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Fiches sur les mythes, personnages, les batailles, les équipements militaires. De l'antiquité à l'époque moderne, découvrez l'histoire, commentez et posez vos questions, participez à la vie du site !

Marcel Bigeard

, par

Marcel Bigeard, né le 14 février 1916 à Toul et mort le 18 juin 2010 dans la même ville, est un militaire et homme politique français. Il a la singularité d’avoir été appelé sous les drapeaux comme homme du rang, 2e classe, en 1936 et d’avoir terminé sa carrière militaire en 1976 comme officier général à quatre étoiles (général de corps d’armée). Le général Bigeard a longtemps été le militaire français vivant le plus décoré. Ancien résistant, son nom reste associé aux guerres de défense des colonies françaises (Indochine, Algérie). Une fondation portant son nom a été créée le 9 juin 2011.

Origines familiales

Marcel-Maurice Bigeard est le fils de Charles Bigeard (1880-1948), aiguilleur à la Compagnie des chemins de fer de l’Est et de Marie-Sophie Ponsot (1880-1964).
Le 6 janvier 1942, il épouse à Nice son amie d’enfance, Gabrielle Grandemange (Toul, 5 décembre 1919 - 4 juillet 20111). Ils se marient pendant la guerre entre l’évasion de Marcel Bigeard d’Allemagne, et avant son départ pour être parachuté dans le maquis. Dans chacun de ses discours ou de ses livres, Marcel Bigeard citait régulièrement « 
Gaby, son grand et seul amour ». Leur unique enfant, Marie-France, naît le 13 février 1946. Gaby Bigeard est décédée le 4 juillet 2011 à Toul des suites d’une longue maladie.

Carrière militaire


Avant-guerre

Après avoir travaillé six ans à la Société générale dans laquelle il gravit les échelons (coursier, puis service des portefeuilles, service des coupons, service des titres), tout en pratiquant la boxe, Marcel Bigeard effectue son service militaire à Haguenau au
sein du 23e régiment d’infanterie de forteresse. Incorporé comme soldat de deuxième classe en septembre 1936, caporal-chef, il est libéré de ses obligations militaires avec le grade de sergent de réserve en septembre 1938.

Seconde Guerre mondiale

Six mois après sa libération, devant l’imminence du conflit, il est rappelé le 22 mars 1939 au sein du 23e régiment d’infanterie de forteresse et est promu au grade de sergent.
En septembre 1939, grâce à l’arrivée de réservistes, les bataillons du 23e RIF servent chacun de noyau à la création de nouveaux régiments d’infanterie de forteresse « de mobilisation », Bigeard est affecté au 79e régiment d’infanterie de forteresse dans le sous-secteur fortifié de Hoffen de la ligne Maginot4. Volontaire pour les corps francs, il prend la tête d’un groupe de combat à Trimbach en Alsace et devient rapidement sergent-chef puis adjudant à l’âge de 24 ans.
Le 25 juin 1940, il est fait prisonnier et passe 18 mois de captivité au Stalag 12A à Limbourg en Allemagne. C’est à sa troisième tentative, le 11 novembre 19415, qu’il parviendra à s’évader et à rejoindre la zone libre.

Volontaire pour l’AOF, il est affecté en février 1942 au camp de Bandia près de Thiès au Sénégal, dans un régiment de tirailleurs sénégalais de l’Armée d’armistice. Nommé sous-lieutenant en octobre 1943, il est dirigé avec son régiment sur Meknès au Maroc.
Recruté comme parachutiste de l’armée française de la Libération, il effectue une formation, avec les commandos britanniques, au Club des Pins près d’Alger durant trois mois puis est affecté avec le grade fictif de chef de bataillon à la Direction générale des services spéciaux. Avec le titre de délégué militaire départemental, le
commandant Aube est parachuté dans l’Ariège le 8 août 1944 avec trois camarades afin d’encadrer l’action de la Résistance intérieure française. Lors de la libération du département le 22 août 1944, les pertes franco-espagnoles sont de 44 tués et blessés alors que les pertes allemandes comptent 1 420 prisonniers et 230 tués et blessés.

Au début de l’année 1945, Bigeard crée puis dirige pendant un semestre l’école régionale des cadres du Pyla, près de Bordeaux, destinée à former des officiers issus des Forces françaises de l’intérieur. Décoré de la Légion d’honneur et du distinguished
Service Order britannique pour ses actions en Ariège, Bigeard est nommé capitaine d’active en juin 1945.

Guerre d’Indochine

Au milieu de l’année 1945, le capitaine Bigeard est chargé du commandement de la 6e ?compagnie du 23e régiment d’infanterie coloniale à Villingen en Allemagne. Désigné pour participer au corps expéditionnaire en Indochine, le régiment débarque à Saigon le 25 octobre 1945 et participe jusqu’en mars 1946 aux opérations de
pacification en Cochinchine.
C’est à cette époque que l’on commence à lui donner le surnom de « Bruno » qui est son indicatif radio.
Le 8 mars 1946, un détachement de la 2eDB et un de la 9eDIC, dont
fait partie le 23eRIC, débarquent à Haiphong au Tonkin.
Le 1er juillet 1946, Bigeard quitte le 23e RIC et forme à Thuan Chau, au sud-est de Dien Bien Phu, une unité constituée de quatre commandos de 25 volontaires chacun au sein du bataillon autonome thaï du lieutenant-colonel Quilichini. Au retour de ses hommes en métropole, mi-octobre 1946, il prend le commandement de la 3e compagnie, constituée de 400 hommes environ. Il quittera l’Indochine le 17 septembre 1947 et atterrira trois jours plus tard à Orly.

Volontaire pour un second séjour en Indochine, Bigeard est affecté le 1er février 1948 au 3e bataillon colonial de commandos parachutistes, sous les ordres du commandant Ayrolles, à Saint-Brieuc et prend le commandement du groupement de commandos parachutistes n°2. Quand le 3epara débarque à Saïgon en novembre 1948, Bigeard, qui ne s’entend pas avec son supérieur, parvient à faire détacher son groupement au détachement Amarante du commandant Romain-Desfossé à Haiphong.

Le 1er octobre 1949, Bigeard met sur pied à Son La le 3ebataillon thaï, comprenant 2 530 hommes répartis en cinq compagnies régulières et neuf compagnies de gardes civils et de supplétifs militaires.
Relevé de son commandement à la suite d’un différend avec l’administrateur de la province, Bigeard est muté à Haïduong et prend le 5 avril 1950 le commandement du bataillon de marche indochinois qui reçoit, en août, le drapeau du 1er régiment de tirailleurs tonkinois décoré de la croix de guerre avec palme. Le 12 novembre 1950, Bigeard embarque à Saigon sur le paquebot La Marseillaise et quitte une nouvelle fois l’Indochine.

Au printemps 1951, Bigeard est affecté à Vannes à la demi brigade coloniale du colonel Gilles et se voit confier le bataillon de passage. En septembre 1951, il obtient le commandement du 6e bataillon de parachutistes coloniaux à Saint-Brieuc. Il a le grade de chef de bataillon en janvier 1952.
Le 28 juillet 1952, Bigeard, à la tête du 6e BPC, débarque à Haiphong pour un troisième séjour en Indochine et prend ses quartiers à Hanoï. Le 16 octobre 1952, le bataillon est parachuté sur Tu Lê 15 et affronte durant huit jours les régiments des divisions Viet Minh 308 et 312. L’unité se distingue à nouveau lors de la bataille de Na San (parachutage dans la cuvette de Ban Som le 27 décembre 1952), lors de l’opération Hirondelle sur Lang Son le 17 juillet 1953 et lors de l’opération Castor sur Dien Bien Phu le 20 novembre 1953.
Le 31 décembre 1953, il prend le commandement du GAP n°416, constitué
du II/1erRCP et du 6eBPC, et intervient au moyen Laos entre Thakhek et Savannakhet vers lesquelles deux divisions Viet Minh se dirigent.
Parachuté, le 16 mars 1954, alors que le sort de la bataille de Dien Bien Phu est scellé, le commandant Bigeard est nommé lieutenant-colonel lors des combats et devient l’un des héros de la cuvette en combattant avec son bataillon sur les points d’appuis Éliane 1 et 2, mais surtout en codirigeant les troupes d’intervention du camp
retranché avec le colonel Langlais.
Le lieutenant-colonel Marcel Bigeard est fait prisonnier le 7 mai 1954 lors de la chute du camp. Libéré quatre mois plus tard, il quitte définitivement l’Indochine le 25 septembre 1954.

Guerre d’Algérie

Le 25 octobre 1955, Bigeard prend le commandement du 3eBPC dans la région de Constantine en Algérie. Le 21 février 1956, le bataillon, devenu entre temps le 3eRPC, réalise la première opération héliportée de l’histoire lors de l’opération 744 en Kabylie. Cette méthode est à nouveau employée en mars 1956 pour la capture des déserteurs de la 3e ?compagnie du 3eRTA.
Le 16 juin 1956, dans les Nemenchas, Bigeard, qui donne l’assaut aux rebelles, est grièvement blessé d’une balle au thorax. Rapatrié en métropole, il est décoré le 14 juillet 1956 par le président Coty et reçoit la plaque de grand officier de la Légion d’honneur. De retour en Algérie, il échappe le 5 septembre à un attentat et est blessé de deux balles dans l’humérus et une dans le foie.
Bataille d’Alger

Au début de l’année 1957, le régiment participe au sein de la 10eDP du général Massuà la bataille d’Alger. La mission des parachutistes est de ramener la sécurité dans la ville et de neutraliser les cellules du FLN de Larbi Ben M’hidi18, qui ont organisé plusieurs séries d’attentats à la bombe contre des civils dans divers lieux publics d’Alger entre l’automne 1956 et l’été 1957.
En mars 1957, le 3e ?RPC se rend dans les massifs au sud de Blida et participe aux opérations Atlas et Agounnenda. Durant l’été, le 3epara arrête 90 % des combattants du FLN19, dont Taleb Abderrahmane, le chimiste des attentats du Milk Bar, de la Cafétéria et de l’Otomatic.

Le régiment relève le 1er RCP en juillet 1957 à Alger. La capture de Hassène Guandriche dit Zerrouk, adjoint chef de la région II de la Zone autonome d’Alger retourné par le GRE, aboutit à la neutralisation des deux responsables de la Zone 2, Mourad et Ramel, mais surtout à celle d’Ali la Pointe et à la capture de Yacef Saadi,
chef militaire FLN de l’ensemble zone autonome d’Alger.Nommé colonel en janvier 1958, il dirige le 3e RPC qui avec d’autres participe à la « Bataille des frontières » (janvier-juin). Le 1er avril le colonel Trinquier le remplace à la tête du 3e RPC. Il
rejoint Paris où Chaban-Delmas, ministre des Armées, lui demande de créer un centre d’instruction des cadres qui voit le jour fin avril près de Philippeville. Bigeard ne participe pas aux événements du 13 mai 1958, mais dans une interview à Paris-Presse il confie ses états d’âme à Jean Lartéguy, ce qui lui vaut le courroux du général Salan et son retour en métropole.

Après quatre mois passés à Toul, Bigeard repart pour l’Algérie et prend le commandement du secteur de Saida en Oranie le 25 janvier 195921. Il a sous ses ordres environ 5 000 hommes répartis dans le 8eRIM, le 14eBTA, le 23eRSM, un groupe de DCA, un régiment d’artillerie, deux groupes mobiles de supplétifs, quelques avions de reconnaissance et deux hélicoptères.
À la suite d’une rencontre avec De Gaulle le 27 août 1959, il se voit confier le 1er décembre le commandement du secteur de Ain-Sefra, soit un effectif de 15 000 hommes.
Passant outre son devoir de réserve, il rédige pendant la semaine des barricades en janvier 1960 une proclamation qui est reprise par la presse et la radio et qui lui coûte son commandement malgré l’intervention du général Gambiez.

Il sera accusé plus tard d’avoir pratiqué la torture pendant la guerre d’Algérie par d’anciens membres du FLN, par la gauche, mais aussi par d’anciens combattants qui ont fait la guerre à ses côtés, ce qu’il a toujours nié (voir L’ennemi intime, documentaire dans lequel témoigne notamment Paul Aussaresses). La technique dite « crevette Bigeard » aurait été utilisée, mais reste niée par l’intéressé. Déclarant que dans le contexte de guerre la torture était un « mal nécessaire », tout en affirmant n’y avoir jamais participé.

Fin d’engagement en guerre : Après 1960

De juillet 1960 à janvier 1963, Bigeard prend le commandement du 6eRIAOM à Bouar en République centrafricaine.
Après un bref passage à l’école supérieure de guerre de juin 1963 à juin 1964, il prend le commandement de la 25e ?brigade parachutiste à Pau le 31 août 1964, puis celui de la 20e ?brigade parachutiste à Toulouse. Il accède au grade de général de brigade le 1er août 1967.
Après une entrevue avec le général de Gaulle, il est nommé au poste de commandant supérieur des forces terrestres29 au Sénégal et rejoint Dakar le 7 février 1968.
En juillet 1970, Bigeard retrouve Paris et est affecté pendant dix mois à l’état-major du CEMAT.
Le 7 août 1971, il prend le commandement des forces françaises présentes dans l’océan Indien30 à Tananarive et obtient le 1er décembre 1971 sa troisième étoile31. À la suite des manifestations qui secouèrent Madagascar en mai 1972 et qui conduisirent au départ de son président Philibert Tsiranana et à son remplacement par le général Gabriel Ramanantsoa, il quitte Madagascar le 31 juillet 1973 avec l’ensemble des forces françaises du secteur.
À son retour en France, il devient de septembre 1973 à février 1974 le deuxième adjoint du gouverneur militaire de Paris. Promu général de corps d’armée le 1er mars 1974, il prend le commandement de la 4e Région Militaire à Bordeaux, soit 40 000 hommes dont 10 000 parachutistes.
Convoqué par l’Élysée, il rencontre le 30 janvier 1975 le président Valéry Giscard d’Estaing qui lui propose le poste de secrétaire d’État à la Défense rattaché au ministre Yvon Bourges. Il occupe ce poste de février 1975 à août 1976, date à laquelle il remet sa démission.

Vie politique

Après une courte retraite à Toul et à la suite du décès accidentel de la candidate UDF, il se présente aux élections et devient député de Meurthe-et-Moselle34 de 1978 à 1981. Durant cette première législature, il occupera également la fonction de président de la commission de défense. Il est réélu au premier tour en juin 1981 puis à la proportionnelle en mars 198636. En 1988, à la suite de la dissolution de l’assemblée, il est finalement battu par le candidat socialiste de 411 voix.
Il se retire ensuite dans sa maison de Toul, dans laquelle il écrit des livres sur sa carrière militaire et propose ses réflexions sur l’évolution de la France. Quelque temps avant sa mort, il déclare : « Je suis le dernier des cons glorieux »38. Il meurt à son domicile de Toul le 18 juin 201039 à l’âge de 94 ans. Ses funérailles ont lieu en lla cathédrale de Toul le 21 juin40.

Philosophies

Hommage à l’adversaire

Bigeard a souvent manifesté son admiration et sa sympathie pour l’adversaire qui se bat bien. Depuis toujours, il a su distinguer le bon professionnel et ne lui a jamais ménagé son estime. On l’a vu en Indochine, et notamment à Diên Biên Phu, décerner des brevets de mérite aux Viets, on le verra en Algérie. Il est à noter que dans son livre de souvenir Pour une parcelle de gloire, il cite longuement, nommément, ceux qui ont montré de réelles qualités de soldat, vaillance, courage, rapidité de manœuvre : Abbas Laghrour dans les Nememcha, Mohammed le Balafré à Agounnenda et surtout le commandant Azzedine dont il dira : « Nous avons rencontré là un adversaire qui, surpris dans une sévère embuscade, réagit vite et courageusement. Il s’est même révélé capable, après quarante-huit heures d’isolement, de faire payer chèrement sa peau. On comprend qu’un tel groupement, commandé par de tels chefs, n’ait jusqu’ici remporté que des victoires. »
Cela explique sans doute la poignée de mains controversée qu’il échangea en direct à la télévision avec le commandant Azzedine. À ceux qui la lui ont reprochée, Bigeard a répondu : « On ne se déshonore pas en rendant hommage à l’adversaire ».
Parmi ces adversaires courageux auxquels il rendra hommage figure, en bonne place, Larbi Ben M’Hidi, l’un des responsables de la Zone autonome d’Alger durant la bataille d’Alger, dont il dit : « Il est l’âme de la résistance, fanatique, illuminé, il ne vit que pour l’indépendance de l’Algérie. »
Cependant, le respect qu’il a toujours porté à ses adversaires avait tout de même ses limites. En effet, alors qu’il était captif avec des milliers d’autres soldats à la suite de la chute de Dien Bien Phu, il ne pardonnera jamais aux Viets d’avoir laissé mourir de faim et d’épuisement des milliers de personnes alors qu’ils avaient la possibilité de traitements bien plus corrects envers eux.
« La vraie douleur, la seule chose que je ne pardonne pas aux Viets, ce sont les huit mille morts pendant ces quatre mois de captivité. Cruauté inutile, inhumanité. Giáp était un grand général, mais sa doctrine, le marxisme, était inhumaine. L’ancien capitaine vietminh m’a dit : « Nous n’avons tué aucun prisonnier. » C’est vrai, ils les ont laissé crever, alors qu’il aurait été si facile de sauver tout le monde. Je l’ai dit : une banane par jour, et on ramenait les gars vivants. Je ne pourrai jamais l’oublier. »
Hormis le cas cité précédemment, Bigeard n’acceptera pas les actions
« aveugles des terroristes » qui frappaient Alger : « Si nous avons de l’estime pour les combattants du djebel, surtout lorsqu’ils se battent bien, nous méprisons les terroristes. »

Analyses personnelles

La défaite de 1940

« Le 10 mai 1940, l’armée de Hitler envahit la France, contournant la ligne Maginot, fonçant à travers les Ardennes. En quelques heures, nos divisions sont écrasées, c’est le désastre le plus total. Aujourd’hui encore, cette défaite éclair semble incroyable. Bien sûr, l’armée avait des faiblesses, l’état-major manquait de discernement, et notre état d’impréparation nous a cruellement affaiblis. Toutes les belles théories de ces états-majors, faisant la guerre depuis leurs bureau, ont été balayées en quelques heures. La réalité est impitoyable. »

La situation en Indochine

Bigeard aura beaucoup déploré l’incompétence de ses supérieurs dans ce conflit qu’il ne jugera perdu que dans les derniers jours de Dien Bien Phu. Dans Ma vie pour la France, il compara la guerre conventionnelle menée au fait de vouloir tuer une mouche
insaisissable avec un pilon. Grâce à une certaine confiance acquise, il put mener des opérations de natures inédites avec de nombreux succès. En s’imprégnant de la mentalité de l’ennemi et en imitant ses méthodes, Bigeard a livré une véritable « contre guérilla » par des actions coup de poing à l’aube suivie d’un repli rapide, de sorte qu’une certaine insécurité permanente s’installait chez l’ennemi. Ses opérations étaient toujours précédées au préalable par un renseignement actif fruit de la collaboration et du dialogue avec les populations locales.
C’est pour les mêmes motifs que des régiments entiers mal dirigés et insuffisamment entraînés ont subi une surmortalité au cours de la guerre. Bigeard put former lui-même des troupes par de lourds programmes d’entraînement et d’apprentissage en France. Ceux-ci se sont par la suite imposés sur le terrain en tant qu’unités d’élite
aux taux de réussite très élevés, sollicités pour les coups durs. Ce sera avec nombre de ces derniers qu’il commandera des assauts désespérés lors de la bataille de Dien Bien Phu.
Il conservera une amertume sur une situation devenue catastrophique par la faute d’un état-major incompétent et de décisions de politiques très distantes du terrain. C’est ainsi que, d’après lui, les douze mille hommes de la cuvette seront abandonnés à leur sort au vu de la situation dérangeante du fiasco. À cours de vivres et de munitions et après de lourdes pertes, ils seront abandonnés et oubliés.

Héritage militaire

De par son originalité et sa relative autonomie, Marcel Bigeard a pu développer et mettre en pratique des techniques adaptées à certaines situations. Bigeard s’adapta à la nature de l’ennemi, et développa des techniques de raid commando en profondeur dans les lignes ennemies. Par mimétisme, il opérait de manière très brève et furtive.

En Algérie, à nouveau face à une guerre non conventionnelle, il développa le concept de contre-guérilla, fondée sur de très importants moyens de renseignement. Ceci lui permettait d’infiltrer et de reconstituer l’architecture des réseaux de la résistance
d’Alger. Malgré une bonne efficacité globale, il considérait ce travail plus digne d’enquêteurs, de policiers que de militaires. Les innovations de Bigeard furent étudiées par le Pentagone pour préparer l’invasion de l’Irak.

Toujours en Algérie, après la bataille d’Alger, face aux immensités désertiques du Sud algérien, Bigeard inventa l’opération héliportée : au lieu d’utiliser les hélicoptères pour ramener les blessés comme il était d’usage jusqu’alors, il mit à profit la rapidité et la souplesse d’utilisation de ces engins pour surprendre l’ennemi.Ces pratiques seront massivement reprises par les Américains lors de la guerre du Viêt Nam.

Les hommages posthumes

La Fondation Général-Bigeard

Une Fondation Général-Bigeard, a été créée par sa veuve et sa fille en partenariat avec la Fondation de France en juin 2011. Cette fondation « a pour objet de perpétuer l’œuvre et la mémoire de Marcel Bigeard en s’attachant notamment à promouvoir auprès de la jeunesse les valeurs de courage et de fierté de la patrie, dans l’esprit du général ». Parmi les membres fondateurs figurent notamment le colonel Jacques Allaire, le général Jean-Louis Brette et René Guitton, l’éditeur de Marcel Bigeard. L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, dont Marcel Bigeard fut le secrétaire d’État à la Défense (1975-1976), a été nommé président d’honneur de la fondation.

Lieu de sépulture

Avant sa mort, le général avait exprimé son souhait que ses cendres soient dispersées sur les lieux de la bataille de Diên Biên Phu, là où reposent ses compagnons d’armes tués au combat en 1954, mais les autorités vietnamiennes ont opposé un refus catégorique à cette requête.

Sur proposition du ministre de la Défense, Gérard Longuet, il est d’abord envisagé de transférer les cendres du général Bigeard à l’hôtel des Invalides, avec l’accord de sa fille Marie-France.

Après que certaines voix se soient élevées contre ce projet de transfert aux Invalides, le ministère de la Défense annonce le 29 septembre 2012 que les cendres du général Bigeard reposeront finalement sur le site du Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus.

Le 20 novembre 2012, en présence de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian inaugure à Fréjus sur le site du Mémorial des Guerres en Indochine, une stèle qui accueille ses cendres.

Une « Promotion Marcel Bigeard » à l’ÉmiaSur proposition de Jean Paul POURADE, ami du Général BIGEARD et d’un comité composé des Généraux Jean Louis GEORGELIN, Lucien LE BOUDEC et Valérie ANDRE, du Colonel ALLAIRE, de Madame Geneviève de GALARD et du cinéaste Pierre SCHOENDORFFER, la cinquantième promotion de l’École Militaire Interarmes de Coetquidan a choisi le 23 Juillet 2011 de se faire baptiser Promotion Général Bigeard.

Une stèle haute de 3,65 m et pesant près de dix tonnes, réalisée en marbre de Caunes-Minervois, a été inaugurée le 29 juin 2012. Elle est installée place du Général-de-Gaulle, face à l’entrée de son ancien régiment, le 3e RPIMa. Elle représente le général Bigeard de profil, fumant la pipe et coiffé de la célèbre casquette Bigeard. Le monument a été financé par une souscription qui a rapporté 35 000 euros. De plus, dans une commune de La Rochelle, Lagord, fut inauguré un rond point général Bigeard, face a la salle polyvalente, par le lieutenant-colonel Bernard Jean.

Décorations

Les décorations du Général Marcel Bigeard.

Intitulés des décorations françaises

Grand-croix de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec 7 citations dont 3 à l’ordre de l’armée (palmes)
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures avec 17 citations dont 12 à l’ordre de l’armée
Croix de la Valeur militaire avec 4 citations à l’ordre de l’armée
Médaille de la Résistance (décret du 6/09/1945)
Médaille des évadés
Médaille coloniale agrafes « Extrême-Orient » et "A.O.F"
Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
Médaille commémorative de la campagne d’Indochine
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord
Médaille des blessés militaires avec cinq étoiles (pour cinq blessures de guerre)

Intitulés des décorations étrangères

Distinguished Service Order (DSO)
Grand-Officier du Mérite Sénégalais
Grand-Officier du Mérite Togolais
Grand-Officier du Mérite Comorien
Grand-Officier Arabie saoudite
Commandeur de l’ordre du Mérite national mauritanien
Commandeur du Mérite centrafricain
Commandeur fédération pays Thaï
Commandeur du Dragon d’Annam
Commandeur Legion of Merit (US)
Officier du Million d’Éléphants (Laos


sources wikipedia

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