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La grande dépression : Ils prirent le maquis

, par

Maintenant, la Caroline du Nord prend des mesures énergiques pour mater le mouvement révolutionnaire. La police entreprend de nouveaux raids ; les chefs syndicalistes sont arrêtés et, après une série de procès, condamnés. Les communistes abandonnent alors la cause des grévistes, mais ils vont s’en servir comme un exemple de la tyrannie exercée par la société américaine sur le prolétariat afin de rallier d’autres travailleurs à la lutte des classes. Pourtant, peu d’hommes, même au plus fort de la « dépression », seront
attirés par la révolution. Les travailleurs sont intéressés par l’amélioration immédiate de leurs conditions de vie ; ils ne cherchent pas à atteindre un objectif plus ou moins défini dans un avenir plus ou moins lointain.
Il est facile, en faisant un retour en arrière, de comprendre l’incapacité des deux partis à exploiter le mécontentement populaire créé par la crise économique mondiale des années 30.
En 1920, le parti socialiste se trouvait dans une position très précaire. Il était affaibli par le départ des intellectuels, qui avaient refusé de s’associer à sa ligne pacifiste pendant la Grande Guerre ; ébranlé par la scission de son aile gauche, qui avait formé le parti communiste en 19 19 ; ballotté par la psychose révolutionnaire, la fameuse red scare, qui avait balayé les États-Unis pendant les années 1919 et 1920. Au cours des années 20, le parti socialiste prit donc la décision de travailler en collaboration avec les syndicats de la Fédération américaine du travail, bien que ceux-ci fussent plutôt conservateurs. Seule la rhétorique traditionnelle marxiste fut retenue. Le parti commença à recouvrer une certaine vitalité lorsque Norman Thomas, un ancien pasteur de l’Église presbytérienne, devint leur porte-parole en 1928.
Thomas n’était certes pas un marxiste, mais il était convaincu que le socialisme était la seule voie pour aboutir à la justice sociale aux États-Unis et pour mettre fin aux menaces de guerre dans le monde. Excellent conférencier, il fit beaucoup d’adeptes dans les cercles intellectuels et il amena au parti bon nombre de jeunes qui avaient été déçus par la faiblesse et l’entêtement dont avaient fait preuve certains membres pendant toute la décennie précédente.

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