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Le krach de Wall Street : Les sermons des pasteurs

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A midi, un élément nouveau intervient. Enfin, le soutien du marché, tant attendu, arrive. Les six banquiers les plus puissants de New York se réunissent à la banque Morgan, qui fait face à la Bourse, en présence du secrétaire d’État au Commerce, Thomas W. Lamont. Tous tombent d’accord pour soutenir le marché et mettre en commun 240 millions de dollars pour procéder à des achats massifs d’actions. A l’issue de la réunion, Lamont indique aux journaux qu’une petite panique s’est emparée du Stock Exchange. Il ajoute que ce malentendu est dû « plus à des raisons techniques qu’à une cause fondamentale ». Il dit encore que la situation est susceptible de s’améliorer.
La nouvelle de la réunion des banquiers et des mesures de soutien se répand à la corbeille. Aussitôt, les prix montent. Quelques minutes plus tard, le vice-président de la Bourse de New York apparaît en personne dans la salle et donne à haute voix des ordres d’achat à un niveau que l’on n’avait pas atteint de la journée. La confiance se rétablit et le marché connaît à nouveau une hausse. Il fléchit quelque peu en fin de journée, mais la baisse est de beaucoup inférieure à celle de la veille.
Ce raffermissement est de peu d’intérêt pour les centaines de milliers de gens qui ont vendu leurs actions et vu s’effondrer leurs rêves d’opulence. Il est 20 heures lorsque le ticker termine le compte rendu de cette journée catastrophique. Dans les salles, les spéculateurs qui se sont débarrassés de leurs actions depuis le matin sont assis, prostrés, devant les appareils.
Des représentants de trente-cinq agences de transmission les plus importantes se réunissent et déclarent aux journalistes que le marché est « fondamentalement sain » et qu’il est « techniquement bien meilleur qu’il ne l’a été depuis des mois »...
Pendant deux jours, l’intervention du syndicat de soutien des banquiers se poursuit avec succès. Les cours, dans l’ensemble, restent stables. La moyenne accuse une légère hausse le vendredi, mais recommence à baisser le samedi. On a confiance dans l’intervention des banques, on lui attribue le rétablissement de la situation. Le New York Times écrit : « Rassurés en sachant que les banques les plus puissantes du pays sont prêtes à empêcher un retour à la panique, les milieux financiers sont apaisés aujourd’hui. »
De tous côtés ce ne sont que déclarations rassurantes. Le colonel Leonard Ayres, de Cleveland, estime qu’aucun autre pays n’aurait pu surmonter aussi bien une telle crise. Eugene M. Stevens, président de la Continental Illinois Bank, déclare : « Rien dans la situation actuelle n’autorise l’inquiétude. » Pour Walter Teagle, il n’y a aucun
changement fondamental dans le marché du pétrole qui justifie l’anxiété. Charles M. Schwab indique que l’industrie de l’acier a connu des progrès réels, ajoutant que la situation « fondamentalement saine » en est la cause. Et le président Hoover renchérit : « Les principales activités du pays, c’est-à-dire la production et la distribution de biens, sont fondées sur des bases solides. Achetez maintenant, la prospérité est au coin de la rue. »
Une seule note discordante dans ce concert optimiste, la voix du gouverneur Franklin D. Roosevelt, qui critique la « fièvre de spéculation ».
Le dimanche, dans leurs sermons, les pasteurs suggèrent que ce fléau n’est peut-être pas tout à fait immérité. Pour la plupart des gens, la crise est terminée et l’on va pouvoir se remettre à spéculer sérieusement. Les journaux sont remplis de perspectives encourageantes pour la semaine à venir. Les actions, s’accorde-t-on à reconnaître, sont de nouveau à bas prix et il devrait en résulter une fièvre d’achat. Les journaux du 28 octobre déclenchent une offensive concertée, incitant à des achats immédiats et massifs. Ce même lundi commence le désastre.


sources Historia 1970

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