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Sur le toit de l’usine

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Le dimanche matin 17 septembre, l’opération « Market Garden » commença. Le temps était celui qu’on avait prévu : vent léger, visibilité bonne ; quelques bancs de stratus avaient disparu vers 10 heures.
Du Dorset au Lincolnshire, sur 22 aérodromes (8 britanniques et 14 américains), les troupes commencèrent à embarquer.
C’étaient le 38e groupe de la R.A.F. et le 9’ commandement américain de transports de troupes qui avaient préparé les plans de vol, répartissant les terrains de départ en deux secteurs. Les appareils du secteur sud devaient se rassembler au-dessus de Hathfield, dans le Hertfordshire, et ceux du secteur nord au-dessus de March, dans le Cambridgeshire.
La 101’ division aéroportée américaine devait naviguer au sud jusqu’au North Fore-land, puis plein est au-dessus du pas de Calais jusqu’à Geel, enfin prendre au nord pour arriver à Eindhoven. La 82e division aéroportée américaine et la 1re division aéroportée britannique suivraient la route du nord par Aldeburgh et l’île de Schouwen jusqu’au-dessus de Bois-le-Duc, où le flot devait se diviser en deux, chacun pour arriver sur son objectif, les Américains à Grave et à Nimègue, les Anglais sur Arnhem.
Les routes devaient être jalonnées par des phares et des feux à éclipses aux points de rendez-vous et de virage, par d’autres phares et des feux codés sur bateaux au milieu de la Manche ; enfin par des bandes de couleur fixées au sol et des signaux de fumée colorée, ainsi que des phares sur les zones d’atterrissage. Une protection aérienne générale devait être assurée par quelque mille avions de chasse américains et britanniques à la fois durant le vol et pendant les atterrissages ; des reconnaissances armées devaient être organisées au-dessus de la zone des objectifs ; enfin, des opérations de diversion avaient été prévues bien au-delà du secteur intéressé. Quant aux terrains de chasse et aux positions de la Flak ennemie, on les avait déjà bombardés. Très peu de temps avant les atterrissages, les casernes environnantes seraient aussi attaquées, et, peu après, des mannequins parachutistes devaient être lancés à l’ouest d’Utrecht, à Emmerich et à l’est d’Arnhem.
On pensait que le danger le plus grave viendrait de la Flak et bien que les itinéraires aériens eussent été sélectionnés de façon à éviter les plus grandes concentrations de D.C.A., on avait prévu la perte de 40 % des avions et des planeurs engagés.
Dans la réalité, la Flak ne fut pas aussi redoutable que prévu. Sur les 1 545 avions et les 478 planeurs mis en oeuvre, très peu furent détruits, et les quelques Focke-Wulf et Messerschmitt isolés qui se montrèrent forcés d’attaquer la couverture haute des chasseurs, ne purent parvenir jusqu’aux avions de transport. Comme devait le dire l’un des pilotes de « Stirling » après coup : « Paisible. Du gâteau. »
Les hommes dans les avions ou dans les planeurs, s’ils regardaient le sol, ne pouvaient avoir qu’une impression de paix. Dans les rues des villages, les gens s’arrêtaient, regardaient en haut, agitaient des mouchoirs ; sur la mer du Nord, les petites embarcations de sauvetage se balançaient mollement ; sur la côte de Hollande, les défenses restaient silencieuses, comme abandonnées. Puis, leur sautant aux yeux comme une photographie aérienne qui s’anime soudain, ce fut l’objectif.
La 82’ division de Gavin venait de se poser du côté de Grave et dç Nimègue, sans trop d’accrocs. L’un des bataillons, ayant atterri de part et d’autre du pont de Grave, sur la Meuse, s’en était emparé en moins d’une heure. Six heures plus tard, d’autres unités de la division avaient pris un pont sur le canal de la Meuse au Waal et avaient avancé assez loin à l’est jusqu’en bordure du Reichswald. Les positions ennemies avaient été enlevées avec facilité en peu de temps, et ce ne fut qu’après avoir envoyé un bataillon au nord, vers le pont sur le Waal, à Nimègue, que le général Gavin rencontra une résistance sérieuse.
Entre-temps, plus au sud, la 101e division de Taylor avait progressé avec la même rapidité et avait connu les mêmes succès. Tandis qu’ils s’approchaient d’Eindhoven, les planeurs transportant la division avaient été pris sous un feu de Flak assez nourri mais peu efficace. Une fois au sol, les Américains manœuvrèrent rapidement, venant facilement à bout des résistances éparses qu’ils rencontrèrent. Tous les ponts sur le canal Zuid Willems Vaart jusqu’à Veghel furent pris. Quant au pont de Son, sur le canal Wilhelmine, les Allemands l’avaient fait sauter. Mais les Américains d’un régiment de parachutistes purent quand même franchir le canal pendant la nuit. Si bien que le lendemain matin, les travaux de réparation du pont de Son étaient déjà entrepris et le régiment se dirigea sur Eindhoven, au sud, ouvrant l’étroit couloir par lequel les blindés britanniques devaient attaquer.
Cette attaque avait déjà démarré. Installé sur le toit d’une usine sur la rive du canal de l’Escaut à la Meuse, le général Horrocks avait pu voir le flot des avions passer au-dessus de lui et avait donné ses ordres au 30e corps. Bientôt son artillerie avait ouvert le feu et les chars des Irish Guards s’étaient ébranlés pour ouvrir un chemin jusqu’à Valkenswaard et Eindhoven. Avant la tombée de la nuit, Américains et Anglais se serraient les mains dans Eindhoven et le corridor, au nord, vers Arnhem, était libre, au moins jusqu’à Nimègue.


Les articles de ce dossier sont extrait d’un article de Christopher Hibbert parut dans Historia magazine n 77 mai 1969

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