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Le Raskol

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L’église orthodoxe russe est fondée sur des rites, ce qui la rend particulièrement traditionaliste ; elle occupe une place centrale dans la culture russe. Cependant, son côté conservateur perd de sa prestance au fil du temps. Plusieurs tentatives sont effectuées dans le but de restaurer cette Eglise hors du temps, mais en vain. C’est la raison pour laquelle, entre 1666 et 1667, - après l’expansion moscovite en Ukraine dès 1654 - se produit un important schisme religieux, qui va révéler la fragilité de l’église et préparer le terrain pour l’arrivée de Pierre le Grand.

Un formalisme qui dérange

Bien que l’Église russe ait évolué au même rythme que l’état moscovite, son formalisme religieux commence à déranger. En Occident, la Réforme a déjà eu lieu au XVIe siècle. En Russie, l’Église prend beaucoup de place jusqu’à s’enorgueillir de son prestige. Bien qu’elle soit née au même moment que l’Etat moscovite, l’Église, elle, peine à suivre.
Moscou obtient son premier patriarche en 1589 du nom de Job. En 1652, c’est Nikon qui revêt ce rôle, et il est décidé à bousculer les rites traditionnels de l’Église orthodoxe de la même manière que la Réforme de Luther et de Calvin. Il commence par revenir sur les erreurs en slavon dans les textes sacrés, ainsi que la vérification des gestes religieux. Entre 1654 et 1656, des conciles approuvent ces modifications - ou rectifications - dans le fonctionnement religieux. Pourtant, elles sont loin de plaire à tout le monde.

Avvakoum contre Nikon

Malgré l’acceptation des réformes relativement mineures proposées par le patriarche Nikon, l’archiprêtre Avvakoum manifeste sa ferme opposition à un quelconque changement. D’autres prêtres et laïcs sont du même avis, et dès lors refusent l’autorité ecclésiastique : ce désaccord marque le début du Raskol. En 1658, Nikon rompt avec le tsar en affirmant la supériorité de l’Eglise sur l’État.
La brutalité des changements effectués par Nikon entraîne une hostilité chez les conservateurs. Avvakoum accuse même Nikon d’être hérétique. C’est alors qu’il faut choisir : soit les chefs religieux réticents se soumettent aux réformes approuvées par les conciles, soit ils défient l’église. Deux clans se forment alors.

Les Vieux-Croyants

Les réticents qui préfèrent défier l’église - en refusant par exemple les nouveaux gestes religieux ou la nouvelle orthographe de Jésus - sont appelés les « vieux-croyants ». Qu’ils soient marchands, paysans ou cosaques, comme Karazine, les vieux-croyants forment une église parallèle dans laquelle Nikon incarne la figure de l’antéchrist. Parmi eux, certains souhaitent malgré tout bénéficier des sacrements de l’Église officielle, et collaborent ainsi avec cette dernière.
Cependant, les vieux-croyants sont bientôt persécutés. A l’inverse de la Réforme protestante, ce sont les conservateurs qui subissent le fiel des réformateurs. Près de vingt mille personnes sont brûlées, dont Avvakoum en 1682 ; ces mises à mort sont accompagnées de suicides collectifs. Des résistances toutefois ont lieu, notamment celle du monastère de Solovetski qui dure plusieurs années. La Boyarine Morozova est l’une des partisanes les plus connues du mouvement des vieux-croyants.

Un schisme qui affaiblit l’Eglise orthodoxe

C’est sans regrets que l’Église excommunie ses plus fidèles croyants. Et pourtant, c’est certainement parmi les vieux-croyants que se trouvaient les plus vifs d’esprit et le goût des affaires. Mais ces hommes ont vécu clandestinement, indépendamment de l’Etat. Ils n’ont pu voler au secours de l’Église considérablement affaiblie.
Une question concernant le Raskol demeure encore et divise les historiens : cette Réforme de Nikon visait-elle à moderniser l’Église pour attirer du monde ? Ce qui est sûr, c’est que ce schisme a facilité la tâche antireligieuse de Pierre le Grand qui l’attaquera une fois sur le trône.


Sources : RIAZANOVSKY, Nicholas, Histoire de la Russie des origines à 1996, Paris, Laffont, 1999.
AMACHER, Korine, La Russie, 1598-1917 : révoltes et mouvements révolutionnaires, Infolio, 2011

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