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La Saint-Barthélemy

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Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, à Paris, le Conseil du roi prend une décision dramatique : Catherine de Médicis, reine mère, soutenue par le parti des Guise et par le frère du roi Henri d’Anjou, chef des catholiques, persuade l’influençable Charles IX, 22 ans, qu’il faut exterminer les chefs du parti huguenot.

Le lendemain, jour de la Saint-Barthélemy - martyr mort écorché vif et patron des bouchers - un effroyable massacre commence, qui gagne bientôt la province et dure pendant quatre jours.

L’occasion : l’attentat manqué contre Coligny

La raison de la Saint-Barthélemy est le conflit ancien qui oppose, en France comme dans le reste de l’Europe, les chrétiens restés fidèles au pape à ceux qui ont pris le parti de la Réforme : les catholiques contre les « hugue­nots », comme on appelle les protestants de la France en 1572.

Le protestantisme s’est introduit en France sous la forme du calvinisme. Les premières Églises réformées sont constituées en 1559. Mais, à cette date, la monarchie a depuis longtemps fait son choix : le protestantisme, de­puis l’affaire des Placards en 1534, est combattu par François 1er (1515-1547) puis surtout par Henri II (1547-1559).

Comme les persécutions ne suffisent pas à endiguer les progrès de la Ré­forme, le conflit religieux débouche sur un conflit civil : à partir de 1562, la France sombre dans les guerres de Religion.

L’affaiblissement du pouvoir royal, après le, règne d’Henri Il, favorise en­core ce déchaînement des haines entre les citoyens : le successeur immédiat d’Henri, François II (1559-1560), n’a que quinze ans quand il monte sur le trône, et il meurt après quelques mois de règne. Son frère Charles IX (1560-1574) lui succède : mais il n’est aussi qu’un enfant (il est né en 1550), et la réalité du pouvoir est exercée par la régente, la reine mère Catherine de Médicis.

Mais ce conflit religieux se trouve exaspéré, au début des années 1570, par la situation intérieure et extérieure du royaume : la question de la guerre qu’il faut ou non mener contre l’Espagne, puissance catholique mais rivale de la France, et aux prises, alors, à la révolte des Pays-Bas protes­tants ; et celle du partage des tendances au sein de la famille royale, entre la mère du roi, acquise aux catholiques, et Charles IX do­miné depuis 1570 par un protestant, l’amiral Gaspard de Coligny. Ce qui fait éclater la crise, est, le 22 août, une tentative manquée d’assassinat de-l’amiral : à 11 heures du matin, ce jour-là, à Paris, alors que Coligny revient seul, en marchant, du jeu de paume où il est allé voir jouer le roi, il se baisse pour renouer le ruban défait de son soulier ; des balles sifflent au-dessus de sa tête ; elles ont été tirées de la demeure d’un catholique, proche partisan des Guise. L’at­tentat manqué risque de mettre fin à la paix civile qui règne depuis 1570- depuis la venue au pouvoir de Coligny et depuis le traité de Saint-Germain, qui, pour la première fois, a accordé aux protestants la liberté de conscience, de culte et de prédication. Les catholiques s’attendent à une révolte vio­lente : ils décident de prendre les devants.

Le massacre

Et c’est ainsi qu’est dressée, dans la nuit du 23 au 24, une liste qui énumère les futurs condamnés de la Saint-Barthélemy : il s’agit de l’ensemble des chefs huguenots, rassem­blés à Paris pour le mariage d’un des leurs, Henri de Navarre, futur Henri IV, avec Marguerite de Valois, soeur de Charles IX. Le roi, pour donner son consentement, ne pose qu’une condition : que soient épargnés deux princes du sang, Henri de Navarre, qui est donc devenu son beau-frère, et Henri de Condé.

À l’aube du 24, la grande purge commence. Le quartier de Saint-Germain l’Auxerrois, où logent les gentilshommes protestants, est cerné par les troupes du duc Henri de Guise : Coligny est tué avec plus de 200 hommes. Le mouvement, une fois lancé, ne s’arrête pas aux chefs : à la découverte des cadavres, une folie meurtrière pousse le peuple parisien à se jeter contre tous les protestants. Munis de brassards blancs, des individus qui procla­ment qu’ils agissent au nom de la vraie foi, pillent et tuent sans pitié, amputant et châ­trant parfois les cadavres en guise de punition symbolique. Henri de Navarre et Condé doivent abjurer pour sauver leur vie. Le carnage dure trois jours et s’étend en pro­vince, où, dès le 25, des envoyés ont été expédiés munis d’instructions précises. D’une ville à l’autre, l’ordre du massacre est ou n’est pas suivi : à Meaux, 200 huguenots sont exécutés ; à Lyon, 700 ; à Bourges, à Orléans, les victimes se comptent aussi par centaines. Mais des régions entières restent à l’abri des violences : ainsi la Picardie, l’Auvergne, le Limousin ou le Périgord. A Paris, la folie meurtrière cesse le 28 août, sur ordre du roi ; mais, en province, les meurtres continuent, sporadiquement, jusqu’aux pre­miers jours d’octobre.

Une bonne opération pour les catholiques

L’événement, qui nous fait horreur au­jourd’hui, suscita bien peu de réactions, en cette époque habituée aux violences. Les princes allemands et les cantons suisses dirent leur consternation, mais la cour de Madrid se félicita de l’événement, que le pape célébra par un Te Deum et en frappant une médaille commémorative. Du point de vue de la Cou­ronne française, le meurtre des protestants s’avéra bénéfique : comme cela était le but, le parti huguenot sortit décapité du massacre. Henri d’Anjou lui-même (Henri III), qui avait, avec la reine mère, inspiré le carnage, se retira quelques mois plus tard des affaires de la France, élu roi de Pologne, mais revint peu après au pouvoir, succédant sur le trône à son frère Charles, mort en 1574. La revanche des protestants ne devait interve­nir que plus tard, en 1589, avec l’avènement d’Henri IV, c’est-à-dire d’Henri de Navarre : encore l’ancien chef des protestants français dut-il abjurer définitivement le protestan­tisme pour monter sur le trône de France.

Les guerres de Religion

Les guerres de Religion ensanglantent la France de 1562 à 1598, soit pendant trente­six ans. La Saint-Barthélemy en est un des épisodes les plus dramatiquement mar­quants, mais, tout au long du conflit, les violences, les attentats, les assassinats et les massacres n’ont pas cessé, d’un côté ou de l’autre.

Les premières guerres de Religion (1562-1574)

C’est le massacre des pro­testants à Wassy, le ter mars 1562, qui déclenche la première guerre de Religion. Ce jour-là, ayant appris que quelque 500 protestants célèbrent leur culte dans une grange près de la ville de Wassy, le duc François de Guise se rend à la grange, où ses hommes, répondant aux jets de pierres des huguenots par des coups d’arquebuse, tuent 23 protestants et en blessent une centaine. L’événement fait prendre les armes aux protestants, et, dès lors, la guerre fait rage, coupée de trêves plus ou moins importantes, mais toujours provi­soires : les années 1570-1572 constituent l’une de ces trêves, préludant au grand massacre de la Saint-Barthélemy.

Le règne d’Henri III (1574-1589)

La lutte se poursuit après la mort de Charles IX ; mais le roi louvoie entre les deux partis. Les concessions qu’il accorde aux protestants amènent les catholiques à se grouper en une Ligue. Le roi, pour anéan­tir cette Ligue, fait assassiner son chef, Henri de Guise, en décembre 1588 : il provoque de la sorte le soulèvement de Paris, entièrement contrôlé par la Ligue. C’est en tentant de reconquérir sa capitale qu’il est poignardé par un moine fanatique, Jacques Clément (10 août 1589).

La reconquête du royaume par Hen­ri IV (1589-1598)

Les fils d’Henri III étant morts sans héritier, Henri de Navarre suc­cède à Henri III. Pour être sacré, il doit accepter d’abjurer le protestantisme, le 25 juillet 1593, et il négocie alors avec les Ligueurs pour soumettre le royaume à son autorité. La paix religieuse est définitive­ment rétablie par l’Édit de Nantes (13 avril 1598), qui autorise le culte protestant ; mais le roi est assassiné par Ravaillac, un fou, peut-être manipulé par des catholiques fa­natiques, le 14 mai 1610.


sources : "Les grands évenements de l’histoire du monde" sous la direction de J marseille et N.Laneyrie Dagen ed France loisir 1991

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