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L’affaire des poisons

, par

Célèbre affaire d’empoisonnement et d’envoûtement qui, sous le règne de Louis XIV, entraîna la constitution d’une chambre ardente, finalement close par le roi parce qu’elle mettait en cause des personnes trop proches de lui.
Le poison, comme la sorcellerie, est fort à la mode sous le règne de Louis XIV. On en parle, on l’évoque dès qu’une mort apparaît suspecte, ou seulement inattendue. Certains n’hésitent pas à en user. Divers procès font grand bruit au début du règne personnel du roi, en particulier celui de la marquise de Brinvilliers qui, arrêtée en mars 1675 par La Reynie, est décapitée au mois de juillet. Les enquêteurs, qui poursuivent leur travail après l’exécution de la marquise, découvrent tout un monde de tireuses de cartes, magiciennes, sorcières, avorteuses, empoisonneuses, auxquelles s’ajoutent sorciers et prêtres défroqués suspects. Tout ce monde trafique et vend philtres et poisons à des acheteurs issus de toutes les classes de la société, de la noblesse de cour au menu peuple.
Une tireuse de cartes, Marie Bosse, qui s’est imprudemment vantée de faire fortune en pratiquant des empoisonnements, tombe dans un piège tendu par la police, qui l’arrête. Suivent la dame Vigouroux, qui se livre au même trafic, puis la femme Monvoisin, la célèbre Voisin, et des dizaines d’autres magiciens, empoisonneurs ou prêtres. Devant l’ampleur prise par cette affaire, le roi décide en 1679 la création d’une commission spéciale, une chambre ardente qui se réuniten janvier 1680 à l’Arsenal, sous la présidence du lieutenant de police La Reynie. 367 personnes doivent lui être présentées. Leurs interrogatoires aboutissent rapidement à la mise en cause de personnalités de plus en plus proches du roi et de Madame de Montespan*, en particulier deux suivantes de cette dernière, Mesdemoiselles des OEillets et Cato. Le sorcier Lesage accuse la Voisin de s’être rendue à la cour de Saint-Germain pour leur remettre drogues et placets. La Voisin, principale accusée, est soupçonnée d’empoisonnements, d’avortements, de participation à des messes noires. Elle fournissait des enfants à l’abbé Guibourg, sinistre célébrant de messes noires. Soumise à la question ordinaire, elle avoue tout, mais se refuse à parler de Madame de Montespan. Le 22 février 1680, l’empoisonneuse est brûlée en place de Grève.
Les interrogatoires se poursuivent. Au mois d’août, la fille de la Voisin dénonce à La Reynie la participation de Madame de Montespan à une messe noire célébrée par l’abbé Guibourg. Ce dernier avoue avoir prononcé le nom du roi et celui de la favorite lors de la consécration d’une de ces messes. Madame de Montespan demandait l’amitié du roi et du dauphin, le renvoi de Mademoiselle de La Vallière*, la stérilité et la répudiation de la reine, ce qui lui permettrait d’épouser le roi. Pour s’attirer l’amour de ce dernier, la Montespan s’était procuré un philtre fabriqué avec le sang de l’enfant sacrifié lors de la messe noire, et divers produits aussi malsains que prétendument magiques, qu’elle aurait fait absorber au roi à son insu, ce qui explique peut-être les malaises de Louis XIV. Ces voeux, remontant à quelques années avant le procès, furent en partie exaucés, le roi se détacha de Mademoiselle de La Vallière, et commença de faire des enfants à sa nouvelle favorite. La fille de la Voisin accuse enfin Madame de Montespan d’avoir voulu empoisonner une de ses rivales, Madame de Fontanges*, et le roi lui-même.
Quel crédit peut-on accorder à ces accusations Une autre empoisonneuse, qui avait elle aussi accusé Madame de Montespan, se rétracte au moment de monter sur le bûcher. Il est certain que, pour échapper à la mort, par arrêt des poursuites, les accusés avaient tout intérêt à mettre en cause de très hautes personnalités : la duchesse de Bouillon, la comtesse de Soissons, toutes deux nièces de Mazarin, le maréchal de Luxembourg, la vicomtesse de Polignac, Racine et, bien sûr, la maîtresse du roi. Cette dernière, observe cependant La Reynie, a été mêlée en 1668 à un procès intenté à deux futurs accusés de l’affaire des Poisons, l’abbé Mariette et le sorcier Lesage. Déjà, on avait parlé de poudres. Le lieutenant de police et le roi inclinent donc à croire à une culpabilité partielle de Madame de Montespan. Le 30 septembre, Louis XIV ordonne l’interruption de l’instruction. La Reynie est fort déçu : alors que la chambre ardente a prononcé 36 peines capitales, dont 34 ont été exécutées, 147 personnes sont encore retenues à la Bastille ou à Vincennes. Deux d’entre elles, prises au hasard, et parmi les comparses, sont brûlées. Les principaux accusés sont transférés dans diverses forteresses où, sur ordre dé Louvois, ils seront attachés à une chaîne de fer, scellée au mur. Les enchaînés, à raison de six par cachot, attendront la mort dans cette position, certains vivront ainsi quarante ans.
Quant à la culpabilité de Madame de Montespan, les accusations d’empoisonnements ne reposent sur aucune preuve véritablement formelle. Par contre, il est probable qu’elle ait fait célébrer des messes noires et certain qu’elle était en relation avec la Voisin, qui lui procurait des philtres dits « poudres pour
l’amour ».


sources : Dictionnaire de l’histoire de France Perrin sous la direction de Alain Decaux et André Castelot .ed Perrin 1981

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