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Ils avaient planté la bannière étoilée.

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A Nimègue, pourtant, la prise du pont sur le Waal se révéla difficile et dangereuse. Le général Gavin avait prévu de faire donner l’assaut sur ce pont le lundi matin, mais avant même qu’il eût pu donner le signal du départ, l’ennemi avait contre-attaqué, venant du Reichswald, et récupéré les zones l’atterrissage où les planeurs transportant raffinerie et les renforts d’artillerie étaient attendus sous peu.
A l’issue d’un violent combat, les Allemands furent repoussés et les planeurs, heureusement retardés de deux heures par le brouillard, purent se poser sans trop de dommages.

Mais, dans la journée qui suivit, la deuxième vague de planeurs chargés de fantassins fut clouée au sol par le brouillard, et pend Gavin fut rejoint, dans les faubourgs de Nimègue, par les grenadiers de la Garde, I se trouvait si fortement accroché par les Allemands à l’est qu’il ne put détacher qu’un seul de ses trois régiments de parachutistes pour appuyer les chars des grenadiers qui e lançaient à l’assaut des ponts routier et ferroviaire sur le Waal. Les abords de ces monts se trouvaient solidement défendus (le ont routier avait été si bien fortifié avant la guerre qu’il avait fallu trois jours aux (Allemands pour s’en emparer en 1940) et les tentatives de la Garde ou des parachutistes pourforcer les défenses dans la journée du pardi avaient toutes été repoussées. En fait, le commandement allemand était tellement persuadé que le pont routier était imprenable qu’il avait interdit sa destruction.
Le mercredi matin, en dépit des lourdes pertes de la journée précédente et des difficultés presque insurmontables que représentaient les défenses de l’ennemi, les attaques avaient repris. Appliquant le plan préparé par le général Horrocks et le général Browning — ce dernier venait de se poser près de Nimègue pour prendre la direction des opérations aéroportées, l’attaque sur les ponts fut déclenchée simultanément par le nord et par le sud.

L’attaque venant du nord était exécutée par le 504’ régiment de parachutistes américain qui, une fois les Allemands chassés de Nimègue, le matin, avait commencé à franchir le fleuve à deux kilomètres en amont,.à 15 heures, avec ses bateaux d’assaut, retardé à la fois par le courant rapide et par un feu nourri de l’ennemi.
Bien qu’à peine la moitié des bateaux du premier détachement eussent réussi à aborder sur l’autre rive, les Américains parvinrent à installer une, petite tête de pont et à s’y maintenir tandis que les détachements suivants traversaient les eaux tourbillonnantes. Vers la fin de l’après-midi, ils avaient fait irruption de leur tête de pont et avaient planté la bannière étoilée à l’extrémité nord du pont de chemin de fer. Ils avançaient maintenant vers le pont routier.

Voyant, à travers la fumée, le drapeau flotter au loin, les Gardes de la rive sud crurent qu’il s’agissait d’un signal et que le moment était venu pour eux de déclencher leur attaque. Se frayant un chemin à travers les ouvrages du dernier point d’appui ennemi et sous le feu des 88, les chars britanniques s’ébranlèrent en direction du pont sur le Waal tandis que les régiments de Gavin contenaient toujours la pression de l’ennemi en provenance du Reichswald. Peu après 21 heures, ce soir-là, quatre chars avaient atteint le pont. Deux d’entre eux se trouvaient immobilisés par le feu des pièces antichars, bien à l’abri derrière les poutres d’acier, mais les deux autres étaient parvenus sur la rive opposée, après avoir écrasé le bouchon ennemi au passage et avaient fait la jonction avec les Américains de la rive nord. Une heure plus tard, le pont était solidement tenu par les Alliés.
L’opération que venaient de réaliser ensemble les hommes de la division blindée de la Garde et de la 82e division aéroportée américaine est certainement l’une des plus audacieuses et des plus brillantes de la guerre. Une fois l’affaire terminée, le général Dempsey devait dire au général Gavin : « Je suis fier de rencontrer le commandant de la plus belle division du monde ! » et le compliment n’était pas exagéré.
La route d’Arnhem était donc ouverte et les éléments de tête du 30e corps avaient déjà
reçu leurs ordres pour se porter à l’aide de la 1" division aéroportée britannique à l’aube.

Voilà en effet trois longues journées et plus que les Anglais d’Arnhem, isolés, combattaient avec l’énergie du désespoir.
Au moment où Horrocks regardait passer les avions amenant les Américains à Eind-
hoven, le maréchal Model, commandant du groupe d’armées B, était en train de boire un verre de vin en guise d’apéritif à la terrasse de l’hôtel Tafelberg à Oosterbeek.
L’hôtel Tafelberg était le siège de son P.C. et se trouvait à moins de trois kilomètres à l’ouest d’Arnhem.
Il est certain que si les Anglais n’avaient pas pensé une minute se trouver en présence
d’un adversaire de cette taille, ni lui ni le général Student, commandant la 1" armée de parachutistes (et dont le P.C. se trouvait un peu plus au sud, à Vught), ne s’attendaient,quant à eux, à une attaque aéroportée des Alliés.

Student (dont le commandement s’étendait sur les forces allemandes déjà installées en Hollande et sur les régiments de parachutistes et les bataillons de la Luftwaffe transformés en unités d’infanterie) voyait ses effectifs grossir d’heure en heure par l’appoint d’importants détachements de la XVe armée, laquelle, depuis plusieurs jours, se glissait hors de la tenaille alliée qui s’avançait lentement depuis la frontière belge, et avait traversé l’estuaire de l’Escaut au nord-est d’Anvers.
Student, certes, s’attendait que ses troupes subissent bientôt l’assaut de la IIe armée britannique, mais, cette fois, il fut, comme il devait le reconnaître lui-même, « complètement surpris » par l’opération « Market Garden N’ayant jamais cru à l’éventualité d’une attaque aéroportée sur ce secteur, il écrivit plus tard : En vérité, il était tout à fait logique d’utiliser des troupes aéroportées dans une telle situation pour s’emparer de ponts avant que ceux-ci fussent démolis. Mais je dois admettre que nos chefs de corps autant que nos troupes — et moi le premier, avec tout mon état-major — nous étions tous si accablés, surmenés, conditionnés par les mille tâches plus délicates les unes que les autres qui s’imposaient à nous que nous ne voyions plus les opérations qu’avec des yeux de fantassins


Les articles de ce dossier sont extrait d’un article de Christopher Hibbert parut dans Historia magazine n 77 mai 1969

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