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Le mythe de l’invincibilité du guerrier chinois

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Noël fut loin d’être la joyeuse fête qu’escomptaient les soldats des Nations Unies et beaucoup perdirent courage. Il leur était particulièrement pénible de constater que malgré leur armement supérieur ils avaient été incapables de contenir l’avance chinoise.
Les Américains, beaucoup trop confiants dans l’aspect « économie de main d’œuvre » d’une guerre moderne, accusaient mal le choc en découvrant que leur équipement sophistiqué était un obstacle plutôt qu’un atout.
Sur des routes de montagne accidentées, sinueuses, les grands et puissants tanks devenaient des monstres gauches et encombrants. Les canons lourds et les avions perdaient de leur efficacité contre des ennemis qui, comme les chinois étaient maîtres dans l’art du camouflage et assez rusés pour se tenir hors de leur portée ou de leur vue.

Le terrain accidenté de la Corée du nord- est, fait sur mesure pour la guérilla favorisait bien évidemment les Chinois légèrement armés, dont la principale force résidait dans la multitude de leur fantassins audacieux et autonomes.
Leur faiblesse encore peu apparente à stade ce guerre, tenait à leurs méthode primitives de ravitaillement. Lorsqu’ils se trouvaient à court de vivres et de munitions généralement tous les 5 à 6 jours, ils devaient interrompre le combat en attendant un nouvel arrivage. En outre, leurs techniques combat, bien qu’éprouvantes pour les nerfs, avaient l’inconvénient d’être par trop prévisibles.

Mais en ce triste Noël de 1950, ce n’était pas la faiblesse des Chinois qui occupait les esprits des troupes des Nations Unies, mais le spectre effrayant du combattant chinois, guerrier indomptable capable de marcher et de faire la guerre indéfiniment sans rien d’autre pour se sustenter qu’un bol de riz et une poignée de soja quotidiens. Indifférent aux blessures, au froid, à la fatigue, et même à la mort, constant dans sa détermination, ce surhomme semblait réellement invincible à nombre de soldats des Nations Unies, ce qui contribua beaucoup à leur démoralisation.

Ranimer le moral des troupes, telle fut la tâche du lieutenant-général Matthew Ridgway qui remplaça, à la tête de la VIIIe armée, le général Walker tué dans un accident de la route, le 23 décembre. Mais Ridgway hérita de responsabilités plus importantes que son prédécesseur. Jusqu’alors les forces des Nations Unies en Corée étaient divisées en deux commandements placés sous l’autorité du général MacArthur.

Après la quasi-catastrophe de l’offensive de novembre que MacArthur se refusait à reconnaître comme un échec, les commandements furent réunis et le 10e corps fit partie de la VIII’ armée. Le commandement suprême des armées de terre, mer et air, restait entre les mains de MacArthur. Ridgway devenait donc responsable de la totalité, et non pas d’une partie seulement, des opérations terrestres en Corée.

Quand il arriva en Corée le 26 décembre, Ridgway fut consterné par l’état d’esprit et 1e désenchantement qui régnaient à tous les niveaux. Pendant 2 jours, il sillonna le front essayant de redonner optimisme et espoir à des hommes qui, il le savait parfaitement bien, auraient à affronter une nouvelle offensive chinoise. Il fit un fréquent usage du vieil et savoureux adage militaire : « Trouvez-les ! Arrêtez-les ! Combattez-les ! Exterminez-les ! » Mais sa recette d’optimisme n’eut pas le temps d’agir : la nouvelle offensive chinoise eut lieu le 31 décembre.

En cette dernière nuit de l’année 1950, 400 000 Chinois et environ 100 000 Nord-Coréens, se ruèrent au combat en criant : « Tuez les G.I. ! » ; ils franchirent le 38’ parallèle et déferlèrent en masse sur la VIIIe armée. Des unités de Sud-Coréens rompirent le combat et s’enfuirent, abandonnant fusils, pistolets, canons, mortiers, mitrailleuses, bref tout ce qui pouvait gêner leur course. Ridgway en personne surprit une colonne de fuyards juste au nord de Séoul, le 1" janvier 1951. Il sauta de sa jeep et bondit au milieu de la route pour tenter de stopper les camions remplis de Sud-Coréens. En vain. Ridgway donna des ordres pour que des postes chargés de récupérer les fuyards soient mis en place plus loin. Finalement, la débandade des Sud-Coréens fut arrêtée.

Des unités américaines avaient également battu en retraite devant l’offensive chinoise. Démoralisées, elles ne trouvèrent, dans le repli précipité de Ridgway menacé d’être débordé sur ses flancs, rien qui pût 1es réconforter.
La VIII’ armée abandonna Séoul le 4 janvier et fit sauter les ponts-pontons sur le fleuve Han tout proche. Inchon fut évacuée le même jour. La vue du drapeau rouge de la Corée du Nord flottant au-dessus du palais du Capitole à Séoul fut très durement ressentie par les hommes de la VIII’ armée qui venaient de réaliser que leur retraite de 450 km en 4 jours était la plus longue de l’histoire des Etats-Unis. Pour couronner le tout, 13 000 hommes avaient péri et d’importantes quantités de matériel avaient été perdues.
Malgré tout, Ridgway réussit à se maintenir au sud de Séoul, ce qui obligea les Chinois à se tourner vers l’est. Là, ils concentrèrent leurs efforts sur Wonju où ils parvinrent à percer, menaçant sérieusement des unités de la 2e division américaine. Mais cette impressionnante démonstration de la puissance chinoise fut de courte durée.
Ridgway colmata la brèche avec ses réserves, dissipant le danger.
Le 15 janvier, grâce à l’incontestable supériorité de son aviation, Ridgway avait stabilisé le front selon une ligne traversant d’est en ouest la péninsule, du nord d’Ansong au nord de Samchock en passant légèrement au sud de Wonju.
A ce moment-là, les armées chinoises, à court de ravitaillement, durent interrompre leurs actions. En même temps, elles devaient faire face à un problème plus grave encore : la faiblesse de leurs lignes de communication de plus en plus longues et vulnérables aux attaques aériennes des Nations Unies.

La force aérienne des Nations Unies qui, depuis le 18 décembre, disposait du puissant chasseur-intercepteur à réaction, le F86 Sabre, fit beaucoup pour protéger la VIIIe armée pendant sa longue retraite, en pilonnant les Chinois et en ralentissant leur progression. Maintenant que les troupes de Ridgway se trouvaient solidement retranchées sur leur ligne défensive, les Chinois obligés de se déplacer plus à découvert, subissaient une fois encore les coups de l’aviation. Leur avance en Corée du Sud avait, en fait, atteint sa limite.
C’est alors que Ridgway projeta une série d’attaques à objectifs limités qui tireraient un meilleur parti des armements modernes. Les longues et lentes colonnes motorisées, inadaptées au relief de la Corée, furent abandonnées au profit de ce que Ridgway appelait lui-même : « De bonnes jambes et une forte puissance de feu ».


Sources connaissance de l’histoire ed Hachette 1982

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