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Deux chiens attachés par la queue...

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Au cours des journées des 20, 21 et 22 septembre, les opérations sur le front du 2e C.A. n’ont d’autre objectif que de préciser le contact avec l’adversaire.
Partant de la route Lure Isle-sur-Doubs, la 1re D.F.L. du général Brosset ne fait pas plus de 3 à 4 km avant de se heurter à une ligne de résistance continue, protégée, sur tous les itinéraires, par des abattis et d’innombrables mines.
Plus au nord, la 1re D.B. du général du Vigier est également bloquée un peu au-delà de Melisey sur la route de Lure au Thillot. Le 23 septembre, la ligne de feu se stabilise sur le front du 2e corps. Cependant, le même jour, une lettre adressée par le général Truscott, commandant le 6e C.A. U.S., au général de Monsabert marque la première intervention, au cours de cette période, de la lourde hypothèque que va sans cesse constituer pour nous le mouvement des Américains de la VIIe armée U.S. se déplaçant vers le nord à l’ouest des Vosges. Un général américain exprima avec humour cette situation : " Deux chiens attachés par la queue et qui tirent en sens inverse".
La résistance opposée à la 1re D.F.L. et à la 1re D.B. montre la rapidité avec laquelle le général Wiese, commandant la XIXe armée allemande, a réussi à organiser une position défensive solide, relativement profonde et continue. Faisant preuve de la plus grande énergie, il a remis de l’ordre dans les grandes unités rescapées de sa longue retraite et employé au mieux les nombreux renforts accourus de l’intérieur du Reich.
Avec le concours de l’Organisation Todt et en réquisitionnant de la main-d’oeuvre dans la population française, il a réussi, dans des délais surprenants, à équiper une double ligne de défense couverte par un glacis d’une douzaine de kilomètres et sur laquelle il a concentré le gros de son armée afin de gagner le temps nécessaire pour parachever, plus er arrière, l’organisation d’une hauptkampflinie (ligne principale de résistance). Ce sont quatre divisions qui occupent devant nous ces avancées et aux chefs desquelles Hitler â promis, le 21 septembre, le poteau d’exécution s’ils venaient à lâcher pied. Cependant, les efforts conjugués de la 1re D.B. et de la 1re D.F.L. parviennent à crever, le 28 septembre, les positions avancées allemandes et à créer un saillant très net jusqu’à Plancherles-Mines, faisant sauter du même coup k premier verrou donnant accès aux cols des Vosges.
Toutefois, il semble que la percée réalisée à Plancher-les-Mines se soit produite à l’extrémité de l’aile droite des forces allemandes défendant la trouée de Belfort. Plus au nord le dispositif allemand paraît discontinu et se limiter à la défense des noeuds de communications, comme c’est le cas du Thillot. D’ailleurs, à notre gauche, les Américains, ayant libéré Remiremont, comptent atteindre bref délai, Le Tholy et Gérardmer. Dans ce : conditions, l’avance par les Vosges est non seulement possible mais c’est la seule dans l’immédiat.
En définitive, le général de Lattre pense qt le report de l’effort de la1re armée de droite à sa gauche peut assurer la pénétration en Alsace avant les grands froids et entrainer l’économie d’une bataille de rupture dans trouée de Belfort en menaçant d’encerclement les divisions allemandes qui la défendent. Aussi envisage-t-il de tenter l’opération par les Vosges en direction de Schlucht en prenant pour tremplin Gérard mer aussitôt que les Américains nous l’auront livré. Or, du fait de la résistance qui lui est opposée en direction de Gérardmer, commandant U.S. nous demande de relever au plus tôt ses unités qui occupent la régie de Rupt et la forêt de Longegoutte sur crête qui sépare, en amont de Remiremor les vallées de la Moselle et de la Moselotte.
Au même moment, le 2e C.A. constate un raidissement général et un renforcement rapide de l’ennemi qui nous bloque devant Le Thillot, Château-Lambert et Ronchamp. Ie moment est donc mal venu pour une extension de notre front.

A peine le général de Lattre a-t-il consenti à cette extension que le général Devers, commandant le VI’ groupe d’armées, lui fait part de son intention de reporter plus au nord le centre de gravité de la VII armée U.S. axant son corps d’armée Sud, le 6e, vers Sain Dié. En conséquence, il demande à la Ire armée française de relever entièrement sa division de droite, la 3e, du général O’Daniel. du même coup, la manoeuvre par Gérardmer la Schlucht nous échappe.
Aussi le général de Monsabertpropo t-il de prendre comme nouvelle base de dép de notre offensive la ligne de partage eaux entre la Moselle et la Moselotte, c’est dire la crête de Longegoutte sur laquelle n devrons relever les unités de droite de 3e D.I. U.S. De là, nous pourrons encore agir en direction du Hohneck par Cornimont, la basse et la haute vallée de la Moselotte, ce qui nous permettra de déboucher en Alsace. Ce débouché n’est qu’un pis aller mais il est à la mesure de nos moyens. Le 2 octobre, le général de Monsabert donne ses ordres pour l’opération qui devra être déclenchée le 4. L’action principale est confiée à ma division, la 3e D.I.A., relevée du front du ler C.A. et renforcée des 2e et 3e groupements de tabors.


sources : article du Général Guillaume Historia magazine 1969

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