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L’attaque à la grenade

, par


Une fois l’U-boot repéré, le problème était de n’attaquer, et de réussir l’attaque. Au début des hostilités, aucune marine de guerre n’employait d’autre moyen que la grenade sous-marine. C’était simplement un gros cylindre d’acier contenant environ 150 kg d’un puissant explosif, muni d’une fusée sensible à la pression de l’eau et réglée pour une profondeur déterminée. Ayant détecté un sous-marin avec l’ASDIC. le navire attaquant essayait de passer exactement au-dessus, afin de lancer une ou plusieurs grenades à la verticale. Le cylindre était conçu de manière à couler lentement pour que le navire lanceur soit suffisamment éloigné au moment de l’explosion. Lorsque l’engin avait atteint la profondeur voulue, la pression de l’eau repoussait un diaphragme à ressort ; le percuteur heurtait le détonateur, provoquant l’explosion. Celle-ci était capable d’enfoncer les tôles de n’importe quel submersible jusqu’à cent mètres environ.

Mais la mer est grande et cent mètres sont peu de chose ; pour quantité de raisons, la grenade n’eut pas l’efficacité que l’on espérait. Tout d’abord, le sous-marin ne se laissait pas faire ; au moment où l’assaillant fonçait sur lui, il pouvait virer pour l’éviter et augmenter sa vitesse afin de s’éloigner de la zone dangereuse. Ensuite le réglage de la profondeur d’explosion comportait des éléments d’incertitude : les modèles de fusées étaient peu nombreux, et il fallaiten choisir un parmi un nombre restreint, choix basé selon les indications de l’ASDIC, sur l’expérience et sur des supputations. Mais si le réglage n’était pas le bon, le sous-marin pouvait encore s’échapper. Enfin, au moment critique, l’attaquant perdait toujours le contact de ce dernier ; en effet, pour diverses raisons techniques, l’ASDIC ne donnait plus d’indications quand il se trouvait à proximité ou juste au-dessus de l’U-boot, qui pouvait souvent s’esquiver pendant ce temps mort et ne jamais plus être retrouvé. Dans le meilleur des cas, il fallait plusieurs minutes à l’assaillant pour repérer à nouveau l’objectif et effectuer une nouvelle attaque.


sources Collections les documents Hachette n°7 1977

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