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Le roi

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Au lendemain de sa majorité, il doit faire face à de nouvelles révoltes des grands barons. Une première tentative, menée par Thibaud de Champagne et Pierre Mauclerc, n’est qu’un feu de paille. Mais plus redou­table s’avère en 1241 le mouvement déclenché par Hugues de Lusignan et sa femme Isa­belle, veuve de Jean sans Terre et mère du roi d’Angleterre.
Le soulèvement s’étend très vite à toute la région du Sud-Ouest et du Sud et, lorsque le comte de Toulouse, entrevoyant une revanche de ses humilia­tions, se jette dans l’aventure, toujours avec le soutien de l’Angleterre, on peut croire à une révolte du Midi tout entier sous sa direction. En réalité, Louis IX vient très rapidement à bout de cette nouvelle coalition.
Après avoir envahi les domaines des Lusignan, il bat les Anglais sous les murs de Saintes (juillet 1242). Puis il porte son effort contre le comte de Toulouse dont les forces sont encore intactes mais qui, bientôt découragé par la défection du comte de Foix, décide de s’en remettre à la clémence du roi.
Il obtient la paix à Lorris en jan­vier 1243, à condition de respecter le traité de 1229 et de s’engager solennellement à poursuivre les hérétiques et à les chasser de ses terres. C’est alors que l’Inquisition* romaine fait son apparition en France. Mais elle restera toujours sous la main du roi.
« Depuis cette époque, dit Guillaume de Nangis, les barons de France cessèrent de rien entreprendre contre leur roi. »

L’expé­dition de 1242 est, en effet, le dernier acte d’énergie dont la royauté française doit faire preuve au xiiie siècle contre la haute noblesse des fiefs acquis ou démembrés par Philippe Auguste et Louis VIII.

Dès lors, saint Louis peut se consacrer au gouvernement du royaume. Il le fait avec sagesse et autorité, entendant faire régner partout un « ordre moral ». Des enquêteurs sont envoyés auprès des officiers, des baillis et des séné­chaux pour réparer les injustices royales, et les ordonnances de 1254 et 1256 tracent les devoirs des officiers, afin d’éviter les exac­tions, les mauvaises coutumes, la corrup­tion. Mais ces mesures ont également pour but de renforcer l’autorité royale et, dans cette entreprise, le prestige et l’auréole de sainteté dont est entouré le monarque faci­litent singulièrement sa tâche.
En accord avec les prescriptions du quatrième concile de Latran, il abolit le duel judiciaire et la guerre privée (1258), rend d’autres ordon­nances contre la prostitution, le jeu, le blasphème. Cette tyrannie moralisatrice n’est cependant pas acceptée sans murmures. Elle soulève dans son entourage même une réprobation attristée. Le roi exalte également la justice qu’il rend volontiers lui-même, assis le plus souvent sous un chêne du parc de Vincennes, image qui deviendra légendaire.

Louis n’est pas moins soucieux des finances du royaume. Il fait frapper les premières pièces d’or françaises, les écus d’or, avec la devise : Christus regnat, Christus vincit, Christus imperat, et les ordonnances de 1262 et 1265 donnent cours forcé à la monnaie royale dans tout le royaume.
La Cour féodale se transforme elle aussi sous son impulsion. Certaines de ses sessions sont bientôt consacrées exclusivement aux affaires judiciaires, d’autres au contrôle de la gestion financière des officiers et à la mise à jour de la comptabilité. Ainsi naissent le parlement et la Cour des comptes.

Le prestige de saint Louis est encore accru par la prospérité économique que connaît le royaume sous son règne, le rayonnement artistique (art go­thique) et intellectuel (éclat de l’université de Paris) qui en émane, mais auquel lui-même ne s’intéresse que par des biais pieux : construction de la Sainte-Chapelle pour abriter la Sainte Épine, conversations avec le savant théologien Robert de Sorbon à qui il préfère pourtant le médiocre compilateur Vincent de Beauvais. Son règne est en définitive un règne heureux, bénéfique, qui laissera le souvenir d’une « belle époque », le " bon temps de Monseigneur saint Louis"


sources : Dictionnaire de l’histoire de France Perrin sous la direction de Alain Decaux et André Castelot .ed Perrin 1981

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