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Sea Hurricane catapulté d’un cargo

, par

La plus efficace des tentatives de défense contre les patrouilleurs allemands à long rayon d’action fut également le fruit de l’improvisation. Il s’agissait de donner aux convois une couverture aérienne instantanée en cas d’attaque. En avril 1941, un certain nombre de navires marchands eurent leur pont modifié pour permettre le catapultage d’un Sea Hurricane (les C.A.M. ships : Catapult Armed Merchantman). En principe, le chasseur devait abattre le bombardier, ou tout au moins le mettre en fuite, puis se diriger vers un aérodrome allié ou neutre, s’il s’en trouvait un à sa portée. Sinon le pilote sautait en parachute ou faisait un amerrissage au plus près d’un des bateaux, avec l’espoir d’être repêché...

La première victoire remportée par un Sea Hurricane catapulté le fut le 3 août 1941, par le lieutenant de vaisseau Robert Everett, du Squadron n° 804 de la Fleet Air Arm, l’aéronavale britannique. Il fut catapulté du pont de l’ex-bananier de 8000 tonnes HMS Maplin, en protection du convoi SL81 faisant route de Sierra, Leone vers l’Angleterre, à près de 700 km an large de Bordeaux.

« Je réussis à me rapprocher jusqu’à 2 500 mètres sans qu’il me voit, raconta Everett à son retour. Il ne m’avait fallu que neuf minutes pour intercepter le Condor et je me plaçai à 500 mètres parallèlement à ui et un peu au-dessus. Le mitrailleur arrière ouvrit le feu comme je me rapprochais ;sur sa droite, toujours un peu plus haut. -ion tir me sembla trop court ou trop bas. Il ne fallut pas mal de temps pour me mettre mi bonne position, et le mitrailleur avant du Focke Wulf se mit à tirer lui aussi, trop .court ou trop bas comme l’autre.

L’ennemi Dégagea brutalement sur la gauche, puis ;sembla changer d’avis et reprit son cap initial. J’étais passé légèrement devant lui sur ;a droite, et subissais maintenant les tirs des rois mitrailleuses et du canon avant. A non tour, je fis un virage serré sur la ;aiche et ouvris le feu en visant l’emplanture d’aile. Je tirai par rafales successives de cinq secondes jusqu’à me rapprocher à moins de 40 mètres de la queue du Condor. Une dernière courte rafale, et mes munitions se trouvèrent épuisées. J’observai des débris métalliques se détachant du flanc droit, et l’intérieur du fuselage me sembla en feu. A 30 mètres, je dégageai à gauche, avec ma verrière et mon pare-brise couverts de projections d’huile. Je me hâtai de sauter, persuadé que le circuit d’huile du moteur du Hurricane avait été sévèrement touché. »

En fait - mais Everett n’avait aucun moyen de le savoir - l’huile provenait probablement du Focke Wulf qui avait été criblé par ses balles. Un instant après, le bombardier partit en piqué accentué et s’écrasa en mer. Il n’y eut pas de survivants. Les 9 000 litres d’essence du Condor laissèrent en surface une traînée de plus de 1 000 mètres de long sur 3 ou 4 de large.

Quelque 50 bateaux marchands furent ainsi équipés pour le catapultage de Sea Hurricane avec fusées d’appoint. Plusieurs d’entre eux furent coulés par des sous-marins et la plupart ne rencontrèrent jamais de Condor et n’eurent donc pas l’occasion de lancer leur avion. Au total, les C.A.M. ships détruisirent cinq Focke Wulf 200, le dernier le 1" novembre 1942. Mais l’effet sur le moral, dans les deux camps, fut bien plus important que ne le suggère ce modeste score.

En réalité, la vraie réponse à la menace des Condor comme des sous-marins, ce fut le porte-avions d’escorte de convoi, type de bâtiment qui commença à sortir des chantiers navals en grand nombre à partir de septembre 1941. Trois Fw. 200 qui surveillaient le convoi HG 76 furent endommagés les 18 et 19 décembre 1941, et un autre abattu par les chasseurs lancés par le premier de ces porte-avions d’escorte, le HMS Audacity, qui n’était autre que l’ancien paquebot allemand Hannover.


sources Connaissance de l’histoire n°55 ed Hachette 1982

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