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La détente entre USA et URSS

durant la Guerre froide

, par

La France et de Gaulle

En France, la normalisation des relations entre l’Est et l’Ouest se fait lors de la période de détente, commençant avec le rapprochement franco-soviétique. Charles de Gaulle est président entre 1958 et 1965 et sa politique est fondée sur la volonté de retrouver une place internationale forte, et ainsi gagner en indépendance sur le temps et surtout sur les Etats-Unis.
Le fait que la France fût retirée du commandement de l’OTAN en 1956 et que les bases de l’OTAN soient fermées là-bas plaît à l’URSS, mais aussi que la France soit opposée à ce que la RFA devienne une puissance nucléaire. De plus, la France n’est pas pressée de voir l’Allemagne réunie car cela pourrait déséquilibrer les rapports franco-allemands. La France et l’URSS ont en effet des objectifs communs.

La France et l’URSS : tension ou opportunité ?

De Gaulle se rend à Moscou en 1966, à savoir la même année que la France exige ouvertement le retrait américain du Vietnam, entraînant inévitablement des tensions avec les Etats-Unis… mais par conséquent un rapprochement avec l’URSS. Pourtant, la France ne reconnaît toujours pas officiellement la RDA, car elle refuse de se fâcher avec l’Allemagne de l’Ouest. Certains politiciens en URSS doutent du bénéfice que leur apporterait la politique française. En effet, l’affaiblissement du bloc occidental est susceptible de rendre inutile l’autre bloc concernant le pacte de Varsovie.
En 1956, le dirigeant de la Roumanie déclare l’existence du bloc militaire inutile. L’année suivante, la Roumanie se rapproche de la RFA.

Le cas de l’Allemagne… divisée

Des changements politiques ont lieu en Allemagne de l’Ouest, au centre de la politique du chancelier Willy Brandt qui accède au pouvoir nommé en 1969. Les frontières allemandes sont la condition de normalisation avec l’Europe communiste, donc les territoires en Pologne, mais aussi ceux de l’URSS qui avait annexé le nord de l’ancienne Prusse orientale suite à la Seconde Guerre mondiale.
Tout d’abord, Willy Brandt fait adhérer la RFA au traité de non-prolifération de l’arme nucléaire par les Etats-Unis et l’URSS. Puis la RFA abandonne sa revendication de réunification allemande comme condition préalable à l’ouverture vers l’Est. De plus, l’Allemagne reconnaît également ses fautes à l’égard des Juifs, des Polonais et des Tchécoslovaques. La peur de la menace allemande diminue ainsi en Europe centrale.

Les traités de l’URSS

De nombreux traités bilatéraux sont signés avec l’URSS et les démocraties populaires. L’un d’eux, en 1970, entre l’URSS et la Pologne, marque la reconnaissance des frontières polonaises. Un autre, en 1972, est signé avec la RDA et un an plus tard avec la Tchécoslovaquie, qui déclare nuls les accords de Munich de 1938. Il n’y a donc plus de revendication de l’Allemagne sur les territoires des sudètes.
La normalisation passe par la reconnaissance des frontières en 1945. C’est un succès pour l’URSS, car on élabore en Europe de l’Est la reconnaissance de l’ordre territorial et politique. Ainsi, la RFA devient le premier partenaire commercial européen de l’URSS. Notons que ces événements surviennent immédiatement après le printemps de Prague.

L’Ostpolitik de Willy Brandt

Le moment le plus important de la politique de l’Est de Brandt reste en 1970, lorsqu’il vient s’agenouiller à Varsovie devant le monument dédié aux victimes juives. Cela opère un rapprochement entre le bloc de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest dès 1969. Malgré l’intervention militaire, donc violente et rigide, l’URSS s’ouvre à l’Occident notamment par la France et l’Allemagne. La république fédérale allemande est l’acteur principal de cette Ostpolitik, suivie de l’URSS qui y voit des intérêts.

L’inaction des USA

Le retour à l’ordre effectué à Prague permet à la détente de se renforcer. Brejnev a montré que ce n’est pas parce qu’elle se rapproche de l’Occident que l’URSS relâche son emprise sur le bloc de l’Est. On remarque néanmoins que les Etats-Unis ne se sont pas mêlés de Prague, ne faisant que faiblement condamner l’intervention.
Dans ce contexte complexe entre la politique rigide de l’URSS et l’ouverture aux autre, les événements en Tchécoslovaquie n’ont un impact ni sur le rapprochement avec la RFA, ni sur la détente entre les Etats-Unis et l’URSS.

L’OSCE

Une conférence sur la sécurité et la coopération européenne (OSCE) est organisée de 1973 à 1975. Cette conférence est souhaitée depuis longtemps par l’URSS. En effet, les résultats sont positifs pour elle, car cela valide l’organisation géopolitique mise en place en Europe de l’Est. Si elle débute en 1973, elle se termine par la confirmation des accords d’Helsinki. Excepté l’Albanie, qui a refusé de se joindre, les états européens, les Etats-Unis et le Canada y ont participé.

Les commissions et leurs décisions

La première commission traite des questions de sécurité et de l’inviolabilité des frontières européennes. Il est décidé de s’abstenir d’une intervention directe et brutale, mais le principe de légitimité de changement politique et pacifique est admis. La deuxième commission traite de la question de la coopération économique, ainsi que des sujets environnementaux et scientifiques. La troisième commission, elle, est fondamentale : il s’agit de l’échange de cet entérinement géopolitique. Les Occidentaux parviennent à insérer des articles sur le respect des droits de l’Homme, ainsi que sur la libre circulation autant des idées que des individus.

Les accords d’Helsinki

Les accords d’Helsinki appuient désormais l’action des dissidents soviétique, qui contribuent à discréditer l’URSS. Des groupes de surveillance des accords sont créés. Helsinki rappelle à l’Union soviétique qu’elle a signé ces accords et qu’elle doit les suivre, ce qui va dans le sens des dissidents. L’URSS doit agir dans la légalité. En même temps, les collaborations, les échanges et les contacts de tous genres contaminent le bloc de l’Est.

La passivité de l’URSS au Vietnam

La normalisation des relations entre l’Est et l’Ouest signifie un rapprochement avec les Etats-Unis [1]. Sur fond de guerre du Vietnam jusqu’en 1955, lors de laquelle les Américains interviennent massivement, l’URSS soutient le Vietnam du nord. Néanmoins, il s’agit d’un soutien minimaliste : l’Union soviétique craint que son intervention porte préjudice à la détente. Ainsi, elle se contente de dénoncer les Etats-Unis, ainsi que de fournir des armes et une aide économique au Vietnam.
Seulement, Cuba lui reproche son inaction, car Fidel Castro aurait souhaité plus d’implication de la part de l’URSS.

La Chine se rapproche des USA

Jusqu’au début des années 1970 continue l’isolement diplomatique de la Chine ; c’était un grand bond à la fin des années 1950. La famine qui ravage le pays est totalement occultée par la Chine. La révolution culturelle en 1966 donne lieu à d’énormes purges et massacres en Chine. Cette dernière considère que seule l’Albanie est un état véritablement socialiste. Bien que la Chine soit isolée, en 1971, Pékin et Washington annoncent la visite de Nixon prévue en 1972. Ce rapprochement est perçu comme une menace pour l’URSS qui ne souhaite pas que ses deux adversaires principaux s’entendent. Dès 1969 ont lieu des combats frontaliers. La Chine menace l’Union soviétique, mais finalement, ce rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis rapproche également les Etats-Unis de l’URSS.

Voyage de Nixon en URSS : 1972

Nixon se rend en URSS en 1972, puis Brejnev arrive aux Etats-Unis l’année suivante. Pendant ce temps, les Etats-Unis signent un traité de paix avec le Vietnam. A la suite de ces voyages, les accords concernant la protection et la coopération sont signés.

L’accord SALT-1

L’accord SALT-1 est signé quand Nixon est à Moscou. Cet accord marque la reconnaissance de la nécessité d’un équilibre entre les forces militaires. Dans les années 1970, on remarque une augmentation importante du commerce soviéto-américain. Dans la même période, l’URSS bénéficie d’importants crédits et souhaite importer la technologie occidentale pour sa productivité économique. Cependant, l’amélioration des relations russo-américaines pose problème concernant la question des droits de l’Homme, et plus particulièrement question des droits des Juifs soviétiques à émigrer.

La libre circulation des personnes

L’OSCE, débutée en 1973, discute de la question de la libre circulation des personnes. En URSS, de nombreux Juifs soviétiques souhaitent émigrer. Ce nombre augmente fortement dans le courant des années 1970 et les demandes des migrations s’intensifient dès 1973. Brejnev montre sa bonne volonté dans cette période de détente en autorisant l’émigration de deux cents cinquante mille citoyens soviétiques juifs, mais également soixante-quatre mille citoyens soviétiques d’origine allemande.

L’émigration soviétique

Si ces deux nationalités, juive et allemande, ont ce privilège de pouvoir demander d’émigrer dans un pays hors de l’URSS, c’est parce qu’elles ont la possibilité de partir dans des états qui existent hors de l’Union soviétique, à savoir en Israël et dans la RFA. Mais l’URSS n’est pas prête à libéraliser les congrès américains soutenus par l’opinion publique en 1973 : le droit de quitter son pays est défendu comme un droit fondamental.

La réticence de l’URSS

Si les soviétiques limitent l’émigration à ces deux nationalités, c’est parce que ceux qui veulent partir ont réalisé des études supérieurs en URSS, et que cette dernière a investi dans leur éducation. Ceux qui partent ont en effet une valeur pour l’Union soviétique qui ne veut pas y renoncer. En outre, pour l’URSS, émigrer c’est trahir le pays. Si Brejnev fait un geste qui montre sa bonne volonté, cela ne signifie pas que l’URSS libéralise l’émigration.

Les échanges russo-américains

Le congrès américain maintient l’interdiction des produits de haute technologie. Ainsi, les échanges entre l’Union soviétique et les Etats-Unis se limitent au domaine de la vente des céréales américaines à l’URSS ; cela apparaît comme un assistanat de l’agriculture soviétique. Entre 1975 et 1979, l’URSS importe près de cent millions de tonnes de blé et également une très grande quantité de viande. Elle est la principale importatrice de nourriture de la planète.

Les soucis soviétiques

Mais au milieu des années 1970, malgré la crise économique et les problèmes agricoles, sans compter l’échec face au Etats-Unis en ce qui concerne la course aux étoiles et les astronautes ainsi que la dissidence soviétique soutenue par les accords européens, l’URSS est optimiste quant à l’atmosphère au sein du pouvoir, car la production de gaz et de pétrole est en hausse.

La guerre du Kippour

La guerre du Kippour oppose Israël à l’Égypte, provoquant une importante hausse du prix du pétrole. Mais le point négatif reste le fait que l’URSS est préservée par le marché mondial et exporte ses ressources naturelles, ce qui ne résout par les problèmes économiques…

L’accord SALT-2

Nixon démissionne en 1974 suite à une affaire de Watergate, à savoir un espionnage politique. En novembre, Brejnev rencontre alors le nouveau président américain : Gerald Ford. Ils préparent le traité SALT-2, faisant de cette période le sommet de la détente. L’année suivante, avec la défaite américaine au Vietnam a lieu une nouvelle conférence de l’OSCE.


Sources : RIAZANOVSKY, Nicholas, Histoire de la Russie des origines à 1996, Paris, Laffont, 1999.


[1La guerre froide est en réalité un triangle entre les USA, la Chine et l’URSS.

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