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Guerres médiques

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Les guerres médiques ont opposé les Grecs aux Perses (confondus par les Grecs avec les Mèdes, autre peuple iranien) au début du Ve siècle av. J.-C.

La révolte de l’Ionie

La révolte de l’Ionie représente un épisode décisif vers la confrontation entre Grecs et Perses. Elle a pour origine la volonté de Darius Ier de contrôler les sources d’approvisionnement en blé et en bois de construction navale de la Grèce. Pour cela il doit s’attaquer, avec l’aide de contingents grecs ioniens, dans un premier temps aux Scythes, qui avaient fondé un puissant empire en Russie méridionale et dont les relations commerciales avec les Grecs étaient fructueuses et actives. Il y a sans doute aussi la volonté de contrôler la route du commerce de l’or, extrait des monts Oural ou de Sibérie et dont les Scythes faisaient grand commerce. Certes l’expédition contre les Scythes est un échec, ceux-ci appliquant la technique de la terre brûlée devant l’armée perse. L’armée perse échappe même au désastre et à l’encerclement grâce à la loyauté du contingent Grec qui garde le pont sur le Danube (Ister).

Cependant Darius s’est assuré la maîtrise de la Thrace tandis que le roi Amyntas Ier de Macédoine reconnaît la suzeraineté de la Perse (513 av. J.-C.). En 508, c’est l’île de Samothrace qui tombe sous le joug perse. Même Athènes sollicite vers -508 l’alliance perse. De cette campagne Darius en tire la conclusion qu’il peut compter sur la fidélité des Grecs ioniens. Ceux-ci par contre estiment qu’ils peuvent sans risques excessifs se révolter contre la domination perse car l’expédition contre les Scythes a montré que l’empire achéménide n’est pas invulnérable.

Les origines de la révolte

L’Ionie souffre dans ses intérêts de cette domination. Elle est constituée de 12 cités grecques fondées depuis au moins le VIIIe siècle avant l’ère chrétienne : Milet, Éphèse, Phocée, Clazomènes, Colophon, Priène, Téos, Chios, Samos, Érythrée, Myonte et Lébédos. Il faut y ajouter les cités de l’Éolide, région située au nord-ouest de l’Ionie, dont celle de Smyrne. Ces cités dont s’était emparé Cyrus II, ou plutôt son général Harpage vers 540 av. J.-C., étaient prospères au moment de la conquête. Depuis seul Milet avait réussi à conclure un traité d’amitié lui assurant une relative indépendance. C’est toutefois Milet qui se trouve à l’origine du soulèvement de 499.

Pourtant la domination perse n’est pas pesante. Chaque cité conserve ses institutions à la condition expresse d’accepter et d’entretenir le tyran grec ou le satrape ou fonctionnaire perse qu’il plaisait au « Grand Roi » d’envoyer. Darius Ier et ses successeurs respectent les coutumes des différents peuples de leur empire et se chargent parfois de rappeler à l’ordre les fonctionnaires zélés. Mais Milet sent sa prospérité menacée par l’arrivée des Perses.

Depuis 512, la mer Noire est un « lac perse », la Thrace est devenue une satrapie. Or, Milet s’y fournit en blé et en toutes sortes de matières premières. À cela s’ajoute que les gens de Milet ont vu partir leurs « intellectuels », qui prennent la fuite devant la domination perse. Les Perses demeurent, aux yeux de nombreux Grecs ioniens, des barbares rétifs aux « charmes » de la civilisation grecque qui conservent leur langue, leur religion et leurs coutumes. Enfin la colonisation perse ferme l’accès des mers septentrionales au moment où Sybaris, l’entrepôt occidental de Milet, tombe sous les coups de Crotone (510). De plus les perses favorisent systématiquement les rivaux Phéniciens de Tyr et Sidon.

Enfin la prise de Byzance par les Perses leur ferme les détroits et le commerce vers le Pont-Euxin. Sans doute aussi ne faut-il pas négliger une volonté d’émancipation des cités ioniennes qui les poussent d’une part à rejeter les tyrans imposés par les Perses, et d’autre part à se libérer du joug achéménide. Lorsque la révolte éclate elle a comme première conséquence, dans de nombreuses cités, l’éviction des tyrans et la proclamation de l’isonomie.

Le rôle de Milet et la recherche d’une aide de la Grèce d’Europe

La souveraineté redevient donc une priorité. Cette aspiration à la liberté est théorisée par Aristagoras de Milet. Sous la bannière de la libération, il rassemble les cités ioniennes. L’objectif de reprendre Byzance et Chypre aux Perses semble réaliste et pousse les Grecs d’Asie à la révolte. Celle-ci se prépare en grand secret à Naxos et à Milet. Le tyran de cette dernière est Histiée retenu à Suse par Darius et dont l’homme-lige, dirigeant la cité en son absence, est son gendre Aristagoras, neveu d’un ancien tyran de la ville. Celui-ci dans un premier temps est allié aux Perses pour reprendre Naxos (500 av. J.-C.) qui s’est révoltée mais se brouille rapidement avec le général perse.

Il reçoit à ce moment des conseils d’Histiée lui enjoignant de se révolter contre Darius. Sans doute craint-il aussi de porter la responsabilité de l’échec devant Naxos. Après un conseil tendu des milésiens, où seule la voix discordante d’Hécatée, un prédécesseur d’Hérodote, s’opposa au projet, Aristagoras brandit l’étendard de la révolte (499) et s’empare de plusieurs navires perses ou phéniciens. Il proclame ensuite l’égalité des cités ioniennes. Or, cette alliance manque d’un projet clair et surtout de moyens ; il faut donc espérer de l’aide de la Grèce d’Europe.

Aristagoras part donc à l’hiver -499 en Grèce continentale pour solliciter une aide militaire. Le moment est peu propice car Sparte est divisée par la rivalité des deux rois Cléomène Ier et Démarate. Quant à Athènes, elle se remet à peine des convulsions consécutives à la mise en place des réformes de Clisthène. Finalement seules deux cités répondent à l’appel, Athènes (20 bateaux) et Érétrie (5 bateaux) par reconnaissance pour Milet qui jadis l’avait aidée contre Chalcis. Au total cela ne représente guère plus de 2 000 hommes. Pour les cités grecques d’Europe, le problème a l’air d’être lointain et les conflits locaux sont jugés plus importants.

Les étapes du conflit

Il va cependant falloir plus de six ans aux Perses pour mater la rébellion. En effet les premiers combats sont favorables aux Ioniens. La flotte grecque anéantit la flotte phénicienne lors d’un premier combat sur les côtes de Pamphylie, sans doute vers 498 av. J.-C.. Sur terre, les Perses se préparent à assiéger la ville de Milet quand Charopinos, le frère d’Aristagoras, avec l’aide du contingent athénien, organise une diversion et ravage Sardes, l’ancienne capitale de Crésus qui était le siège d’une satrapie. Mais au retour le satrape Artapherne, qui assiégeait Milet, les intercepte sur les hauteurs d’Éphèse et remporte la victoire (printemps 498).

À la fin de l’été 498, le corps expéditionnaire grec - ou du moins ce qu’il en reste - plie bagage pour rentrer sur Athènes ou Érétrie. Cette défection n’empêche pas la révolte de gagner de l’ampleur. À l’automne 498, le soulèvement gagne Chypre, à l’exception de Citium, ainsi que la Propontide et l’Hellespont jusqu’à Byzance. Puis la Carie se révolte à son tour. Au début de 497, la situation des Perses est critique mais Darius Ier réagit avec célérité et lève simultanément trois armées et une nouvelle flotte. En un an (497) la révolte est écrasée à Chypre puis dans les cités de l’Hellespont. Quant aux Cariens ils sont vaincus sur le fleuve Marsyas à l’automne 497, malgré l’aide des Milésiens, puis à Labraunda lors de l’été 496. Il semble que vers cette époque Aristagoras s’enfuit en Thrace où il meurt peu après (497) dans un combat obscur. Quant à Histiée il devient pirate en mer Égée. Il est tué peu après.

Les Cariens se ressaisissent et infligent une grave défaite aux Perses à l’automne suivant à Pédassos (496). Finalement, des négociations longues et pénibles s’engagent et les Cariens ne déposent les armes définitivement qu’en 494. Milet se retrouve alors seule. Au début de l’année 494, les Perses massent leurs troupes contre Milet. La ville doit être assaillie à la fois par terre et par mer. Une bataille navale opposant environ 350 navires grecs à 600 navires phéniciens, égyptiens et chypriotes se déroule au large de l’île de Ladè durant l’été 494. La flotte grecque est anéantie. La ville est prise et rasée peu après et sa population déportée sur les berges du Tigre. Lors de l’année 493 les Perses soumettent les dernières villes et îles rebelles (Chios, Lesbos et Ténédos) tandis que leur flotte longe victorieusement les côtes de l’Hellespont et de la Chalcédoine.

Les conséquences de la défaite ionienne

Cette défaite entraîne en Grèce continentale, en particulier à Athènes, une profonde réaction de tristesse. Ainsi le poète Phrynicos compose une pièce intitulée La prise de Milet qui fait fondre en larmes le public (son auteur étant condamné à une amende de 1000 drachmes pour avoir rappelé des évènements malheureux). L’intervention militaire perse en Asie mineure a cependant tourné Darius vers l’Occident et peut-être suscité en lui des idées expansionnistes, ou du moins le désir d’établir en Grèce même des régimes qui lui soient favorables. Le rôle joué par Athènes et Érétrie lui montre la nécessité d’imposer son autorité sur les deux rives de la mer Égée. Cependant, si l’on excepte le sort de Milet, Darius use d’une modération relative imposant certes un fort tribut aux cités révoltées mais leur laissant leur autonomie.

Première guerre médique

La campagne de 492

En effet, Darius Ier n’a pas oublié l’aide, même dérisoire, apportée par Athènes et Érétrie. Il prépare donc une expédition punitive contre la Grèce continentale. Pour cela il charge son gendre Mardonios de reprendre en main la Macédoine et la Thrace, théoriquement soumises mais dont les garnisons perses avaient été évacuées lors de la révolte de l’Ionie. Au printemps 492, Mardonios rassemble sa flotte et son armée en Cilicie puis franchit l’Hellespont et traverse la Thrace et la Macédoine. La flotte fait voile vers Thasos, la soumet au passage, et suit la côte européenne jusque vers Acanthos.

Assaillie par une violente tempête, au moment de doubler le cap du mont Athos, la flotte perd la moitié de ses navires. Puis une attaque de tribus de Païoiens surprenant le campement perse fait de nombreuses victimes. Au total, les sources comptent plus de 30 000 morts entre les deux évènements. Certes il faut se méfier des chiffres des effectifs militaires et des pertes annoncées souvent sujets à caution, mais il est clair que Mardonios doit donner l’ordre de la retraite. Cela ne décourage pas Darius, simplement il estime maintenant nécessaire de préparer la prochaine expédition avec davantage de minutie.

L’expédition perse de 490

Toute l’année 491 est consacrée aux préparatifs militaires et diplomatiques de cette offensive. De nombreuses cités grecques reçoivent des ambassadeurs demandant leur soumission. Certaines s’exécutent, mais Athènes comme Sparte refusent et mettent à mort (selon Hérodote) les ambassadeurs perses, sans toutefois prendre de véritables mesures pour devancer la future offensive.

L’armée perse, dirigée par les généraux Artapherne (armée de terre) un neveu de Darius et Datis (flotte), traverse cette fois directement la mer Égée, droit sur l’Eubée et l’Attique, après cependant avoir pris au passage le contrôle de Naxos et Délos (490). Il y a de 100 000 à 200 000 soldats perses selon les versions, mais les Historiens contemporains estiment que le chiffre réel est compris entre 25 000 et 50 000, ce qui est déjà considérable pour l’époque. Au total la flotte perse représente sans doute 600 trières. Elle atteint la pointe méridionale de l’Eubée, ravage Carystos, qui refusait d’ouvrir ses portes, puis Érétrie, abandonnée par ses alliés athéniens, détruite et dont la population est déportée à Ardéricca près de Suse, marquant ainsi la première étape de la vengeance du Grand Roi.

La bataille de Marathon

L’armée perse débarque, sur les conseils d’Hippias, l’ancien tyran d’Athènes, début septembre 490 sur la plage de 4 kilomètres environ qui borde la plaine de Marathon à quarante kilomètres d’Athènes. Les Athéniens n’attendent pas l’ennemi derrière leurs remparts mais conduits par le stratège Miltiade, les hoplites athéniens et platéens, environ 10 000 hommes, se rendent à la rencontre des Perses. Le 13 septembre les Perses décident d’attaquer Athènes par terre et par mer. Une partie des troupes perses, y compris la cavalerie, rembarque, avec pour objectif de débarquer à Phalère afin d’atteindre rapidement l’Acropole. Les troupes restantes, à peu près 21 000 soldats, franchissent alors le Charadra, le petit ruisseau qui traverse la plaine de Marathon avant de se perdre dans des marais littoraux, afin d’empêcher le retour des troupes athéniennes vers la cité.

Celles-ci, avec leurs alliés de la cité de Platées, occupent deux petites hauteurs, le Pentélique et le Parnès et attendent les renforts promis par Sparte, renforts qui tardent. Devant l’évolution de la situation, les Athéniens n’ont plus le choix : il faut battre les Perses dans la plaine de Marathon puis devancer les navires ennemis et gagner Athènes pour la protéger. Miltiade, l’un des dix stratèges athéniens connaît la faiblesse de l’armée perse pour avoir combattu avec eux lors de l’offensive contre les Scythes. En effet cette armée est composée de soldats d’origines différentes, ne parlant pas les mêmes dialectes et n’ayant pas l’habitude de combattre ensemble. De plus l’armement perse, avec des boucliers en osier et des piques courtes, ne permet pas les combats au corps à corps.

Au contraire l’armement des Grecs est celui d’une infanterie lourde, les hoplites, protégés par un casque, un bouclier, une cuirasse, des jambières et des brassards en airain (bronze). S’y ajoutent une épée, une longue lance et un bouclier de peau et de lames de métal. Enfin les hoplites combattent en rangs serrés (phalange) leurs boucliers formant devant eux une muraille. Miltiade décide Callimaque le Polémarque d’étendre la ligne des soldats grecs, afin de ne pas être submergé par le nombre, et de renforcer les ailes au détriment du centre. En effet les Perses disposent leurs meilleures troupes au centre et il s’agit donc de les envelopper.

Les Athéniens chargent donc dès qu’ils arrivent à portée de flèche. Il est en effet improbable, au vu de la lourdeur de l’équipement des hoplites, que ceux-ci effectuent une charge de plus de 1500 mètres comme l’affirment les historiens de l’époque. Comme prévu les ailes de l’armée perse, composées de troupes éparses levées dans l’empire ou d’Ioniens peu motivés, se débandent et remontent dans la panique à bord des navires. Mais le centre des Grecs est enfoncé et cède. Les troupes grecques disposées sur les ailes renoncent à poursuivre les troupes perses en déroute et se rabattent sur le centre de l’armée perse en une parfaite manœuvre de tenaille. Celui-ci s’effondre à son tour.

Au total environ 6400 Perses sont tués, la plupart noyés en s’enfuyant, et sept navires sont détruits, tandis que les Athéniens perdent environ 200 citoyens. Une telle différence n’a rien d’extraordinaire, même si le chiffre des pertes perses est sans doute exagéré. En effet on constate fréquemment un ratio de un tué chez les Grecs à 20 ou 30 pour les armées orientales dans les diverses batailles les opposant aux peuples d’Asie.

Mais il est nécessaire de prévenir la seconde offensive des Perses avec l’attaque des meilleurs éléments de leur armée qui avaient rembarqué avant la bataille de Marathon. La flotte perse a besoin d’une dizaine d’heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phalère. Par une marche forcée de sept ou huit heures, avec une bataille dans les jambes, les hoplites grecs arrivent environ une heure avant la flotte ennemie. Les Perses voyant l’échec de la manœuvre renoncent à débarquer. Ainsi s’achève la première guerre médique. Cette victoire stratégique devint symbolique pour les Grecs et conféra un grand prestige à Athènes. En fait pour les Perses il s’agit surtout d’un débarquement manqué et d’un échec mineur. Leur expédition a réussi à soumettre toutes les îles de la mer Égée, en tout cas un grand nombre, au pouvoir de Darius Ier.

Selon certains historiens (qu’Hérodote récuse), c’est à cette occasion que Phidippidès (ou Philippidès) aurait couru annoncer la nouvelle donnant son nom au marathon. Néanmoins la distance du marathon retenue pour les Jeux Olympiques fut définitivement fixée en 1908 à 42,195km, distance reliant le chateau de Windsor et la loge royale du stade olympique de Londres. Cela dit, que l’épisode de Philippidès soit véridique ou pas, l’exploit sportif ici est collectif avec la marche forcée des hoplites athéniens afin d’empêcher le débarquement perse à Phalère.

La réaction de Darius à cette défaite est d’emblée de préparer sa revanche et une nouvelle expédition. Il est impossible au souverain d’un tel empire de demeurer sur une défaite. Mais une révolte éclate alors en Égypte, dirigée par le satrape Aryandès et occupe les derniers mois de Darius. Celui-ci meurt en -486 et lui succède son fils Xerxès Ier.

Seconde guerre médique

Les préparatifs perses

Il est certain que pour les souverains perses la défaite de Marathon est un motif supplémentaire pour en finir avec Athènes et il faut bien considérer l’expédition de 480 av. J.-C. comme une volonté de revanche et une expédition punitive. Xerxès y est encouragé par son caractère impulsif et brutal mais aussi par les exilés d’Athènes nombreux à la cour du Grand Roi ainsi que par son beau-frère Mardonios (tandis que son oncle Artabane s’y oppose).

Pour cette expédition les préparatifs sont très longs. Tout d’abord Xerxès doit réprimer les révoltes de l’Égypte et de Babylone, ce qu’il fait avec une très grande brutalité. Puis à partir de 484/483, il planifie l’invasion de la Grèce, ne laissant rien au hasard. C’est ainsi qu’il encourage Carthage à s’attaquer aux Grecs de Sicile et d’Italie afin de priver les Grecs de leur aide éventuelle. La combinaison des deux expéditions en 480, celle de Xerxès, et celle des Carthaginois sur Agrigente et Syracuse, n’est pas une simple coïncidence et relève d’un plan savamment et patiemment mis au point. Les Carthaginois sont vaincus sur terre et sur mer à Himère par Gélon de Syracuse mais aucune aide ne parvient en Grèce pour lutter contre Xerxès (il semble aussi que Gélon ait eu des exigences démesurées pour prix de son aide).

De plus, les Perses s’allient avec certains peuples ou certaines cités en Grèce continentale même, sans compter les Ioniens redevenus vassaux de l’empire depuis l’écrasement de leur révolte 15 ans plus tôt. Ainsi la Locride et surtout la Béotie avec Thèbes se rangent du côté des envahisseurs, cédant ainsi à ce qu’on appelle le « médisme ».

Le projet d’invasion choisi est celui que défend Mardonios, le fils d’une sœur de Darius Ier, donc un cousin de Xerxès Ier. Il consiste à reprendre le projet d’invasion par la terre de -492 en passant par la Thrace et la côte macédonienne. Pour cela il est nécessaire selon Mardonios d’avoir un corps d’armée terrestre considérable soutenu par une flotte amenant le ravitaillement et chargée d’éviter les contre-attaques de la flotte grecque sur les arrières de l’armée perse. Pour éviter les tempêtes du Nord-Est fréquentes et brutales dans la région du mont Athos et ne pas rééditer le désastre de 492 un canal coupe l’Isthme de l’Acté. Il est long de 2,4 kilomètres et assez large pour que deux trières y circulent de front. Des ponts sont construits sur le Strymon par des détachements d’éclaireurs perses. De plus les Phéniciens et les Égyptiens sont chargés de construire un double pont de bateaux sur l’Hellespont depuis Abydos jusqu’à un promontoire situé entre Sestos et Madytos. Le premier pont est composé de 360 navires et le second de 314 qui sont solidement ancrés et liés bord à bord par des cordes. Puis on pose des planches que l’on couvre de terre tandis que de hautes barrières de bois, servant de parapet, sont installées pour que les animaux ne soient pas effrayés par la mer. Enfin des villes sont sélectionnées pour devenir les principaux magasins centralisant l’approvisionnement nécessaire à une telle armée. Ce sont les cités de Doriscos, Eïon et Therma situées respectivement aux débouchés des vallées fertiles de l’Hèbre, du Strymon et de l’Axios ainsi que Leukè Actè sur l’Hellespont et Tyrodiza.

Les effectifs

Épineuse question que celle des effectifs car les chiffres des historiens de l’Antiquité apparaissent fantaisistes. Ainsi Hérodote parle de plus de 500 000 marins, 1,7 million de fantassins et environ 80 000 cavaliers. Et encore il ne s’agit que des combattants. Les historiens contemporains ont des estimations qui varient assez fortement.

* Effectifs des Perses : de 75 000 hommes (selon l’historien Delbrück) à 300 000 (pour Hanson) et de 20 000 à 60 000 cavaliers divisé en 6 corps d’armée. La flotte possède quant à elle un nombre d’unité d’environ 1200 trières fournies essentiellement par les Phéniciens, les Égyptiens et les Ioniens. Plus que les chiffres, ce qui importe pour les contemporains de l’évènement est l’impression d’une levée en masse impressionnante. « L’Asie s’est vidée de tous ses mâles » écrit Eschyle dans sa tragédie Les Perses.

* Effectifs des Grecs coalisés : là aussi les estimations sont fortement divergentes et vont de 7000 fantassins à 35 000 hoplites (auquel il faut rajouter 40 000 valets d’armes plus sommairement armés). Par contre les Grecs ne possèdent pas de cavalerie. Sur mer la flotte Grecque ne dispose que de 360-380 trières ou des pentécontores. Si l’on admet que chaque navire ait un équipage complet (environ 150 rameurs, une dizaine d’officiers, une dizaine d’hommes d’équipage et environ 15 soldats) cela représente environ 70 000/75 000 hommes.

Le rassemblement des troupes perses s’opère de façon remarquable. La flotte se rassemble dans la rade de Phocée et dans celle de Kymè en Ionie tandis que les troupes terrestres hivernent à Sardes et à Cristalla en Cappadoce. À l’arrivée de Xerxès au printemps 480 avec ses troupes d’élite, l’immense armée s’ébranle et rejoint Abydos pour franchir les ponts de bateaux. Selon les sources grecques le pont de droite est utilisé par les fantassins et les cavaliers, celui de gauche par les valets, esclaves et bêtes de somme. Au total selon la tradition ce passage dura sept jours et sept nuits. Ensuite l’armée se dirige vers Sestos puis Doriscos où s’opère la jonction avec la flotte.

La réaction des Grecs

La plupart des cités grecques restent longtemps sans s’inquiéter du péril perse en particulier après la victoire athénienne de Marathon. Les Grecs renouent avec leurs vieux démons des querelles intestines dès que le péril est passé. Ainsi Miltiade, après un échec devant Paros en 489 av. J.-C., est traité ignominieusement par Athènes et meurt peu après. De 487 à 486 Athènes tente en vain de s’emparer de sa vieille rivale Égine tandis que Sparte continue sa politique hégémonique dans le Péloponnèse, devenant ainsi la cité la plus puissante de la Grèce. À l’intérieur d’Athènes les luttes politiques opposent les Démocrates, revenus au pouvoir juste après Marathon, Xanthippe, le père du futur Périclès, et Aristide, plus modéré et qui possède le soutien de quelques aristocrates. C’est dans ce contexte qu’apparaît un troisième homme : Thémistocle. Il est archonte en 493/492 à 30 ans et stratège trois ans plus tard (490/489). Ambitieux et sans scrupules, il est éloquent - chose importante dans la vie publique d’Athènes -, courageux et tenace. Il a sans doute avant les autres compris que l’avenir d’Athènes passe par la création d’une grande flotte permanente. Archonte envisage de substituer le port profond et abrité du Pirée à la mauvaise rade, largement ouverte qui plus est, de Phalère. Ce projet, mis en sommeil dans un premier temps, est activé par Thémistocle, élu stratège après Marathon. Les arguments qu’il avance sont multiples. Une telle flotte permettra à Athènes de se protéger contre Égine dont les habitants ont une certaine propension à la piraterie qui gène le commerce. Il y a bien sûr le danger perse dont Thémistocle estime qu’il est loin d’être terminé mais qui est sans doute moins mobilisateur que l’argument sur Égine, danger « plus proche » pour les Athéniens. Il y a aussi des arguments économiques. Face à la rapide croissance de la population, il est nécessaire d’aller chercher le ravitaillement de plus en plus loin, au delà de l’Hellespont ou vers la Grande Grèce (Sicile et Sud de l’Italie). Pour cela il est indispensable de posséder une flotte qui va pouvoir contrôler les routes commerciales. Enfin une flotte représente du travail pour une partie non négligeable des habitants de la cité (rameurs, construction et entretien des navires, etc.).

Il reste un problème de taille, à savoir le financement d’un tel projet dans une cité où les finances de l’État ne sont guère florissantes. C’est alors qu’en 483 sont découvertes les mines d’argent du Laurion au sud-est d’Athènes. Thémistocle obtient que le produit de la ferme des mines, environ 50 à 100 talents par an, soit consacré à la construction de cette flotte. Son principal adversaire opposé au projet est exilé et Thémistocle, les mains libres, ordonne la construction immédiate de 100 trières. Les cent citoyens les plus riches reçoivent chacun un prêt d’un talent pour construire et armer une trière. Ensuite cent talents sont offerts à 50 naucraries (regroupement de citoyens), à charge pour elles de construire et d’entretenir deux trières. Il est temps. En 480 Athènes possède environ 200 trières prêtes à prendre le large.

Bataille des Thermopyles

Le congrès de Corinthe

Les préparatifs perses ne sont évidemment pas passés inaperçus et un congrès des différentes cités grecques se réunit à Corinthe à la fin de l’automne 481. Pour une fois les intérêts immédiats de Sparte et d’Athènes se confondent. Athènes craint la vengeance des perses pour ses succès antérieurs et Sparte constate que sa grande rivale dans le Péloponnèse, Argos, est contactée par les envoyés de Xerxès. Toutes les grandes cités grecques, si l’on excepte Cyrène, Argos, Syracuse, Corcyre et Phocée, envoient des représentants au temple de Poséidon à Corinthe. Sparte, en tant que plus puissante des cités, préside le congrès. Une réconciliation générale intervient, comme par exemple entre Athènes et Égine, et 31 cités s’engagent par serment dans une ligue défensive contre les Perses et préparent des contingents de soldats. Le commandement des troupes est confié à deux Spartiates, le roi Léonidas Ier pour les fantassins et Eurybiade pour la flotte grecque. Mais durant l’hiver 481/480 les Grecs tergiversent sur le plan de campagne et ne peuvent s’opposer à la conquête de la Thessalie par les troupes perses au printemps 480.

Les Grecs choisissent alors en août, tandis que les Perses envahissent la Piérie, une position défensive très forte aux Thermopyles qui commande l’accès à la Béotie et à la Grèce centrale. Quant à la flotte, elle s’installe au nord de l’Eubée en un lieu nommé l’Artémision afin d’empêcher la flotte perse de contourner cette position. En effet les Perses, pour garder le contact avec leur flotte, doivent emprunter la seule route importante qui passe par les Thermopyles (les « Portes Chaudes », à cause des sources thermales qui s’y trouvent). Là, entre le golfe Maliaque et la montagne, l’étroite chaussée passe dans un défilé dont certains passages n’excèdent pas 10 mètres de largeur et qui plus est barré par les vestiges d’un mur construit en zigzag. Enfin, les marais sont nombreux et forment un obstacle supplémentaire.

Entre les 7 000 à 10 000 hommes environ dont dispose Léonidas et la flotte d’Eurybiade (avec Thémistocle à la tête du contingent des navires athéniens, de loin le plus nombreux) les liaisons sont constantes.

La tempête de l’Artémision

Au sortir de la Thessalie les troupes de Xerxès font mouvement vers le sud. Les fantassins quittent la cité de Therma et arrivent treize jours plus tard dans la plaine trachinienne (entre la vallée de l’Asopos et la cité d’Anticyre). La flotte perse s’élance une dizaine de jours après afin que l’arrivée des troupes terrestres et navales soit conjointe. Eurybiade, devant l’ampleur de la flotte perse, quitte l’Artémision et longe le canal d’Eubée pour occuper l’étranglement de Chalcis, laissant Léonidas à la merci d’un débarquement sur ses arrières. Mais cette manœuvre, si elle n’apparaît pas très audacieuse, encourage les Perses à progresser plus au Sud que prévu et de mouiller au cap Sépias, près d’une côte rocheuse et escarpée où ils ne peuvent hâler leurs navires sur la terre ferme et où la profondeur des eaux empêche de nombreux navires de s’amarrer solidement. Une violente tempête de trois jours va détruire environ 400 navires. Plusieurs milliers d’hommes sont noyés. La principale conséquence est que Xerxès, bien qu’il garde la supériorité numérique, n’est plus en mesure de diviser ses forces navales de manière à convoyer l’armée tout en livrant combat à la flotte grecque. À Chalcis, Eurybiade reprend confiance et remonte prendre sa garde à l’Artémision. Mais malgré la tempête, la supériorité numérique perse apparaît si imposante qu’Eurybiade et son adjoint, le corinthien Adimantos, font demi-tour.

C’est alors qu’Achéménès, l’un des demi-frères de Xerxès et amiral de la flotte perse, détache une escadre de 200 navires et 40 000 hommes environ pour contourner l’Eubée par la haute mer cependant que le reste de la flotte s’installe au mouillage des Aphètes, mouillage plus sûr que celui du cap Sépias. Prévenus de cette diversion, qui leur interdit la fuite par le canal de l’Eubée au Sud, et de ce nouveau mouillage, les Grecs tentent un coup de force et lancent une attaque surprise sur les Ioniens alliés des Perses et leurs coulent une trentaine de navires avant de regagner leur point d’attache de l’Artémision. Enfin, une nouvelle tempête éclate et fait de nouveau dégâts sur une flotte perse dont les navires sont sur leurs ancres alors qu’à l’Artémision les Grecs, à leur habitude, tirent les navires sur la terre ferme, ce qui les met à l’abri. Surtout, cette nouvelle tempête cause la destruction totale de l’escadre envoyée pour contourner l’Eubée.

La bataille

Dans un premier temps, sur terre, les troupes de Léonidas tiennent fermement leur position et repoussent les Perses, infligeant de grandes pertes, y compris aux fameux Immortels, les troupes d’élites de Xerxès. Mais Léonidas est trahi par un certain Éphialtès, fils d’Eurydémos, un citoyen de Malia, qui livre aux Perses le moyen de contourner l’armée grecque, par le sentier d’Anopée. Léonidas décide alors de se sacrifier avec les 300 hoplites Spartiates, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, pour laisser aux Grecs le temps d’organiser leur défense et à l’armée de se retirer en bon ordre. Les Grecs résistent héroïquement autour du roi spartiate et sont tous massacrés sur ordre de Xerxès. Cette bataille devint l’emblème de la résistance grecque à l’envahisseur et de l’esprit de sacrifice des Spartiates. Au sommet du Kolonós, théâtre de l’ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (556 - 467), commémore cette action : « Passant, va dire à Sparte qu’ici ses fils sont morts pour obéir à ses lois ».

Le sac d’Athènes

Xerxès reprend sa progression sur mer et sur terre en ayant à l’esprit la prise d’Athènes. Au passage les villes de Béotie sont contraintes à la capitulation et Thèbes ternit sa réputation par une reddition sans gloire. Les Perses pénètrent enfin en Attique et s’avancent vers Athènes. Pour les Athéniens, la situation est difficile. La ville ne possède pas de remparts à l’époque. Aussi sous l’impulsion de Thémistocle, la population est évacuée en particulier vers Égine, Trézène et Salamine tandis que les bannis sont rappelés, tel Aristide, avec l’annulation de tous les décrets d’exil portés pour des raisons politiques. Cimon, le fils de Miltiade, pourtant l’un des adversaires de Thémistocle, dépose son ex-voto sur l’Acropole pour bien signifier que le temps de l’« Union Sacrée » est venu et qu’il est temps de combattre non pas à cheval mais sur les vaisseaux. La cité est ainsi abandonnée à l’exception de quelques centaines d’irréductibles qui souhaitent défendre l’Acropole et qui vont payer ce geste de leur vie. Les Perses en effet prennent la ville d’Athènes, puis l’Acropole, et la pillent de fond en comble, massacrant les quelques Athéniens encore présents qui résistent dans un combat sans issue.

Bataille de Salamine

La situation à la veille de la bataille et la stratégie de Thémistocle [

La flotte grecque est au mouillage à l’Artémision quand se déclenche la bataille des Thermopyles. Elle doit d’ailleurs repousser un assaut de la flotte de Xerxès lors d’une bataille fort indécise où plusieurs dizaines de navires sont perdus. Aussi les chefs grecs décident unanimement de quitter l’Artémision, d’autant que Léonidas est mort et que l’armée terrestre des cités grecques coalisées se retire vers le sud. Dans la nuit, subrepticement, la flotte dirigée par Eurybiade emprunte le canal de l’Eubée et navigue vers le sud.

La situation pour les Grecs n’est pas encourageante, comme le rapporte Diodore de Sicile. La défaite des Thermopyles, la soumission de la Béotie, la prise d’Athènes sèment le découragement dans les esprits. Cléombrote Ier, le frère de Léonidas et roi des Spartiates, ne songe qu’à protéger le Péloponnèse par la construction d’un mur vers l’Isthme de Corinthe. Quant à la flotte, elle s’installe à Salamine à la demande de Thémistocle. Ce plan, tenir l’Isthme de Corinthe et le golfe de Salamine, implique l’abandon total de l’Attique, ce qui explique aussi la prise d’Athènes, abandonnée par ses habitants sur les conseils de Thémistocle.

Thémistocle a un plan précis qu’il impose contre l’avis d’Eurybiade. Il s’agit de combattre dans la rade étroite de Salamine car il est persuadé, à juste titre, que les Perses ne pourront pas entreprendre la manœuvre d’encerclement par les ailes esquissée à l’Artémision. De plus il est persuadé que dans cette passe étroite les navires ennemis se gêneront mutuellement et seront autant de proies pour un abordage ou un éperonnage par les solides trières grecques. Enfin il est persuadé qu’en coupant l’armée perse de sa flotte elle fera demi-tour. Il tient les propos suivants, rapportés par Plutarque :

« Vous ne parviendrez jamais à arrêter sur terre le flot de cette immense armée. Ce qu’il faut, c’est lui couper les vivres en anéantissant sa flotte de transport. Réduite à la famine, elle n’aura plus d’autre choix que de faire demi-tour. C’est votre seule chance de salut. »

Eurybiade préfère défendre un autre point de vue, plus circonspect. Maintenant que la flotte grecque a assuré l’évacuation de l’Attique, il faut retourner à proximité des forces terrestres afin d’entreprendre des actions combinées. Ce point de vue est partagé par les Corinthiens, deuxième flotte de la coalition. Thémistocle reçoit cependant le soutien d’Égine et de Mégare, il est vrai directement menacées en cas de repli sur l’Isthme de Corinthe de la flotte grecque. C’est alors que Thémistocle, selon Plutarque et Hérodote, utilise la ruse et fait parvenir un message à Xerxès, par l’intermédiaire d’un Grec probablement originaire d’Ionie nommé Sicinnos, l’informant du désir de fuite d’une partie des généraux grecs par la passe occidentale de la baie d’Éleusis encore libre. Cette manœuvre, nous dirions aujourd’hui « de désinformation », fonctionne pleinement et une partie de la flotte perse termine l’encerclement des Grecs tandis que l’îlot de Psyttalie est occupé par un détachement avec pour objectif de recueillir les équipages perses et achever les Grecs lorsque la bataille éclatera.

Les effectifs

Quels sont les effectifs engagés dans la bataille de Salamine ? Difficile de répondre précisément.

* Pour les forces grecques nous pouvons considérer que le chiffre de 350/380 trières est crédible, ce qui représente la quasi-totalité de la flotte grecque. Outre les navires d’Athènes, plus de la moitié de la flotte, nous avons 40 navires de Corinthe, une trentaine d’Égine, entre 15 et 20 pour des cités comme Mégare, Sicyone... le reste étant négligeable.

* C’est pour les effectifs de la flotte de Xerxès qu’il est plus difficile de trancher. Les historiens antiques, tels Hérodote, Diodore de Sicile ou le Panégyrique d’Athènes d’Isocrate donnent le chiffre de 1200 navires. Ces chiffres sont fantaisistes et ne semblent pas tenir compte des pertes subies lors des tempêtes et lors de la bataille de l’Artémision. De plus, il faut considérer que la flotte perse doit assurer le ravitaillement de l’armée, garder des points névralgiques (détroits, dépôts,...). Il faut probablement admettre un chiffre de 500 à 600 navires au minimum, ce qui permet à Xerxès de garder la supériorité numérique et de compenser l’infériorité au combat de ses troupes.

Veillée d’armes

Pendant que la flotte perse termine dans la nuit l’encerclement de l’île de Salamine, les généraux grecs tergiversent toujours. Cependant Aristide arrive d’Égine, ayant réussi à passer à travers le blocus perse, et informe Eurybiade et Thémistocle que le blocus est total et que la flotte n’a plus guère le choix. Désormais, toute possibilité de retraite étant coupée, il faut combattre. La ruse de Thémistocle vient de réussir. La tactique utilisée est simple. L’étroitesse du détroit fait que seuls combattront les premières lignes de navires, ce qui annihile la supériorité numérique des Perses. Les combats terrestres précédents ont montré que la valeur au combat des Grecs ainsi que l’armement sont supérieurs, ce qui dans le cas d’abordage des navires ennemis est un avantage. Enfin les équipages perses, en fait surtout Phéniciens ou Ioniens, seront fatigués car ayant parcouru une distance moyenne d’une dizaine de kilomètres pour certains depuis leurs mouillages de Phalère.

Deux impératifs s’imposent aux Grecs. Tout d’abord s’installer légèrement en deçà du détroit pour que la masse perse s’installe dans le goulet d’étranglement, mais aussi ne pas trop reculer afin que les navires perses ne puissent tirer avantage de leur supériorité numérique. Il faut aussi éviter un débarquement perse à Salamine ou se sont réfugiés un nombre important d’Athéniens, protégés par un détachement d’hoplites commandés par Aristide.

Les Perses se préparent aussi à la bataille avec en particulier cette installation incroyable du trône de Xerxès sur les pentes du mont Aegalée qui dominent le détroit. Peu avant l’aube du 29 septembre 480 Xerxès s’installe sur son trône avec ses ministres et officiers, ses secrétaires chargés de noter les actions d’éclat et les fautes à châtier, et sa garde des Immortels. Dans le même temps la flotte se met en position. À la droite se trouvent les Phéniciens des flottes de Tyr, Sidon dirigés par les généraux perses Mégabaze et Préxaspe. Au centre le corps de bataille est dirigé par Achéménès, demi-frère de Xerxès, qui tient le rôle de Grand Amiral et dirige plus précisément les flottes de Cilicie et de Lycie. Enfin à l’aile gauche se trouvent les flottes d’Ionie, du Pont et de Carie dirigées par un prince achéménide, Ariabignès et où combat Artémise Ire, reine d’Halicarnasse, la seule ayant osé dire à Xerxès, quelques jours auparavant, qu’il valait mieux éviter le combat.

La bataille

Dès le départ les Perses font une fausse manœuvre décrite ainsi par Diodore de Sicile :

« Les navires perses gardèrent leur rang tant qu’ils voguaient au large, mais en s’engageant dans le chenal ils furent obligés de faire sortir de la ligne quelques-uns de leurs navires, ce qui entraîna une grande confusion. »

Les Perses font une erreur par excès de confiance et sont désorganisés dès le début de la bataille. C’est alors que la flotte grecque apparaît et, sans rompre ses lignes, fond sur les navires perses. Il reste un point sur lequel les historiens sont encore en désaccord, c’est de savoir quel était l’axe des deux lignes de navires au moment de l’impact. Pour certains il est acquis que la flotte grecque est adossée à l’île de Salamine et que la flotte perse est alignée plus ou moins parallèlement au rivage de l’Attique. Pour d’autres au contraire la flotte grecque barre entièrement le détroit ce qui donne alors un axe de bataille perpendiculaire à l’axe du détroit. Cette deuxième hypothèse semble à l’heure actuelle la plus communément admise. De toute façon, quel qu’ait été l’alignement des flottes au début de la bataille, l’action principale se déroule dans l’étranglement du détroit de Salamine et dans les deux chenaux ménagés par l’îlot de Psyttalie entre Salamine et l’Attique.

L’aile droite grecque, dirigée par Eurybiade, et constituée des navires lacédémoniens, corinthiens et éginètes, flanche au départ et recule provisoirement, sous les probables huées des civils massés sur les rivages de l’île de Salamine. Thémistocle dirige, lui, tout le reste de la flotte, à savoir au centre les flottes de Mégare, Chalcis et des navires athéniens, et surtout sur l’aile gauche une flotte homogène d’environ 120 trières athéniennes. Face à eux se tiennent leurs vieux adversaires, les Phéniciens.

Hérodote raconte ainsi le déclenchement de cette bataille :

« L’Athénien Aminias de Pallène, voguant en dehors de la ligne, heurta un vaisseau perse et ne put se dégager ; le reste de la flotte se portant à son secours, la mêlée commença. Mais, d’autre part, les Éginètes prétendent que ce fut le vaisseau envoyé à Égine qui engagea la lutte. »

Cette rivalité de gloire est la traduction d’un conflit ancien entre les deux cités mais aussi la traduction d’un fait avéré : Athéniens et Éginètes furent les plus ardents des [1] lors de la bataille. Il ne faut pas croire d’ailleurs que la bravoure est du seul côté des Athéniens et de leurs alliés. La présence de Xerxès Ier qui surveille la bataille, sa sévérité dans la répression des lâches ou des incapables, les rivalités entre Grecs, font que les Grecs d’Ionie servent très loyalement les Perses et se battent avec acharnement. Des marins de Samos comme Théomestor ou comme Phylacos, le fils d’Histiée, coulent des navires grecs et recevront plus tard de nombreuses récompenses de Xerxès. Il faut toute l’habileté des marins d’Égine pour contenir l’assaut des navires d’Ariabignès.

Cependant la combattivité des Grecs d’Ionie, ou des Phéniciens face à Thémistocle sur l’aile gauche, ne suffit pas à contrebalancer l’erreur initiale qu’avait été le désordre introduit dans leurs lignes dès avant l’attaque. La bousculade, la panique conduisent bien des navires perses à présenter le flanc au lieu de la proue ce qui dans un combat à l’éperon est rédhibitoire surtout face à des Grecs qui réussissent à tenir leur alignement. Les Athéniens appliquent une manœuvre de sciage particulièrement efficace - un coup de boutoir en avant puis recul pour prendre de l’élan et repartir vers l’avant sans dévier de l’axe d’attaque - qui sème la dévastation dans les rangs phéniciens.

La bataille est déjà engagée quand une brise marine se lève - selon Plutarque - qui ne gène pas les navires grecs dont les superstructures sont peu élevées mais désavantage nettement les bateaux en particulier phéniciens dont la poupe est haute et le tillac surélevé. S’il est peu plausible que Thémistocle ait attendu cette brise pour aborder la flotte perse, d’autant qu’il n’eut pas le choix de l’heure de l’engagement, il est par contre fort possible qu’il ait attendu ce moment propice pour engager ses réserves qui, la brise aidant, achèvent de semer le désarroi dans les rangs adverses.

Le désastre s’avère irrémédiable quand au cours du combat la flotte de Xerxès perd l’un de ses commandants amiraux Ariabignès, le frère du Grand Roi, tué par un javelot en montant à l’abordage d’une trière grecque. Son corps est repêché par la reine Artémise d’Halicarnasse qui le portera à Xerxès. Cette femme, qui avait déconseillé la bataille, se rend compte que tout est perdu. Mais elle est pleine de ressources, à défaut de scrupules, et n’hésite pas pour se dégager à couler le navire de Damasithymos, roi de Calynda (en Lycie). Le plus surprenant est qu’elle reçut des éloges de Xerxès pour ce fait d’armes car dans la confusion il apparut qu’elle venait de couler un navire ennemi. Il est peu probable que beaucoup de Calydiens aient survécu pour l’accuser. C’est à propos de cet épisode que l’on prête à Xerxès la fameuse phrase :

« Mes hommes sont devenus des femmes et mes femmes des hommes. »

Au soir de la bataille

Le sauve-qui-peut devient général mais le problème est de pouvoir sortir de la nasse que constitue l’enchevêtrement de navires dans l’étroit goulet de Salamine pour rejoindre le mouillage de Phalère. Le reflux des bateaux perses s’effectue dans le désordre le plus complet à la fin de la journée, la bataille ayant duré environ douze heures. Aristide, à la tête d’un détachement d’hoplites, débarque sur l’îlot de Psyttalie et y anéantit les troupes que Xerxès avait fait installer la nuit précédente. Quant à Xerxès lui-même il dut quitter sans doute de façon assez rapide son observatoire car les Athéniens s’emparèrent dans la soirée de son trône, que bien des années plus tard on montrait avec fierté aux pèlerins dans le Parthénon.

Cependant Thémistocle ne souhaite pas poursuivre la flotte perse en haute mer car malgré le désastre elle conserve probablement sa supériorité numérique. Il semble que les Grecs ne comprennent pas tout de suite la portée de leur victoire et qu’ils s’attendent à un nouvel assaut le lendemain. La flotte perse en est bien incapable, démoralisée par ce désastre. Les équipages se réfugient à Phalère sous la protection de l’armée de terre tandis que les navires égyptiens qui avaient contourné l’île de Salamine par le sud pour bloquer l’entrée ouest du détroit rentrent eux-aussi sans être inquiétés. Le soir venu le silence revient sur le lieu de cette bataille comme l’écrit Eschyle dans Les Perses :

« Une plainte mêlée de sanglots règne seule sur la mer au large jusqu’à l’heure où la nuit au sombre visage vient tout arrêter. »

Lors de cette bataille, les Perses ont perdu au moins 200 trières, sans compter celles tombées aux mains des vainqueurs, et les Grecs une quarantaine...

Les lendemains de Salamine

La situation après la défaite cuisante de Salamine n’est pas pour autant désespérée pour les Perses. Leur armée de terre est intacte si l’on excepte les troupes, peu importantes, massacrées sur l’îlot de Psyttalie par les hoplites d’Aristide. La flotte perse reste, en dépit de ses pertes, supérieure en tonnage et les immenses ressources de l’empire peuvent permettre la construction de nombreux navires alors que pour les [2], la destruction des chantiers de l’Attique est une perte irremplaçable. C’est pourquoi l’attitude de Xerxès Ier après la bataille pose de nombreuses interrogations et cela dès l’Antiquité où l’on parle de la pusillanimité du Grand Roi. En effet, laissant le commandement de son armée à Mardonios, son beau-frère, celui qui dirigeait déjà l’expédition de 492, Xerxès abandonne ses troupes pour retourner vers ses capitales Suse et Persépolis.

Il suit en cela le conseil de Mardonios et de la reine Artémise Ier d’Halicarnasse, à savoir laisser en Grèce une armée importante, Hérodote parle de 300 000 hommes ce qui est sans doute excessif, qui hivernera en Grèce continentale, puis attaquer le Péloponnèse au printemps. Quant à Xerxès sa présence n’est plus utile, puisque son principal objectif est atteint, à savoir la destruction d’Athènes. Cette présentation des faits permet au roi perse de sauver les apparences et de ne pas retourner dans son empire en vaincu. Xerxès passe l’Hellespont dans les derniers jours de l’année 480 non sans difficulté car les Thraces, rendus furieux par les réquisitions de l’été, lancent de nombreux raids sur les troupes perses.

Quant aux vainqueurs ils sont surpris par l’inaction des Perses et ne semblent pas comprendre dans un premier temps l’ampleur de leur succès. Quand il apparaît que les Perses font retraite, Thémistocle dans l’euphorie de la victoire propose de couper la route de l’Asie à Xerxès en traversant l’Égée. Mais Aristide et Eurybiade objectent la prudence. De plus les Grecs ont perdu à Salamine plus de 40 navires et ne peuvent les remplacer aussi rapidement que leurs adversaires. Enfin, envoyer toute la flotte aussi loin de la Grèce alors que les réfugiés d’Athènes sont encore sur l’île de Salamine et que les côtes grecques sont non protégées est assez hasardeux. La saison enfin devient dangereuse pour la navigation. Pour Aristide une éventuelle défaite d’Athènes ferait le jeu de Sparte, d’autant que Sparte est en train de finir le mur qui barre l’isthme du Péloponnèse et donc ne ressent plus la menace perse avec la même acuité.

Bataille de Platées

Négociations

Mardonios le nouveau généralissime perse déclare après Salamine : « Les Chypriotes, les hommes de Phénicie, de Cnide et d’Égypte, seuls étaient vaincus, non les Perses qui n’ont pu combattre. » Cet état d’esprit est révélateur de la volonté des Perses de continuer le combat malgré le départ de Xerxès Ier. Cependant Mardonios estime impossible la poursuite des opérations à l’approche de la mauvaise saison et prend ses quartiers d’hiver en Thessalie. Il en profite pour lancer d’intenses manœuvres diplomatiques auprès d’Athènes qu’il espère détacher du reste de ses alliés. Mais l’ambassade envoyée dans la capitale attique, sous la direction d’un prince de Macédoine, Alexandre, se voit répondre que « tant que le soleil suivrait son chemin habituel » les Athéniens ne feraient pas alliance avec le souverain perse. Inquiets les Spartiates envoient eux-aussi une ambassade afin de contrer l’argumentation des Perses. Elle est reçue assez fraîchement par les Athéniens furieux que l’on puisse douter de leur détermination. Ils précisent que « le fait d’être Grec, de partager le même sang et la même langue, d’avoir des sanctuaires et des sacrifices communs ainsi que des mœurs semblables » leur interdit la trahison.

Reprise des hostilités

Au printemps Mardonios envahit alors de nouveau l’Attique, qui est une fois de plus évacuée par ses habitants, réoccupe Athènes et s’installe en Béotie. Une coalition des forces du Péloponnèse se crée, au printemps 479 av. J.-C. dirigée par Pausanias, régent de Sparte et neveu de Léonidas Ier. Elle comprend des troupes de Sparte, sans doute 10 000 hoplites et 30 000 à 35 000 supplétifs, plus 8 000 Athéniens et quelques milliers d’hommes venant des autres cités de Grèce, tel Corinthe, Épidaure, Mégare, Platées, Trézène, Chalcis, Phlionte, Égine, etc. Les Grecs alignent au total environ 110 000 soldats soit 3 fois moins que les Perses, mais nous avons déjà vu que ce n’était pas un handicap. Cela constitue cependant la troupe grecque la plus considérable jamais réunie, même s’il faut sans doute minorer là aussi fortement les effectifs réels.

Les Grecs franchissent l’Isthme de Corinthe, arrivent près d’Éleusis afin de passer en Béotie. Mardonios choisit un emplacement, au sud de Thèbes près de Platées, qui doit favoriser sa cavalerie. En face, les Spartiates tiennent l’aile droite et les Athéniens l’aile gauche.

La bataille [

Pausanias passe pour un général avisé, apte à déceler les points faibles de l’adversaire, mais Mardonios est considéré lui-aussi comme un excellent tacticien et le meilleur général perse. De plus le départ de Xerxès Ier lui laisse les mains libres pour mener la bataille à sa guise. Chacun des deux généraux souhaite, à Platées, amener l’adversaire à se lancer contre ses propres positions.

Dans un premier temps Pausanias prend position sur les contreforts du mont Cithère tandis que Mardonios installe son camp fortifié sur l’autre rive du fleuve Asopus. Une attaque de la cavalerie perse sur les positions grecques échoue mais Mardonios fait harceler les lignes de ravitaillement de ses adversaires et les points d’eau. Pausanias change alors de position et s’installe dans la plaine où un petit massif de collines protège son armée d’une attaque frontale des cavaliers ennemis. Mais au bout de dix jours le manque d’eau et de vivre le contraint à se retirer, en pleine nuit, vers une position plus proche des ses anciennes lignes, où le ravitaillement est plus facile. Cette retraite se fait dans une certaine confusion et les différentes unités grecques perdent le contact.

C’est alors que Mardonios commet une erreur d’appréciation fatale. Il estime que la désorganisation chez les Grecs lui permet de lancer un assaut, le 27 août 479 av. J.-C., au lieu d’attendre que les querelles entre les divers contingents grecs ne divisent ses adversaires. L’attaque perse se heurte à une farouche résistance surtout de la part des Spartiates qui, bien que coupés du reste de l’armée, occupent une position de surplomb les protégeant de la cavalerie adverse. C’est dans ce combat que Mardonios est tué. La mort de leur chef, puis l’assaut donné contre leur camp retranché et l’arrivée des autres unités grecques qui venaient de vaincre les Béotiens, alliés aux Perses, entraînent la défaite des troupes de Xerxès Ier et leur massacre en grand nombre. Bien peu, semble-t-il, parviennent à s’enfuir et à rejoindre un autre corps de l’armée perse dont le chef, Artabaze en conflit avec Mardonios, faisait déjà demi-tour vers l’Hellespont avec environ 40 000 hommes. Quant à Thèbes qui avait collaboré avec les Perses elle est prise rapidement et ses chefs sont exécutés. Les pertes grecques sont estimées à environ 3000 morts, il est par contre impossible d’évaluer celles du camp perse. Un énorme butin est pris dans le camp de Mardonios.

Le cap Mycale

La victoire grecque est parachevée par la victoire navale du cap Mycale, à l’automne 479, où la flotte perse, du moins les navires non détruits à Salamine, qui avait été tirée à terre près du cap Mycale est totalement détruite par un incendie au cours d’une attaque menée par les Grecs. Cette victoire parachève la victoire des [3] et est traditionnellement considérée par les historiens comme la fin de la deuxième guerre médique. En réalité à partir du printemps 478 les Grecs, et en particulier les Athéniens conduits par le stratège Cimon, se lancent à la conquête des différentes positions Perses en Chersonèse, sur l’Hellespont et dans les îles de la mer Égée. La prise de Sestos en 478, ville d’où Xerxès Ier était parti à la conquête de la Grèce trois ans plus tôt, en est le symbole. Peu importe que la paix - dite paix de Callias - ne soit officiellement signée qu’en 449 av. J.-C., peu importe que l’unité hellénique du congrès de Corinthe en 481 ne survive pas, car le triomphe grec dans ces guerres médiques est total et inaugure la période la plus glorieuse de la Grèce antique en particulier pour Athènes.

Conclusion

Les Athéniens vont exploiter les victoires des Grecs dans leur propagande, en élevant le combat entre Perses et Grecs comme duel homérique. Sur les vases, cette représentation se multiplie. La victoire apporte non seulement la gloire mais aussi la prospérité. La flotte athénienne devient pour près d’un siècle, jusqu’au désastre d’Aigos Potamos, la grande puissance de la mer Égée et de la mer Noire. Salamine est en effet plus une victoire sur les Phéniciens, grands concurrents des Grecs, que sur les Perses. La victoire dans des conditions dramatiques et difficiles donne au Grecs, et singulièrement aux Athéniens, l’énergie pour que le miracle grec s’accomplisse.

La guerre d’Alexandre

Bien qu’a priori coupée du contexte des précédentes guerres médiques, l’invasion de l’empire perse par Alexandre fut présentée par celui-ci comme une revanche que les Grecs devaient obtenir, un siècle et demi après. Il exploitait un ressentiment vivace chez les Grecs, auquel s’ajoutait chez certains le souvenir des interventions financières du roi des Perses qui décidèrent souvent du vainqueur dans les conflits au cours du IVe siècle av. J.-C. Ce ressentiment avait en tout cas motivé plusieurs expéditions grecques contre l’empire perse, notamment celle de Naucratis.


sources wikipedia


[1Grecs

[2Grecs

[3Grecs

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