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Tamerlan

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De tous les monstres de l’histoire, aucun n’est plus sanguinaire - s’il faut en croire les récits de ses ennemis - que Tamerlan, le seigneur de la guerre tartare qui, au xive siècle, bâtit un vaste empire depuis la Chine jusqu’au ceeur de l’Asie Mineure. Né près de Samarkand (aujourd’hui en Union soviétique) en 1336, Tamerlan vécut près de soixante-dix ans, et il est passé à l’histoire comme l’un des conquérants les plus brutaux que l’humanité ait connus.

Pour les Occidentaux d’aujourd’hui, il est surtout connu sous les traits que peint le contemporain de Shakespeare, Christopher Marlowe, dans une étonnante pièce, Tamerlan le Grand, tragédie de l’ambition sans limites. Pour les gens de son temps, son nom était synonyme de la plus effroyable barbarie, car son armée d’archers mongols, montés à che­val, et de Tartares, armés de cimeterres, ravagea l’Asie de la Syrie et de la Turquie jusqu’aux confins de la Chine. Partout où il passa, ce fut l’horreur et l’épouvante. Lorsque ses adversaires se rendaient sans combattre, Tamerlan pouvait être magnanime. Mais malheur à tous ceux qui lui résistaient !

En 1401, à Damas, en Syrie, Tamerlan répon­dit aux cris de pitié que lui lançaient des milliers d’habitants de la ville, accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants, en leur disant de se réfugier dans la grande mosquée. Selon un historien du temps, ses lieutenants poussè­rent 30 000 femmes, enfants, prêtres et autres réfugiés dans l’édifice de bois, fermèrent tou­tes les issues, puis mirent le feu à l’énorme sanctuaire. Dans un autre geste de « clé­mence », le conquérant promit aux édiles de Sivas, en Turquie, que le sang des défenseurs de la cité ne serait pas répandu s’ils se ren­daient. II tint sa promesse : les 4 000 soldats arméniens qui avaient mené la résistance tur­que furent tout simplement enterrés vivants. Les chrétiens de la ville furent étranglés ou ligotés et jetés dans les douves. Quant aux enfants, on les rassembla dans un champ où la cavalerie mongole les piétina sous ses sabots.

La décapitation collective semble avoir été l’une des occupations favorites de Tamerlan et de ses compagnons. Un jour que des Tartares avaient pris une garnison de croisés à Smyrne, sur la côte turque, et que des navires de renfort venus d’Europe apparaissaient à l’horizon, les hommes de Tamerlan les repoussèrent en lançant sur eux un déluge de têtes humaines, celles de leurs prisonniers.

Après la capture de la ville d’Alep, en Syrie, les têtes de 20 000 de ses habitants furent empilées en pyramides de 5 mètres de haut et de 3 mètres de côté. Ces macabres monceaux, où toutes les têtes étaient tournées vers l’extérieur, servaient d’avertisse­ment à ceux qui n’auraient pas craint le courroux de Tamerlan.

La plus grande de ces pyramides sinistres fut dressée en 1387, après que des rebelles eurent massacré 3 000 des soldats de Tamerlan qui occupaient Ispahan (aujourd’hui en Iran). En guise de représailles, Tamerlan ordonna à ses commandants de recueillir des têtes humaines, fixant à chacun d’eux un quota qu’il devait remplir. Parmi les soldats, qui étaient tous musulmans comme Tamerlan, certains hésitè­rent à tuer des coreligionnaires, si bien qu’ils achetèrent leurs têtes à des camarades moins scrupuleux.

Il s’ensuivit un révoltant marché de la mort. Pour commencer, les têtes ira­niennes se vendaient 20 dinars pièce. A la fin, lorsque les quotas furent tous remplis, le prix était tombé à un demi-dinar. Quand l’armée quitta enfin les lieux, 70 000 têtes s’entassaient devant les murs de la ville.

Tamerlan passa toute sa vie d’adulte à faire la guerre. L’odeur de la bataille était si forte à ses narines que, même lorsqu’il rentrait dans sa capitale de Samarkand pour célébrer ses vic­toires, il préférait vivre sous une tente de campagne, hors de la ville, plutôt que d’habi­ter un somptueux palais. Lorsqu’il mourut, en février 1405, il était en route pour une autre guerre qui devait lui faire conquérir toute la Chine. Pourtant, le brutal conquérant de l’Asie ne mourut pas par l’épée. Il quitta ce monde dans son lit, terrassé par la maladie.

Le boiteux de Fer

Tamerlan est une déformation occidentale de Timur Lang, c’est-à-dire Timur le Boiteux. A l’origine, on l’appelait simplement Timur, mot qui signifie « fer ». Jeune homme, il fut blessé par une flèche au genou droit, probablement à l’occasion d’un coup de main contre une tribu rivale, et cette blessure le laissa boiteux toute sa vie. C’est pourquoi il était connu sous le nom dt Timur Lang, particulièrement parmi ses ennemis persans et arabes, à qui nous devons l’essentiel de ce que nous savons de sa vie. En 1941, à Samarkand, lorsque des archéologues soviétiques ouvrirent une tombe couverte de jade que l’on savait être celle de Tamerlan, ils découvrirent le squelette d’un homme d’environ 1,70 m, une haute taille pour un nomade tartare. Le squelette était déformé pat une infirmité de la jambe droite. La main et le bras droits paraissaient aussi difformes. Malgré ces infirmités, le squelette était celui d’un homme extrêmement fort et musclé, et les historiens confirment que, si Timur ne pouvait marcher longtemps à cause de sa jambe, à cheval, il se transformait en un guerrier indomptable et en ur voyageur infatigable.
Sans Tamerlan, l’un des plus beaux monuments du monde n’aurait peut-être jamais vu le jour. Car la caractéristique la plus remarquable du Tadj Mahal, en Inde - son dôme central -, n’aurait peut-être pas figuré dans le répertoire des architectes indiens si Tamerlan, en plus d’être un guerrier sanguinaire, n’avait été aussi le protecteur des arts et des sciences en Islam.
A l’époque de Tamerlan, un seul dôme semblable existait, un dôme de bois qui dominait la grande mosquée de Damas. Tamerlan, qui s’intéressait à l’architecture et faisait apporter à Samarkand des maquettes de monuments pour qu’on les copie, l’admira très certainement lorsqu’il assiégea la ville syrienne, en 1400.

Quand Damas tomba, en janvier 1401, les Tartares la mirent à sac et sa grande mosquée fut rasée par le feu. Mais Tamerlan se souvenait du dôme. Il le fit copier à Samarkand pour son propre tombeau, le Gour-Emir, dont les parties subsistent encore. De là, cette forme caractéristique se répandit ’vers le nord, où elle donna naissance au bulbe des églises chrétiennes de Russie, notamment celles du Kremlin, et vers le sud, de l’autre côté de l’Himalaya.

Ce style s’implanta en Inde à la suite des exploits de l’un des descendants directs de Tamerlan, Baber, qui renversa le sultan de Delhi en 1526 et fonda la dynastie des Grands Moghols. C’est l’un des membres de cette dynastie, l’empereur Shah Jahan, qui mit 20 000 hommes au travail pendant dix-huit ans pour bâtir au bord d’une rivière, à Agra, un mausolée pour son épouse favorite Mumtaz. Ce mausolée, le Tadj Mahal, achevé en 1648, est un extraordinaire chef­d’oeuvre. Son dôme central est directement issu de la mosquée que le cruel ancêtre de Shah Jahan avait fait brûler près de deux cent cinquante ans plus tôt.

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