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Morts ou vifs

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La plupart de ces éléments sont encore dispersés, le 8 mars, entre Thai Nguyen et Cao Bang, où se trouve le colonel Seguin. Pour rejoindre Tuyen Quang — point de regroupement prévu —, il faudrait à ce dernier quatre ou cinq jours, dans les meilleures conditions. Seul le 2/9e R.I.C. (bataillon Mille), qui se déplace, avec une batterie de 75, entre Thai Nguyen et Tuyen Quang, rallie rapidement ce centre où se trouvent déjà deux compagnies auto, une batterie de 75 et deux sections du 19e R.M.I. Craignant de voir arriver le colonel Seguin trop tard pour qu’il puisse exercer son action sur les éléments en cours de rassemblement à Tuyen Quang, le général Alessandri — en l’absence du général Sabattier dont on est sans nouvelles — désigne le commandant Capponi, sous-chef de l’état-major du général Sabattier, pour assumer le commandement du groupement de la rivière Claire. A son arrivée à Tuyen Quang, le 12 mars, le nouveau chef de groupement approuve les dispositions déjà prises par le commandant Mille dont deux compagnies barrent les accès sud de Tuyen Quang.

Le 13 mars, de passage à Ngan Son, le colonel Seguin confie à l’inspecteur de la garde indochinoise (G.I.) de Pontich une mission de guérilla à mener entre la R.C. 2 et la R.C. 3 au bataillon Lepage (4/16e R.M.I.C.) stationné à Bac Kan ; il lui prescrit de rejoindre Tuyen Quang pour se mettre à la disposition du commandant Capponi.
Les défenses ouest de Tuyen Quang ayant lâché (bac de Phu Yen Binh), l’agglomération est évacuée dans la nuit du 12 au 13 et la colonne s’engage vers Bac Muc, ordre ayant été donné au bataillon Lepage de rejoindre Chiem Hoa.

Ce n’est qu’en arrivant à Bac Kan (14 mars) que le colonel Seguin apprend la perte de Dong Dang, Nacham, That Khe (les détachements mobiles de ces deux derniers postes ont d’ailleurs rejoint Bac Kan (voir carte), Ha Giang, Lao Kay et Tuyen Quang. La chute de ce centre rend caduque une des missions initiales et le colonel Seguin décide de se replier sur Bao Lac pour y organiser une base de ,guérilla.
Trois itinéraires sont adoptés pour faciliter le ravitaillement. Le premier élément arrivé à Bao Lac, le 24 mars, trouve le poste évacué et s’organise défensivement en attendant le gros de la colonne, qui arrive le 27.

Les Japonais, venus de Soc Giang et de Nguyen Binh attaquent à Bao Lac, le 3 avril, puis à Nam Quet, le 4. Le groupement, affaibli par la désertion de nombreux Indochinois, passe la frontière en direction de Tien Piao.
La colonne Capponi, après Bac Muc, s’est portée sur Vinh Thuy. Ce poste détruit et abandonné et, de même que celui de Bac Quang, aux mains des Japonais, la colonne poursuit sur Yen Binh Xa — également détruit et abandonné —, dans l’espoir de rejoindre Pa Kha par le col de Nghia Do. Le passage du col, sous la pluie, par une piste vertigineuse, est catastrophique pour les animaux et le matériel. Pa Kha étant également occupé, la colonne Capponi oblique vers Khon Lung et Nam Yen où, encerclée dans un cirque, elle est contrainte à la capitulation (27 mars). Des isolés et de petits groupes parviendront à passer à travers le dispositif japonais et à rejoindre les troupes françaises. D’autres seront détruits ou décimés en cours de route par des montagnards de la région (méos), alléchés par les primes offertes par les Nippons à qui ramènerait, morts ou vifs, des Européens.

Le bataillon Lepage, auquel le commandant Capponi avait rendu sa liberté de manœuvre dès le 22 mars, rejoindra la Chine par Bac Me, Coc Pan, Loun Lan. Il a pu se ravitailler à Bac Me grâce au poste de G.I. demeuré en place. Le détachement de G.I. de Pontich poursuit, quant à lui, son action de guérilla anti japonaise jusqu’au 6 avril. Pontich, malgré un accord conclu le 23 mars avec Vo Nguyen Giap — le futur généralissime vietminh —, sera blessé, le 1er avril, dans une embuscade tendue par le Vietminh. Fait prisonnier avec certains de ses subordonnés français, il ne sera rendu aux représentants de la France à Hanoi que le 29 mars 1946, un an après.


Pierre Célerier historia magazine 2eme guerre mondiale 1968

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