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A l’assaut de l’ambassade !

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L’une des toutes premières attaques, et l’une des plus petites, effectuée par un commando suicide de 15 sapeurs vietcongs seulement, devait prendre une importance sans .rapport avec son ampleur. Elle frappa l’ambassade américaine à Saigon, à quelques pâtés de maisons du palais présidentiel et des hôtels du centre ou logeaient les journalistes et les cameramen de télévision américains.
L’ambassade était un immeuble neuf, renforcé, entouré d’un mur robuste, peut-être la seule ambassade au monde à posséder sur le toit une plate-forme pour hélicoptères.
Le 31 janvier, avant l’aube, des sapeurs en vêtements civils firent à l’explosif un trou dans le mur. Deux gardes de la police militaire tuèrent les deux premiers Vietcongs qui pénétrèrent sur le territoire de l’ambassade mais ils furent tués eux-mêmes après un échange de coups de feu. Deux policiers militaires, arrivant en jeep à la rescousse, succombèrent à leur tour, tout comme le Marine américain grimpé au sommet d’un immeuble voisin pour tirer dans le tas. Un autre policier militaire ferma les lourdes portes de la chancellerie pour qu’aucun Vietcong ne put entrer dans. le bâtiment. Pris sous le feu d’un hélicoptère et, peu après le lever du jour, sous celui d’un peloton de troupes aéroportées américaines héliportées sur le toit de la chancellerie, tous les Vietcong furent abattus. L’attaque avait duré six heures environ.

D’un point de vue strictement militaire, il importait peu que les sapeurs vietcongs eussent ou non pénétré dans la chancellerie.
Mais, considéré sous l’angle psychologique,l’affaire revêtit une profonde importance.
Pour beaucoup de journalistes et, par conséquent, pour bien des gens aux Etats-Unis, cette attaque apparut comme la confirmation que Westmoreland et le président Johnson avaient répandu des mensonges. Si les Etats-Unis ne pouvaient assurer la protection de leur propre ambassade, comment la guerre pourrait-elle avoir atteint un point « ou la fin commence d’être en vue » ? Le fait qu’aucune ligne solide de tranchées fortifiées n’entourait les villes sud-vietnamiennes (mesure peu réaliste) et que même un ennemi affaibli était capable de lancer de petites attaques suicides contre à peu près n’importe quelle installation fut négligé dans les reportages sensationnels de la presse et de la télévision. L’antagonisme latent qui couvait depuis longtemps entre les journalistes et les officiels s’était brusquement enflammé !

Ailleurs dans Saigon, cinq petits groupes de sapeurs vietcongs passèrent à l’attaque de leur côté. L’un d’eux, formé de Vietcongs en uniforme de l’ARVN, se lança à l’assaut du palais présidentiel mais fut repoussé. Des forces de l’ordre du bataillon occupèrent un cimetière et un champ de courses : il fallut l’intervention des troupes sud-vietnamiennes pour les en déloger. Plus sérieuses furent les opérations menées contre l’aérodrome de Tan Son Nhut et contre le quartier général de l’état-major général de l’ARVN, aux abords de la capitale.
Cependant,elles aussi furent finalement repoussées. Le 31 janvier, le président Thieu décrétait l’application de la loi martiale ; le
5 février, Saigon était libre de tout ennemi.
A mesure que les informations commençaient d’arriver des autres régions du Sud Vietnam, il devint évident que les communistes avaient lancé une offensive généralisée dans tout le pays ; ils jetaient dans la bataille quelque 84 000 hommes, des Vietcongs surtout, sauf dans les provinces septentrionales ou les réguliers nord-vietnamiens prédominaient. Les communistes attaquèrent, à l’aide de l’infanterie ou au mortier et aux roquettes, 36 des 44 capitales provinciales du pays, 5 ou
6 cités autonomes, 64 des 242 capitales de districts et 50 hameaux. Dans 13 villes et cités, ils pénétrèrent en force mais furent délogés en deux ou trois jours. Les combats ne durèrent qu’à Saigon et à Huê. Cette dernière fut entièrement occupée par le Vietcong et les soldats réguliers nord-vietnamiens, à l’exception du quartier général de la 3e division de I’ARVN installé à l’intérieur de la citadelle et du complexe abritant les conseillers de l’US Army. Les alliés hésitèrent tout d’abord à faire donner l’artillerie et l’aviation de peur d’endommager des bâtiments historiques. Il fallut vingt-cinq jours pour qu’une division de l’ARVN, secondée par trois bataillons de l’US Marine Corps, parvînt à libérer la ville.


sources Connaissance de l’histoire Hachette1983

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