant, le Panzer IV, seul capable de rivaliser avec les chars Somua S-35 et B1 bis français, ne représente qu’environ 10 % des blindés en service.

Alors pourquoi la France a-t-elle été vaincue si rapidement en 1940 ?

Au niveau tactique, principalement en raison de la doctrine d’emploi des armes, en particulier des blindés. Alors que les 2 592 panzers allemands sont regroupés au sein de dix divisions très autonomes et cohérentes, d’environ 250 blindés soutenus par de l’infanterie, du génie et de l’artillerie motorisés, plus des deux tiers des quatre mille deux chars français sont répartis en Groupements de bataillons de chars d’une centaine d’engins aux diverses armées, sans aucune autonomie opérationnelle, ni appui. Pour l’état-major français de l’époque, le blindé reste principalement, comme en 1918, un élément d’accompagnement et de soutien de l’infanterie.

Les chars français sont donc conçus en conséquence et, en dépit de leur blindage et de leur armement supérieur, souffrent de nombreuses lacunes par rapport aux allemands. L’absence quasi totale de système de communications radiophoniques, par ailleurs, les rares disponibles sur les chars lourds tombent bien souvent en panne, en comparaison tous les chars allemands disposent de radios modernes et fiables. Une autonomie réduite toujours du fait de leur conception en tant que soutien d’infanterie, qui se combine avec la faiblesse du système de ravitaillement en carburant. On note aussi la prédominance de tourelles monoplaces où le chef de véhicule est surchargé. D’une certaine façon, le pire côtoie le meilleur. On voit néanmoins, des succès francs, voire retentissants, comme à Stonne, avec plus de 100 chars allemands détruits, dont douze par un seul char B1 bis, ou encore Hannut et Montcornet. Mais les chars français ont cependant peu d’opportunités de montrer leur supériorité, et ne peuvent influer sur le cours des évènements, car la guerre menée par les Allemands va plus vite qu’eux.

Si l’emploi combiné de l’aviation et des blindés explique en partie la défaite française, elle est insuffisante à elle seule. Élaborée et mise en pratique sur le plan tactique par les Allemands lors de la campagne en Pologne en 1939, son efficacité contre l’armée française était encore sujette a caution au sein du commandement allemand avant le déclenchement des opérations. Même si elle y reçoit un écho peu favorable, en raison du conservatisme idéologique de l’état-major, elle est connue aussi en France et pourrait être appliquée, par certains de ses théoriciens, comme le colonel Charles de Gaulle. La France dispose alors de sept divisions blindées : les 1re, 2e et 3e divisions légères mécaniques et 1re, 2e, 3e et 4edivisions cuirassées. Certes, les deux dernières ont été constituées un peu à la hâte après le début du conflit, mais la plupart sont plus puissantes que leurs équivalentes allemandes, même si elles sont un peu moins bien organisées.

Cette idée d’une tactique allemande irrésistible, la blitzkrieg, semble avoir été mise en avant après la défaite, pour minimiser la responsabilité des chefs militaires français, dans la débâcle française, leurs erreurs sur le plan stratégique ayant été nombreuses et graves ; dés le procès de Riom, les autorités vichystes qui ont à juger les "fautifs" de la grande débâcle du printemps 40 vont jusqu’à avancer les chiffres (pour le moins fantaisistes) de 7 500 chars et de plus de 5 000 avions mis en ligne par la Wehrmacht. Une manipulation arithmétique bien dérisoire pour cacher une réalité bien plus simple et bien plus prosaïque. Les historiens, en particulier anglo-saxons, tels Kenneth Macksey ou John Keegan portent aujourd’hui un regard neuf sur cet épisode historique, et remettent de plus en plus en cause la supériorité allemande. Les historiens allemands font de même comme Karl-Heinz Frieser qui, quand il rend compte du transfert quelques mois avant 1940 des moyens motorisés de très nombreuses divisions allemandes aux seules divisions chargées d’appliquer le plan d’Hitler, use de cette métaphore : L’armée allemande ressemblait à une lance avec une pointe d’acier trempé, dont le manche, en bois, paraissait d’autant plus pourri qu’il était long [...] Pourtant cette pointe d’acier porta un coup mortel aux Alliés.

On peut s’interroger sur la possibilité qu’avait la France de continuer la lutte.

Il faut souligner que les forces allemandes ont subi des pertes journalières supérieures à celles observées dans l’opération Barbarossa et qu’elles étaient dans une situation périlleuse sur le plan logistique lors de l’Armistice.

Un rapport de Guderian transmis à l’OKH début octobre 1940 indique que les forces allemandes engagées en France avaient besoin de 4 à 6 semaines d’arrêt avant de reprendre l’avancée vers le sud.

* État du carburant : 15 % des besoins.

* État des munitions : 17 % des besoins.

* État des transport par camions : 25 % à 30 % du nombre requis.

Dans ces conditions, plusieurs historiens estiment que l’on aurait pu ralentir l’avance allemande suffisamment longtemps pour que les forces françaises puissent se replier en Afrique du Nord.


sources wikipedia

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