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La dissidence soviétique

Sous Brejnev

, par

La dissidence est un mouvement très large et loin d’être uniforme. En effet, la plupart des représentants ont des idées parfois très différentes.

Le procès Daniel et Siniavski

L’époque de Brejnev est marquée par l’émergence de la dissidence : ce phénomène a commencé en 1966 par le procès de deux écrivains. Il s’agit de Daniel et de Siniavski - qui sont des pseudonymes. C’est le premier procès public après Staline. Daniel et Siniavski ont fait passer des textes à l’étranger, au-delà de la frontière soviétique, qui sont revenus imprimés en URSS.
Ces années connaissent l’exemple d’une chronique : celle des événements courants. Cette chronique est imprimée de 1968 à 1972 lors du Printemps de Prague, et elle dresse le bilan de la liste des atteintes à la liberté commises en URSS.

Les marxistes réformateurs

Les « marxistes réformateurs » souhaitent revenir au léninisme, estimant que l’Union soviétique actuelle, et le communisme en général, s’est fondamentalement éloignée des principes revendiqués par Lénine lors de la révolution d’octobre en 1917. En effet, sous Staline, l’URSS est devenue un régime totalitaire.

Alexandre Soljenitsyne et la tradition russe (1918-2008)

Il existe aussi les défenseurs de la tradition russe, qui mettent en avant les valeurs de la campagne. Le représentant emblématique de cette tendance est Alexandre Soljenitsyne. Il a notamment obtenu le prix Nobel de littérature en 1970 pour ses romans, en particulier Une journée d’Ivan Denissovitch publié en 1962, Le Pavillon des cancéreux en 1967, puis Le Premier cercle un an plus tard avant le premier tome de La Roue rouge en 1971 : l’ensemble de ses textes est paru en Occident. L’Archipel du goulag, son ouvrage le plus célèbre, fut écrit dans la clandestinité et après sa libération du goulag, une fois sa peine purgée, à savoir en 1967 après y avoir passé neuf ans. Le Pavillon des cancéreux est aussi une allusion aux camps : les personnes atteintes d’un cancer étaient en effet enfermées à l’intérieur du goulag. L’Archipel du Goulag est publié à Paris en 1973. Soljenitsyne est arrêté l’année suivante avant d’être expulsé d’URSS et déchu de sa citoyenneté. Il ne rentrera en Russie qu’en 1994 sous la présidence de Boris Eltsine.

Le culte de la guerre

Sous Brejnev, on recommence à évoquer Staline de façon positive – il s’agit à nouveau d’une conséquence du retour en arrière. On met en avant ses réussites, on souligne en particulier la victoire soviétique et c’est justement à cette époque qu’émerge le culte de la guerre. En effet, en 1965, à savoir vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, c’est la première fois qu’a lieu une parade sur la Place rouge et qui se perpétuera chaque année dans la Russie de Poutine.

Andreï Sakharov

Andreï Sakharov, physicien, est le représentant des partisans d’une démocratie du type occidentale. Après avoir reçu le prix Nobel de la Paix en 1975, il devient le père de la bombe H soviétique en 1953. Il deviendra pacifiste par la suite et milite en 1970 pour les droits de l’Homme. C’est lui qui fonde le comité pour la défense des droits civiques en 1970 ; il sera l’une des plus grandes voix de la perestroïka.
Le retour d’une mémoire positive suscite une lettre de protestation collective des intellectuels et cette lettre est signée également par Sakharov. Ce dernier sera exilé à l’intérieur de l’URSS et vivra dans une résidence surveillée à Gorki [1] dès 1980.

Les otkazniki

Un autre type de dissidents émerge, ceux qu’on appelle les otkazniki. Il s’agit des citoyens soviétiques juifs à qui a été refusé le droit à l’émigration et qui se font entendre parmi les dissidents.

L’internement psychiatrique

Dès 1972, tout se durcit et le pouvoir commence à utiliser une arme terrible : l’internement psychiatrique. Dès lors, les fous sont internés premièrement pour les protéger d’eux-mêmes, mais également la société. Evidemment, ceux qui critiquent le pouvoir soviétique ne peuvent être que des fous et, par conséquent, des personnes dangereuses. Si on affirme que l’Etat les interne pour les soigner, on cache tous les abus qu’il y a dans les hôpitaux à l’encontre des prisonniers politiques - les dissidents - et qui accompagnent cette pratique.

Vladimir Boukovski, le dissident interné

Vladimir Boukovski, par exemple, fut interné dans un hôpital psychiatrique. Il est arrêté plusieurs fois de juin 1963 à février 1964, après avoir organisé des rencontres poétiques près de la statue de Maïakovski au centre de Moscou. Boukovski est interné suite à cela. Arrêté en 1967, il parvient en 1971 à faire passer en Occident un manuscrit à propos de l’utilisation psychiatrique abusive et à des fins politiques. Après être à nouveau arrêté en 1972, il purge une peine de douze ans de prisons. Il écrit avec son compagnon de cellule, un psychiatre ukrainien, un manuel de psychiatrie dédié aux dissidents. Ce manuel entend les aider à lutter contre les mauvais traitements subis.
Si en URSS il est considéré comme dangereux, Boukovski est connu en Occident. En effet, son manuscrit y suscite le scandale en dénonçant cette pratique répressive. Il est alors soutenu par l’association des droits de l’homme en Occident. Mais de l’autre côté, il devient très embarrassant pour le pouvoir soviétique. Ainsi, il est échangé en 1976 contre un dirigeant communiste chilien : Luis Corvalán.

Les accords d’Helsinki : 1975

Le pouvoir soviétique pratique le bannissement des personnes qui gênent. Les hôpitaux psychiatriques sont l’arme essentielle utilisée à l’époque de Brejnev. Outre Boukovski, Jaurès Medvedev, biologiste, sera interné avant d’être déchu de la nationalité russe et expulsé en 1973 d’URSS, comme l’a été Sakharov.
L’action des dissidents est limitée en URSS et n’a finalement que peu de retentissements. Il s’agit en effet d’une minorité à l’intérieur de l’Union soviétique, mais leur action a néanmoins un impact très important à l’étranger, comme par exemple Boukovski qui sera même échangé. Si l’influence de la dissidence est limitée en URSS, ce n’est pas le cas à l’étranger. Une des raisons est les accords d’Helsinki, signés en 1975 aussi par l’URSS, qui servent de levier important pour les dissidents à l’étranger.


[1Actuellement Nijni Novgorod

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