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Huguenots : persécution et insurrection

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Depuis la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 qui assurait jusqu’alors la liberté de culte aux protestants, ces derniers se retrouvent à nouveaux soumis aux persécutions du roi Louis XIV. Face à ces humiliations continuelles visant à les faire céder, les camisards réagissent par les armes et entrent en guerre contre les soldats du Roi, afin de mettre fin aux persécutions et d’acquérir leurs droits. Leur révolte est un effet de colère face à la prohibition de la liberté de conscience.

La guerre des Camisards est une insurrection des protestants du Languedoc, autrement appelés les "huguenots", contre les lois despotiques du roi catholique Louis XIV. Ce conflit de religion, qui commence en juillet 1702 et dure jusqu’en 1704, oppose les insurgés protestants aux soldats du roi.
Ces lois disciplinaires ont déjà débuté contre Luther à l’aube de la Réforme deux cents ans auparavant. Dans le même élan, Calvin instaure le protestantisme en France. Mais à cette époque, le roi refuse cette nouvelle religion dans son royaume, et les hostilités commencent à l’égard des réformés. Un épisode bien connu, qui s’est déroulé le 24 août 1572 à Paris, est le massacre de la Saint-Barthélemy : il causa la mort de milliers de protestants.

Les Calvinistes sont persécutés jusqu’à ce que le roi Henri IV promulgue l’Édit de Nantes en 1589, autorisant ainsi la liberté de culte de la religion réformée dans le royaume de France. Mais tout se complique pour les protestants lorsque le roi est assassiné, et que Louis XIII lui succède. Les lois anti-protestants ressurgissent de plus belle, allant jusqu’au bûcher, l’empalement, la condamnation aux galères et l’emprisonnement à vie. De ces persécutions nous retiendrons surtout les dragonnades, nom donné aux pillages par les troupes du roi chez les protestants jusqu’à ce que ces derniers abjurent. Ainsi, en 1685, le roi Louis XIV déclare qu’il n’y a officiellement plus aucun protestant dans le royaume avant de révoquer l’Édit de Nantes.
Dès lors, pour les réformés qui persistent malgré le danger, les assemblées sont contraintes d’être secrètes : les protestants se retrouvent dans des grottes, ou dans des lieux déserts. Pourtant, le refus des réformés d’abandonner leur religion et de se soumettre aux lois royales aboutit à un soulèvement de leur part que nous appelons maintenant la guerre des Camisards.

Le 24 juillet 1702, un événement de grande ampleur survient dans la région du Languedoc : l’abbé de Chayla, un homme particulièrement anti-protestants, est assassiné. L’écho de cet acte fait scandale auprès de l’Eglise dominante, et les protestants, auteurs de ce meurtre, se décident à s’insurger. Les pères de familles et les jeunes hommes s’en vont combattre pour leur religion et la liberté de pensée. Les huguenots, qui sont majoritairement des paysans sans formation militaire, vont se battre contre les armées royales avec une forte conviction religieuse et dirigés par des chefs, dont le plus connu est Jean Cavalier. Bien qu’ils soient moins nombreux que leurs ennemis, les camisards - nommés ainsi en raison des chemises qu’ils portaient, "camise" en occitan - n’hésitent pas à se jeter sur eux en chantant le psaume 68, dit le psaume des batailles : « Que Dieu se montre seulement… »
Face à cette détermination inhabituelle, les soldats du roi perdent toute organisation, et la résistance à laquelle ils sont confrontés leur cause des pertes considérables. Loin de Versailles, le siège du roi, la résistance fait rage. La parole est donnée à ceux qui n’y avaient pas droit. La plupart des camisards sont âgés de 15 à 25 ans : c’est la révolte de la jeunesse, l’affranchissement des interdictions pour retrouver la liberté, la nécessité de passer par la résistance à l’oppression. Tous ces huguenots se battent pour leur liberté de conscience, acceptant le sacrifice de leur vie en échange de la pérennité de la religion réformée.
Les combats durent deux années, jusqu’à ce que Cavalier se rende. Sa capitulation est due notamment à la découverte de la caverne des munitions par les soldats du roi, après une importante défaite du côté des camisards. Certains mouvements de révolte subsistent encore après 1704, mais sans grand effet. Les protestants n’obtiendront officiellement la liberté de culte qu’à la faveur de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, après plusieurs décennies de persécution en France.


SOURCES :
CARBONNIER-BURKARD, Marianne, Comprendre la révolte des camisards, Rennes : Ouest-France, 2016. 126 p.
CHAMSON, André, Castanet, le camisard de l’Aigoual. Biarritz : Edipro, 2008.
183 p.
RAUZIER-FONTAYNE, Lucie, Quand on sortait de France, Neuchâtel : L-A
Monnier, 1956. 250 p.
ROBERT, André, Des Galères à la Tour de Constance, Nîmes : Lacour, 2005.
327 p.
ALLIO, René, Les Camisards, France, 1972
Musée du Désert, Mialet (France, Cévennes)
Musée international de la Réforme, Genève

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