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Michée Chauderon

, par

Les Temps Modernes marquent la hantise des hommes pour la sorcellerie. La superstition étant dominante à cette époque, nombreux sont ceux, et surtout celles, qui sont accusés de sorcellerie dès lors qu’ils paraissent suspects.

La peur des sorcières grandit considérablement : le mal devient omniprésent, et on accuse à tort et à travers. C’est le cas de Michée Chauderon, dernière sorcière exécutée à Genève, le 6 avril 1652. Accusée d’avoir voulu empoisonner deux de ses jeunes voisines, la fille Vallin et la fille Royaume, Michée nie catégoriquement les faits et proclame être une femme de plus à être victime d’accusations injustifiées.

Michée est arrêtée et emmenée pour être interrogée. Lors de l’interrogatoire, elle répondra à un peu moins de 300 questions : 296 pour être précis. Mais c’est sous la torture qu’elle donne raison aux rumeurs. Les juges, ayant obtenu l’aveu qu’il leur fallait, l’utilisent comme preuve solide et cela leur permet de condamner Michée. L’aveu forcé devient capital. Michée voit s’imposer la peine du bûcher, méthode traditionnelle pour les sorcières. Elle meurt pendue le 6 avril 1652 à l’aube, sur la place de Plainpalais à Genève. Son cadavre sera brûlé publiquement.

Si la mémoire de Michée Chauderon est tenace, c’est parce qu’elle marque la fin de l’inquisition à Genève. Contrairement à ses prédécesseurs, Michée ne fut pas brûlée vive. Plus aucune femme, à Genève, ne sera accusée de sorcellerie après elle. Michée reste célèbre également parce qu’elle représente toutes les femmes qui, jusqu’alors, incarnaient prétendument le Mal, bien souvent pour l’unique raison qu’elles étaient de sexe féminin. L’oppression masculine joua un grand rôle dans ce grand nombre de « sorcières », invariablement au féminin, puisqu’une femme plus savante était dangereuse, et par conséquent, en danger.


SOURCES : FERRERO, Monique, Requiem pour une sorcière : Michée Chauderon, Saint- Gingolph (France) : Cabédita, 2000
PORRET, Michel, L’ombre du Diable : Michée Chauderon, dernière sorcière exécutée à Genève (1652), Chêne-Bourg : Georg, 2009

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