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Merlin l’Enchanteur

, par

Connu sous les noms de « Myrddin » ou « Myrdhin » en gallois, « Merzhin » ou « Marzhin » en breton et en cornique, Merlin est généralement représenté comme un mage bénéfique commandant aux éléments naturels et aux animaux. Il est particulièrement rattaché à la mythologie brittonique, qui couvrait la Bretagne continentale et l’actuelle Grande-Bretagne (sauf l’Écosse). De nos jours, son nom est fréquemment associé à sa fonction d’« enchanteur » (magicien), notamment depuis que ce terme a servi de titre à la version française d’un dessin animé populaire des années 1960.

La légende de Merlin

Le nom même de Merlin n’a pas d’origine clairement définie. Certains le situent à l’époque des druides celtiques. Ce que l’on sait, c’est que les noms « Merddin », « Myrddin », puis ensuite « Merlinus » ou encore « Merilun » furent utilisés successivement pour décrire un seul et même personnage. Le nom de « Merlin » sera adopté plus tard, sans doute aux environs du XIIe siècle. La légende de Merlin, dont le nom est associé à des qualificatifs divers tel que « enchanteur », « magicien » ou « l’Homme des bois », est très complexe. On ne sait pas si ce personnage a vraiment existé, les sources manuscrites de l’époque ayant disparu. La plupart des ouvrages qui parlent de Merlin, évoquent aussi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde. Ces textes datent du XIIe siècle au XVIe siècle, mais des récits mettant en scène Merlin remontent à bien plus longtemps. Il apparaît qu’un certain Merlinus Ambroisius aurait réellement existé, de descendance royale. L’influence chrétienne au Moyen Âge aurait transformé les écrits de départ en légende : la mère de Merlin ayant enfanté d’un "antéchrist" aux grands pouvoirs. De plus, certaines femmes deviennent des sorcières s’en prenant aux hommes, même à Merlin. Bref, sa description varie au fil des époques jusqu’à ce qu’il devienne le Merlin que l’on connaît à travers les contes et les dessins animés : enchanteur, prophète, homme des bois, maître des animaux, sage, un magicien pur et proche de la nature, assez proche du dieu Pan de la mythologie grecque qui représente l’incarnation même de la nature. Sur le plan symbolique Merlin représente la bonté et le rêve,la nature dans sa puissance originelle. C’est sans doute pour cela qu’il nous captive, car il est la représentation d’ un archétype éternel.

La légende la plus connue quant à son origine le fait fils d’une vierge et d’un démon, d’où le parallèle chrétien et la qualification d’antéchrist. Cependant, d’autres légendes (rapportées par Stephen Lawhead dans son Cycle de Pendragon) lient son existence à la légende de l’Atlantide, d’où sa mère serait native (Charis, fille du Roi Avallach d’Atlantide), alors que son père serait breton (Taliesin fils d’Elphin, roi de Caer Dyvi), selon la légende du Cycle de Pendragon. Ces divergences d’origine viennent du fait qu’aucune histoire réelle n’a encore été découverte, et, de ce fait, toute version est possible.

Merlin, dans la geste arthurienne

Son rôle dans le cycle arthurien est d’aider à l’accomplissement du destin du royaume de Bretagne (royaume mythique regroupant l’actuelle Angleterre, le Pays de Galles et la Bretagne continentale). Grâce à une sagesse légendaire, il devient l’ami et le conseiller du roi Uther Pendragon. À la mort de celui-ci, il organise le défi de l’épée Excalibur qui permet à Arthur, fils illégitime d’Uther, de succéder à son père. Puis il incite Arthur à instituer la Table Ronde afin que les chevaliers qui la constituent puissent se lancer dans des missions relevant du mythe, notamment la fameuse quête du Graal. À la fin de sa vie et malgré toutes ses connaissances, Merlin ne pourra rien contre la destinée du royaume de Bretagne et la fin tragique du roi Arthur.

La légende de Merlin n’est pas à l’origine intégrée dans le cycle arthurien. Le personnage sera en quelque sorte « christianisé » par la suite pour pouvoir y figurer, mais on peut y reconnaître l’archétype du druide : proximité avec la nature, pouvoirs magiques, connaissance surnaturelle, sagesse, longue vie, rôle de guide et de conseiller des puissants. Dans un monde chrétien alors en plein essor, il représentait ce qui restait de la tradition ancienne : le monde druidique moribond.

La fin de Merlin

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Devin et magicien, Merlin tomba, selon la légende, éperdument amoureux de la fée Viviane, à qui il confia le secret pour se lier un homme à jamais. La fée Viviane entreprit donc de réaliser cette magie, traçant les "neuf cercles" autour de Merlin endormi. La magie étant puissante, Merlin fut enfermé pour l’éternité dans sa geôle, au grand regret de la fée Viviane qui ne croyait pas que la chose fut possible. On dit aussi que même maintenant, il est encore enfermé. Ainsi, dans la forêt de Brocéliande, sur une stèle est écrit : "ici a été enfermé Merlin l’enchanteur par la fée Vivianne".

Merlin dans les œuvres culturelles

Les premières références littéraires à Merlin sont galloises. Différents textes distinguent clairement la différence entre deux personnages nommés Merlin. Les Triades Galloises, par exemple, font état de trois bardes : Taliesin, chef des bardes, Myrddin Wyllt et Myrddin Emrys. Si les deux bardes appelés Myrddin étaient à l’origine les variantes d’un même personnage, leur histoire est devenue si différente dans les premiers textes que nous possédons à leur sujet qu’il convient d’en traiter séparément, même si certaines péripéties appartiennent aux deux.

Merlinus Caledonensis, Myrddin Wyllt

(« Myrddin the Wild » : le sauvage) Ce Myrddin n’a rien à voir avec Arthur et apparaît après la période arthurienne. Les premiers poèmes gallois concernant la légende de Myrddin le présentent comme un fou vivant une existence misérable dans la forêt calédonienne, ruminant sur sa triste existence et sur le désastre qui l’a précipité si bas : la mort de son seigneur Gwenddolau, au service duquel il était barde. Les allusions faites dans ces poèmes servent à montrer les évènements de la bataille d’Arfderydd, où Rhydderch Hael, roi de Rheged, massacre les forces de Gwenddolau, tandis que Myrddin devient fou en regardant la défaite. Les Annales Cambriae datent cette bataille en 573 et nomment les adversaires de Gweddolau Gwrgi et Peredur, fils d’Eliffer.

Une version de cette légende est préservée dans un manuscrit de la fin du XVe siècle, dans une histoire intitulée Lailoken et Kentigern. Dans ce récit, saint Kentigern rencontre en un endroit désert un fou nu et échevelé dénommé Lailoken, que d’aucuns appellent Merlynum ou Merlin, qui lui déclare être condamné à errer en compagnie des bêtes sauvages à cause de ses péchés. En outre, il dit avoir été la cause de la mort de toutes les personnes tuées durant la bataille « en la plaine entre Liddel et Carwannok ». Après avoir raconté son histoire, ce fou s’éloigne et fuit la présence du saint pour retourner à son état sauvage. Il apparait encore plusieurs fois dans le récit jusqu’à ce qu’il demande finalement les derniers sacrements au saint, prophétisant être sur le point de mourir d’une triple mort. Après quelque hésitation, le saint exauce le souhait du fou ; alors les bergers du roi Meldred le capturent, le frappent à coups de bâton, le jettent dans la rivière Tweed où son corps fut percé par un pieu, sa prophétie se trouvant ainsi accomplie.

La littérature galloise comporte nombre d’exemples de littérature prophétique, prédisant la victoire militaire de tous les peuples celtes de Grande-Bretagne qui se rassembleraient pour rejeter les Anglais - et par la suite les Normands - à la mer. Certaines de ces œuvres ont été interprétées comme les « prophéties de Myrddin », exceptée celle nommée les Armes Prydein.

Geoffroy de Monmouth a également parlé de ce Merlin sauvage et prophétique dans sa Vita Merlini, qui semble être une adaptation très proche de nombreux « poèmes de Myrddin ».

Merlin Ambrosius, Myrddin Emrys

Ce fut Geoffroy de Monmouth qui introduisit Merlin dans le cycle du roi Arthur. Si Geoffroy est surtout connu pour son personnage d’Arthur, c’est surtout de Merlin qu’il a traité, faisant du barde prophétique de la tradition galloise un personnage central de ses trois livres : Prophetiae Merlini, Historia regum Britanniae, et Vita Merlini. À la suite de son second livre, où Merlin apparaît dans le conte du roi Vortigern, Aurelius Ambrosius et Uther Pendragon, dont le règne précéda immédiatement celui d’Arthur ; Merlin devient aussi dans plusieurs œuvres ultérieures un personnage des contes du roi Arthur.

Geoffroy narre seulement trois contes de Merlin. Dans le premier, l’auteur attribue à Merlin l’histoire du garçon sans père que rapporte Nennius à propos d’Aurelius Ambrosius. Merlin est issu de la fille d’un roi (peut-être la reine d’Irlande Medb, épouse de Ailill mac Máta) et d’un démon, et l’épisode a lieu à Carmathen au pays de Galles, patrie de Myrddin. Geoffroy mentionne simplement que Merlin était aussi dénommé Ambrosius, camouflant ainsi le changement qu’il opère par rapport au récit de Nennius. Une longue suite de prophéties est alors ajoutée. Le second conte rapporte comment Merlin crée Stonehenge, ayant pour fonction d’être la sépulture d’Aurelius Ambrosius. Le troisième conte narre comment Merlin transforme l’apparence d’Uther Pendragon, lui permettant ainsi d’entrer dans le château de Tintagel pour y engendrer son fils Arthur.

Quelque temps après, le poète Robert de Boron remanie cette matière dans son poème Merlin, mais en y ajoutant de nombreux détails altérés et dénaturés d’une manière suggérant que la version de Wace, qui avait adapté le récit de Geoffroy en français, était désormais entrée dans la tradition orale et que celle-ci était ce dont Robert de Boron avait connaissance, ainsi que d’autres contes de Merlin. Seules quelques lignes de ce poème nous sont parvenues. Mais la prose qui en fut issue devint populaire et fut plus tard incorporée dans deux autres romans.

Dans le récit de Robert de Boron, Merlin est engendré par un démon surgi de l’enfer et une vierge, tel un antéchrist. Mais sa mère, enceinte, conseillée par son confesseur Blaise qui s’était aperçu de la situation, avait fait baptiser l’enfant à sa naissance pour faire échouer ce complot satanique. Quoi qu’il en soit, Merlin, moitié homme et moitié démon, avait des pouvoirs magiques extraordinaires comme la connaissance du passé, du présent et de l’avenir, cette dernière étant un don de Dieu.

Robert de Boron parle avec beaucoup d’emphase du pouvoir de Merlin de se transformer, de son caractère facétieux et de son rapport avec le Graal. Ce texte introduit également Blaise, le maître de Merlin, dépeint comme transcrivant la geste de Merlin que Merlin lui dicte lui-même, expliquant comment cette geste devra être connue et préservée. Ce texte relie également Merlin au Graal.

Tandis que le mythe arthurien s’étoffait et s’embellissait, les aspects prophétiques de Merlin perdaient parfois leur emphase afin de faire de lui un magicien, le mentor et le confident d’Arthur. D’autre part, il est dit dans la Prose Lancelot que Merlin n’avait jamais été baptisé ni n’avait jamais rien fait de bon dans sa vie, sinon des œuvres démoniaques. Les contes arthuriens médiévaux abondent en ce sens.

Dans la Prose Lancelot et autres récits plus tardifs, la chute de Merlin est causée par son amour pour une femme nommée Nimue, qui lui extorque ses secrets magiques, les retournant contre lui. D’autres textes évoquent le nom de Viviane, autre personnage clé du cycle arthurien. Merlin serait tombé fou amoureux d’elle et, à sa demande, lui aurait appris plusieurs sorts, dont celui d’emprisonner un homme à tout jamais. Viviane l’emprisonna pour le garder auprès d’elle, soit dans une grotte où il mourut, soit dans un palais magique où il vivrait encore, ce palais étant parfois situé dans la forêt de Brocéliande, en Petite Bretagne.

Il y a ainsi trois récits de Merlin à l’époque d’Arthur qui couvrent aussi les premiers temps de son règne. Le plus ancien, connu sous le nom de Vulgate Merlin, inclut le Merlin de Robert de Boron. Il peut être considéré comme une sorte de préfiguration des trois romans du Cycle de Lancelot. Il existe également une variante incomplète connue sous le nom de Livre d’Arthur. Le second est le plus souvent intitulé Suite de Merlin. Il s’agit d’un long roman en prose qui ne nous est pas parvenu intact mais qui nous est maintenant connu sous le nom de Livre du Graal, conçu comme l’entière histoire du Graal et d’Arthur et ses chevaliers. Ce livre inclut également le Merlin de Robert de Boron. Le troisième enfin s’appelle Les prophéties de Merlin et contient donc les prophéties du personnage (la plupart relatives à des évènements politiques de l’Italie du treizième siècle), tandis que d’autres sont révélées par son fantôme après sa mort. Ces prophéties sont intercalées avec des épisodes relatant les faits et gestes de Merlin et diverses aventures arthuriennes dans lesquelles Merlin n’apparaît pas du tout.


sources wikipedia

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