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Arminius

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Arminius est une variante latinisée du nom germanique Irmin qui signifie « grand » (cf. Herminones). Le nom de "Hermann" (qui signifie « homme d’armée » ou « guerrier ») n’a été utilisé comme équivalent allemand d’Arminius que bien des siècles plus tard, peut-être à l’instigation de Luther qui voulait utiliser un personnage antique et héroïque pour symboliser son combat contre Rome.

Arminius (16 av. J.-C. - 21 ap. J.-C.), souvent appelé en Allemagne Hermann der Cherusker, était un chef de guerre de la tribu germanique des Chérusques. Il était le fils du chef de guerre chérusque Segimerus. En sa qualite de fils de chef, il devint otage et fut elevé à Rome comme un citoyen romain, devenant membre de l’Ordre équestre. De retour en Germanie, il devint homme de confiance du gouverneur Varus tout en formentant en parallèle une rebellion, ce qui lui permit d’amener Varus et trois légions dans une embuscade dévastatrice (bataille de Teutoburg). Il fut assassiné par des Germains, qui craignait son pouvoir devenu trop important et autoritaire.

La bataille de Teutoburg

Vers l’an 4 ap. J.-C., Arminius commandait un détachement auxiliaire chérusque au service de Rome, probablement à l’occasion des guerres de Pannonie dans la péninsule balkanique. En 7/8 ap. J.-C. il revint en Germanie du nord, où l’Empire romain avait établi son autorité sur les territoires à l’ouest du Rhin et cherchait maintenant à l’étendre jusqu’à l’Elbe, sous le commandement du gouverneur militaire Publius Quinctilius Varus. Arminius commença ses intrigues pour unir les différentes tribus germaniques et contrecarrer les efforts romains pour incorporer leurs territoires à l’Empire.

À l’automne de l’an 9 ap. J.-C., à la bataille de Teutoburg, Arminius, alors âgé de vingt-cinq ans, et les tribus germaniques qui avaient constitué une alliance (Chérusques, Marses, Chattes et Bructères), tendirent une embuscade à l’armée romaine qui comprenait les XVIIe, XVIIIe et XIXe légions ainsi que trois détachements de cavalerie et six cohortes d’auxiliaires, au total environ 25 000 à 30 000 hommes commandés par Varus. Ce fut pour les Romains un désastre sans précédent. Des découvertes archéologiques récentes donnent à penser que l’emplacement précis, qui a fait longtemps l’objet de discussions, doit se situer près de la colline de Kalkriese à environ 20 km au nord-est d’Osnabrück. La bataille dura trois jours ; quand la défaite fut certaine, Varus se suicida en se jetant sur son épée et jamais par la suite les Romains ne tentèrent une nouvelle fois de conquérir des territoires sur la rive droite du Rhin, fleuve qui constitua la frontière de l’Empire pour des siècles.

Ce désastre affecte profondément l’empereur romain Auguste, à tel point que ce dernier met un terme à toute tentative d’expansion romaine au-delà du Rhin. Dans ses nuits d’insomnies, on peut entendre Auguste (qui ne se rase plus la tête et le visage) crier subitement « Varus, Varus, rends-moi mes Légions ! ».

Suite des guerres contre Rome

Après cette grande victoire, Arminius tenta pendant plusieurs années d’obtenir que les tribus du Nord de la Germanie s’unissent contre Rome de façon permanente afin de mieux résister à ses futurs efforts de conquête mais les rivalités tribales étaient trop fortes. Il rencontra les Romains dans d’autres batailles, alors qu’ils cherchaient à venger leur défaite de Teutoburg.

En l’an 13 de notre ère, Germanicus pénétra à nouveau dans cette région à la tête de 80 000 hommes il retrouva les morts des légions de Varus, les enterra et fit des raids dans de nombreuses régions avoisinantes. Arminius résista avec succès dans une série d’escarmouches et de batailles et faillit encore une fois anéantir complètement l’armée romaine que commandait Caecina ; elle fut sauvée par l’indiscipline de son oncle Inguiomer, qui attaqua trop tôt le camp romain, ce qui épargna le destin de Varus à Caecina qui dut tout de même abandonner son camp avec ses provisions, et s’enfuit avec les troupes qui lui restaient, tandis que les guerriers d’Inguiomer se livraient au pillage.

En l’an 15, Germanicus fit de nouveaux raids contre les Germains, il pilla leurs villages et réussit à capturer Thusnelda, la femme d’Arminius, qui lui fut livrée par son propre père, Ségestes, lequel voulait se venger d’Arminius. En effet, alors qu’il avait promis sa fille à quelqu’un d’autre, elle s’était enfui avec Arminius et l’avait épousé après la victoire de Teutoburg. Ségestes et son clan étaient des alliés de Rome et s’opposaient à la politique d’Arminius, comme le faisait aussi d’ailleurs Flavus, le frère d’Arminius. Thusnelda fut emmenée à Rome pour y être exhibée à l’occasion du triomphe de Germanicus en l’an 18 ; elle ne revit jamais sa patrie et disparut de l’histoire. Thumelicus, le fils d’Arminius qu’elle mit au monde pendant sa captivité, fut élevé par les Romains à Ravenne pour devenir gladiateur et mourut dans l’arène avant d’avoir trente ans.

La dernière grande bataille entre Germanicus et Arminius, la Bataille de la Weser, eut lieu en 16 à Idistaviso (Angrivarierwall), les Romains évitèrent une nouvelle défaite et seulement parce qu’Inguiomer, une nouvelle fois, ne respecta pas le plan de bataille qui avait été établi. Les deux côtés subirent de lourdes pertes et cela marqua la fin des tentatives romaines de soumettre l’Allemagne du Nord.

L’historien romain Tacite écrit jadis à propos d’Arminius : "Il fut sans aucun doute, le libérateur de la Germanie, un homme qui n’a pas, comme d’autres rois ou généraux, affronté Rome à ses premières étapes mais plutôt quand elle était au zénith de sa puissance. Dans les batailles, il a combattu avec un succès variable mais dans la guerre il est resté invaincu. Ses exploits survivent encore aujourd’hui dans les chants de son peuple..."(traduction de Tacitus, Annales, 1, 57,58)

En 1875, en pleine époque des nationalismes européens, on fait ériger une imposante statue à son effigie, dans la célèbre forêt de Teutoburg, statue haute de plus d’une cinquantaine de mètres et sculptée par E. von Bandel.

Cette statue est un temps célébrée en grande pompe par les Nazis avant que ces derniers ne le considèrent comme un traître.


sources wikipedia

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