Publicité

Publicité
Publicité

Fiches sur les mythes, personnages, les batailles, les équipements militaires. De l'antiquité à l'époque moderne, découvrez l'histoire, commentez et posez vos questions, participez à la vie du site !

Dans la brousse difficile

, par

Seul reste donc ouvert le passage de Trung Ha et le groupement doit l’utiliser très rapidement sous la pression d’un adversaire dont les premiers blindés viennent au contact de nos arrière-gardes dès 10 h 30, le 10 mars. Malgré les attaques japonaises, la quasi-totalité du personnel réussit à passer la rivière les derniers éléments sous le feu adverse mais les camions chargés, et les canons, qui ne peuvent utiliser les bacs, seront incendiés ou rendus inutilisables.
Les Potez du terrain de Tong, qui devaient s’envoler au lever du jour, tombent entre les mains des Japonais qui se sont infiltrés sur le terrain au cours de la nuit. Ceux-ci n’utiliseront pas ces vieux appareils qui nous manqueront néanmoins cruellement : nos moyens de liaison et d’observation se trouvent en effet réduits aux 3 ou 4 appareils absents de Tong dans la nuit du 9 au 10 mars.
Le 11 mars le groupement se retrouve versThu Cuc (voir carte), pratiquement sans approvisionnement d’aucune pratiquement Contraint de vivre sur le pays, le général Alessandri, pour réduire ses effectifs qui ne sauraient subsister dans ces régions peu habitées et sans grandes ressources, décide de se séparer des Indochinois qui seront démobilisés dans la journée. Pour faciliter également le ravitaillement, ce qui reste du groupement (environ 1 500 hommes dont 800 légionnaires) est réparti en deux sous-groupements — colonel François et commandant Prugnat. Le premier se déplacera entre la rivière Noire et le Song Ma en direction du col des Méos. Prugnat (2/5e R.E.I. - 3/4e R.A.C. - D.M.C. - aviateurs) rejoindra Phong Tho via Nghia Lo, Thu Le et Than Uyen, entre la rivière Noire et le fleuve Rouge, de façons à assurer une flanc-garde à la colonne François et, éventuellement, une liaison avec nos éléments de la rivière Claire, à l’est du fleuve Rouge.

Le 12 mars, deux « Liberator » parachutent armes et munitions. D’autres sont demandés et espérés. Des renforts sont attendus jusqu’au 24 mars, date à laquelle le général Alessandri rencontre à Dien Bien Phu le commandant Baume, envoyé par Calcutta. Il n’y aura pas de renforts, « les Alliés n’ayant pas fait connaître leurs intentions quant au transport, en Extrême-Orient, de notre C.L.I. ». Dans ces conditions, le combat en retraite ne peut que se poursuivre avec le maigre appoint des troupes du 4e territoire militaire (T.M.) du lieutenant-colonel Fourmachat et le bataillon du commandant Euzières (5e T.M.).
Sur chaque coupure importante, à chaque col, nos troupes se battent pour « rester le plus longtemps possible en territoire indochinois » conformément aux ordres.

Moc Chau tombe le 19 mars, Son La le 25, Dien Bien Phu le 4 avril, Muong Khoua le 12, Boun Tai le 22 (voir carte). Depuis le 6 avril, ce qui reste de la colonne Prugnat, depuis que le 2/5e R.E.I. lui a été enlevé pour renforcer la défense de Son La, est passé en Chine par Ban Cuong après avoir stoppé les Japonais au Pou Kan Sap et évacué cette position sur ordre.
Le sous-groupement Fourmachat 1 500 hommes environ dont 300 Européens évacue Lai Chau le 2 avril et se replie par Po Bai, Muong Tong, Muong Nhie. Ce sous-groupement passera en Chine à Pa Chan le 29 avril. Le général Sabattier, nouveau délégué général du G.P.R.F., a rejoint Xu Tung la veille. Le général Alessandri, après une dernière demande de renforts à Calcutta, le 3 avril, se décide à quitter le territoire indochinois le 5 mai.

Avec des rations insuffisantes — souvent uniquement du riz —, un armement hétéroclite et en partie périmé, peu de munitions, des uniformes en guenilles, sans chaussures, les forces françaises ont fait face, deux mois durant, à des colonnes japonaises disposant d’un armement moderne. Tout en combattant, ces troupes ont effectué, à pied, des centaines de kilomètres à travers une brousse difficile, dans une région au relief tourmenté, souvent sur des pistes à peine tracées.

L’aide apportée par la 14e U.S.A.F., sans avoir été ce qu’elle aurait pu être, n’en a pas moins soulagé nos troupes par plusieurs interventions contre les colonnes japonaises et deux ou trois parachutages.

Sous les ordres du colonel Seguin, le groupement de la rivière Claire a pour mission de protéger le flanc gauche du groupement Alessandri, à hauteur de Tuyen Quang. Le groupement a, également, une mission de guérilla à l’est et au nord du fleuve Rouge. Le G.R.C. dispose de 3 bataillons (2 et 4/9e R.I.C. - 3/10e R.M.I.C.), de 3 batteries de 75 (4e R.A.C.), du détachement mobile de Cao Bang (3e T.M.) et d’un certain nombre de pelotons montés de la garde indochinoise .


Pierre Célerier historia magazine 2eme guerre mondiale 1968

Participez à la discussion, apportez des corrections ou compléments d'informations

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Recherche dans le site

Vous inscrire sur ce site

L’espace privé de ce site est ouvert aux visiteurs, après inscription. Une fois enregistré, vous pourrez consulter les articles en cours de rédaction, proposer des articles et participer à tous les forums.

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.