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Les origines de la Table Ronde

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C’est dans le récit de Wace qu’est mentionnée pour la première fois la Table Ronde. L’origine, on le sait, en est le désir d’Arthur de prévenir toute querelle de préséance. Mais Layamon au début du 13e siècle relate une querelle, lors d’un grand festin, qui avait débouché sur un affrontement violent : un charpentier de Cornouailles aurait alors créé une immense Table Ronde susceptible de recevoir mille six cents hommes. La source de ce récit semble bien une vieille coutume celte qui voulait que les guerriers fussent assis en cercle autour de leur roi.

Une tradition plus tardive, que rapportent les récits en prose du 13e siècle, assigne l’origine de la Table à Merlin. Perceval, dans un passage de La Quête du Saint Graal, apprend de, la recluse qui est en fait sa propre tante, qu’il y a eu trois Tables depuis l’avènement de Jésus-Christ. La première était celle où le Christ avait pris place avec ses apôtres, table instituée par l’Agneau sans tache sacrifié pour la Rédemption des hommes. Une autre table fut alors faite en mémoire de la première, la table du Saint Graal, par Joseph d’Arimathie à l’époque de l’évangélisation de la Grande Bretagne.

A cette époque là les compagnons de Joseph, très nombreux, arrivent dans l’île et cherchent de la nourriture. Ils trouvent une vieille femme qui porte douze pains. Mais le partage ne se fait pas sans querelle. Joseph " partagea les pains, en répartit les morceaux sur la table, et mit à la place d’honneur le Saint Graal dont la présence fît, si bien se multiplier les douze pains que tout le peuple - les quatre mille personnes - en fut miraculeusement nourri et rassasié ". L’un des sièges de la table fut gardé pour le fils de Joseph nommé Joséphé, qui sera le seigneur de tous ceux qui prendront place à la table du Graal. Pris de jalousie, deux frères, parents de Joséphé, s’opposent à cette décision. L’un des deux frères y prend place : sa transgression est sévèrement punie, la terre s’ouvre et l’engloutit. Ainsi le siège sera appelé le Siège Redouté ou Périlleux.
" Après cette table, il y eut la Table Ronde, instituée selon les conseils de Merlin, et non sans grande signification. Elle est en effet appelée Table Ronde parce qu’elle signifie la rotondité du monde et le cours des planètes et des éléments du Firmament dans lequel on peut voir les étoiles et les autres astres. Aussi peut-on à juste titre affirmer que la Table Ronde représente le monde. Au reste, comme vous le savez, là où la chevalerie existe, que ce soit en terre païenne ou chrétienne, ses membres viennent à la Table Ronde et, si Dieu leur accorde la grâce d’y prendre place, ils s’estiment plus comblés que s’ils avaient le monde entier en leur possession, et ils en oublient parents, femmes et enfants. " Ainsi Merlin préside à l’institution de la troisième Table, celle de nos récits, celle dont le rôle, moins spirituel souvent, est constant Comme centre de ralliement et comme point spatial, à la fois réel et symbolique. Merlin rattache donc les quêtes des chevaliers et les secrets du Saint Graal : il annonce qu’un jour Notre-Seigneur enverra parmi eux un chevalier pour qui est fait un siège " de très grande dimension " qui attend le Vrai Chevalier. Lorsque Perceval demande à occuper le siège, il s’ensuit un tremblement de terre et les " enchantements de Bretagne " se déclenchent, qui ne prendront point de fin jusqu’à ce que l’un des chevaliers de la Table Ronde dépasse tous les autres en chevalerie et pose auprès du riche Roi Pêcheur la question tant attendue. Au début de La Quête du Saint Graal, Galaad, enfin, occupera le Siège Périlleux. Désigné par Dieu, tout en étant né du diable pour être l’Antéchrist, Merlin par cette instauration de la Table et les conseils qu’il prodigue à Arthur prouve qu’il est le maître du temps dans la légende arthurienne. Il détient tous les savoirs, sur le passé, le présent et l’avenir : " Il faut, tu le sais bien, discerner les bons des mauvais et honorer chacun selon ce qu’il est, dit Merlin à Arthur. Et voici ce que je te conseille : dès qu’un chevalier se mettra en quête de faits d’armes, tu lui demanderas de jurer, avant son départ, de raconter la vérité à son retour, au sujet de ce qu’il aura trouvé durant sa quête, que ce soit à son honneur ou à sa honte. Ainsi tu connaîtras les prouesses de tous, car je sais qu’ils ne seront pas parjures. - Au nom de Dieu, répond le roi, voici un enseignement précieux, et je vous promets que cette coutume sera observée dans ma maison aussi longtemps que je vivrai ! "
Ainsi donc par ses origines, par ses finalités, par les itinéraires que vont suivre et dont vont parler les chevaliers d’Arthur, la Table Ronde s’intègre dans un parcours d’accomplissement ; une éthique véritable s’y attachera pour longtemps, à laquelle la Table fournit un ancrage spatial et symbolique. Elle est, comme le disait excellemment Jean Frappier, l’expression de l’idéal chevaleresque, le centre à la fois géométrique et poétique de toutes les aventures. Le chevalier de la Table Ronde est attendu pour rendre la terre à sa prospérité ou faire cesser les enchantements. " Il faut absolument que vienne le chevalier errant d’un pays lointain " disent Les Merveilles de Rigomer. Les blessures peuvent rester béantes jusqu’à ce qu’arrive le héros rédempteur. Or venir d’un pays lointain signifie partir, et ce départ est la recherche de l’aventure.
" Errer " : aller son chemin, ne pas s’attarder, partir pour une quête... Le " chevalier errant ", dont les contours romanesques ont réellement été inventés par Chrétien de Troyes, est un chevalier disponible, plus encore, un type littéraire. Fiction et réalité - le Moyen Age féodal a connu le chevalier sans fortune et sans fief qui allait de tournoi en tournoi, dont la disponibilité était une façon de survivre. Cette réalité, qui n’explique certes pas la légende arthurienne, se profile derrière l’image idéale du chevalier de la Table, toujours " en errance ". A tel point qu’Érec, qui s’est abandonné aux délices de l’amour, est accusé de " recreantise ". Il a oublié l’aventure.

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