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Bader

Victoires

 ?

Biographie

né a londres en 1910

Extrait - Un duel d’aigle - Peter townsend

Bader, figure presque légendaire... L’homme qui n’avait plus de jambes depuis ce 14 décembre 1931 où, pour tenir un pari, il s’était écrasé avec son Bulldog, et qui pourtant n’avait jamais renoncé à servir... Trois jours après que Karl Missy avait eu les jambes fauchées par ma mitrailleuse, le télégramme tant attendu était enfin arrivé chez Bader, dans le sud de l’Angleterre : " Affecté au 1911 escadron, Duxford. " Bader n’était jamais retourné à Duxford, depuis cet autre jour (il y avait sept ans) où il avait quitté cet aérodrome et la R.A.F., avec une pension d’invalidité à 100 %. Depuis lors, il avait travaillé à Londres, haïssant la vie de bureau, mais refusant d’admettre que ses jambes rtificielles pussent le rendre différent des autres.

Jamais il n’hésitait à céder sa place à une femme dans le métro. Il avait réappris à jouer au tennis et au squash ; excellent joueur de golf, il abattait dans la journée son parcours de 36 trous, sans en ressentir de fatigue.


Après Munich, certain qu ’il y aurait la guerre, il avait écrit au ministère de l’Air pour proposer ses services de pilote. On lui avait répondu alors : " Il est impossible de vous admettre actuellement dans la réserve de l’Active. Mais, en cas de guerre, nous ne saurions que heureux d’accepter votre offre, avec l’accord médecins. "’La guerre déclarée, on l’avait co qué pour. un examen médical au ministère et il trouva en présence du président de la commissi le vice-amiral de l’air Halahan, son ancien chef collège de la R.A.F .’ bien des années aupa - ce même Halahan qui l’avait un jour semoncé en lui disant : " La R.A.F. a besoin d’hommes, non de collégiens.

" L’examen terminé, Bader passa devant l’officier supérieur du Service de. Santé, homme légèrement chauve, mais au visage agréable ", qui 1 tendit la note qu’il était en train de lire. La note était de Halahan : " Je connais cet officier depuis qu’il était au collège de Cranwell. Si vous le trouvez apte, versez-le dans là catégorie " A-1 B " (bon pour tous services au sol et à l’air). Par la suit Bader écrirait : " Je crois bien que ma respiration S’est arrêtée. " Durant l’interminable silence qu tomba alors, il regarda le major droit dans le yeux " pour essayer de le forcer à penser comme moi ", dit-il. Finalement le major se décida et déclara en détachant chaque mot : " Je me range l’avis du vice-maréchal de l’Air Halahan. " Et 1 pilote sans jambes, tout en continuant à bénéficie de sa pension d’invalidité à 100 %, revint à Duford, le soir du 7 février, et se présenta au 191, escadronpour servir comme pilote. Dans les six mois, la RA.F. comme la Lutfwaffe auraient l’occasion de mesurer l’héroïsme, autant que la turbulence, de cette force de la nature.

Extrait - Jusqu’au bout sur nos messerschmitt - Adolf Galland

A cette époque pourtant déjà critique, la guerre aérienne conservait encore un aspect chevaleresque que la guerre sur terre avait perdu depuis longtemps. Aspect qu’un épisode de cet été 1941 devait illustrer de façon frappante. Lors d’un engagement au-dessus du Pasde-CaIais, le wing-commander Douglas Bader, un des as de la chasse anglaise, avait été descendu par un de mes pilotes. Comme cela arrivait dans ces mêlées confuses, il nous fut impossible d’attribuer cette victoire avec certitude. Or, Bader était une figure presque légendaire. Amputé des deux jambes, il portait des prothèses, oeuvre d’un célèbre spécialiste de Londres. Ce qui ne l’empêchait pas d’accomplir des acrobaties stupéfiantes qui lui avaient valu de nombreuses victoires. Fait prisonnier, Bader manifesta le désir de rencontrer son heureux adversaire. Il ne pouvait, déclara-t-il, accepter l’idée que ce fût peut-être un caporal chef.


Parmi les pilotes qui avaient participé au combat, il n’y avait pas de caporal-chef, mais, tout de même, un sergent. Pour ménager la susceptibilité de Bader, nous lui présentâmes un de nos jeunes officiers les plus brillants.

L’Anglais, ravi, lui seèra longuement la main. Cette petite comédie eut lieu plusieurs semaines après la capture de Bader qui avait fait un atterrissage dramatique.


Il nous en fit le récit avec une simplicité bien britannique : - Mon coucou pique du nez, et je le vois partir en miettes. Je me retourne : l’empennage a déjà disparu... Il ne me reste qu’à sauter. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire : l’appareil s’est mis en vrille et tourne comme une toupie affolée. Je me hisse sur mes deux bras. Je réussis à sortir une jambe, mais l’autre reste coincée. Je tire de toutes mes forces. L’appareil en fait autant, dans l’autre sens. Enfin, je m’arrache : la jambe droite s’est détachée, elle descend avec l’épave. Puis, mon parachute s’est ouvert. C’est tout... En réalité, ce n’était pas tout.

Bader fit une chute violente, s’enfonçant la prothèse gauche dans la poitrine. On le transporta, dans un état presque désespéré, à l’hôpital de SaintOmer. Quand il reprit connaissance, ses premières paroles furent : " Où sont mes prothèses ? ’" Celle de gauche était là, à côté du lit. Sur sa demande, nous cherchâmes l’autre dans les débris de l’appareil. Nous la retrouvâmes, mais elle était tordue. Un mécanicien la redressa, tant bien que mal. Bader, satisfait, attendit à peine d’avoir repris ses forces pour essayer de marcher.

Avec une énergie admirable, il s’astreignait à parcourir chaque jour les couloirs de l’hôpital. A peu près, rétabli, il refusa la chambre que nous lui réservions, afin de rester auprès de ses camarades anglais, dans la salle commune. Ce fut lui, le grand invalide, qui devait soutenir leur moral.


Flattés d’avoir descende un tel aigle, nous décidâmes de le recevoir avec tous les honneurs qu’il méritait. Pour l’amener confortablement à notre base, j’envoyai à l’hôpital la luxueuse torpédo dont je ne m’étais encore jamais servi. Accueilli par nos chefs d’escadrille au grand complet, Bader parut sincerment touché. Cependant, la conversation fut d’abord laborieuse. Notre hôte n’était guère loquace, et comme nous ne voulions à aucun prix lui poser des questions indiscrètes, nous nous cantonnâmes dans des banalités.

Enfin, j’eus l’heureuse idée de l’inviter à visiter le terrain. Bader accepta aussitôt. Il marchait encore difficilement ; à chaque pas, la prothèse réparée grinçait à me crisper les nerfs. Après avoir parcouru la base, il me fit ses compliments pour l’excellent camouflage, vanta longuement les qualités du Messerschmitt, et finalement, me demanda l’autorisation de s’installer dans un appareil.

Je l’aidai à se hisser dans le cockpit. Il étudia minutieusement le tableau de bord, tâta le manche, actionna prudemment les palonniers. Puis, souriant, il se pencha vers moi : - Voulez-vous me faire un grand plaisir ? Je voudrais, une fois au moins ; piloter un Messerschiùitt. Me permettriez-vôus de faire le tour du terrain ? J’eus un instant d’hésitation. Jusqu’à quel point pouvais-je me fier à cet homme dont je connaissais le courage exceptionnel ?

- Vous me demandez l’impossible, dis-je. Si vous en profitiez pour vous échapper, je serais obligé de vous poursuivre, et de tirer sur celui dont je suis si fier d’avoir fait la connaissance.

Il se mit à rire et sortit de l’appareil. En prenant le thé, il me demanda un service : pouvais-je faire larguer au-dessus de l’Angleterre un message pour son unité et sa femme ? Il voulait avertir ses camarades qu’il était sain et sauf, et les prier de lui faire parvenir un uniforme de rechange, des prothèses, et une pipe.

Celle qu’il était en train de fumer s’était cassée dans sa chute, et ne tenait plus que par une bande de sparadrap. Quant aux prothèses, sa femme savait où les trouver : dans la grande armoire de la chambre, à gauche. Je me mis en rapport avec Georing qui m’accorda aussitôt l’autorisation de faire venir les prothèses.

Nous avertîmes alors la R.A.F., par radio, sur la longueur d’ondes du Secours International Maritime.

Quinze jours plus tard, alors que nous attendions encore la réponse, Bader s’évada, s’échappant par une fenêtre du deuxième étage, à l’aide de trois draps noués bout à bout. Je dus répondre -à quelques questions embarrassantes d’une commission d’enquête.


Comment avais-je eu l’audace de faire visiter mon terrain par cet officier qui était assez indélicat pour nous fausser compagnie ? La façon cavalière dont les Anglais livrèrent les prothèses n’àrrangea pas les choses, au contraire. Sans se donner la peine de convenir avec nous d’un terrain où pourrait se poser un appareil britannique, ils attaquèrent une fois de plus l’aérodrome de Saint Omer et, parmi les bombes, lâchèrent la caisse contenant les prothèses. Ensuite seulement, ils nous avertirent, également par radio, que nous trouverions, quelque part au milieu des entonnoirs, un gros colis adressé au wing commander Bader.


Repris un peu plus tard, Bader fut soumis à une surveillance plus stricte, ce qui ne devait pas empêcher ce diable d’homme. de faire encore plusieurs tentatives d’évasion.


Pour ma part, je ne devais le revoir que quatre ans plus tard, sur un aérodrome proche de Southampton, où j’assistais à une revue organisée par la R.A.F. pour les officiers aviateurs prisonniers. Cette fois, les rôles étaient ren- versés : c’était lui qui m’offrait des cigarettes. Le lendemain, il avait disparu, une fois de plus, sans doute pour prendre le commandement d’une unité engagée contre le Japon.

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