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La grande dépression : La marche sur l’Hôtel de Ville

, par

Lorsque éclate la crise économique de 1929, la nation doit faire face à une vague de chômage qui déferle sur tout le pays. En 1939, les chômeurs commencent à créer des organisations pour obliger l’État à prendre des mesures plus énergiques en leur faveur. Jusque-là, il n’existait pour eux aucun programme gouvernemental d’assistance et nombreux sont ceux qui vont grossir les rangs des organisations communistes. Sous le slogan Combattez, ne mourez pas de faim ! ils défilent. Ils ne sont pas encore tombés dans l’apathie qui les caractérisera par la suite ; ils sont prêts à la lutte. Le point chaud de la campagne se situe le 6 mars 1930, date choisie par le Komintern pour la « Journée internationale de lutte contre le chômage mon-
dial Des milliers de chômeurs se rassemblent pour participer à des manifestations dans la plupart des grandes villes. Manifestations pacifiques presque partout. Sauf à New York.
Au moment où les quelque 35 000 participants réunis à Union Square s’apprêtent à se disperser, les orateurs du parti les exhortent à marcher sur l’Hôtel de Ville pour braver une interdiction de la préfecture de police. En quelques secondes, la manifestation tourne à l’émeute. Dès que la foule commence à bouger, les policiers chargés de surveiller le rassemblement passent à l’attaque. Avec la même énergie, ils frappent manifestants et spectateurs. Les gens fuient, terrifiés. Des dizaines de personnes sont blessées, dont deux policiers.
Cette émeute imprévisible attire l’attention sur le nombre croissant des chômeurs ainsi que sur les tentatives des communistes pour les embrigader dans leurs rangs. Les gouvernements locaux commencent alors à organiser des secours pour les indigents, cependant que les communistes intensifient leurs efforts. Ils dictent aux travailleurs les revendications qu’ils doivent formuler et qui vont de l’assistance fédérale directe à la reconnaissance des Chinois communistes par l’Amérique.
Et puis, à maintes reprises, le parti incite les travailleurs à manifester dans la rue. Mais, à chaque rassemblement, le nombre des participants diminue. Les manifestations ne semblent pas apporter de changement dans la condition des chômeurs et leur intérêt pour le problème chinois est limité. Peu à peu l’Union des travailleurs, de tendance socialiste, devient le porte-parole des sans-travail. Et dans bon nombre de régions, les organisations de chômeurs, rejetant l’aide et la politique des marxistes et ne gardant que leur exemple, décident de ne plus compter, dorénavant, que sur leurs efforts personnels.
Aucun des deux partis de gauche, en tout cas, n’est capable de s’attirer un grand nombre de disciples parmi les cultivateurs, pourtant cruellement touchés par la crise. Les socialistes espèrent bien arriver à grouper les fermiers dans un parti travailliste paysan, mais ils concentrent surtout leurs efforts sur les villes et s’appuient plus sur des programmes d’ensemble que sur une action personnelle pour amener cette alliance.
Les communistes sont plus directs, sinon plus heureux. Et comme toujours, ils vont s’en tenir à leur théorie révolutionnaire. En 1930, ils prennent le contrôle d’une grève spontanée de milliers de journaliers des champs californiens. Échec total. Mais ils n’en continuent pas moins à essayer de réunir les cultivateurs dans un syndicat. En 1933, une nouvelle série de grèves infructueuses, intéressant quelque 40 000 travailleurs, montrera à quel point il est difficile d’améliorer le sort des plus déshérités.
La Sharecroppers Union (syndicat des métayers), créée par les communistes dans la
région cotonnière de Birmingham (Alabama), est également vouée à l’échec. Là, les communistes s’attaquent non seulement à des intérêts économiques, mais aussi à des questions raciales. Les Blancs vont tenter de dissoudre le syndicat par la force. Un Noir est tué. Malgré la violence permanente et l’obligation pour la Sharecroppers Union d’entrer dans la clandestinité, elle se targue, en 1933, d’avoir 3 000 adhérents. Peut-être. Ils n’en sont pas moins totalement réduits à l’impuissance. Un peu plus tard, les socialistes reprendront le flambeau avec un autre syndicat, la Southern Tenant Farmers’ Union (syndicat des métayers du Sud).

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