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Troisième République

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La Troisième République fut stricto sensu le régime politique de la France de 1875 à 1940. Cependant, on inclut généralement sous cette appellation les 5 années d’hésitation précédant ce régime (depuis la chute du Second Empire en 1870).

Commencée dans un contexte parlementaire majoritairement royaliste et bonapartiste, la Troisième République est parvenue à s’imposer et se maintenir plus longtemps (65 ans) que tous les autres régimes depuis la Révolution française, et ce malgré d’importantes crises politiques - scandale des Décorations, scandale de Panama, crise boulangiste, affaire Dreyfus, l’instauration de la laïcité par la loi de Séparation des Églises et de l’État, la création de l’école publique, la guerre scolaire qui s’ensuivit, etc. Elle constitue encore à ce jour la plus longue des républiques françaises ainsi que le plus long des régimes politiques dont la France a fait l’expérience depuis 1789.

Le Gouvernement de la Défense Nationale

Au cours de la guerre de 1870 aboutissant à la défaite et à la capture de l’empereur Napoléon III à Sedan, le 2 septembre, les socialistes d’Auguste Blanqui tentèrent d’organiser une insurrection, mais l’opposition parlementaire, surtout républicaine, menée par Léon Gambetta parvint à mettre en place un gouvernement provisoire, dit de la Défense Nationale. Ils proclamèrent la république le 4 septembre, au balcon de l’Hôtel de Ville de Paris. Un gouvernement de défense nationale est constitué avec à sa tête le général Trochu. Sont également membres de ce gouvernement, Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux, Jules Favre, Jules Ferry, Léon Gambetta, Garnier-Pagès, Glais-Bizoin, Eugène Pelletan, Ernest Picard, Henri Rochefort, Jules Simon, tous élus de Paris.

La guerre n’était cependant pas achevée à Sedan. Le 7 octobre Gambetta quitta Paris en ballon pour tenter de réorganiser la défense à partir de la province. En effet, avec Paris assiégé à partir du 19 septembre, c’est toute la France qui était bloquée du fait de son organisation en étoile. Le 30 octobre, la capitulation précipitée de Bazaine et de l’armée de Metz (150 000 hommes) porta un grave coup à la France. Elle intervenait au moment où le gouvernement, parti s’établir à Tours, était parvenu à organiser une Armée de la Loire. Les Prussiens, libérés de la pression de Bazaine, pouvaient alors concentrer leurs forces sur l’armée de la Loire, ce qui obligea le gouvernement à se replier sur Bordeaux. Le 18 janvier, l’Unité allemande étant réalisée, les souverains allemands réunis au château de Versailles proclamèrent le roi Guillaume de Prusse empereur. Le 28 janvier, Paris capitula après 132 jours de siège. Le gouvernement négocia une trêve pour organiser des élections. Jules Favre mena les négociations concernant l’armistice. Opposé à la trêve, Gambetta démissionna.
Les négociations de paix seront menées ultérieurement par Jules Favre et Adolphe Thiers avec Bismarck. Le 10 mai 1871 le Traité de Francfort est signé, Bismarck exigea et obtint :

* une indemnité de guerre importante (6 milliards de francs - réduits après négociation à 5 milliards)
* l’Alsace et une partie de la Lorraine (Belfort, qui avait été défendu avec acharnement, sous le commandement du colonel Pierre Denfert-Rochereau, reste française)
* un défilé des troupes allemandes sur les Champs-Élysées.

Cette partie ne concerne pas le gouvernement de la Défense nationale qui a été remplacé après les élections du 8 février par un Gouvernement Thiers.

Les élections du 8 février

Les élections qui eurent lieu le 8 février amenèrent une majorité monarchiste à l’assemblée. Le principal débat porta sur la reprise des hostilités ou la capitulation. Le court délai empêcha pratiquement toute campagne, sauf à Paris. Le scrutin par listes départementales favorisa les listes d’union. Les Français, lassés de la guerre ou inquiets de la voir se rapprocher de leur région, toujours méfiants vis-à-vis des troubles parisiens, préférèrent voter pour les tenants de la paix sans condition, c’est-à-dire les listes conservatrices dans lesquelles les notables figuraient en bonne place.

Toutefois l’Est occupé, la région lyonnaise menacée, le Midi, les Alpes et bien sûr Paris renouvelèrent leur attachement à la République.

Les monarchistes triomphants furent pourtant incapables de rétablir immédiatement la royauté. La République ne les inquiétait plus : persuadés qu’une république ne durait jamais bien longtemps, ils étaient ravis de la voir assumer la défaite et rétablir l’autorité à Paris. Ils chargèrent Adolphe Thiers de ces tâches ingrates.

La Commune (18 mars - 28 mai 1871)

L’enlèvement des canons de Montmartre, décidé par Thiers, fut le point de départ de l’insurrection communarde.
L’enlèvement des canons de Montmartre, décidé par Thiers, fut le point de départ de l’insurrection communarde.

Ayant supporté l’essentiel du poids de la guerre, la ville de Paris admit mal les choix de Thiers qui déplaça l’Assemblée à Versailles, démobilisa les mobiles et gardes nationaux, privant de nombreux ouvriers de revenus, exigea le paiement des échéances dont le non paiement menaçait de ruine 50 000 petits commerçants, et abolit le moratoire sur les loyers.

La révolte éclata lorsque Thiers tenta de confisquer les canons de la Garde nationale (canons financés par les Parisiens) le 18 mars 1871. Le gouvernement rassembla une armée que les communards appellent versaillaise, composée en partie de prisonniers de guerre libérés par les Allemands. Le 21 mai les Versaillais parviennent à entrer dans la ville. Commença la Semaine sanglante, des combats de rue sans pitié, barricade par barricade, qui s’achevèrent par la défaite des insurgés au cimetière du Père-Lachaise.

Pour les historiens marxistes, les événements qui ont conduit à la Commune furent des provocations conscientes de Thiers qui souhaitait crever l’abcès parisien pour instaurer sur des bases solides un nouveau régime. De fait les milieux révolutionnaires parisiens sont brisés pour plus de dix ans par la répression.

Premiers temps de la IIIe République

Mise en place de la République

L’affaire du drapeau blanc

Dans l’attente d’une constitution, une Assemblée nationale fut élue le 8 février 1871, succédant au gouvernement de la Défense nationale. Elle comprenait 30 bonapartistes, 200 républicains et 400 monarchistes - eux-mêmes partagés entre 180 légitimistes et 220 orléanistes. Thiers fut élu « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Chaque mention du terme « République » provoquait cependant le cri de « Provisoire ! ». Et les postes officiels étaient encore tenus par les bonapartistes.

Les monarchistes conservèrent Adolphe Thiers au pouvoir le temps de solder les conséquences de la guerre tout en préparant le retour de leurs prétendants. Ils votèrent l’abrogation des lois d’exil.

Le 8 mai, un message d’Henri d’Artois - prétendant des légitimistes - laissait supposer qu’il renonçait au drapeau blanc (de la royauté) au profit du drapeau tricolore. Cependant le 3 juillet, d’Artois refusait la visite de Philippe d’Orléans - prétendant orléaniste - ruinant les projets de fusions des deux partis. Dès le 7 juillet, d’Artois publiait un manifeste exprimant son attachement au drapeau blanc.

Texte du manifeste :

« La France m’appellera et je viendrai à elle tout entier avec mon dévouement, mon principe et mon drapeau. À l’occasion de ce drapeau, on a parlé de conditions que je ne dois pas subir. Je suis prêt à tout pour aider mon pays à se relever de ses ruines et à reprendre son rang dans le monde ; le seul sacrifice que je ne puisse lui faire, c’est celui de mon honneur.
Non, je ne laisserai pas arracher de mes mains l’étendard d’Henri IV, de François Ier et de Jeanne d’Arc. C’est avec lui que s’est faite l’unité nationale ; c’est avec lui que vos pères, conduits par les miens, ont conquis cette Alsace et cette Lorraine dont la fidélité sera la consolation de nos malheurs. Il a vaincu la barbarie de cette terre d’Afrique, témoin des premiers faits d’armes des princes de ma famille ; c’est lui qui vaincra la barbarie nouvelle dont le monde est menacé. Je le confierai sans crainte à la vaillance de notre armée ; il n’a jamais suivi, elle le sait, que le chemin de l’honneur.
Je l’ai reçu comme un dépôt sacré du vieux roi, mon aïeul, mourant en exil ; il a toujours été pour moi l’inséparable souvenir de la patrie absente ; il a flotté sur mon berceau, je veux qu’il ombrage ma tombe. Dans les plis glorieux de cet étendard sans tache, je vous apporterai l’ordre et la liberté. Français, Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d’Henri IV. »

Cette intransigeance qui brise toute possibilité d’une restauration royaliste, désespère les orléanistes et une partie des légitimistes.

Vers la République

L’euphorie des monarchistes retombe vite : le 2 juillet 1871, lors des élections complémentaires les républicains emportèrent 99 des 114 sièges mis au vote.

Thiers, en fin politique, comprend que, s’il veut s’assurer un soutien le plus large, il doit dissimuler ses intentions. Le 31 août 1871, sur proposition de Rivet, le titre de Thiers fut précisé : président de la République, c’est-à-dire qu’il cumule les fonctions de chef de l’État et de chef de l’exécutif, même si l’Assemblée se garde les fonctions constitutives et rend le président responsable devant l’Assemblée.

L’Assemblée à cette date commençait à se constituer en groupes, de gauche à droite :

À l’extrême gauche : Émile Littré
À gauche : les "républicains opportunistes" Union républicaine de Gambetta et les « quatre Jules » : Jules Favre, Jules Ferry, Jules Grévy et Jules Simon.
au Centre :

des républicains-conservateurs et conservateurs républicains, amis de Thiers (Auguste Casimir-Perier, Rémusat, Dufaure, Rivet, etc.)
la réunionChangarnier
le centre-droit : les Orléanistes qui n’acceptent pas le drapeau blanc duc de Broglie, député en même temps qu’ambassadeur à Londres, le duc Decazes (Louis, fils d’Elie).

à droite : les « chevau-légers » - ils se réunissaient au Passage des chevau-légers à Paris - ce sont des légitimistes favorables au drapeau blanc dont le duc d’Audiffret-Pasquier.
le parti ultramontain (catholicisme libéral) de monseigneur Dupanloup, archévêque d’Orléans.

Les progrès des partis de gauches inquiétèrent les conservateurs qui déléguèrent des représentants à Thiers pour lui exposer leur émotion devant la montée du radicalisme. Ce qui permit à Thiers de leur répondre : « Puisque vous êtes la majorité, que n’établissez-vous la monarchie ? » ; et de se fâcher avec la droite.

Cependant le 25 janvier 1872, le comte de Chambord publia un nouveau manifeste pour le drapeau blanc.

Le retour de Gambetta dans la vie politique favorise la progression des radicaux et oblige Thiers à ménager le centre, il prend clairement position pour une République conservatrice contre un retour au régime monarchique. Après la mort de Napoléon III le 7 janvier 1873, les bonapartistes, pour préserver les chances du prince impérial, s’allient aux royalistes. Thiers démissionne le 23 mai 1873 toujours persuadé que après lui le chaos, mais la droite avait déjà prévu un remplaçant en la personne de Mac-Mahon qui est élu par 390 voix le 24 mai.

Présidence Mac Mahon

Déclarée d’utilité publique, la construction du Sacré-Cœur de Montmartre était considérée par les partisans de l’Ordre moral comme un moyen d’expier les évènements de la Commune et de s’opposer symboliquement aux progrès des Républicains anticléricaux.
Déclarée d’utilité publique, la construction du Sacré-Cœur de Montmartre était considérée par les partisans de l’Ordre moral comme un moyen d’expier les évènements de la Commune et de s’opposer symboliquement aux progrès des Républicains anticléricaux.

Sous la présidence de Mac-Mahon, de tendance légitimiste, la tendance fut à l’ordre moral, fondé sur le respect des valeurs religieuses avec par exemple la publication du Pèlerin, apparition du pèlerinage de Lourdes, l’effacement de l’histoire de la Commune par l’édification de la basilique du Sacré-Cœur sur la butte Montmartre.

Mac-Mahon, dont l’ambition politique semble se limiter au retour du roi n’assume que la fonction de chef de l’État et laisse la tâche de gouverner à Albert de Broglie, duc de Broglie (prononcer « Breuil »), descendant d’une des plus puissantes familles aristocratiques de France et vice-président du Conseil.

Le retour du roi semble imminent après une rencontre entre Henri d’Artois et Philippe d’Orléans mais d’Artois refuse toujours de renoncer au drapeau blanc et l’affaire de nouveau échoue. D’Artois étant déjà âgé, les orléanistes attendent avec impatience sa disparition. Pourtant, on prépara des institutions qui seraient susceptibles de fonctionner et d’être modifiées en monarchie. Le duc de Broglie fit voter le 20 novembre la loi portant le mandat du président à sept ans pour prolonger la présidence de Mac Mahon mais sa majorité s’effrite et le 16 mai 1874 il est remplacé par Ernest Courtot de Cissey allié aux bonapartistes, victorieux lors des élections partielles.

La Troisième République fut définitivement instaurée le 30 janvier 1875 par l’adoption, à une voix de majorité, en première lecture 353 contre 352, puis à une plus large majorité en deuxième lecture 413 contre 248, de Amendement Wallon qui disposait :

« Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des Députés réunie en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »

Sont ensuite votées les trois lois constitutionnelles qui fixent le régime.

Ayant rempli son rôle, l’Assemblée se sépara le 31 décembre 1875.

La consolidation

Les tentatives de Mac-Mahon pour renforcer le pouvoir du président échouèrent, et lors de la Crise du 16 mai 1877, la « République des Opportunistes » prit définitivement le pas sur l’Ordre Moral monarchiste. Après sa démission en 1879, son successeur Jules Grévy et les différents présidents du conseil instaurèrent dans les faits une république laïque, démocratique et parlementaire.

Par ailleurs, afin de former des citoyens attachés à la République et à la Patrie, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique de 1879 à 1883, s’attachera à faire de l’école une institution républicaine, à travers une série de réformes dont les principales sont les suivantes :

* Décrets du 29 mars 1880 excluant les congrégations religieuses (principalement les Jésuites) de l’enseignement.
* Loi du 16 juin 1881 instaurant la gratuité de l’enseignement primaire.
* Loi du 28 mars 1882 rendant obligatoire « l’instruction primaire ... pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ».

La crise boulangiste (1886-1889)

Le général Boulanger est ministre de la guerre en 1886.Très populaire dans la frange de la population déçue par la Republique des Opportuniste et très prisé parmi les Revanchards (il est surnommé le "Général Revanche"),il est considéré par beaucoup de républicains comme un danger pour la République et la paix. Relevé de ses fonctions ministerielles en 1887 puis mis à la retraite en 1888, il devient le point de ralliement de tous les mécontents :

 Les radicaux et socialistes, adversaires de la République des Opportunistes,

 Les Nationalistes de Paul Déroulède et de la Ligue des patriotes),

 Les représentants de la droite monarchiste et bonarpartiste.

Boulanger devient le point de rencontre des espérances les plus contradictioires et donne l’espoir à tous.Il est élu plusieurs fois député en province en 1888 puis à Paris en 1889 mais il refuse de s’emparer du pouvoir par la force comme le lui demandent certains de ses partisans.Menacé de passer en Haute Cour de justice pour "atteinte à la sûreté de l’Etat", il s’enfuit à l’étranger en avril 1889 (Belgique). L’exposition universelle de 1889 contribue à le faire oublier et les candidats "boulangistes" sont battus en septembre aux élections de la même année.

Le scandale des décorations

En octobre 1887, la presse mit à jour un trafic de décorations par le propre gendre du président de la république Jules Grévy. Ce scandale, relayé à droite par les boulangistes et à gauche par les ambitieux Jules Ferry et Georges Clemenceau, jeta définitivement l’opprobre sur la gouvernance d’alors. Ce fut cependant Sadi Carnot qui hérita de la présidence.

Les attentats anarchistes

La crise anarchiste, comme la crise boulangiste et l’affaire Dreyfus, est liée à ce climat d’instabilité économique (due au krach de Vienne), sociale et puis politique. Cette conjoncture défavorable contribue, tout comme le scandale de Panama, à la montée de l’antiparlementarisme. Cette « crise anarchiste » est caractérisée par de nombreux attentats, elle a été provoquée par Ravachol.

11 juillet 1892 : Ravachol est un activiste anarchiste. Il a été guillotiné à Montbrison pour avoir fait exploser les domiciles de deux juristes parisiens, ainsi qu’une caserne (mars 1892). Ces attentats lui coûteront tout d’abord la perpétuité, mais après avoir été jugé pour des crimes commis dans sa région natale (la Loire), il sera condamné à mort.

Le 21 juin, la sentence est prononcée et il crie : « vive l’anarchie ».

9 décembre 1893 : Auguste Vaillant, lance une bombe chargée de clous sur les députés, aucun mort, seulement un blessé ; lors de son procès il justifiera cet acte par la volonté de venger Ravachol. Il est exécuté le 4 février 1894.

Le 27 avril 1894 : Procès d’Emile Henry pour l’attentat du12 février 1894 au café Terminus, et l’explosion du 8 novembre 1892 d’un commissariat.
Emile Henry revendiqua hautement et fièrement ses actions, lisant une déclaration dans laquelle il analyse la société corrompue et plaide la révolte.

24 juin 1894 : Sadi Carnot, le président de la république, est assassiné par un anarchiste italien : Sante Geronimo Caserio, le 24 juin 1894 à Lyon.

Lois scélérates :

Cette vague d’attentats va donner naissance à de nouvelles lois, appelées « lois scélérates » par les anarchistes. La première (votée le 12 décembre 1893) condamne l’apologie de quelconque crime comme un délit ; de façon à alourdir les peines imputées aux anarchistes qui revendiquent clairement et fièrement leurs attentats, à condamner la presse anarchiste et à pouvoir faire des saisies « préventives » plus aisément.

La deuxième (du 18 décembre 1893) permet aux autorités judiciaires de condamner toute personne ayant participé (de près ou de loin), même s’il n’y a pas eu de mise en exécution.

La dernière : Condamnation de toute personne, tout journal, ayant usé de la propagande anarchiste (par extension libertaire)

"1. Soit par provocation, soit par apologie [...] incité une ou plusieurs personnes à commettre soit un vol, soit les crimes de meurtre, de pillage, d’incendie [...] ; 2. Ou adressé une provocation à des militaires des armées de terre et de mer, dans le but de les détourner de leurs devoirs militaires et de l’obéissance qu’ils doivent à leurs chefs [...] serait déféré aux tribunaux de police correctionnelle et puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans."

Dorénavant, tout libertaire coupable du délit de parole, ou d’apologie des actes de propagande pouvait être condamné au bagne. Ainsi certaines personnes ont été condamnées pour s’être réjouies de la mort de Sadi Carnot.

Le scandale de Panama

La construction du canal de Panama débuta en 1881 mais s’avéra plus coûteuse que prévu, jusqu’à devenir un gouffre financier. Finalement, et malgré l’ouverture d’une souscription publique, l’entrepreneur dut déposer le bilan en 1889, entraînant ainsi la ruine de plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs.

En 1892, Édouard Drumont, un journaliste ouvertement antisémite dénonce l’affaire et met en cause plusieurs financiers juifs qui ont soutenu le projet ainsi que de nombreux hommes politiques liés au milieu financier. Ce regain d’antisémitisme en France sera l’un des déclencheurs de l’affaire Dreyfus, trois ans plus tard.

L’affaire Dreyfus (1894-1906)

En 1894,le capitaine Dreyfus, accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne, est condamné à la déportation à vie sur l’île du Diable en Guyane. Plusieurs personnalités tentent, en vain, de démontrer l’innocence de Dreyfus. En janvier 1898, dans le journal L’Aurore de Georges Clemenceau, Emile Zola publie l’article "J’accuse" dans lequel il accuse l’armée d’avoir condamné un innocent et de ne pas vouloir le reconnaître. La France se divise alors en deux. Pour les Révisionnistes ou Dreyfusards, il faut, au nom de la justice, faire éclater la vérité quelles qu’en soient les conséquences pour l’armée. Beaucoup se rassemblent dans la Ligue des droits de l’homme, créée à cette occasion. Pour les Antidreyfusards, la raison d’Etat, le prestige de l’armée, l’interêt national exigent de ne pas revenir sur la chose jugée ; il ne faut pas porter atteinte au prestige de l’armée, instrument de la revanche. Certains se retrouvent dans la Ligue de la patrie française ou la Ligue des patriotes. En 1899, quelques uns tentent même d’organiser un coup d’Etat pour mettre en place un régime autoritaire. A la suite d’un procès en révision en 1899, Dreyfus est condamné à 10 ans de détention avant d’être gracié par le Président de la République puis réintégré dans l’armée en 1906. Voir aussi l’article détaillé : Affaire Dreyfus

L’anticléricalisme et la Séparation des pouvoirs

La loi des associations

Le 1er juillet 1901, Pierre Waldeck-Rousseau alors Président du Conseil fit voter une loi encadrant le statut des associations à but non lucratif.

Le gouvernement Combes

Les élections de 1902 furent un triomphe pour le parti radical, et portèrent au pouvoir Émile Combes. Celui-ci s’allia avec les socialistes de Jaurès au travers du Bloc des gauches. Le gouvernement de Combes mena un farouche combat anticlérical, interprétant entre autre la loi de 1901 sur les associations dans le but de dissoudre toutes les congrégations non autorisées, et en refusant aux congrégations religieuses toute autorisation. Puis, en 1904, il interdit aux congrégations même autorisées d’enseigner, y compris dans les écoles publiques. Ainsi, près de 2 000 écoles furent fermées. Combes formula en 1905 un projet de loi proposant la Séparation de l’Église et de l’État, mais tomba avant d’avoir pu la faire adopter, faute d’une majorité parlementaire suffisante. (Loi du 9 décembre 1905)-

La Première Guerre mondiale

Dans un contexte d’extrême tension politique en Europe, amplifiée en France par un sentiment revanchard exacerbé à l’encontre de l’ennemi allemand, la guerre éclata dans l’été 1914. La France était alors alliée notamment au Royaume-Uni et à la Russie. Sur le front ouest, les forces de la Triple Entente sont d’abord bousculées par la stratégie des Allemands, basée sur la rapidité et l’ampleur du mouvement. Mais grâce à un redressement de Joffre sur la Marne, elles tiennent bon et enrayent la progression adverse. De guerre de mouvement, le conflit se transforme alors en guerre de position, sur une ligne traversant le nord et l’est de l’Hexagone. La France s’enlise avec l’Europe dans une guerre totale où les industries, les économies et les mentalités sont orientées vers l’objectif de la victoire, ou tout du moins de la résistance.
Libérés par l’arrêt des combats sur le front oriental après la signature du traité de Brest-Litovsk, les Allemands lancèrent en vain cinq offensives majeures (de mars à juillet 1918) sur le front français pour forcer la victoire avant l’engagement massif des États-Unis nouvellement entrés en guerre. Mais les Alliés reprirent l’initiative le 18 juillet et firent reculer le front de près de 150 kilomètres, poussant les Allemands, épuisés, à accepter la signature de l’armistice le 11 novembre 1918.

La France sortit cependant elle aussi épuisée par ce conflit de 4 ans, qui se prolongea pour elle jusqu’en 1919 dans la guerre en Russie contre les bolcheviques. Les régions du nord et de l’est, les plus industrielles, ont été ravagées et leur appareil industriel détruit. Plus d’un million et demi d’hommes sont morts au front (10,5 % de la population active masculine), et trois millions et demi ont été blessés et mutilés.
Mais, contredisant les propos de Guillaume II, la république a tenu le choc de la guerre, contrairement aux empires.

L’entre-deux-guerres

À la fin de la guerre la France est exsangue mais les chiffres exacts sont impossibles à avoir tant la guerre et la grippe espagnole ont fait des ravages dont la mesure n’est pas évidente à chiffrer (certains pensent que la grippe espagnole a tué 20 millions de personnes sur Terre, d’autres 50 millions) : 2 900 000 habitants de moins, 2 800 000 hommes blessés, 630 000 veuves et 750 000 orphelins. 20 000 usines et de nombreuses mines ont été détruites, la moitié du réseau routier est inutilisable. Un emprunt de guerre de 32 milliards de francs-or doit être remboursé.

Le Bloc national

Les élections de 1919, permirent à une coalition de centre droit de remporter près des trois quarts des sièges au parlement. Cette « chambre bleu horizon », comptait beaucoup d’anciens combattants. La majorité de droite exerça le pouvoir jusqu’en 1924. Elle a mené une politique nationaliste, anti-bolchevique, pro-cléricale et anti-syndicale. Escomptant les réparations de guerre de l’Allemagne, elle augmenta les dépenses publiques de façon importante. L’Allemagne refusant d’acquitter sa dette, Poincaré fut contraint d’augmenter l’impôt de 20% et occupa le bassin minier de la Ruhr en 1923. Cette occupation fut un échec, les mineurs allemands organisant une grève générale. Quatre gouvernements se succédèrent durant cette législature : Alexandre Millerand, Georges Leygues, Aristide Briand et Raymond Poincaré.

Le cartel des Gauches

En 1924, une coalition regroupant les Parti républicain radical et radical socialisteradicaux socialistes]], le parti socialiste SFIO et, suivant les départements, des républicains de gauche, remporte les élections législatives. Le président de la République, Alexandre Millerand, refuse de reconnaître cette victoire et appelle un modéré, François-Marsal, pour former le gouvernement. Celui-ci n’obtient évidemment pas la majorité à la Chambre des députés. Edouard Herriot devient président du conseil et Millerand devra démissionner. Herriot ne parviendra pourtant pas à résoudre la crise financière. Son second gouvernement, très éphémère, n’aura pas plus de succès. En 1926, le président Doumergue fera alors appel à Raymond Poincaré, qui forme un gouvernement d’union nationale et parviendra à rétablir l’équilibre du budget.

En 1928, l’affaire Marthe Hanau éclabousse les milieux politiques et médiatiques.

L’affaire Stavisky

En décembre 1933, le directeur du Crédit Municipal de Bayonne, Gustave Tissier, fut arrêté pour escroquerie et mise en circulation de faux bons de caisse, pour 235 millions de francs. On découvrit rapidement que Tissier n’était que l’exécutant du fondateur du Crédit Municipal, Serge Alexandre Stavisky, qui avait organisé cette escroquerie avec la complicité du député-maire de Bayonne, Dominique-Joseph Garat.

L’affaire fit éclater un scandale politique puisqu’il se révéla que Stavisky était déjà poursuivi par la justice, poursuites étouffées sur intervention de ministres ou de parlementaires corrompus (Chute du gouvernement de Camille Chautemps). Le scandale fut exploité par l’extrême droite et aboutit à une émeute le 6 février 1934 qui provoqua la chute du gouvernement d’Édouard Daladier.

6 et 9 février 1934

À partir de 1931 la crise économique mondiale commence à atteindre la France. Parallèlement l’instabilité gouvernementale et de nombreux scandales politico-financiers entraînent le développement de l’antiparlementarisme et la monté en puissance de l’extrême-droite. Au point que 6 février 1934, des manifestants d’extrême droite, notamment des membres de l’Action française, tentèrent d’accéder à l’Assemblée nationale dont le but était de renverser la République et de réinstaurer la monarchie. On compta douze morts et des centaines de blessés. Un nouveau gouvernement fut formé par Gaston Doumergue. Il était composé de personnalités proches des ligues d’extrême droite : Pétain, Pierre Laval... Le 9 février, des manifestations du PCF, interdites par le nouveau gouvernement, firent également plusieurs morts. Le 12 février eut lieu la première manifestation unitaire de toutes les forces de gauche.

Le Front populaire

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Le Front populaire fut une coalition des partis de la gauche (le PCF, la SFIO, le Parti radical et l’USR) qui gouverna la France de 1936 à 1938 et qui débuta par la présidence de Léon Blum. Malgré sa brièveté, cette période bouleversa les rapports sociaux du pays. Les accords de Matignon ont apporté notamment la semaine de 40 heures, les congés payés et les conventions collectives. Les différences de vues sur la guerre d’Espagne ont affaibli la coalition dès juin 1937.

Fin de la Troisième République

Guerres coloniales et politique extérieure

La France avait perdu l’essentiel de ses colonies lors de la guerre de Sept Ans (notamment l’Inde et le Québec). En 1802, Napoléon Ier avait vendu la Louisiane, la France n’avait dès lors plus de colonie. La conquête d’Alger en 1830 représentait un premier pas vers un renouveau de l’empire colonial français, mais la conquête coloniale fut surtout le fait de la Troisième République. Cette volonté mettant la France en concurrence avec le Royaume-Uni aida au rapprochement avec la Russie. Mais pendant cette période, l’ennemi fut toujours l’Allemagne, d’autant que cet empire devint également un concurrent dans l’expansion coloniale lorsqu’il commença à réclamer sa « place au soleil » après l’arrivée au pouvoir de Guillaume II et l’éviction de Bismarck.

Ferry-Tonkin

À partir de 1878, un large mouvement d’expansion impérialiste se développa, initié par le Britannique Benjamin Disraeli. En France, cette politique fut défendue par Jules Ferry, qui profita de la bienveillance intéressée de Bismarck. Le chancelier allemand voyait dans cette ambition coloniale un palliatif pour l’honneur national français et une source de dépenses difficilement valorisables, propres à affaiblir la France face à une Allemagne forte. Ainsi la Tunisie endettée devint-elle un protectorat français par le traité du Bardo en 1881. L’expansion s’effectua aussi en Afrique noire à partir du Sénégal et du Congo. En revanche, l’Égypte passa aux Britanniques malgré l’influence française due au percement du canal de Suez.
Soutenu par les militaires et les missionnaires mais contesté par les radicaux de Georges Clemenceau, Jules Ferry eut moins de facilités à obtenir les crédits nécessaires pour la colonisation de l’Indochine. Une défaite mineure au Tonkin le fit démissionner en 1885.

L’alliance russe

Promoteur de la Triple alliance et jouant habilement sur la rivalité franco-britannique, le chancelier Bismarck avait façonné l’Europe à son idée. Il entra cependant en désaccord avec Guillaume II qui obtint sa démission en 1890. La Russie isolée envisagea alors l’alliance avec la France. Passant outre les offres allemandes, elle ratifia un accord militaire secret le 4 janvier 1894. La Russie s’assurait ainsi contre l’Autriche-Hongrie et la France contre l’Allemagne et l’Italie. Cette nouvelle donne installait déjà les bases de la Première Guerre mondiale.

L’expédition de Madagascar

Faisant suite à l’accord franco-britannique du 5 août 1890, les Français envoyèrent en décembre 1894 21 000 hommes (dont 7 000 convoyeurs indigènes) dans une campagne de conquête de l’île de Madagascar. Les troupes expéditionnaires, dirigées par le général Duchesne, débarquèrent à Majunga en mars 1895. Le royaume Hova de Madagascar était potentiellement défendu par une armée de 35 000 hommes, mais ils n’opposèrent qu’une résistance sporadique, occasionnant à peine 20 morts du côté français. Cependant, d’importantes difficultés logistiques ralentirent l’expédition qui n’atteignit Tananarive, la capitale, que le 1er octobre. Mal acclimatés, 5 736 hommes des troupes expéditionnaires furent décimés par le paludisme et la fièvre typhoïde.

La reculade de Fachoda

Les visées coloniales de la France et du Royaume-Uni sur le continent africain devaient inévitablement déboucher sur un conflit. La situation se présenta le 18 septembre 1898 dans la ville soudanaise de Fachoda. L’expédition française du capitaine Marchand, installée depuis trois mois, vit arriver l’armée de Lord Kitchener.
Paris reçut aussitôt un ultimatum de Londres lui intimant de faire se retirer la colonne Marchand. L’opinion publique française, au nationalisme exacerbé par l’affaire Dreyfus, appela à en découdre avec l’ennemi héréditaire, mais le rapport de force était trop inégal et la France, revancharde envers l’Allemagne, ne pouvait se permettre de défier le Royaume-Uni. Le 10 novembre, l’ordre fut donné à Marchand de se retirer et d’abandonner la vallée du Nil aux Britanniques.

Les historiens considèrent généralement que cette affaire permit le rapprochement politique de la France et le Royaume-Uni, qui aboutit à l’Entente Cordiale le 8 avril 1904.

L’incident d’Agadir

Le 1er juillet 1911, l’empire allemand dépêcha une canonnière à Agadir pour signifier aux Français son désaccord concernant le traité d’Algésiras de 1906. L’Allemagne contestait les avantages de la France sur le Maroc et souhaitait une compensation.
Joseph Caillaux négocia une entente franco-allemande, conservant les avantages au Maroc mais concédant une partie du Congo au Cameroun allemand.
Cet accord mécontenta les opinions et Caillaux fut limogé et remplacé par Raymond Poincaré. Celui-ci se montra plus ferme vis-à-vis de l’Allemagne et resserra les liens avec la Russie et le Royaume-Uni.


sources wikipedia

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