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Pearl Harbor

, par

Pendant les années qui précédèrent Pearl Harbor, la puissance politique et militaire impériale du Japon s’était attaquée u continent chinois pour tenter d’annexer les territoires situés t long des côtes et les riches étendues de la Mandchourie intérieure.
Tout en étudiant l’extension de leurs conquêtes en Asie, les dirigeants japonais avait conscience qu’une guerre avec les États-Unis était « jouable » à condition qu’elle soit courte ; si sa durée dépassait un an, l’énorme potentiel industriel américain finirait par avoir le dessus.

L’idée du Japon était simple : concentrer toute sa puissance militaire et navale pour conquérir les États riches en pétrole et en matières premières de l’Asie du Sud-Est (Thailande, Malaisie, Philippines et colonies hollandaises des Indes Orientales). Ce projet fut connu sous le nom de « Blitzkrieg (guerre éclair) à l’Oriental ». Son objectif était l’établissement rapide d’un Empire japonais en Asie du Sud-Est et des défenses de nature à décourager toute tentative de riposte américaine.

Pourtant, ce projet devait subir une modification, grave de conséquences, avant même d’avoir été mis en place. Persuadé que le « Blitzkrieg à l’Oriental » ferait inévitablement entrer les États-Unis dans la guerre, l’amiral Yamamoto, commandant en chef de la Flotte impériale, en déduisit que le conflit devrait être déclenché à l’initiative du Japon et à son avantage.

Pour ce faire, insistait-il, il fallait frapper un grand coup en s’attaquant à la puissance militaire américaine dans le Pacifique dont la base était Pearl Harbor.
Dans la matinée du 26 novembre 1941, quelques semaines seulement après que l’idée de Yamamoto ait fini par l’emporter sur les réticences de l’« Establishment » de l’Armée et de la Marine impériales, six porte-avions d’escadre, deux cuirassés,trois croiseurs et une multitude d’autres bâtiments de combat de soutien levaient l’ancre. C’était la force d’attaque rapide l’amiral Nagumo, centrée sur ses porte-avions. Elle quitta le secret le plus total son port d’attache de l’archipel Kouriles, au nord du Japon, et mit le cap sur un point si 3 000 milles à l’est dans le Pacifique. De là une attaque aérienne massive devait asséner « un coup mortel à la puissance na d’une nation qui osait s’opposer à la glorieuse destiné Japon ».
Entre temps, du côté américain, personne n’avait la moindre idée des intentions de l’amiral Nagumo ; pourtant le diplomatique japonais était déchiffré, les réseaux de télécommunications de la Marine impériale étaient surveillés et la serti était acquise de l’imminence de l’entrée en guerre du Japon
Aucune mesure particulière d’alerte n’avait été prévue pour protection des bateaux de guerre qui se balançaient mollement leurs mouillages autour de Ford Island, à Pearl Harbor (Hawaï), en ce matin ensoleillé du 7 décembre 1941.
Le « coup mortel » était proche et l’Amérique allait entraînée dans une guerre mondiale qui ne devait se te que quatre ans plus tard à Hiroshima et Nagasaki.

Pearl Harbor va être attaqué
7 décembre 1941
Dès 6 h15 la première vague avions japonais avait mis cap au sud sous le
commandement du capitaine de frégate Mitsuo Fuchida, chef du Groupement Aérien des porte-avions.
Une équipe d’opérateurs radar américains de la station mobile d’Opana, qui était encore en poste après 7 heures, heure normale d’arrêt de travail, vit apparaître des avions sur l’écran de contrôle et calcula, pour la forme, les éléments de leur navigation. Le centre d’information, à qui ils communiquèrent leurs observations, répondit que ce contact ne semblait pas présenter d’importance particulière, car il devait s’agir d’un vol de Forteresses attendu dans la matinée en provenance du continent.

Fuchida dirigea sa formation vers la côte occidentale d’Oahu, sous le regard indifférent de la population qui prit ces avions pour des appareils revenant des porte-avions Lexington et Enterprise. A 7 h 50 Fuchida pouvait apercevoir Pearl Harbor, au-delà de la plaine centrale de l’île ; les eaux scintillaient sous le soleil matinal d’un dimanche paisible et,grâce à ses jumelles,il put compter les 7 cuirassés ancrés deux par deux dans l’« allée des cuirassés » le long de l’extrémité orientale de Ford Island.
La surprise était complète : il donna l’ordre d’attaquer.
Après un entraînement intensif et une étude méticuleuse des cartes et des maquettes de Oahu et de Pearl Harbor, chacun des pilotes japonais savait exactement ce qu’il avait à faire. Les escadrons de bombardiers en piqué se séparèrent en sections qui devaient plonger ensemble sur les divers terrains d’aviation de l’Armée et de la Marine. En même temps les bombardiers à haute altitude prirent le cap d’approche,viseurs alignés, tandis que les avions torpilleurs amorçaient la longue descente qui devait les amener en position d’attaque par le travers des cuirassés. Peu avant 8 heures, les bombes commencèrent à tomber au milieu des avions alignés aile contre aile, comme à la parade, sur les aérodromes de l’île, et le fracas des explosions s’ajouta au sifflement des bombardiers qui piquaient à la verticale.
Au même instant, les hommes de quart, à bord des bâtiments de « l’allée des cuirassés », se préparaient à la cérémonie d’envoi des couleurs ; sous leurs yeux horrifiés, les bombardiers-torpilleurs japonais achevèrent leur piqué en lançant leurs torpilles, et de fines trajectoires rectilignes convergèrent vers les coques immobiles et sans défense. Aucun canon américain n’avait ouvert le feu, aucun chasseur de la défense n’avait décollé.
Cinq des cuirassés mouillés côte à côte dans le port, le West Virginia, l’Arizona, le Nevada, l’Oklahoma et le California furent éventrés par les torpilles dès les premières minutes ; seuls le Maryland et le Tennessee, ancrés aux postes intérieurs, et le bateau amiral, le Pennsylvania alors en cale sèche, furent épargnés. Autres victimes, le vieux cuirassé Utah, réduit au rôle de bateau cible, et les croiseurs légers Raleigh et Helena.
Au bruit des torpilles et au choc des explosions sous-marines s’ajoutaient le déchirement et le fracas des bombes larguées par les bombardiers attaquant en piqué ou opérant à haute altitude.

Cependant la défense américaine fut prompte à réagir. Les équipes de sécurité firent preuve d’héroïsme et d’efficacité. Elles réussirent à rééquilibrer des bâtiments sur le point de chavirer, à rétablir l’énergie électrique et hydraulique, ainsi que les transmissions, et à combattre les incendies.
Pendant ce temps, très haut au-dessus de la fumée et de la confusion, n’en croyant pas leurs yeux de n’avoir aucun chasseur en face d’eux, à peine dérangés par quelques tirs sporadiques de la DCA, les bombardiers de Fuchida choisissaient leurs objectifs et affinaient leurs visées.
Une bombe perforante traversa les 127 mm de blindage d’une tourelle du Tennessee pour éclater à l’intérieur. Une autre traversa tous les ponts et explosa dans la soute avant de l’Arizona, qui sauta. Le Maryland et le California furent atteints de projectiles dévastateurs.

Lorsqu’une accalmie se produisit à 8 h 25, quand la première vague japonaise fit demi-tour, la quasi-totalité des bateaux américains était détruite ou endommagée, le West Virginia était en feu et coulait, l’Arizona reposait sur le fond avec plus de mille membres de l’équipage pris au piège dans sa coque. L’Oklahoma avait chaviré, le Tennessee était ravagé par l’incendie, avec une tourelle éventrée par une bombe perforante, le California avait reçu de telles blessures que tous les efforts de son équipage ne purent l’empêcher de couler. Plus loin, on n’apercevait plus que la quille de l’Utah, qui s’était retourné. Profondément enfoncé dans l’eau par ses voies d’eau et ses contre-ballasts, le Raleigh n’était maintenu à flot que par ses câbles de mouillage.

Au cours de ces attaques, un sous-marin de poche japonais avait réussi à pénétrer dans la rade, en franchissant les barrages laissés imprudemment ouverts après le passage de deux dragueurs à 4 h 58. Au cours d’une accalmie, ce sous-marin fut aperçu en train de lancer une torpille contre le ravitailleur d’hydravions Curtiss. La torpille manqua son but et explosa contre la rive ; une seconde eut le même sort. Le sous-marin fut attaqué par le destroyer Monaghan et coulé par des charges explosives sous-marines. Des trois autres sous-marins de poche lancés à l’attaque par leurs bâtiments-gigognes, deux disparurent sans laisser de traces. Le troisième heurta un récif, fut canonné par le destroyer Helm, et s’échoua.

La seconde vague d’assaut japonaise — 54 bombardiers, 80 bombardiers en piqué, 36 chasseurs —, guidée par le capitaine de corvette Shimazaki du porte-avions Zuikaky, avait décollé une heure après la première. Elle se heurta à une défense plus organisée et ses succès furent moins spectaculaires.
Entre les deux attaques, les canons de DCA avaient reçu des munitions, leurs équipes de servants avaient été renforcées, et les bombardiers en piqué japonais en subirent les conséquences. Ils n’en réussirent pas moins à endommager le Pennsylvania, à mettre en pièces les deux destroyers qui partageaient sa cale sèche, à faire sauter un autre destroyer en dock flottant et à forcer le Nevada à s’échouer, alors qu’il cherchait à sortir du port au milieu des nuages de fumée des navires en feu.

Pendant ce temps, les bombardiers opérant à haute altitude continuaient sans opposition à viser comme s’ils étaient à l’entraînement et à causer de nouvelles blessures aux navires américains déjà touchés et en feu.
A 10 heures tout fut terminé. Le grondement des avions s’estompa dans le lointain,
faisant place à un étrange silence que troublaient seulement le craquement des navires qui brûlaient, le sifflement des lances à incendie et les appels désespérés des équipes de pompiers.
Au prix de 9 chasseurs, 15 bombardiers en piqué et 5 bombardiers-torpilleurs, sur les
384 avions engagés, la Marine japonaise avait réussi à mettre hors de service tous les cuirassés américains de la flotte du Pacifique.

Pour l’amiral Nagumo, ce succès paraissait miraculeux au point d’être inquiétant. Aussi,quand Fuchida et ses commandants d’escadres vinrent le presser de déclencher une nouvelle attaque, il eut le sentiment que ce serait défier le destin. Négligeant leur avis, il donna l’ordre de mettre cap au nord-ouest vers les bâtiments ravitailleurs et, de là, il fit route vers le Japon.Ce fut une lourde faute.
Mais Nagumo était un marin, pas un aviateur, et à son époque il n’était pas le seul à se tromper en pensant que l’armement lourd des cuirassés majestueux demeurait la clé de la puissance navale.
Dans l’immensité du Pacifique, le seul navire à avoir assez d’allonge pour déceler et frapper à temps les flottes ennemies, était le porte-avions. Une seconde sortie des aviateurs survoltés de l’amiral Nagumo aurait donné d’excellents résultats.
L’Enterprise, qui approchait de Pearl Harbor au retour de l’île de Wake, n’aurait probablement pas résisté à des attaques aériennes concentrées, et les ateliers de réparation, aussi bien que les énormes stocks de carburant, auraient été sans défense.
La base navale serait ainsi devenue inutilisable pour de nombreux mois, et le reste de la flotte du Pacifique aurait été contraint de se replier sur les ports de la côte ouest, hors de portée de la future zone des opérations.

Ainsi le plan de Yamamoto, pour audacieux et bien préparé qu’il ait été, n’obtint
pas tous les résultats escomptés. Certes le coup asséné à la Marine américaine était dur, mais son effet dépassa les prévisions des stratèges car il réussit à faire l’union du peuple américain et à le jeter tout entier dans la guerre. Il fallait un choc comme celui de Pearl Harbor pour obtenir un tel résultat.


source Collection les documents Hachette Histoire n°8 La bataille du Pacifique

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