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Marquise de Pompadour

, par

POMPADOUR (Jeanne Antoinette Poisson,dame Le Normant d’Étioles, marquise de) (Paris, 1721 - Versailles, 1764.) Favorite de Louis XV. Son père, François Poisson, avait débuté comme conducteur dans le service des vivres. Remarqué par les frères Pâris, il avait rendu de grands services en Provence, au moment de la peste, mais, chargé comme commissaire aux vivres du ravitaillement de Paris pendant la disette de 1725, avait été accusé de faux marchés et contraint de s’exiler pendant huit ans avant d’être réhabilité en 1739. Pendant son éloignement, sa femme, Madeleine de La Motte, a belle à miracle avait eu, entre autres amants, le fermier général Le Normant de Tournehem, célibataire et amateur d’art. Celui-ci, après avoir veillé à l’éducation des deux enfants de sa maîtresse, Jeanne et Abel, fit épouser à la première, dès qu’elle eut vingt ans, son neveu Charles Guillaume Le Normant d’Etioles, fermier général lui aussi, auquel il donna le château d’Étioles.
La jeune dame d’Étioles était, dit le lieutenant des chasses Leroy, « d’une taille au-dessus de l’ordinaire, svelte, aisée, souple, élégante ; son visage était d’un ovale parfait, ses cheveux plutôt châtain clair que blonds... Ses yeux avaient un charme particulier, qu’ils devaient peut-être à l’incertitude de leur couleur ». Elle avait « le nez parfaitement bien formé, la bouche charmante, les dents très belles... un sourire délicieux... la plus belle peau du monde ». Elle était de plus cultivée et très artiste. Tout le monde vantait son charme, son esprit, ses talents de musicienne, son goût des nouveautés hardies.

Sûre de son pouvoir de séduction, elle entreprend de se faire remarquer par Louis XV, lui fait savoir qu’elle l’aime, déclare à qui veut l’entendre qu’elle ne trompera son mari qu’avec lui, voltige autour de lui vêtue de rose et en phaéton bleu lorsqu’il chasse dans la forêt de Sénart. Ses espoirs se réalisent après la mort de Madame de Châteauroux, lors du mariage du dauphin, en mars 1745, et elle est officiellement présentée à la Cour en septembre. La famille royale et nombre de courtisans, fâchés que la fonction de favorite soit enlevée à la noblesse et tombe dans la roture financière, lui sont immédiatement très hostiles et, à Versailles comme à Paris, on chante des chansons qu’on appelle des poissonnades ».

Mais c’est justement une des puissances de la nouvelle favorite que d’être une ambitieuse fille de la Finance régnante. Soutenue par Pâris-Duverney, elle se fait donner le marquisat de Pompadour et se révèle habile à distraire ce perpétuel ennuyé qu’est le roi, à égayer sa maison et ses réunions. Elle n’est sa maîtresse que jusqu’en 1750. Tuberculeuse, l’harassante vie de cour ruinant sa santé et gâtant son visage, elle a la sagesse de s’écarter pour rester la confidente, l’amie dévouée, l’animatrice des plaisirs de Louis XV, dont elle favorise même les passades amoureuses. Moyennant quoi, elle ,‘ règne » pendant vingt-et-un ans.
L’opinion lui reproche son milieu, ses dépenses, qui sont énormes. Avec elle gouvernent, véritables ministres occultes, outre Pâris-Duverney, le frère de celui-ci, Mont martel, dont les avances sont nécessaires à la guerre, à la diplomatie et à la Cour, les Tencin frère et soeur et le maréchal de Richelieu. Elle fait et défait ministres, généraux et ambassadeurs. Elle provoque en 1745 la disgrâce d’Orry, hostile aux Pâris, en 1749 celle de Maurepas, coupable d’avoir touché quelques mots au roi de son rôle politique et d’avoir dirigé contre elle une campagne de dures libelles. Elle lie partie avec le successeur d’Orry au Contrôle général, Machault d’Arnouville, le soutient contre le clergé et pousse au pouvoir Bernis*, Choiseul, le prince de Soubise et bien d’autres. Elle joue un rôle important dans le renversement des alliances de 1756 contre Frédéric et prépare, aidée de la dauphine, de Bernis et de Choiseul-Stainville, ambassadeur à Rome, le traité de Versailles avec Marie-Thérèse d’Autriche, qui sait la flatter. Ennemie de l’Église, qui lui tient rigueur, elle prend parti pour la magistrature contre le clergé, pour les philosophes et lei jansénistes contre les jésuites*. Un seul ministre lui échappe totalement, du moins jusqu’à l’attentat de Damiens en 1757 : le comte d’Argenson*, rude « ami de la famille » qui, comme Machault, tente d’exploiter l’affaire pour la faire chasser. Tous deux sont disgraciés.

Sensible à son impopularité, elle punit d’embastillement, au besoin, la raillerie, mais cherche en même temps à gagner l’opinion en flattant les gens de lettres et en se liant aux écrivains. Elle reçoit ainsi Quesnay*, Crébillon, Duclos, Marmontel, Montesquieu*, Rousseau* (dont elle fait représenter Le Devin du village à la cour de Fontainebleau et à Bellevue où elle joue un rôle), d’Alembert* et Voltaire* qui, grâce à elle et malgré les préventions de Louis XV, devient historiographe du roi, académicien, gentilhomme de la chambre. Elle s’emploie enfin à amortir les coups portés par la justice et le clergé contre l’Encyclopédie*. Voltaire devait écrire après sa mort : Elle pensait comme il faut, personne ne le sait mieux que moi » et il ajouta :
Je lui avais obligation, je la pleure par reconnaissance. »
Femme de goût, elle n’a peut-être pas eu sur les arts l’influence qu’on lui a quelquefois attribuée. Le style Pompadour était en plein épanouissement, avant qu’elle devînt la maîtresse du roi. Mais elle exerce un véritable mécénat par de nombreuses commandes à Gabriel, à Boucher, à La Tour, au graveur Cochin, à l’ébéniste OEben. Les artistes ont multiplié ses portraits ; Boucher, Nattier, Carle Van Loo, Drouais, La Tour, Lemoyne, Pigalle.

Elle conseille au roi de devenir le principal actionnaire de la manufacture de Sèvres et, en 1746, fait donner la survivance de la Direction des bâtiments qu’avait son oncle Tournehem à son frère Abel Poisson, marquis de Marigny*. Ce dernier, formé par Soufflot et Cochin, se révèle actif et digne d’éloges, contribuant à la réaction néo-antique contre le rococo et faisant aménager à Paris la place Louis XV (Concorde), les Champs-Élysées, les boulevards

. Elle-même dépense des millions de livres en bâtiments, qu’elle achète ou fait construire, et qui reviendront au roi : son hôtel de la rue Neuve-des-Petits-Champs (ancien hôtel Pontchartrain), l’hôtel d’Évreux (l’Élysée), Crécy (près d’Évreux), Champs (sur la Marne), Sèvres, La Celle-Saint-Cloud et son préféré Bellevue, cadeau du roi, où elle donne des fêtes raffinées et joue la comédie dans son brimborion de théâtre décoré à la chinoise.
Conseillère omnipotente, elle ne craint pas auprès du roi l’emprise des pensionnaires ”, filles vénales de souche modeste, de la garçonnière du roi qu’est le Parc-auxCerfs de Versailles, mais elle doit se défendre contre d’audacieuses grandes dames, passades royales qui rêvent de lui prendre le roi Mesdames d’Esparbès, de Gramont, de Forcalquier, de Choiseul-Romanet, de Cois-lin, Mademoiselle de Romans — d’un milieu plus modeste, celle-ci — et bien d’autres.

Encore toute-puissante, elle meurt à 42 ans d’une fluxion de poitrine, après avoir montré durant sa maladie beaucoup de courage et de piété. Elle sera enterrée au couvent des Capucines non loin de la place Vendôme. Contrairement à la légende, le roi la pleura. Elle laissait à son frère plus d’objets que d’argent liquide.


sources : Dictionnaire de l’histoire de France Perrin sous la direction de Alain Decaux et André Castelot .ed Perrin 1981

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