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Achille

, par

Achille (Akhilleus) est un héros de la guerre de Troie, fils de Pélée, roi de Phthie en Thessalie, et de la déesse Thétis, fille de Nérée.

L’enfance

Un des faits les plus marquants de sa légende vient du désir de sa mère de le rendre immortel. Ensuite, les récits divergent. Selon Lycophron, Thétis a sept fils de Pélée, et en jette six dans le feu, parce qu’ils ne sont pas immortels, et par dépit du mariage forcé avec Pélée. Le scoliaste d’Homère affirme plutôt qu’elle les place dans le feu pour que celui-ci consume la part mortelle des enfants (une légende semblable est attachée à Isis, en mythologie égyptienne). Selon Jean Tzétzès, elle le frotte avec de l’ambroisie, et le plonge la nuit dans le feu. Enfin, la variante la plus populaire la montre trempant son fils dans les eaux du Styx, le fleuve des Enfers, en le tenant par le talon. Il devient ainsi invulnérable, sauf au talon. Néanmoins, dans L’Iliade, Achille ne semble pas être particulièrement insensible aux coups.

Il apprend de Phœnix l’éloquence et le maniement des armes. Il reçoit des leçons de médecine du centaure Chiron, qui le nourrissait avec des entrailles d’animaux pour lui conférer leur force, et du miel pour la douceur.

Aux avertissements de sa mère, qui lui laisse le choix entre une vie courte et brillante et une vie longue mais obscure, il répond qu’il préfère la première. Lorsqu’il a 9 ans, le devin Calchas prédit que sa beauté et son courage, ainsi que la protection d’Héra et d’Athéna, le rendent indispensable aux Grecs pour remporter la victoire. Sa mère, craignant pour sa vie, le déguise en femme et le cache parmi les filles de Lycomède, roi de Skyros, afin de le soustraire à la pression des guerriers. Il y porte le nom de Pyrrha, « la rousse ». D’une fille de Lycomède, Déidamie, qu’il épousera plus tard, il a un fils, Néoptolème, également surnommé Pyrrhus, et qui participe également à la guerre de Troie.

Une ruse d’Ulysse le contraint à suivre les Grecs : déguisé en marchand, le roi d’Ithaque propose aux filles de Lycomède d’essayer des tissus précieux et des armes. Achille se dévoile en étant la seule à essayer les armes. Au contraire, suivant Homère (Il. IX, 439), Achille est envoyé directement par Pélée, avec ses Myrmidons.

À Troie

Arrivé à Troie, une fois les Troyens retranchés derrière leurs murailles, Achille s’emploie à couper l’approvisionnement de la ville. À la tête de ses nefs, il attaque et réduit ainsi onze cités d’Asie mineure, tributaires de Troie. C’est dans l’une de ces villes, lors de la dixième année de siège, qu’il reçoit pour part d’honneur Briséis, tandis qu’Agamemnon reçoit Chryséis lors du sac de Thébé.

C’est à ce moment que commence le récit de L’Iliade. Une peste frappe le camp grec et Calchas, encouragé par Achille, révèle qu’Apollon a puni Agamemnon pour avoir refusé à son prêtre, Chrysès, de lui rendre sa fille Chryséis. Obligé de céder, Agamemnon furieux réclame une autre part d’honneur. Achille se récrie et Agamemnon, pour l’humilier, décide de remplacer Chryséis par Briséis. Achille en colère se retire sous sa tente et jure sur le sceptre d’Agamemnon, don de Zeus, de ne pas retourner au combat. Il implore sa mère de demander à Zeus l’avantage aux Troyens, tant qu’il sera absent du champ de bataille. Zeus le lui accorde. C’est ce que résument les premiers vers de L’Iliade :

- « Chante, ô déesse, le courroux du Péléide Achille,
- Courroux fatal qui causa mille maux aux Achéens
- Et fit descendre chez Hadès tant d’âmes valeureuses
- De héros, dont les corps servirent de pâture aux chiens
- Et aux oiseaux sans nombre : ainsi Zeus l’avait-il voulu. »

Alors que les Grecs sont acculés et que les Troyens menacent de brûler leurs nefs, le vieux sage Nestor convainc Patrocle, l’ami et l’amant d’Achille, de se substituer à lui. Patrocle obtient l’autorisation d’Achille de sauver les Grecs en portant ses armes. La manœuvre réussit mais Patrocle, malgré sa promesse à Achille, engage la poursuite. Il est tué par Hector, qui prend les armes d’Achille comme butin. Furieux et humilié - trompé par Patrocle, qui en est mort et donc hors de punition, et symboliquement vaincu par Hector -, Achille décide de se venger, malgré les avertissements de sa mère : s’il affronte Hector, il mourra peu de temps après. Héphaïstos lui forge de nouvelles armes, avec lesquelles il sort à la recherche d’Hector. Il abat un grand nombre de Troyens sur son passage, tellement que les eaux du Scamandre sont souillées de cadavres. Offensé, le Scamandre manque de noyer Achille. Il rencontre enfin Hector, le défie et le tue avec l’aide d’Athéna. Il traîne sa dépouille trois fois autour de la ville, avec un char habituellement conduit par Automédon et chaque jour autour du tombeau de Patrocle.

Achille fait pourtant preuve d’humanité en laissant le roi Priam venir lui réclamer le corps de son fils pour lui accorder des dignes funérailles. Il obéit ainsi à sa mère, envoyée par les dieux mécontents du traitement infligé à la dépouille du héros. Il organise ensuite les funérailles de Patrocle et ses jeux funéraires.

Achille meurt peu après d’une flèche reçue au talon, son point faible, tiré ou par Pâris guidé par Apollon, ou par Apollon lui-même. Plusieurs mythes divergent quant à sa mort : soit elle a lieu sur le champ de bataille, soit dans le temple d’Apollon, en s’apprêtant à trahir les Grecs pour épouser Polyxène, fille du roi Priam, dont il était tombé amoureux. Ses cendres sont mêlées à celles de Patrocle dans une urne d’or.

Bien que d’un caractère ombrageux, Achille « aux pieds légers » est considéré par les Grecs à l’égal d’un demi-dieu, et vénéré dans des temples qui lui sont dédiés à Sparte et Élis. Il a de nombreuses aventures et on lui prête de nombreuses amours.

On se le représente après la mort comme vivant la vie idéale du guerrier, sur l’Île Blanche, au milieu de combats sans nombre et de festins éternels, marié à Médée, à Hélène, à Iphigénie ou encore à Polyxène. Cependant, Homère, dans L’Odyssée, le représente régnant sur le pré de l’Asphodèle dans l’Hadès, et bien désabusé. À Ulysse qui le félicite de régner parmi les morts, il répond (Od., 488-491) :

- « Ne cherche pas à m’adoucir la mort, ô noble Ulysse !
- J’aimerais mieux être sur terre domestique d’un paysan,
- Fût-il sans patrimoine et presque sans ressources,
- que de régner ici parmi ces ombres consumées... »

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