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L’entrée des Romains dans Syracuse

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L’entrée des Romains dans Syracuse

Déjà les mille soldats étaient maîtres d’une partie des remparts. On fit approcher le reste des troupes, et, à l’aide d’un plus grand nombre d’échelles, elles escaladèrent le mur. Le signal leur était donné de l’Hexapyle, où les premiers assaillants étaient parvenus au milieu d’une profonde solitude, la plupart des gardes, après s’être livrés à la débauche sur les tours, étant assoupis par le vin, ou achevant de s’enivrer. Quelques-uns cependant furent surpris et égorgés dans leurs lits. Près de l’Hexapyle était une petite porte que l’on se mit à rompre avec violence.

Et en même temps la trompette donna du haut des murs le signal convenu. Déjà de toutes parts ce n’était plus une surprise, mais une attaque à force ouverte ; car on était arrivé au quartier des Épipoles, où les postes étaient nombreux. Il restait alors à effrayer plutôt qu’à tromper l’ennemi, et on y réussit. En effet, au premier son des trompettes, aux cris des Romains, qui occupaient les murailles et une partie de la ville, les sentinelles crurent que tout était au pouvoir de l’ennemi. Les uns s’enfuirent le long des murs, les autres sautèrent dans les fossés, ou y furent précipités par la foule des fuyards. Toutefois une grande partie des habitants ignoraient leur malheur, parce que tous étaient appesantis par le vin et par le sommeil, et que dans une ville aussi vaste, le désastre d’un quartier ne pouvait être aussitôt connu des autres.

Au point du jour, quand l’Hexapyle fut forcé, l’entrée de Marcellus avec toutes ses troupes réveilla les assiégés, qui coururent aux armes pour secourir, s’il était possible, une ville à moitié prise.

Épicyde sort de l’île appelée Nasos et se porte rapidement à la rencontre des assaillants, qu’il suppose avoir franchi les murs en petit nombre grâce à la négligence des gardes et qu’il espère repousser sans peine. Il reproche aux fuyards qu’il trouve sur son chemin d’augmenter les alarmes, de grossir les objets et d’exagérer le péril ; mais quand il voit le quartier des Épipoles rempli d’ennemis, il se hâte, après avoir fait lancer sur eux quelques traits, de retourner vers l’Achradine, moins dans la crainte de ne pouvoir soutenir les efforts d’ennemis nombreux que dans le but de prévenir à l’intérieur une trahison qui pourrait naître de la circonstance, et lui fermer, au milieu du tumulte, les portes de l’Achradine et de l’île.
Marcellus, entré dans Syracuse, et, d’une hauteur, contemplant à ses pieds cette ville, la plus belle peut-être qui fût alors, versa, dit-on, des larmes, moitié de joie d’avoir mis fin à une si grande entreprise, moitié ému par le souvenir de l’antique gloire de cette cité. Il se rappelait deux flottes athéniennes coulées à fond, deux armées formidables détruites avec deux généraux illustres, tant de guerres hasardeuses soutenues contre Carthage, tant de tyrans et de rois si puissants, et avant tous, Hiéron, dont la mémoire était encore si récente, et qui s’était signalé par son courage, par des succès, surtout par les services qu’il avait rendus au peuple romain. Tout plein de ces souvenirs et de la pensée que tout ce qu’il voyait allait dans une heure devenir la proie des flammes et être réduit en cendres, il voulut, avant d’attaquer l’Achradine, se faire précéder des Syracusains qui, comme on l’a dit, s’étaient réfugiés dans le camp romain, dans l’espoir qu’ils pourraient déterminer, par la persuasion, les ennemis à rendre la ville.


Eugène Lasserre, Tite-Live, Histoire romaine, t. IV, Paris, Garnier, 1937

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