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Marco Polo

, par

En 1298, à la bataille de Curzola, les galères vénitiennes sont défaites par la flotte génoise. L’événement ne serait qu’un épisode mineur dans l’histoire de l’incessant conflit entre les deux cités italiennes, si, parmi les prisonniers, ne se trouvait un certain Marco Polo, revenu d’Asie depuis seulement quatre ans.

Le prisonnier est retenu jusqu’à l’année sui­vante dans les geôles génoises. Pour occuper ses loisirs forcés, il dicte ses Mémoires à un compagnon de captivité : Rusticien de Pise, auteur, lui-même, de romans de chevalerie. La relation qui en découle est appelée le Livre des merveilles du monde.
Une affaire de famille

C’est en tant que marchand et fils de mar­chands que Marco a quitté Venise pour l’Orient, vingt-sept ans auparavant. Il appar­tient à une de ces familles de commerçants­aventuriers qui ont fait la gloire et la fortune de leur ville, et ce sont ses parents qui ont préparé son voyage. Pendant que Marco était enfant, en effet, son père, Niccàlo, et son oncle, Matteo, se sont rendus eux-mêmes en Orient, allant de Cri­mée en Asie centrale, à Boukhara, puis jusqu’en Chine, à Pékin, où ils furent les hôtes du Grand Khan, Kùbilày. Partis en 1255, ils reviennent en 1269 seulement, soit quinze ans après leur départ, et ils portent au pape un message de Kùbilay qui demande qu’on envoie à sa cour cent docteurs experts. Ni le pape ni la chrétienté ne sont en état de répondre favorablement à cette requête ; du moins, les deux Vénitiens organisent-ils un nouveau voyage, se munissant cette fois de cadeaux et d’un message du pape. Nous sommes en 1271. Marco Polo a seize ans cette année-là ; il part avec eux.
De Venise à Pékin

Le voyage dure quatre ans. Il s’effectue, depuis Lajazzo Ayas, en Cilicie, sur la côte orientale de la Méditerranée, entièrement par voie terrestre : les voyageurs remontent vers le nord, jusqu’en Arménie, traversent l’ac­tuelle Géorgie, puis bifurquent de nouveau vers le sud, rejoignant le golfe Persique. Après quoi, ils retrouvent l’itinéraire traditionnel des caravanes : cette piste au nom fabuleux, la route de la soie, qui s’enfonce à travers les montagnes d’Asie centrale, traversant le Pa­mir jusqu’à Kachgar, Yarkand et Khotan, passant par les déserts entourant le Lob Nor, jusqu’à la première ville chinoise, Ghanzhou, où l’expédition s’arrête une année entière, réalisant un fructueux commerce.

Le voyage reprend lorsque Kùbilay Khàn envoie une escorte pour guider les voyageurs jusqu’à sa résidence d’été, à Shangdu, au nord-est de Pékin : ils y parviennent en 1275.
Au service de Kûbilây

La réception des Vénitiens à Shangdu est fastueuse. Le Khan interroge les trois hom­mes sur les moeurs et la science de l’Occident, il écoute soigneusement leurs réponses, se fait raconter leur voyage par le menu ; et, surtout, il se prend d’amitié pour Marco. C’est ainsi que, pendant que son oncle et son père font des affaires, le jeune homme as­sume des missions qui le mènent au Tibet, en Chine du Sud et jusqu’en Birmanie. Il devient, pendant trois ans, l’adjoint du gou­verneur d’une province et, à l’en croire, lui et ses parents aident Kùbilay à s’emparer d’une ville, en fabriquant des catapultes. C’est le vieillissement de Kùbilay, l’approche prévisible de sa mort, ou le désir de revoir le pays qui déterminent la décision du retour. En 1291, les trois marchands s’offrent à accompagner en Perse une jeune princesse qui va s’y marier. Ils quittent la Chine par la mer, font route vers le sud jusqu’au détroit de Malacca, longent les côtes de l’Inde après avoir doublé par le sud l’île de Ceylan, et débarquent à Ormuz. Puis, déguisés en men­diants, mais portant des pierres précieuses cachées dans leurs ceintures, ils reprennent la route terrestre, jusque en Arménie. La dernière partie de leur périple s’accomplit en bateau, par la mer Noire et par la Méditerra­née. Ils sont à Venise en 1295.Il fallut aux Polo, dit-on, étaler leurs richesses pour qu’on croit à leurs récits. Il est vrai que Marco et ses oncles décrivent un empire dont leurs contemporains soupçonnent à peine l’existence : l’État centralisé des Khàns, c’est­à-dire la Chine mongole à son apogée. Le tableau qu’en dresse le Livre des merveilles du monde est riche de légendes, que Marco rapporte sans jugement critique : régions où les pierres précieuses se cueillent comme des fruits, mers où les magiciens charment les requins pendant que les pêcheurs ramassent des perles d’une inimaginable grosseur... Mais les domaines où sont passés les Polo existent bien, leurs richesses sont réelles, et le récit du plus jeune permet de dresser les premières cartes de ces régions mal connues. Toutes les informations et toutes les sugges­tions, vraisemblables ou non, que livrent ses Mémoires font rêver : elles inspirent de façon décisive, cent cinquante ans plus tard, un Christophe Colomb qui part par la voie maritime occidentale à la recherche des terres fabuleuses qu’a décrites le Vénitien.

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