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La malchance du feldwebel

, par


L’axe d’effort principal étant la R.N. 19, Châlonvillars-Belfort, il était logique que le commandement recherchât un passage pour les chars arrêtés devant l’obstacle du canal de la haute Saône.
Aussi, le 19 novembre, vers 20 heures, le colonel Gambiez convoque-t-il à son P.C. le commandant de Foucaucourt et lui donne pour mission d’assurer pour le lendemain matin un passage destiné à permettre aux chars de franchir le canal.
Le commandant de Foucaucourt décide de se porter jusqu’au pont-tunnel sous le canal d’Essert avec le 2e commando et la section de protection. Un guide assurera avec le maximum de sécurité la progression clandestine dans le dispositif ennemi. Une ligne téléphonique de campagne, déroulée derrière le détachement, permettra au commandant du groupe de commandos de rester en liaison avec la brigade, de demander les appuis qui se révéleraient nécessaires et d’alerter les renforts, en cas de besoin.
A 21 h 30, le 2e commando et le peloton de protection s’ébranlent, colonne par un, derrière le commandant de Foucaucourt, accompagné d’un guide civil, M. Rapillier. La bobine du câble d’assaut grince en se déroulant, déclenchant de sourdes imprécations. Grâce à une progression prudente, le détachement atteint, sans être décelé, le remblai du canal à hauteur du pont-tunnel.
L’aspirant Boutrolle, envoyé en reconnaissance, rend compte que le passage n’est pas gardé, mais qu’en rampant et en examinant les bas côtés de la route, il a trouvé une mine antipersonnel. Le capitaine Villaume donne aussitôt l’ordre de pénétrer dans le souterrain,de reconnaître et d’occuper les premières maisons d’Essert, en particulier celles du carrefour nord du canal. Il fait reconnaître par le lieutenant Petitjean et quelques hommes du peloton Auriac guidés par M. Rapillier, la densité d’occupation des défenses ennemies et les possibilités d’infiltration dans le village.
L’aspirant Pérard s’engage dans le tunnel et reconnaît le passage qui ne semble pas miné : les fourneaux de mine sont préparés mais non chargés.
Le lieutenant de Saxce franchit le tunnel avec son peloton et reconnaît les premièresmaisons, qui sont inoccupées, mais il se heurte, à 100 mètres du carrefour, à un large fossé antichars. La route est coupée, elle n’est franchissable que par un passage étroit entre des chicanes en rondins et pierres de taille. Au retour, la patrouille tombe sur une corvée de ravitaillement ennemie à l’ouest du carrefour. Un feldwebel en queue de colonne est happé dans l’ombre et fait prisonnier. Il fournit des renseignements sur l’occupation d’Essert et du bois de la Côte.
Un peu plus tard, la patrouille du lieutenant Petitjean revient : le village est occupé, mais il est impossible de déterminer l’effectif de la garnison ennemie ; le pont supérieur du canal est démoli, des éléments à pied, seuls, peuvent y passer.

Devant ces renseignements, le commandant de Foucaucourt décide de s’emparer d’Essert : deux pelotons du 2e commando occuperont la partie du village située entre le fossé antichars et le tunnel ; les deux autres, aux ordres du lieutenant Petitjean, essaieront, à 3 heures, de prendre, à l’est du fossé antichars, le carrefour central d’Essert.
Par téléphone, le commandant de Foucaucourt demande à la brigade d’envoyer de toute urgence les ler et 3e commandos légers à Essert. Les deux commandos se guideront sur le câble téléphonique : le 3e commando assurera la garde du souterrain ; le ler tiendra la partie sud du canal pour recueillir, si besoin est, les pelotons du lieutenant Petitjean.
Après avoir donné ses ordres, le commandant de Foucaucourt rejoint le P.C. de la brigade à Châlonvillars, où il rend compte de l’évolution de la situation et vient hâter l’arrivée des deux commandos de renfort.
A 3 heures, le It-colonel commandant la brigade prévient le lt-colonel Renaudeau d’Arc, commandant le sous-groupement « A « de l’évolution favorable de la situation. Les décisions prises sont entérinées. Des mesures sont prévues pour consolider la situation du groupe de commandos dans Essert. A cet effet, une compagnie du bataillon de choc occupera le Coudrai avant le jour et poussera ultérieurement sur la croupe 1,500 km nord-est ; un peloton de chars, accompagné d’une compagnie du bataillon de choc, sera en outre poussé, au jour, sur Essert en longeant les lisières nord du bois de la Côte.
Un passage sur le canal, à hauteur d’une écluse, 400 m est de Châlonvillars, est en cours d’aménagement. Il permettra le débouché des chars et du bataillon de choc.
Dès lors, la 4e compagnie du bataillon de choc, alertée à 4 heures, se met en marche à 5 heures. Le passage du canal s’effectue homme par homme, sous la protection d’une patrouille, par une passerelle de fortune. Le Coudrai est successivement coiffé par les deux sections de reconnaissance et le reste de la compagnie primitivement placé en appui à hauteur de la route de Belfort. La progression vers la croupe nord-est du Coudrai est amorcée. Elle se heurte à de solides résistances que le lieutenant Crespin résoudra par une habile manoeuvre de débordement.

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