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Meuse-Argonne 1918 : Une série d’actions désordonnées

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Une série d’actions désordonnées
A la fin de septembre, l’A.E.F. piétinait. Les routes de l’arrière étaient irrémédiablement obstruées. Et les trois seules voies d’accès au front étaient, toutes les trois, exposées aux tirs allemands.
Mal approvisionnées, les troupes alliées ne bénéficiaient pas, non plus, de l’appui de leur artillerie puisque celle-ci ne pouvait progresser.
Le colonel Carl Penner, du 120e régiment d’artillerie de campagne, échoua à faire avancer ses canons de 75 mm jusqu’au front ; selon lui, c’était une grave erreur d’avoir voulu entasser tant d’unités dans un espace aussi réduit.

Au cours de leur progression vers la ligne Kriemhilde, les Américains perdirent beaucoup d’hommes, plus de 20000, du fait d’épidémies de grippe, le temps ayant été particulièrement froid et humide pendant les deux premières semaines de la bataille. Pendant ce temps, du côté allemand, on parvint à réunir neuf divisions complètes et une partie de trois autres.

Pershing fixa l’attaque de la ligne Kriemhilde au 4 octobre à 5 h 25. L’assaut des hauteurs de Cunel fut confié au dynamique major général Robert Lee Bullard, tandis que le major général Hunter Liggett, un homme mûr et réfléchi, était chargé de dégager les escarpements qui dominaient la vallée de l’Aire. Liggett, qui devait cependant montrer un remarquable sens tactique, ne put rien faire face aux 1" et 5e divisions prussiennes de la Garde. Les mitrailleuses, les barbelés, les gaz et les obus décimèrent les unités américaines et notamment l’héroïque 1ere division.

Le 4 octobre, à 13 heures, il ne restait plus au 3eme bataillon du 16eme régiment que deux officiers et 240 hommes, sur un effectif initial de 20 officiers et 800 hommes.

Le lieutenant Maury Maverick, du 28e régiment d’infanterie, écrit : « Nous nous trouvions tout simplement dans un grand espace tout noir, strié de traînées rouges et jaunes ; dans le ciel des géants rugissaient, déchiraient, tournoyaient et rugissaient encore. » Maverick, qui fut blessé ce jour-là, se souvient de l’explosion d’un obus : « On entend un immense sifflement strident, puis un claquement formidable qui semble devoir vous démanteler. Son intensité est telle qu’elle pénètre le coeur et le cerveau, et vous déchiquète chaque nerf. »

Au cours de l’attaque que menait Liggett, un bataillon du 308e régiment d’infanterie de la 77e division s’était trouvé encerclé près du Moulin de Charlevaux, le 2 octobre. La division n’ayant pu rétablir le contact avec lui, il était coupé de tout, sans vivres ni munitions, en butte aux assauts répétés des Allemands. Sa situation semblait si désespérée qu’on ne l’appelait plus que le « bataillon perdu ».

Son commandant, le major Charles Whittlesay, refusa cependant de se rendre, en dépit des propositions réitérées des Allemands. Il résista six longues journées, jusqu’à ce qu’enfin la division pût rompre l’encerclement et atteindre la position que tenaient, avec acharnement, les survivants du bataillon : 194 hommes sur 600.

La princesse Blücher, une Anglaise mariée à un Allemand et qui vivait à Berlin, exprima son étonnement concernant « la façon dont l’Allemagne avait toujours curieusement sous-estimé le danger provenant de l’Amérique ».

L’attaque de Bullard sur les hauteurs de Cunel progressait, elle aussi, très lentement et avec de très lourdes pertes :
1366 hommes de la 3e division furent tués au cours de cette seule bataille. Le lieutenant Frédéric T. Edwards, décrit ainsi la matinée du 5 octobre :
« C’est le premier vrai matin d’automne que je vois depuis que je suis ici. Il n’est pas encore neuf heures. Il y a eu toute la nuit un épais brouillard, que le soleil essaye de percer. Les bois environnants sont couverts d’une brume bleutée ; et nous devons frotter constamment les extrémités de nos doigts pour essayer de les réchauffer... »
Il fut tué un peu plus tard, ce même jour, par un obus fusant de 77 mm


sources mensuel Connaissance de l’Histoire 1977 1982 Hachette

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