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Du pain frais et de la soupe chaude

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Le 4 février, les travaux de reconnaissance dans le détroit de Johore étaient terminés et, après avoir mis un plan au point avec Suzuki, son chef d’état-major, Yamashita convoqua ses divisionnaires pour le 6 à 11 heures et leur donna ses ordres. Les unités de la division de Nishimura devraient feindre une attaque vers l’est, le soir du 7 février, en débarquant sur l’île d’Ubin ; le 8, quand il ferait nuit, la 5e et la 18e division traverseraient le détroit en direction de l’extrémité ouest de Singapour. Une fois qu’elles se seraient avancées dans le pays, la garde impériale suivrait.
L’opération se déroula selon ce plan. Kiyomoto Heida, qui participa à un assaut avec la 5e division, a écrit : « Les bataillons sortirent en rampant de leur abri et gagnèrent les points d’embarquement, puis l’artillerie se déchaîna. « A bord ! » puis « Larguez les amarres ! »
lança un officier à quelques mètres de là. L’artillerie s’était tue et tout était silencieux. Je levai les yeux et vis le ciel brillant d’étoiles. Le deuxième canot s’engagea dans le détroit, puis le troisième. C’est alors que l’artillerie ennemie ouvrit le feu. »
La 22e brigade australienne, qui défendait le secteur ouest, avait envoyé des patrouilles la nuit précédente ; elles signalèrent une grande activité près des estuaires ; n’ayant pas pu remonter les rivières, elles n’avaient pas vu de bateaux de débarquement, mais il était évident que des préparatifs dans ce sens étaient effectués. On ne disposait d’aucun avion pour vérifier les rapports des patrouilles, aussi l’artillerie pilonna-t-elle la zone en question, mais, semble-t-il, sans causer beaucoup de dégâts.
Les tirs d’artillerie japonais s’accentuaient, de même que leurs attaques aériennes sur les secteurs avancés. Les communications britanniques étaient coupées et quand on aperçut les bateaux japonais, à 22 h 30, un certain temps s’écoula avant que l’artillerie ouvrît le feu. De toute façon, ce fut sans résultat. Les mitrailleuses, elles, causèrent de lourdes pertes dans la première vague de débarquement, mais elles s’arrêtèrent faute de munitions. Dans quelques secteurs, les Japonais durent s’y reprendre à trois fois pour débarquer, mais, leurs unités sans cesse renforcées, ils purent y parvenir. Après minuit, les Australiens se virent attaquer à la fois par-derrière et par-devant et, à 3 heures, la 22e brigade tout entière reçut l’ordre de se replier sur une position aménagée à l’avance. A l’aube du 9, la 5e et la 18e division japonaise et une partie de leur artillerie se trouvaient dans l’île. Au-dessus de Singapour, le ciel se couvrait de la fumée noire qui montait des réservoirs de mazout en feu. Les radios japonaises transmettaient fréquemment des messages demandant à l’artillerie d’allonger son tir : l’avance se poursuivait avec régularité.
Au coucher du soleil, Yamashita traversa le détroit avec son état-major et établit son quartier général dans une plantation de caoutchouc au nord de l’aérodrome de Tangah. Là, il reçut des messages de plus en plus pressants de Nishimura, furieux de voir sa division tenue à l’écart. Yamashita finit par accepter qu’elle traversât le détroit à l’ouest de la digue ; mais, le lendemain matin, un officier, affolé, vint lui annoncer que la division était prise dans un brasier de pétrole que les Anglais avaient enflammé dans le détroit et que le régiment de tête était presque anéanti. On apprit ensuite que ce rapport était exagéré et Yamashita, écoeuré, dit à l’officier : « Va dire à ton chef que la division de la garde impériale peut agir comme elle voudra dans la bataille. » Cette remarque est très révélatrice du curieux caractère de Yamashita et de la haine qu’il portait à Nishimura.
L’avance japonaise se poursuivit vers le sud-est et refoula les Anglais vers la ville de Singapour. Un million d’habitants y étaient soumis à une lourde attaque aérienne et l’anxiété montait au sujet des réserves d’eau potable et de vivres.
Bientôt, les Japonais atteignirent l’aéropor de Tangah, où ils eurent la surprise de trouve
des avions abandonnés en bon état de vol
Dans les baraquements, écrit Tsuji, « ... d pain frais et de la soupe chaude se trouvaien
encore sur les tables ; des vêtements et de valises gisaient sur le sol ». Les Japonais pen saient maintenant que les Britanniques conce treraient leur résistance sur la colline d Bukit Timah, à quelque 3 kilomètres a nord-ouest de la ville, et la 5e et la 18e divisio au complet préparèrent une attaque pour la du 10. Le feu de l’artillerie britannique atteignit tout de suite son maximum et les Japonais s’attendaient à une dure et longue bataille ; mais, en réalité, les forces britanniques étaient si désorganisées que d’abord leur contre-attaque échoua, puis un bataillon des Argyll and Sutherland Highlanders se trouva coincé entre les Japonais et les dépôts (très importants) de Bukit Timah. Dans le désordre et la confusion, ces dépôts furent perdus.

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