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La guerre d’Algérie

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Dans l’élan des guerres de décolonisation, l’Algérie manifeste à son tour son désir d’indépendance. De 1954 à 1962, une lutte acharnée séparera la France de sa colonie, conquise en 1830. Mais étant liées depuis près de cent trente ans, comment les Algériens sont-ils parvenus à se détacher de la métropole et quelles conséquences surviendront suite à une rupture si pugnace ? Retraçons ces huit années de conflit.

Le temps de la décolonisation

La France sort de la guerre d’Indochine lorsque l’Algérie réclame son indépendance. Le 21 juillet 1954, c’est la fin de la guerre d’Indochine pour la France, et le début du combat idéologique mené par les Etats-Unis. Mais le Nord de l’Afrique reste colonisé par les Français. L’indépendance de la Tunisie est promulguée au mois de mars 1956, de même pour le Maroc. En ce qui concerne l’Algérie, l’affaire semble plus compliquée. Colonie française depuis 1830, les hommes de la métropole ont envahi le pays, séduits par l’Orient, fascinés par l’exotisme, notamment certains artistes comme Ingres par exemple. La femme orientale est elle aussi motif de fascination. En 1847, les Algériens sont promulgués citoyens français, et l’Algérie devient un département de la France. Cent ans plus tard, alors que le monde est en effervescence, l’Algérie succède à l’Indochine et réclame son indépendance, mais la France refuse : les conflits armés débutent alors au nord de l’Afrique.

La France s’obstine à posséder l’Algérie

Les combats ne se résument pas seulement aux affrontements qui eurent lieu sur les terres algériennes : les tortures trouvèrent également leur place au milieu de la guerre. La France s’accroche à l’Algérie bien qu’elle soit plus encombrante que rentable au niveau économique. Charles de Gaulle, président à cette époque, proclame accorder le choix aux Algériens lorsque la paix régnera. Il prononce, le 4 juin 1958, la célèbre phrase-clé : « Je vous ai compris. » Il restera encore quatre ans de guerre. Si les troupes françaises ne sont pas retirées, c’est à cause de la présence des pieds-noirs sur le sol algérien. Cela ne permet d’envisager la victoire de l’Algérie car il faudrait, par conséquent, que les pieds-noirs rentrent en France. Habitant depuis des générations au Nord de l’Afrique, ils sont des étrangers pour la métropole. On devient soudain l’ennemi de l’autre, tout comme en Algérie d’ailleurs : on nomme Harkis les Algériens qui se revendiquent français, et qui jugent la présence des pieds-noirs légitime sur le territoire algérien. Les Harkis seront considérés comme des traîtres par le FLN (Front de Libération Nationale) dès la fin de la guerre.

La conférence de Bandung

Du 18 au 24 avril 1955 à lieu la conférence de Bandung, en Indonésie. Vingt-quatre états y son présents. Cette conférence traite essentiellement le moyen de lutte contre l’impérialisme, considéré comme une forme de colonisation. La Chine est au centre de la discussion, tant par son appartenance au communisme que par visées annexionnistes ; elle avait d’ailleurs proposé son aide au Vietnam. Le président de l’Inde, Nehru, insiste pour que la Chine soit présente à la conférence. L’issue de l’assemblée condamne entre autre la colonisation, et admet que chaque nation possède le droit d’être indépendante.

Exode de 1962 : l’émigration des pieds-noirs

Chassés d’une terre qui était devenue la leur, les Français algériens sont contraints de regagner la métropole. Les Français émigrent. On les tasse quelque part à Paris, ils tentent de trouver du travail dans le milieu ouvrier. C’est là qu’on les appelle les pieds-noirs : ce nom résume toute la culpabilité qui leur est imposée, c’est à eux de la porter, devenus responsables de la guerre autant en Algérie qu’ils viennent de quitter qu’en France qu’ils viennent de retrouver.
Pourtant, si nous comparons le niveau de vie entre l’Algérie et la France, les pieds noirs vivaient beaucoup plus défavorablement que dans les régions les plus pauvres de la métropole, où le taux de salaire était nettement plus élevé. Le mauvais accueil qui leur fut réservé est d’autant plus injustifié, défend Albert Camus, par le fait que durant les dernières guerres que la France à menées ou subies, à savoir la Première et la Seconde Guerres mondiales ainsi que celle d’Indochine, tous les Français sans exception furent contraints de prendre les armes afin de défendre leur pays.

Le 17 octobre

Le 8 mai 1945 eurent lieu les premières émeutes à Sétif. Elles étaient liées au désir d’indépendance de l’Algérie. La rébellion sera réprimée de manière impitoyable, multipliant les morts du côté des Arabes. Mais un événement reste particulièrement oublié : il se déroula dans la nuit du 17 octobre 1961, soit sept ans après le début de la guerre d’indépendance. Des manifestants algériens se rendent à Paris et descendent dans les rues pour manifester contre le couvre-feu qui leur est exclusivement imposé. C’est immédiatement la répression. Les seules armés des Algériens sont des slogans, et ils sont arrêtés, humiliés, frappés, assassinés. A Paris, il fut même écrit sur un pont : « Ici, on noie les Algériens. »

L’Algérie : amnésie volontaire ?

La France ne reconnaîtra jamais ces quatre années comme des années de guerre, mais seulement comme des insurrections suivies de missions punitives. La guerre d’Algérie a été un véritable traumatisme français, mais aussi du côté des Algériens, victimes des tortures inventées à cet effet. De plus, l’idée que le pays des droits de l’homme ose user de tortures barbares aussi bien que la Gestapo est insoutenable. L’indépendance de l’Algérie restera la guerre de la honte dans la mémoire des Français.


SOURCES : Michel Winock, Le Monde, 1986
Pierre Nora, Les Français d’Algérie, 1961
Les Encyclopes, L’Histoire de la France : édition MILAN
L’Histoire n°314, Benjamin Stora : souviens-toi de l’Algérie

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