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Lepage s’enferme à Coc Xa

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Le 4 octobre vers 10 h du matin, après une marche de nuit épuisante, le 1" B.E.P., les restes du 11’ Tabor et les survivants de la compagnies Feuillet parviennent sur une croupe au sud de 765. Devant ces événements, Lepage abandonne son premier plan. Sa décision est renforcée par l’arrivée du commandant Delcros. Après avoir erré seul avec deux goumiers toute la nuit, le commandant a réussi à atteindre le P.C. Il peut rendre compte de la position du B.E.P. et de l’extermination de son Tabor.
Lepage prend alors la décision qui va sceller le sort des armes. Il donne l’ordre de se réfugier dans le trou de Coc Xa : une cuvette profonde aux parois abruptes, jonchées d’éboulis. Une chance pour les Viets : lorsque Charton aura rejoint Lepage dans cette souricière, ils pourront massacrer tout le monde. Mais le chef du groupement « Bayard » estime que Coc Xa est le seul endroit, dans cette jungle, où l’on puisse se défendre et « tenir » jusqu’à l’arrivée de la colonne Charton. Ironie du sort, parti au secours de Charton, Lepage n’attend à présent son salut que de lui. En attendant, il étale son dispositif.

Ce même 4 octobre, le groupement Charton poursuit sa progression. Lentement, très lentement. Le 3’ Tabor ouvre la route jusqu’au kilomètre 22. Il a simplement oublié que le kilomètre 18, qui commande le 22 est déjà occupé par une compagnie de partisans. « Je ne lui avais pas rappelé ce fait, consigne le colonel Charton, certain qu’il en était informé ». Temps précieux perdu.

Ce même matin un message radio de la Z.F.N.E. envoyé le 3, mais seulement transmis le 4 « pour je ne sais quelle raison » (Charton) avertit le commandant du groupement que la colonne Lepage stationne aux cotes 760 et 765, à 2 ou 3 kilomètres au sud-ouest de Dong Khé, et lui demande de la rejoindre au plus vite par la piste de Nam Nang-Quang Liet.
« Je donnai l’ordre au génie de détruire le matériel roulant et les canons, et aux unités de toucher, en passant à hauteur des voitures, une demi-unité de feu et une journée de vivres ». Cet ordre, remarque Charton, fut assez mal exécuté, notamment par les partisans, ce qui fit perdre du temps à la colonne. Nouvelle perte de temps au kilomètre 22 pour chercher l’entrée de la piste que personne ne connaissait. Cette piste n’était plus utilisée, même par les Viets, depuis des années. Perte de temps pour chercher, en vain, des guides parmi les partisans. Charton donne l’ordre de suivre la rivière. D’après la carte, la piste devait la longer.

Progression lente, difficile, sans liaison radio. « Dès le 4 octobre, explique Charton, les liaisons s’étaient révélées à peu près impossibles. Les vacations radio n’étaient plus guère respectées. Dans la jungle épaisse, chacun suivait comme il pouvait celui qui le précédait, n’ayant qu’un souci, ne pas le perdre de vue. Les chefs ne commandaient plus que les groupes qui étaient tout près d’eux, et très difficilement le reste de leur unité. Le milieu de la colonne ignorait ce qui se passait en tête ou en queue ; peut-être même suivait-on une colonne égarée.
« Les liaisons radio ne pouvaient vraiment reprendre qu’aux haltes, au cours de la nuit. Cette nuit du 4, il fut décidé, afin d’accélérer le mouvement, que les unités de tête n’ouvriraient plus, mais se garderaient par des patrouilles envoyées aux endroits dangereux.
« Le 5 octobre, le 3/3’ R.E.I. progressa dans un terrain très difficile et tâtonna pour chercher le col qui devait ouvrir l’accès de la vallée de Quang Liet.
« Avec le commandant du 3’ Tabor, je rejoignis le commandant du 3/3’ R.E.I. pour l’aider à s’orienter. Après de nombreuses difficultés, car l’horizon était bouché à moins de dix mètres par les arbres et la brousse, nous finîmes par découvrir le col.
« A peine le 3/3’ R.E.I. déboucha-t-il dans la vallée de Quang Liet qu’il fut stoppé par des feux d’armes automatiques individuelles semblant provenir des monts boisés dominant la vallée à l’est. Je fis envoyer des patrouilles de contact pour préciser la force de l’adversaire. Pendant que le 3/3’ R.E.I. fixerait l’ennemi, j’emprunterais avec le 3’ Tabor les lignes de crêtes qui dominent à l’ouest la vallée pour continuer la progresion en débordant les Viets ».
Le gros de la colonne poursuit sa progression. Les hommes sont harassés. A la nuit, pour la première fois contact radio est pris avec le groupement Lepage. Charton découvre alors la gravité de la situation.
Pendant ce temps, dans le trou de Coc Xa, le gros du groupement « Bayard » reprend des forces. Avantage inappréciable, il y a de l’eau. On se désaltère, on compte les effectifs, on se regroupe, on attend Charton.
Lepage demande à Langson un parachutage de vivres et de munitions. Accueillis par les armes automatiques ennemies, les Junkers larguent leur cargaison trop loin, chez les Viets. Tout semble sourire à l’ennemi
Le B.E.P. est arrivé sur les hauteurs qui dominent Coc Xa. Rejoints par des rescapés du 11’ Tabor, les légionnaires s’apprêtent à descendre vers la vallée qui mène à la cuvette ; un message de Lepage, qui a changé d’avis, leur ordonne de rester sur place. Car, à Coc Xa, l’espoir renaît ; dans la nuit, Lepage a pu entrer en contact avec Charton. Le groupement de Cao Bang sera là dans la journée, au plus tard à l’aube du 6. Il était temps.
En réalité, l’étau viet se resserre. Giap a massé vingt à trente mille hommes autour de Coc Xa. Les mitraillages de la chasse ne servent à rien. L’ennemi s’enterre, se cache ; les avions passent au-dessus, ne voient rien, ne touchent personne. Trente mille hommes contre deux colonnes extenuées. La fin est proche. L’artillerie lourde ennemie - cadeau des Chinois - est prête. Bientôt elle entrera en jeu.
Mais Charton va arriver. Lepage ordonne à Segrétain de descendre dans la vallée et de prendre pied sur les pitons qui sont en face. Charton doit venir par là. Le B.E.P. le recevra. Commence alors la descente de nuit, par un sentier où ne passerait pas une chèvre. Harcelés sans fin, les légionnaires marchent à l’aveuglette. On ne voit rien. Des hommes tombent dans le vide.


Sources "Connaissance de l’histoire" Hachette 1982

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