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La Terreur stalinienne

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Après avoir commencé sa dékoulakisation, Staline poursuit ses purges. Ces dernières sont légitimées par l’assassinat de Kirov, servant de prétexte à Staline pour prouver qu’il y a opposition et qu’il est désormais nécessaire de mener une guerre contre tous ses opposants.

Les grandes purges staliniennes

Au centre de la grande purge des Koulaks [1] se trouve le NKVD (Народный Комиссариат Внутренных Дел), à savoir le ministère des affaires intérieures : il est chargé d’administrer les goulags qui deviennent un empire concentrationnaire [2]. Ce dernier est créé durant ces années en Sibérie, en extrême orient ainsi que d’autres régions de l’URSS.
Le goulag représente un aspect essentiel des années 1930 : ils s’agit des Grandes purges, de la terreur stalinienne, à savoir l’extermination de tous les opposants, réels ou supposés, à cette construction du nouveau système d’industrialisation et de collectivisation. [3]

Le premier procès : 1928

Cette extermination se poursuit en 1928, avec la tenue d’un premier procès, celui du parti industriel : ce procès permettra l’émergence de l’image du bourgeois saboteur. Ces derniers deviennent les boucs émissaires, même les ratés du premier plan quinquennal [4]. Le parti industriel est mis en cause pour avoir saboté la production, sur ordre des ambassades comme toujours. Ainsi, l’image du héros ouvrier, représenté par Stakhanov, s’oppose à celle négative du saboteur.

Sergueï Kirov assassiné

Les Grandes purges commencent réellement dès l’assassinat de Sergueï Kirov en décembre 1934. Kirov est le dirigeant du parti de Leningrad. Dès 1956, on soupçonnera Staline d’avoir commandité ce crime. Aujourd’hui, on sait qu’il s’agissait d’un acte individuel : Kirov a été assassiné par un seul homme pour diverses raisons.
Néanmoins, ce crime a permis à Staline de trouver le prétexte pour légitimer l’attaque de ses opposants. L’assassinat lui a donné les armes pour entamer une période de répression très importante, à savoir les purges. Celles-ci atteignent leur pic entre 1936 et 1938 ; elles sont dirigées en particulier contre les membres du parti, surtout contre ce qu’il restait des vieux bolcheviks, à savoir ceux qui avaient participé à la révolution de 1917 et qui avaient connu Lénine.

Les procès de Moscou

Trois grands procès publics ont lieu : ce sont ceux des dirigeants du parti communiste. Il s’agit entre autres de Boukharine en 1936, Zinoviev un an plus tard et Kamenev en 1938. En effet, ces derniers sont accusés d’être en lien avec Trostki, qui est littéralement le diable aux yeux de Staline. Pourtant, ces accusations sont fausses ; elles ne sont que des prétextes afin de s’allier avec les ennemis du régime.

Nikolaï Iejov et la ejovchtchina

Lors des purges, celles-ci s’étendent à toutes les organisations du parti, ainsi qu’au ministère et aux anciens soutiens de Staline ; le Komintern, à savoir les communistes étrangers, est ainsi concerné. Cela n’épargne pas la police politique. La répression atteint son pic entre septembre 1936 et juillet 1938 avec le chef du NKVD : Nikolaï Iejov, donnant son nom à l’exécution des ordres de Staline, à savoir la ejovchtchina.
Nikolaï Iejov est épargné par le chef de la police politique jusqu’à ce qu’il soit arrêté et fusillé en 1940 sur ordre de Staline. Il sera remplacé par Beria. Iejov passe du statut de bras droit à ennemi du peuple. Mais c’est monnaie courante durant la période stalinienne : les personnes disparaissent, fusillées ou envoyées au goulag, mais se volatilisent aussi des photographies, ainsi que des encyclopédies. En réalité, Staline était à l’origine de tout : c’était lui qui signait toutes les listes des noms à fusiller ou déporter.

L’opération koulak

C’est d’ailleurs lui qui ordonne, en juillet 1937, l’opération koulak. Forgeant des quotas par régions et pas catégories. La première catégorie consiste à exécuter, la seconde à condamner à dix ans de peine. Mais, par excès de zèle, les quotas ont toujours été dépassés par les responsables locaux. En effet, ces derniers ont peur de se faire arrêter ; c’est la raison pour laquelle ils agissent ainsi diligemment. Dès lors, les prisons débordent, et c’est pourquoi on augmente la première catégorie. Si au départ l’opération était censée durer quatre mois, elle en durera finalement quinze. Les quotas initiaux servaient à établir le nombre de koulaks à trouver par régions et à arrêter. Néanmoins, ce nombre a littéralement explosé, car le but du pouvoir était d’éliminer à tous prix les ennemis intérieurs.


Sources : RIAZANOVSKY, Nicholas, Histoire de la Russie des origines à 1996, Paris, Laffont, 1999.


[1voir l’article La dékoulakisation

[2Il s’agit surtout de la politique de terreur exercée par Staline dans les années 1930-1940.

[3voir l’article L’industrialisation et la collectivisation de l’URSS

[4voir l’article L’industrialisation et la collectivisation de l’URSS

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