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Anne d’Autriche

, par

Née à Valladolid en 1601 - Morte à Paris en 1666.

Reine de France. Fille de Philippe III d’Espagne et de Marguerite d’Autriche, elle a reçu, à la mode habsbourgeoise, plus d’éducation que d’instruction lorsqu’elle est mariée, âgée de quatorze ans, à Louis XIII, son cadet de cinq jours.

Justifiée par les besoins de la politique de rapprochement franco-espagnol de Marie de Médicis, cette union ne produit pas d’abord tous les fruits attendus. Si les hostilités ne reprennent officiellement qu’en 1635, le roi montre peu d’empressement auprès d’une personne qui passe néanmoins pour bien faite, et à ce dédain apparent, ou tout au moins à ce manque d’attention, Anne répond en manifestant des sentiments espagnols de plus en plus ardents à mesure que la menace de guerre se précise.

Tout son comportement attise la défiance d’un époux naturellement soupçonneux. C’est d’abord l’affaire Buckingham, en 1625, dont elle comprend le danger à temps, aidée par son sens de l’honneur espagnol. C’est ensuite le complot de Chalais, en 1626, auquel elle est mêlée comme à toutes les intrigues maladroites où Madame de Chevreuse parvient à l’engager ; elle se fait ainsi un ennemi vigilant de Richelieu, qui l’espionne avec régularité et qui semble l’avoir longtemps desservie dans l’esprit du roi. Au point de vue psychologique et moral, la détérioration des rapports conjugaux atteint son comble avec la découverte, en 1637, de la correspondance secrète qu’elle entretient avec le roi d’Espagne Philippe IV et le cardinal-infant. Bien que l’on admette généralement qu’elle est alors à deux doigts de sa perte, il n’est pas sûr qu’elle ait livré ainsi à ses frères des renseignements de première importance. Quoi qu’il en soit, la disgrâce est très brève. En 1638, naît le dauphin tellement attendu de tous les Français (excepté de Gaston d’Orléans).

Il n’est plus possible de répudier la mère du futur roi. La reine est devenue indispensable, non seulement au roi, mais encore à la politique de son ministre. Elle aurait acquis en 1642 les bonnes grâces de Richelieu en lui dévoilant les secrets du complot de Cinq-Mars*. La reine a-t-elle bien trempé dans le complot ? Rien ne permet de l’affirmer. La mort de Louis XIII, en 1643, est une autre grande date dans la vie d’Anne d’Autriche. La régence à peine ouverte, la reine fait casser le testament de son époux. Elle a désormais tous les pouvoirs, en particulier celui de confier les affaires du royaume à qui lui plaît. Elle a le bon goût de nommer Mazarin chef de son Conseil. Ceux qui comptaient sur la régence pour renverser l’ordre voulu par Richelieu et conquérir les bonnes places doivent déchanter. Les Importants, les ambitieux ou les simples aigris réclament à grands cris le renvoi de Mazarin. C’est mésestimer le caractère de la souveraine. Persuadée que son autorité est en jeu, Anne d’Autriche commence par confirmer les fonctions de Mazarin dont le pouvoir sera aussi illimité que celui de Richelieu. Et aussitôt après, elle frappe un grand coup en renvoyant en prison le plus fou des Importants, Beaufort , qui n’est pas encore le héros de la populace. Il n’en faut pas plus pour réduire au silence, pendant quelques années, les velléités d’opposition. Il est difficile d’évaluer indépendamment l’action politique de la reine et celle de son ministre pendant la période de la Fronde de 1648 à 1653, et plus généralement pendant les dix-huit années qui séparent le règne de Louis XIII et le règne personnel de Louis XIV de 1661 à 1715.

Dès le début de la régence, la Cour, frappée par l’unité d’inspiration qui préside aux destinées du royaume, avait conclu que la veuve de Louis XIII avait trouvé dans le cardinal un amant qui la consolait de ses déboires passés. Sans qu’il soit possible de nier l’inclination d’Anne pour son favori, et l’influence de ce sentiment sur la politique française, il ne faudrait pas raisonner en auteur de mazarinades et faire de la reine un jouet entre les mains d’un intrigant italien. Les actes autoritaires de la régence ont été décidés en commun par elle et Mazarin. Lorsque les circonstances obligeaient à les révoquer (cas typique de l’arrestation de Broussel), la reine a toujours fait plus de résistance que son ministre. Inversement, les actes conciliants ont été presque tous engagés ou inspirés par Mazarin. L’association d’une Espagnole et d’un Italien a permis la conclusion définitive des traités de Westphalie en 1648, l’abaissement des grands qui s’étaient cru à tort revenus au bon temps de la régence de Marie de Médicis, l’anéantissement des prétentions politiques du parlement de Paris, la négociation et la conclusion du traité des Pyrénées en 1659 (avec le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse, qui était depuis longtemps le grand dessein personnel de la reine). Ce n’est pas tout ce que Louis XIV doit à sa mère. Il semble que celle-ci lui ait légué une grande partie de sa dignité et de sa majesté naturelle.

Par sa volonté, le roi reçoit une instruction assez peu étendue peut-être, mais solide et pratique, faite de principes simples, débarrassés des préjugés à la mode.

Après la mort deMazarin, Anne n’a plus aucune part au gouvernement du royaume. Elle n’en continue pas moins à bénéficier de la déférence et de l’affection de son fils.

Elle a donné à Louis XIII deux fils qui sont les ancêtres de tous les Bourbons ayant régné en Europe après le XVIIe siècle.

Son mariage secret avec Mazarin n’a jamais été prouvé.


sources : Dictionnaire de l’histoire de France Perrin sous la direction de Alain Decaux et André Castelot .ed Perrin 1981

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