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Napoléon à Rivoli par Beethoven

7 février, 22:51, par Georges Kan - musicologue

« Napoléon à la bataille de Rivoli » serait, d’après le musicologue Georges Kan, le sujet de la 23e sonate pour piano de Beethoven. Cette œuvre utiliserait un titre énigmatique (LIVme SONATE) à l’instar de la 22e sonate (LIme SONATE), publiée également au Bureau des arts et d’industrie à Vienne. Beethoven aura cherché à retarder ces deux publications pour pouvoir les placer comme « LI me » et « LIV me » dans le catalogue de son éditeur, et brouiller ainsi la lecture des titres respectifs, à savoir « La Révolution » pour l’opus 54 (LI faisant référence autant à la fin de Louis XVI qu’à Valmy), et « Napoléon à Rivoli » pour l’opus 57 (LIV décomposé en LI et [An] V).

La sonate no 23, surnommée « Appassionata » est composée de trois mouvements.
Le premier, Allegro assai, dépeint la colère de Napoléon Bonaparte : bloqué à Mantoue, il risque maintenant la défaite face aux Autrichiens d’Alvinzy. Le thème tantôt martial, tantôt impérial, ponctué de 4 croches dans le grave (reprises dans la Symphonie no 5), est interrompu par des accords colériques.
Le deuxième mouvement, Andante con moto décrit l’attente. Le thème varié change progressivement d’éclairage : nocturne dans la 1re variation, aux aurores à la 2e, puis plein soleil dans la suivante avant une conclusion résignée.
Le troisième mouvement, Allegro ma non troppo, fait irruption pour annoncer l’arrivée des renforts. Allégresse, vaillance et détermination ponctue ce mouvement qui se clôt sur une tarentelle endiablée.

A noter que Barry Cooper, dans « The Creation of Beethoven’s 35 Piano Sonatas », cite Hans-Werner Küthen selon qui les « LI me » et « LIV me » sonates sont bien les 51e et 54e sonates réellement publiées par Kunst- und Industrie-Comptoir (tous auteurs confondus). Georges Kan s’étonne que le rythme de production de Beethoven entre l’opus 54 et l’opus 57 corresponde exactement aux deux sonates publiées entretemps par le Comptoir, alors que l’opus 53 et 54 sont, eux, distants de soixante six numéros de cotage (respectivement 449 et 507 chez ce même éditeur). Est-il vraisemblable que Beethoven subisse par deux fois l’annonce d’une information qui ne relève en rien de son propre catalogue, lui qui maîtrise les publications dans leur moindre détail ? Beethoven aura donc manipulé son éditeur en lui demandant de publier au moment opportun les deux opus sous ses intitulés de LI et LIV sans que le Bureau des arts et d’industrie n’en saisisse le sens hautement subversif.

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