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La question arménienne avant 1915

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1915 évoque le génocide arménien. En effet, c’est un an après le début de la Première guerre mondiale que les Jeunes-Turcs déportent plus d’un million d’Arméniens dans les régions désertiques, destinés à y mourir. Jean Jaurès l’a prévu, lui qui a su voir venir la Grande Guerre. Il rédige "Les massacres d’Arménie" en 1896, dénonçant les persécutions des Arméniens restées sous silence. En s’adressant ainsi à la France, il espère bien voir enfin une réaction qui aidera les martyrs de l’Empire ottoman, car il cherche « où est la trace de cette intervention solennellement promise par l’Europe elle-même.. » Que s’est-il passé pour que l’Arménie devienne coupable de tout aux yeux des Turcs ?

Soumise d’abord par les Romains, puis les Serbes, et enfin les Turcs, l’Arménie n’a jamais été indépendante. Bien qu’elle fît partie de l’Empire ottoman, il existait tout de même une barrière entre Turcs et Arméniens. En plus de ne pas parler la même langue, les Turcs étaient musulmans alors que les Arméniens étaient chrétiens.
En 1914, l’Empire ottoman entre en guerre aux côtés de l’Allemagne, contre les alliés de la Russie. Comme ce pays est orthodoxe et à proximité de l’Arménie, les Turcs craignent une attaque dans le dos, et c’est une année plus tard que débute le génocide dont on se souvient. Mais en 1896, déjà, la question de l’Empire est présente, et les Turcs se demandent si les Arméniens resteront loyaux ; c’est la raison pour laquelle ils sont accusés de tout : « Vous avez prétendu […] que c’était eux qui, par leur imprudence, par leurs excitation, étaient pour une large part responsables des maux qui s’étaient abattus sur leurs compatriotes. » [1]

Jaurès se montre du côté des Arméniens et prend leur défense. Le Sultan subit des pressions pour cesser les massacres, mais en vain. Les pogroms continuent, et Jaurès décrit avec quelle horreur les soldats turcs maltraitent les Arméniens. Lorsque ceux-ci se révoltent, c’est encore pire : « […] j’y ai vu les premières résistances de cette population arménienne, si longtemps moutonnière et passive, à l’arbitraire et aux pilleries […] » [2] car les Jeunes-Turcs utiliseront plus tard le soulèvement de Van comme prétexte pour justifier le génocide.

Il existe plusieurs similitudes entre le génocide arménien et la Shoah : Hitler a utilisé le fait qu’un homme juif tue un Allemand (Herzel Grinspan a vu ses parents tués par les Allemands : c’est en représailles qu’il s’est vengé) pour mettre en marche sa « solution finale ». En 1915 aussi, les trains étaient utilisés pour déporter, et les marches de la mort servaient à achever, ce qui se reproduisit durant la Seconde Guerre mondiale. En l’occurrence, c’est le Sultan que Jaurès accuse, car c’est lui qui ordonne les massacres, d’autant plus que tous sont au courant, mais personne ne réagit. Il s’agit en effet d’un massacre intentionnel : « Le silence complet, silence dans la presse, dont une partie, je le sais, directement ou indirectement, a été payée pour se taire, silence dans nos grands journaux, dont les principaux commanditaires sont les bénéficiaires de larges entreprises ottomanes. » [3] Les Turcs paient même la presse étrangère pour garder le silence.

Le génocide est donc dû à l’histoire de l’Empire ottoman et à la différence entre deux religions. Nous savons pourtant que ce sont les Jeunes-Turcs qui ont organisé ce génocide, mais ceux-ci ont tant marqué le pays par leur courage qu’ils sont maintenant l’orgueil de la Turquie. Aujourd’hui encore, cette nation ne reconnaît pas le génocide, ainsi que d’autres pays, comme Israël. La corruption semble avoir duré plus longtemps que prévu. Maintenant, ce sont les personnes touchées par cet épisode de l’Histoire qui tentent de le faire reconnaître, et réclament la demande de pardon, pour un peuple qui n’existe plus.


Sources : PERRIN, Dominique, Nier le passé n’a aucun sens
Les massacres d’Arménie, 1896
voir un témoignage du massacre arménien : Une histoire vraie, de Esteban Perroy


[1Les massacres d’Arménie, 1896

[2Ibidem

[3Ibidem

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