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Un message de Londres

, par


Montgomery conçut alors son plan. Il s’agissait de faire sauter la croûte de la couverture allemande au moyen d’une série d’opérations aéroportées. En s’emparant des ponts successifs qui se trouvent entre la frontière hollandaise et le Rhin (voir carte), il espérait être en mesure de dégager la route pour une avance rapide de la IIe armée à travers la Hollande en direction des plaines de l’Allemagne du Nord, évitant ainsi les problèmes posés par le franchissement du Rhin et de la Meuse et débordant les ouvrages de la ligne Siegfried qui se terminait dans la région forestière du Reichswald.
Ce n’était pas la première fois que Montgomery suggérait au général Omar Bradley, commandant le XIIe groupe d’armées américain, d’unir leurs efforts pour constituer une masse compacte de 40 divisions à laquelle plus rien ne pourrait résister dans son avance au nord-est.
Mais pour des raisons politiques et militaires, Eisenhower avait refusé de se laisser
convaincre. Tout en reconnaissant l’intérêt d’une poussée vers le nord qui permettrait de disposer d’un bon port de mer pour alimenter une action finale en direction de la Ruhr, il jugeait inopportun d’arrêter le général Patton dont la III` armée progressait au sud de façon satisfaisante. Le Rhin. disait-il, on l’atteindrait avec l’ensemble des forces alliées ; quant aux offensives ultérieures, il fallait, avant d’y songer. avoir résolu les problèmes posés par le ravitaillement et l’arrivée des renforts. »

Cependant, Eisenhower était prêt à accorder une certaine priorité à Montgomery. car la condition préalable du succès de toute invasion de l’Allemagne était la libre disposition des ports de la Manche et d’Anvers_ C’est ainsi que furent détachées au XXIe groupe d’armées la 1re armée américaine et l’armée aéroportée alliée qui venait d’être créée sous le commandement du général américain Brereton.
On était au début de septembre, la progression étonnante des Alliés venait de s’arrêter et Montgomery estimait que le moment était venu de faire appel aux troupes aéroportées.

Les ponts à capturer étaient au nombre de cinq, dont deux sur des canaux. C’était le canal Wilhelmine (à une quarantaine de kilomètres au-delà de la frontière hollandaise) et le Zuid Willems Vaart (quinze kilomètres plus au nord). Les trois autres ponts se trouvaient sur la Meuse, le Waal et le Neder Rijn (Rhin inférieur). Une division de l’armée aéroportée devait être déposée dans l’intervalle de 30 kilomètres qui sépare Eindhoven d’Uden avec mission de s’emparer des deux ponts sur les canaux et d’ouvrir la route qui les joint. Une deuxième division aurait pour objectif les ponts sur la Meuse à Grave et sur le Waal à Nimègue. Enfin, une troisième, parachutée à Arnhem, serait chargée de garantir le passage du Neder Rijn qui, à cet endroit, a 150 mètres de large.

Ambitieux, certes, le plan ne manquait pas d’imagination. S’il était couronné de succès, les avantages que les Alliés en retireraient seraient substantiels. Non seulement la ligne Siegfried serait débordée, mais encore une excellente base de départ vers l’Allemagne serait obtenue en même temps que les forces allemandes de Hollande seraient encerclées dès que l’ armée aurait atteint le Zuiderzee.

Naturellement, le plan avait ses adversaires. Le général Bradley parlait avec dédain de cette « route secondaire en saillant » pour atteindre le Reich et s’inquiétait de la brèche dangereuse qu’elle allait créer entre la IIe et 1re armées. Quant au général Dempsey, dont les services de renseignements signalaient une activité allemande croissante en Hollande, particulièrement dans la région d’Arnhem et de Nimègue, il estimait qu’il valait mieux frapper un grand coup dans le secteur américain, vers l’est, en direction du Rhin, à Wesel, plutôt que de « partir par la tangente » en Hollande seulement.
Le 10 septembre, Dempsey vint voir Montgomery pour défendre son point de vue. Mais Montgomery lui répondit qu’il venait justement de recevoir de Londres un message demandant ce que l’on pourrait faire pour neutraliser les bases de lancement de V2 de la région de La Haye (le 8 septembre, deux jours plus tôt, le premier V2 était tombé sur Londres). Il n’y avait plus de discussion possible : on attaquerait au nord.
Au moins, Dempsey pouvait-il se réjouir de l’un des aspects de l’affaire. La route qu’allait suivre son armée était si imprévisible que l’ennemi en serait certainement le premier surpris ! D’autre part, les opérations aéroportées se dérouleraient ainsi à une distance raisonnable des bases britanniques.

Eisenhower, lui aussi, se montra d’abord réticent. Le plan de Montgomery supposait que l’on détournerait l’aviation de transport de sa mission essentielle de ravitaillement. Il devait écrire plus tard :
Il était difficile de déterminer exactement s’il était plus avantageux de maintenir l’aviation dans sa mission de ravitaillement. Mais une chose était certaine : le fait de modifier l’emploi des avions allait obliger à retarder de plusieurs jours l’opération aéroportée afin de pouvoir préparer matériel et équipages à leur nouvelle mission.
Il refusa cependant catégoriquement de donner à l’opération aéroportée et à la manoeuvre vers le nord la priorité absolue sur l’action de Patton qui, en fait, étendait son front vers le sud et était à la veille d’opérer la jonction avec les troupes du VI° groupe d’armées américain, qui remontait de la Méditerranée.


Les articles de ce dossier sont extrait d’un article de Christopher Hibbert parut dans Historia magazine n 77 mai 1969

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