Publicité

Publicité
Publicité

Fiches sur les mythes, personnages, les batailles, les équipements militaires. De l'antiquité à l'époque moderne, découvrez l'histoire, commentez et posez vos questions, participez à la vie du site !

Suèves

, par

Poussés sans doute par d’autres peuples migrants, les Suèves quittent la rive orientale de l’Elbe au Ier siècle av. J.-C. Ils forment un peuple disparate composé de différentes tribus dont celles entre autres des Quades, des Marcomans et des Semmons. Leur route vers le sud-ouest les amena aux abords de la Gaule sous leur roi Arioviste, dont Jules César, vainqueur d’Arioviste, les éloigne en -58. Dès lors, c’est sur la rive orientale du Rhin qu’ils se fixent, dans une région qui prend plus tard leur nom, la Souabe.

« Grandes invasions »

En 406, dans les premières décennies des Grandes invasions « barbares » dans l’Empire romain (Wisigoths, Ostrogoths, Vandales et Alains parmi tant d’autres, poussés par les Huns), de nouvelles pressions migratoires les poussent à passer le Rhin sous leur roi Herméric et accompagnés des Hasdings, des Sillings, et de plusieurs clans alains (nuit de la saint Sylvestre 406/407). Après avoir circulé en Gaule durant deux années, les Suèves franchissent les Pyrénées 409, toujours accompagnés de leur alliés, des Quades et des Marcomans et poursuivent leur quête en Espagne. Une fois sédentarisé et devenu peuple fédéré, et après que leur royaume ait été reconnu par Rome au travers d’un foedus, assez étrangement les chroniques des annalistes latins ne parlent plus guère de ce peuple.
Dans le cadre des Grandes invasions, les Suèves se sédentarisent dans la région de Galice et du nord du Portugal actuels. La dénomination d’époque est la "Galécie", une partie de la province de Tarraconaise.
Ce royaume suève prend Bracara Augusta [1] comme capitale et existe de 410 à 584, année de son effondrement devant l’armée du royaume wisigoth dirigée par le roi Léovigild.
Trajet des Alains, Suèves et Vandales de 409 à 415 dans la péninsule Ibérique, puis des Wisigoths qui les en chassent progressivement. Le royaume suève subsiste le dernier, et temporairement, à leur arrivée.
Trajet des Alains, Suèves et Vandales de 409 à 415 dans la péninsule Ibérique, puis des Wisigoths qui les en chassent progressivement. Le royaume suève subsiste le dernier, et temporairement, à leur arrivée.

La Gallaecia romaine tombe sous la coupe des Quades et des Marcomans coalisés sous la direction du roi suève Herméric en 409. Le fœdus concédé par Rome légitime la fondation de leur royaume à cet endroit. Il s’agit du premier royaume du Haut Moyen Âge qui frappe monnaie pour signifier son existence.

Royaume suève

Le nombre des envahisseurs Suèves initiaux est évalué à seulement 30 000 personnes, s’établissant principalement dans les zones urbanisées de Braga (Bracara Augusta), Porto, Lugo (Lucus Augusta), Astorga (Asturica Augusta), Vigo, Tuy, Orense. Les Suèves firent de Bracara Augusta, l’ancienne capitale de la province romaine de Gallaecia, la capitale de la Gallaecia suève ; celle-ci était plus vaste que la Galice actuelle, et s’étendait au sud du Douro et vers l’Est jusqu’à Avila.

Le royaume suève de Gallaecia se maintint de 410 à 584 et semble avoir assuré un gouvernement stable pendant toute cette période. Des historiens comme José António Lopes Silva, traducteur des chroniques d’Idatius, la principale source écrite du Ve siècle, estiment que le principal caractère de la culture galicienne se forgea de ce mélange entre la culture ibéro-romaine et celle des Suèves.
Carte du royaume suève de Galice indiquant la localisation de Braga où il reste des vestiges archéologiques des Suèves.Dynastie suève (Ve-VIe siècles)vert pré : limites de la province romainerose : région ayant changé d’autoritévert : limites du royaume.
Carte du royaume suève de Galice indiquant la localisation de Braga où il reste des vestiges archéologiques des Suèves.

Il y eut quelques affrontements ponctuels avec les Wisigoths, qui arrivèrent en 416 dans la péninsule ibérique et la dominèrent presque entièrement. Cherchant à agrandir leur domination vers le sud et l’est, les Suèves sont battus par les Wisigoths en 418 et sont forcés de se cantonner en Galice.

Àprès le passage des Vandales réunis et des restes des Alains en Afrique romaine 429, les Suèves tentent de nouveau la conquête de la péninsule ibérique mais doivent s’opposer aux pressions des Wisigoths qui tentent eux-aussi une domination sur le pays qui devient effectif sous leur puissant roi Euric autour de l’an 476. Une alliance entre les deux peuples est conclu, leur roi Réchiaire se converti à l’arianisme des Goths avec son peuple, et les Suèves accompagnent les Wisigoths du roi Théodoric pour combattre les Huns d’Attila aux Champs catalauniques (451).

Les Suèves, païens et ariens faiblement christianisés, finissent au VIe siècle par entrer dans une longue période de tensions et de conflits avec les Wisigoths et se convertissent au catholicisme vers 550. Leur roi Cariaric, devenu catholique, tente même un rapprochement avec les Francs, catholiques, contre les Goths, ariens, mais cela ne donne aucun résultat notable et le grand roi wisigoth Léovigild, révant l’unification de l’Espagne sous domination ariano-wisigothique commence bientôt la conquête du royaume suève en état de décomposition (à partir de 575) ; une importante minorité de Suèves, opposés aux catholiques notamment, refusent de servir le roi catholique Mirus. Au bout de dix années de lutte acharnées, le roi wisigoth Léovigild envahit leur royaume en 584, les défit, et inclut la Galice dans son royaume wisigoth.

Après quelques révoltes sporadiques en 586 et 587, les Suèves disparaissent de l’Histoire en tant que peuple et, de nouveau convertis au catholicisme à partir de 589 (conversion officielle des Wisigoths), ils fusionnent avec les populations autochtones (d’ascendances celtibérique, lusitanienne) et wisigothes.

Richard Fletcher (Fletcher 1984) souligne que, pendant l’Antiquité tardive, la Galice était demeurée un pays du monde romain et méditerranéen. Il donne en exemple le compte-rendu du pélerinage en Terre sainte de la nonne galicienne Egeria en 381-384, ainsi que le voyage du jeune Idatius qui, bien qu’habitant « à la dernière extrémité du monde », avait rencontré Jérôme en Orient ; sa chronique montre qu’il demeurait informé des affaires de la Méditerranée orientale, car il se réfère à des voyageurs orientaux venus en Galice. Devenu évêque, Idatius voyagea en Gaule en ambassade auprès d’Aetius, 431-432.

Miro, roi des Suèves, avait des relations diplomatiques avec les rois barbares alliés de Neustrie et de Bourgogne, mais aussi avec les empereurs de Constantinople. Martin de Braga, célèbre évêque du VIe siècle, était natif de Pannonie. Le roi wisigoth Léovigild confisqua les navires des marchands gaulois de Galice.

À Lorenzana, le beau sarcophage qui reçut ultérieurement la dépouille du comte Osorio Gutiérrez avait été probablement importé du sud de la Gaule au Ve siècle, relève Fletcher. Et l’une des pièces du trésor de Bordeaux constitué vers 700 était frappée d’un motif galicien, suggérant de possibles relations commerciales.


sources wikipedia

Participez à la discussion, apportez des corrections ou compléments d'informations

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Recherche dans le site

Vous inscrire sur ce site

L’espace privé de ce site est ouvert aux visiteurs, après inscription. Une fois enregistré, vous pourrez consulter les articles en cours de rédaction, proposer des articles et participer à tous les forums.

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.