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Expédition du Mexique 1861-1867

Le Mexique à la veille de la guerre

Le Mexique, s’étendant sur deux millions de kilomètres carrés, était peuplé, à l’époque de l’intervention, de 8,5 millions de personnes. Trois groupes ethniques étaient présents : 2 millions de blancs (descendants des conquistadors et des colons espagnols.), 2,5 millions de métis, 4 millions d’amérindiens, ainsi que quelques centaines de milliers d’esclaves noirs.

L’antagonisme racial était fort : les blancs se considéraient comme supérieurs, et les métis jalousaient les blancs et méprisaient les indiens. Ces derniers, quant à eux, étaient divisés en une multitude de tribus.

En outre, les trois grands groupes ethniques étaient eux même divisés politiquement : d’un côté, le parti conservateur, centraliste et clérical, était soutenu par les grands propriétaires fonciers ; de l’autre, le parti libéral, fédéraliste et anticlérical, était lui majoritairement soutenu par les petits propriétaires ainsi que par la bourgeoisie. Le Mexique était donc loin d’être un pays uni et apte à lutter contre une invasion étrangère.

Juarez au pouvoir

Depuis que le Mexique avait proclamé son indépendance, une multitude de coups d’États s’étaient succédés. En 1858, ce fut l’Indien Benito Juárez, membre du parti libéral, qui s’empara du pouvoir.

Une rébellion éclata cependant, menée par les généraux Zuloaga et Miramon. Cette dernière parvint à chasser Juárez, qui finit tout de même par mater les insurgés, en 1861. Cette nouvelle guerre civile avait une fois de plus appauvri l’État. Juárez reconnut que le Mexique devait 70 millions de pesos à l’Angleterre, 9 millions à l’Espagne et 3 millions à la France, mais, les caisses du Mexique étant quasiment vides, il décida en juillet 1861 de suspendre pour deux ans le paiement de la dette extérieure.

Les raisons de l’intervention

Ce pays ne formait pas à l’époque une véritable nation. Les rivalités ethniques et politiques divisaient la population. De plus, depuis l’indépendance, le Mexique était en proie à des coups d’États incessants, usant financièrement le pays. L’opportunité pour un pays puissant comme la France d’y installer un régime fort et d’en récolter les fruits était tentante.

La seule solution, selon Napoléon III, était de mettre fin à l’anarchie qui régnait dans ce pays, et d’y instaurer un Empire. En effet, une fois l’ordre rétabli au Mexique, le progrès serait au rendez vous : le pays deviendrait le premier pays industrialisé d’Amérique latine et une fois le Mexique devenu une contrée attirante, des milliers de colons viendraient s’installer dans les terres tempérées, entrainant urbanisation et immigration. Le port de New-York et la fameuse Ellis Island (où les immigrants devaient passer une batterie d’examens avant de s’installer aux États-Unis.) seraient délaissés au profit du port de Veracruz. Des milliers d’Italiens, d’Irlandais, de Grecs, des milliers de ressortissants de tous les pays en difficulté viendraient résider au Mexique et non plus aux États-Unis.

Ce plan de Napoléon III, qui y voyait l’occasion de dresser contre les États-Unis un empire catholique allié à la France, fut notamment soutenu par Eugène Rouher, qui en parlait comme de « la plus Grande Pensée du Règne ».

Les conditions géopolitiques étaient excellentes, en 1861 : Juárez fournissait un prétexte excellent pour que la France puisse intervenir de manière légitime. En outre, les américains ne pouvaient rien faire, car ils étaient empêtrés dans la guerre de Sécession.

Les débuts de l’intervention

Au départ, les gouvernements espagnol et britannique envoyèrent eux aussi une force expéditionnaire (le Mexique leur devait bien plus d’argent qu’à la France). Des négociations eurent lieu entre Mexicains et européens (après que ces derniers aient signé la Convention de Soledad en février 1862, dans laquelle ils s’engageaient à ne pas attaquer le Mexique), mais elles n’aboutirent qu’à une impasse. En avril 1862, Anglais et Espagnols retournèrent au port de Veracruz et quittèrent le pays.

La première offensive française

Les Français décidèrent de se maintenir. Le général Charles Ferdinand Latrille de Lorencez, à la tête du commandement français, décida de marcher vers Puebla (qui, une fois prise, permettrait d’ouvrir la voie vers Mexico).

Après de petits affrontements contre les Mexicains, les Français arrivèrent devant la ville, le 5 mai 1862. Les 12 000 hommes du général Saragoza y étaient solidement retranchés, mais étaient pauvrement armés. Lorencez lança ses troupes dans un assaut frontal contre le couvent fortifié du Cerro (couvent) de Guadalupe. Bien retranchés derrière les murs, les juaristes parvinrent à repousser les Français, dont un millier périrent au cours de la bataille. Lorencez sonna alors la retraite, et se retira piteusement.

Lorsque la nouvelle de la défaite devant Puebla fut connue à Paris, Napoléon III envoya un renfort de 26 000 hommes au Mexique, sous le commandement du nouveau général en chef : Elie Frédéric Forey. Ce dernier et ses hommes arrivèrent au Mexique en septembre 1862. Ils firent le Siège de Puebla une deuxième fois.

La prise de Puebla et de Oaxaca

La ville ne tomba qu’au prix de nombreux efforts, en mai 1863. Des milliers de Mexicains se trouvaient alors dans la ville lors de sa chute. Tous ne pouvaient pas être emprisonnés et furent donc relâchés. Quelques jours après, ils avaient rejoint les rangs des rebelles. Par la suite, l’armée française parvint à progresser sans encombres jusqu’à Mexico, d’où Juárez s’était enfui (ce dernier se réfugia à Paso del Norte, à la frontière des États-Unis). Là, en juillet 1863, une assemblée de notables offrit la couronne Impériale à l’archiduc d’Autriche Maximilien de Habsbourg, qui mit plus d’un an à l’accepter...

Suite à la prise de la ville, l’armée reçut la tâche de pacifier l’État de Puebla. Les militaires multiplièrent les marches, fortifièrent les villages visités, et parvinrent non sans mal à faire régner l’ordre. Mais un obstacle leur barrait la route : la ville d’Oaxaca, fief du chef rebelle Porfirio Diaz.

Le général Bazaine (qui avait remplacé Forey), décida de mener lui même les opérations contre cette ville. Celles-ci commencèrent à la fin de l’année 1864. Cependant le siège ne dura pas bien longtemps : en février 1865, Porfirio Diaz signa la reddition d’Oaxaca. Des milliers de Mexicains se trouvaient dans la ville lors de sa chute. Une nouvelle fois, tous ne pouvaient être emprisonnés et furent donc relâchés. Quelques jours plus tard, la plupart avaient rejoint les guérilléros du nord.

L’armée française face à la guérilla

Après la prise d’Oaxaca, les militaires furent envoyés combattre au nord du Mexique, là où la guérilla était la plus virulente. Le corps expéditionnaire n’était pas habitué à lutter de cette manière : lorsque les rebelles étaient en position de force, ils attaquaient, dans le cas contraire, ils fuyaient. En outre, ils avaient des chevaux, ce qui n’était pas le cas des Français.

Afin de lutter contre cette stratégie, se mit en place la contre-guérilla du colonel Dupin : une troupe d’hommes du pays, connaissant le terrain sur lequel ils s’aventuraient, équipés de chevaux, agissaient en marge de l’armée française.

La fin de la guerre

En 1866, les combats continuaient, mais les militaires français, savaient bien que la guerre ne pouvait plus être gagnée. Napoléon III ne pouvait plus se permettre de gaspiller ses troupes dans de stériles combats : la Prusse de Bismarck venait d’écraser les Autrichiens à Sadowa.

De plus, la guerre de Sécession, qui empêchait le gouvernement américain de protester contre l’intervention française, était terminée. Le ministre des affaires étrangères américain, William H. Seward, signifia à Napoléon III que son pays voyait d’un mauvais œil l’intervention française contre le gouvernement républicain de Juárez (qui jouissait de la sympathie de l’Union Américaine) pour le remplacer par une monarchie. Il exigea le retrait des troupes françaises, et offrit son aide financière et militaire à Juárez. Celui ci refusa, se défiant de l’aide intéressée des Américains. Selon lui, l’impérialisme pouvait changer de nom, mais ses intentions restaient toujours les mêmes.

Napoléon III retira donc ses troupes, abandonnant peu à peu les villes du nord, Mexico, Puebla, et Veracruz. En février 1867, le dernier navire Français quittait les rives du Mexique...

La guerre du Mexique fit encore un mort, en juin 1867. L’Empereur Maximilien, qui avait refusé d’abdiquer, se réfugia dans Santiago de Querétaro. Bientôt entouré par les juaristes, il se rendit, suite au siège de la ville (Maximilien pensait naïvement qu’il aurait le droit d’être conduit à Veracruz, et rembarqué sur le premier navire en partance pour l’Europe). Au contraire, fait prisonnier, il fut condamné à mort. Le 19 juin 1867 à Santiago de Querétaro, il fut exécuté avec ses généraux, Miramon et Mejia.

Ordre de bataille français et forces étrangères

Sur les 38 493 militaires français envoyés au Mexique (soit 20 % des forces françaises), 6 654 sont morts de blessures ou de maladie.

En 1863, le khédive d’Égypte a offert un bataillon de 450 soldats à l’Empire mexicain, dont beaucoup de Soudanais supposés plus résistants aux maladies tropicales. À partir de 1864-1865, l’Autriche-Hongrie a envoyé 7000 hommes (Polonais, Hongrois...). 2000 volontaires belges ont formé le régiment Impératrice Charlotte.

Les unités françaises impliquées dans cette expédition comprennent

 :

* les 7e, 51e, 62e, 81e, 95e et 99e régiments d’infanterie de ligne ;
* les 1er, 7e, 18e et 20e de chasseurs à pied ;
* les 1er, 2e et 3e zouaves ;
* le 2e bataillon d’infanterie légère d’Afrique ;
* un bataillon de marche de tirailleurs algériens.
* le régiment étranger, premier des régiment de la légion étrangère qui se distingue à la bataille de Camerone ;

Précision sur l’engagement de la Légion étrangère

Initialement, la Légion ne devait pas participer à la campagne, elle le dut à titre de punition de ses officiers qui livrèrent une pétition qui désobligea le ministre de la guerre..

Le régiment arrive le 25 mars 1863 et se voit alors confier la tâche ingrate d’escorter des convois entre Veracruz et Puebla. Mais la 3e compagnie s’illustre le 30 avril 1863 au cours du combat de Camerone qui reste dans l’histoire comme l’illustration du sacrifice au nom de la parole donnée. Bien qu’il s’agisse pour la Légion d’une défaite, elle est commémorée par les légionnaires avec autant de ferveur que par les Mexicains, qui reconnaissent sans réserve le courage des Légionnaires (ceux-ci ne se rendirent que lorsqu’il ne resta que trois combattants !).

De décembre 1864 à février 1865, les unités du régiment participent au siège de Oaxacca.

Le 3 juillet 1866, les 3e et 5e compagnies du 4e bataillon livrent un combat comparable à celui de Camerone. Sous les ordres du capitaine Frenet, les 125 légionnaires encerclés dans l’hacienda de l’Incarnacion résistent victorieusement durant 48 heures à plus de 600 Mexicains.

Total des pertes dans l’expédition du Mexique : 22 officiers, 32 sous-officiers et 414 légionnaires.

L’accord passé avec l’empereur Maximilien indiquait que la Légion étrangère devait passer au service du Mexique ; comme l’aventure française au Mexique tourne au désastre, la Légion rentre en France.

Principales batailles de l’expédition

* Bataille de Las Cumbres
* Bataille de Puebla (5 mai 1862) puis Siège de Puebla
* Bataille de Camerone
* Bataille de Bagdad (Mexique)
* Bataille de la Carbonera
* Siège de Querétaro

sources wikipedia

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